Archives de Catégorie: Transe mystique

Femme libérée, jambes écartées (1. Cabaret)

La posture des femmes d’Helmut Newton (cf les 2 articles précédents) n’est pas anodine. Se tenir debout avec les jambes écartées, c’est un truc de mec. Les femmes devraient avoir les jambes serrées (cf la posture traditionnelle d’Aphrodite dans l’article « le jour où commença le culte du corps féminin » et suivants), protéger son sexe, être « modeste ». Une femme qui écarte les jambes prend une pose d’homme : C’est une rebelle, une femme libre. Elle fait ce qu’elle veut avec son sexe. Il n’est la propriété d’aucun homme, d’aucun mari. Elle le montre si elle veut. Elle l’offre à qui elle veut. Elle l’offre si elle le veut.

Il y a quelques exemples classiques de femmes aux jambes écartées comme, dans cet article, les femmes du cabaret.

Ci-dessus, 2 photos extraites du film « L’ange bleu » (Der blaue Engel, réalisé en 1930 par Josef von Sternberg) qui raconte les tribulations tragiques d’un homme amoureux de Lola-Lola (interprétée par Marlene Dietrich), chanteuse du cabaret « L’Ange bleu », femme fatale et volage.

La star allemande affectionne les jambes écartées (debout ou assise sur un tonneau) tout comme Liza Minelli dans le film américain « Cabaret » réalisé par Bob Fosse en 1972. Minelli y interprète Sally Bowles, une chanteuse au Kit Kat Klub de Berlin dans les années 30. Enceinte de son amant, elle préfèrera avorter et rester au cabaret plutôt que suivre ce dernier en Angleterre. Femme libre. Jambes écartées (cf affiche avec une jambe sur une chaise).

Ce film est une adaptation d’une comédie musicale créée à Broadway en 1966 et reprise de nombreuses fois, notamment par Sam Mendes en 1999 avec Teri Hatcher (avant qu’elle ne devienne une Desperate Housewife) dans le rôle de Sally Bowles ou en 2001 avec Brooke Shields.

La pose la plus célèbre  est peut-être celle adoptée par Sally pendant la chorégraphie de « Don’t tell Mama ». Ce qu’il ne faut pas dire à maman ? Que Sally s’assoit à califourchon sur une chaise, les jambes écartées comme un  marin en goguette (cliquer pour voir les photos prises par Rivka Katvan de Brooke Shields et Molly Ringwald à califourchon).

Preuve de l’actualité de cet article, le spectacle de Sam Mendes monté par Rob Marshall aux Folies Bergère de 2006 à 2008 sera de retour à Paris à partir d’octobre 2011 (cliquer ici pour voir une belle brune avec sa chaise… et les jambes écartées).

Pour terminer, je vous propose de retourner écouter Dietrich à l’Ange Bleu. Voici les paroles de la célèbre chanson de Friedrich Holländer, avec l’adaptation en anglais et en français (cliquer pour grossir l’image).


« J’suis amoureuse, voyez,
De la tête aux pieds.
Je suis faite pour aimer
Et me donner »

Libre, Lola-Lola ?

« Des hommes je suis l’esclave,
Vers eux je tends les mains,
Mon âme est une épave »

Qui est libre ?

Apsaras : seins nus ou pas ?

L’empire khmer a été très longtemps le rival du royaume de Champa, à l’est, le long de la mer de Chine, à l’emplacement de ce qui est actuellement le centre du Vietnam. De la culture chame, il reste deux sculptures très connues : le piédestal de Trà-Kiêu qui supporte un yoni (vulve stylisée) et un linga (phallus stylisé) et le piédestal des danseurs.

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Danseuse apsara et musicien gandharva - Détail du piédestal des danseurs originaire de Trà-Kiêu, QuangNam (Vietnam) - vers 10ème siècle - Musée de sculpture chame, DàNang (Vietnam) - Photo Wikimedia Commons

Le site du musée de la sculpture chame est peu prolixe sur les oeuvres qui y sont rassemblées. Concernant les apsaras du piédestal des danseurs, il prend néanmoins le temps de préciser que celles-ci n’étaient pas vêtues de leurs seuls bijoux mais qu’on peut voir  au niveau du cou le bord d’un fin vêtement qui se termine sous forme d’un rabat entre les jambes. Pourquoi cet empressement à nous assurer (ou rassurer ?) que, « non ! », la poitrine des apsaras n’était pas nue ? La direction du musée vietnamien souffrirait-elle de la même phobie des seins nus que le gouvernement cambodgien dans l’affaire des illustrations de Koke Lor (voir article précédent) ?

