Archives de Catégorie: Pieter-Paul Rubens

Des millénaires d’art sans cul

Après deux articles illustrés de jolies photos de cul, il me semble nécessaire de rappeler que nous avons beaucoup de chance de vivre en 2011. Parce que, pendant des millénaires, on n’a pas osé (voulu ? pu ? su ?) le montrer, ce joli cul.

Vous en doutez ? Alors cherchons !

Commençons par éliminer toute la statuaire ! Je sais bien qu’il y avait des statues de femmes nues il y a 4000 ans en Egypte (cf article « Belles toutes nues« ) et qu’on en a réalisé des milliers depuis plus de 2300 ans en Europe (cf article « Le jour où commença le culte du corps féminin« ) et je sais qu’elles ont toutes un cul, généralement nu, mais ces statues ne comptent pas : Leur but n’était pas de montrer leurs fesses (sauf dans un cas très précis sur lequel je reviendrai bientôt). C’est la face avant qui comptait, les seins, le pubis. Le cul n’était que la cerise sur le gateau, au mieux.

Après la statuaire, j’ai râtissé les fresques, les mosaïques, les peintures et, jusqu’à la renaissance, j’ai trouvé très peu de culs (à une exception près que je me réserve pour le prochain article). Quand les culs existent, ils sont secondaires, annexes, en aparté.

C’est à partir de la Renaissance que le cul des personnages principaux des tableaux commence à s’afficher.

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Dessus, à gauche : Annibale Carracci (1560-1609), « Vénus avec un satyre et des putti », vers 1590?, Galerie des Offices, Florence – A droite : Pieter-Paul Rubens (1577-1640), « Vénus devant le miroir », 1613-14, Liechtenstein Museum, Vienne

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Dessus à gauche : Titien (1490-1576), « Vénus et Adonis », après 1554, Metropolitan Museum of Art, New York – A droite : Paolo Véronèse (1528-88), « Vénus et Adonis », 1562, Schaezlerpalais, Augsbourg

Vous aurez remarqué que, sur toutes ces peintures, on ne voit pas l’ensemble des fesses mais plutôt la naissance de la raie. Vous aurez aussi noté que, comme souvent, Titien et Véronèse ont peint un même thème de façon assez similaire. Quant à la « Vénus au miroir » de Rubens, elle rappelle beaucoup celle du même Véronèse dont on peut admirer la raie du cul au Joslyn Museum of Art d’Omaha. Enfin, comme par hasard, ces 4 femmes sont des Vénus.

Et si on veut un cul tout entier ? C’est possible mais ce n’est pas sur le personnage principal (sauf erreur de ma part). Ainsi pour cette très belle paire de fesses peinte par Rubens et visible au Louvre : il s’agit d’une simple néréide, dans l’eau au pied du bateau dont va débarquer Marie de Medicis, future reine de France et commanditaire de l’oeuvre.

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Pieter-Paul Rubens - "Le débarquement de la reine à Marseille" (détail) - vers 1622 - Musée du Louvre - Cliquer pour voir la peinture entière sur Wikipedia

Maintenant, allons donc voir l’exception : Cette femme qui depuis 2000 ans nous montre ses fesses. Indice : Elle n’est pas seule mais c’est la seule des 3 qui nous montre son cul.

Quizz : Qui sont ces femmes au sein droit nu ?

Petit test de connaissance historico-biblo-mythologique. Qui sont ces 5 femmes au sein droit nu peintes par Pieter-Paul Rubens entre 1606 et 1630 ? Pour info, elles défilent par ordre chronologique de réalisation par Rubens.

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Réponses :

Vers 1606-11 – Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid : Vénus (image du musée) / 1615 – Museo Nacional del Prado, Madrid : Cérès (image du musée) / Vers 1615 – The Cleveland Museum of Art : Diane (image Wikimedia) / 1622-25 – Musée du Louvre, Paris : Marie de Médicis (image Wikimedia) / 1626-30 – Museo Nacional del Prado, Madrid : Marie (image du musée)

L’opercule de Syrinx

Voici la trompette australienne, le plus grand des escargots :En la regardant, pensez-vous à une trompette ou à un escargot ? Ne dîtes pas « oui » ! Dans la nomenclature binômiale, la trompette s’appelle en fait Syrinx Aruanus. « Aruanus » m’est inconnu, mais pas « Syrinx ». Syrinx, c’est la femme que poursuit le faune Pan sur cette peinture de Pieter-Paul Rubens.

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Pieter-Paul Rubens - Pan et Syrinx - 1617-19 - Staaliche Museen, Kassel - Image publiée sur Wikimedia Commons

Comme souvent avec les nymphettes mythologiques, l’histoire se termine mal : Syrinx se transforme en roseau plutôt que de se faire pénétrer par Pan et Pan, rejeté et seul, n’a plus grand chose à faire sauf couper les roseaux et souffler dans l’instrument qu’il vient d’inventer. C’est de cette histoire que s’est inspiré Stéphane Mallarmé pour son poème « Après-midi d’un faune » (1876) dont voici les premiers vers :
Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.
Aimai-je un rêve ?

C’est ce poème que reprend en musique Claude Debussy dans son « Prélude à l’après-midi d’un faune ». C’est encore cette histoire que raconte le Canadien Ryan Larkin dans le court-métrage d’animation qu’il a réalisé avec fusain, sable et poudres (technique de fou ! Regarder le film pour comprendre) en 1965 (sur la musique de Debussy).


On remarque sur la peinture de Rubens ce que cherche à protéger Syrinx. On a bien compris ce que cherche à conquérir Pan…

l’ouverture de Syrinx…………………………. l’opercule du Syrinx.

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