L’ultime limite des choses

Voici une bien curieuse gravure de la Renaissance, exécutée en 1529 par Hans Sebald Beham ( Source: endofthecentury2.blogspot.com ) : A gauche, une femme qui tient un homme par l’épaule et par la bite (en érection ?) ; A droite, la Mort qui tient l’homme par les cheveux et par le cul ; Au centre, un homme qui pose une main sur le pubis de la femme et l’autre main sur la tête d’un enfant. Certains ont appelé cette image « La Mort et le couple indécent » mais, franchement, HSB s’en foutait de l’indécence.

sebald beham, couple indécent, mors ultima linea rerum
Sebald Beham a appelé son dessin « Mors ultima linea rerum », soit « La mort est l’ultime limite des choses ». Avec un titre comme celui-là, on balance l’indécence très loin. Je laisse tomber les explications obscures des spécialistes et je donne la mienne : HSB nous dit qu’il n’y a pas de limite puisque la seule qui compte vraiment, l’ultime, la dernière, l’inévitable, l’infranchissable, c’est la mort.

Mais il n’y a pas de limite à quoi ?

Rappelons-nous la vie tourmentée d’HSB (voir « Le bain selon les frères Beham : Peu de lavage, beaucoup de tripotage« ) : 1529, c’est l’année où il se fait explulser de Nüremberg pour cause de diffusion d’oeuvres pornographiques. Avec cette gravure (une gravure se copie facilement et peut être largement distribuée), HSB a sûrement marqué son public. En effet, même maintenant, l’image d’une femme qui attrape un homme par sa queue est forte (voir photos ci-dessous).

HSB a vraisemblablement dessiné un encouragement à la jouissance, notamment sexuelle : la seule limite infranchissable, c’est la mort ; les autres se violent. Transgressif, provocateur, indécent… HSB, quoi !

[Photo de gauche : Silvie et Leo, duo, par Hegre – Source : tfpez.com – Photo de droite par Roy Stuart – Source : http://www.roystuart.net]

Une réponse à “L’ultime limite des choses

  1. Je vois 2 détails qui m’intriguent:
    * La mort est un homme. Et c’est lui qui bande nettement (voir au-dessus de la tête de l’enfant) Pas l’homme encore calotté (ou vous avez regardé trop vite ou …?) et cependant il aurait de quoi!
    * L’enfant pose la main sur un panier plein de pièces.

    Ceci dit le roi du porno alors c’est Cranach qui produit ses Eve et ses Nymphes (peintes et gravées) quasi industriellement. Mais Cranach est un « bourgeois », riche, bien inséré, un rien hypocrite, et qui peint pour puissants. Comme vous disiez sexe, pouvoir et argent font bon ménage.
    Jusqu’à la mort. C’est peut-être ça le sens de cette (superbe) gravure.

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