Faute de pouvoir répondre à cette question, intéressons-nous plutôt à cet histoire de fin vêtement dont on verrait le bord. Sur la photo ci-dessus, difficile de voir quoi que ce soit. Et faute de trouver une photo du piédestal de meilleure qualité sur le web ou de pouvoir s’offrir un billet d’avion jusqu’à DàNang, je propose de chercher la réponse d’une autre manière. De l’Inde au Vietnam et du Népal à l’Indonésie, la statuaire est assez similaire. Il n’y a pas de raison de penser que les apsaras chames soient très différentes de leurs homologues khmères. Voici un gros plan sur une apsara d’Angkor :

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Bas-relief d'une apsara (ou peut-être une devata, voir article précédent) - Le torse est lustré par les mains des visiteurs (toucher la poitrine d'une apsara porterait bonheur) - Cliquer la photo pour voir la HD ibre de droits sur apsarapicture.com

Que voit-on ? Pas grand chose : rien qui marque le bord d’un vêtement au niveau du cou ou au niveau des bras (si la danseuse portait un haut quelconque, il faudrait bien qu’elle passe ses bras) . La jupe, par contre, est évidente : on voit clairement ses contours et même les motifs imprimés sur le tissu. Les apsaras portent beaucoup de bijoux et on peut imaginer que ceux-ci cachent peut-être le bord d’un hypothétique vêtement. Je propose donc de nous intéresser à une représentation de femme khmère dépourvue de bijoux. Voici une statue de Uma, la shakti ou « compagne » de Shiva (il existe plusieurs représentations très similaires à celle-ci).

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Uma debout - Statue originaire du Cambodge - Vers 975 - Metropolitan museum of Art, New York - Cliquer pour voir l'ensemble de la statue sur le site du musée

Sur ce gros plan, on discerne nettement quelques fines lignes au niveau du cou et sous les seins qui ressemblent à des plis de la peau plus qu’à un vêtement. Quand on regarde l’ensemble de la statue d’Uma (pour cela, cliquer sur la photo), la garde-robe d’Uma semble évidente : une jupe. Point.

Si la femme du grand Dieu Shiva se balade les seins nus, alors pourquoi pas les apsaras, petites nymphettes réputées pour leur beauté, sorties des eaux pour séduire les hommes par leur danse (entre autres) ?

Et si la ceinture à sequins était indienne…

Après les yakshis de Boston et de Londres, voici la très belle statue conservée en Caroline du Nord.

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Yakshi de la région de Mathura, Inde - 2ème siècle après JC - The William A. Whitaker Foundation Art Fund - Photo publiée sur le site de l'Auckland Art Museum, The University of North Carolina at Chapel Hill

On retrouve les gros seins ronds, les bracelets, le collier de perles, la coiffe compliquée, les hanches larges, le ventre rond, la jupe transparente et la ceinture. On retrouve la position déhanchée. La jupe transparente, la ceinture, le déhanchement… tout cela fait penser à une danse du ventre torride. Et si la ceinture était une de ces ceintures de sequins utilisées par les danseuses orientales ? J’en profite pour placer cette photo des très belles fesses de Paige habillée pour la danse du ventre. paige,kay,jeff,davidson,fesses nues,ceinture,sequins,nue,danseuse,orientale,danse,dance[Photo visible sur le profil paigekay.deviantart.com de Paige et sur le site exposingbeauty.com du photographe Jeff Davidson.]

Envoûtante KatieJane

Qu’elle s’appelle KatieJane Garside, Ruby Throat ou Queen Adreena, c’est une fée, une vestale, une prêtresse. La Pythie sous l’emprise de substances illicites absorbées à doses massives. Envoûtement. Incantation. Exhibitionnisme. Absolument jubilatoire. Génial.

KatieJane et sa chaise. Elle l’aime, sa chaise.

Une fée, je vous dis. Avec un bec ? Ok, c’est un peu bizarre. Mais quel corps ! Un corps d’adolescente pour une femme de quarante ans (elle est née à Londres en 1968). Alors, les filles ? Un peu jalouses ?Pour celles qui douteraient que c’est bien elle, voici une autre photo, sans le masque.Toutes ces photos sont sur le site woom.co.uk. « woom » comme « womb », ventre, utérus. Un lieu chaud et protecteur. Un lieu de création. Pas mal.

La danse de la femelle par excellence

Le chorégraphe Alain Platel est né à Gand où il a fondé les Ballets C de la B. C’est de la B ? Non… « Ballets Contemporains de la Belgique », en fait. Caroline Lemaire, elle, est stripteaseuse (entre autres) à Bruxelles et maîtrise les talons-aiguilles.caroline lemaire,danse,strip-tease,déshabillageEn souvenir, on garde un gros plan des jambes de Creamy Caro (pour info, elle préconise les bas Gerbe, Falke ou Oro Blu. Et éviter les bas qui tiennent tout seuls car ça laisse des traces) : caroline lemaire, danse,talons hauts,bas,collants,nylons,strip tease
[Photos HD visibles sur http://theatre-danse.photos.fluctuat.net%5D