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Le pénis limite

Si le pénis des représentations classiques (voir billet précédent « Le pénis académique« ) est toujours court et calotté, force est de constater que cette petite bête peut présenter dans la réalité  des allures très différentes, même « au repos » : testicules plus ou moins grosses et pendantes, verge plus ou moins longue et plus ou moins large, gland plus ou moins apparent.

Assortiment de pénis par C. Mueller - 2011

Assortiment de pénis par C. Mueller – 2011 – Source : phallusandart.tumblr.com

La quasi-totalité des dessins d’hommes nus classiques de l’école des beaux-arts de Paris représente des hommes à petites bites calottées. L’italien Landini a fait une exception pour le nu ci-dessous.

J’ai mis en face une très jolie photo prise par Dylan Rosser : queue longue et calottée, comme pour le modèle de Landini, mais on perçoit (imagine ?) un début de gonflement : le moment où l’homme commence à s’affoler et à perdre la raison (comme Aristote, voir « Dresseuse d’hommes« ). A la limite du tabou…

nu masculin par Andrea Landini Christopher Bailey par Dylan Rosser

[Ci-dessus à gauche : Nu masculin par Andrea Landini (1847-1935), vers 1908 – Source : male-warriors.tumblr.com – A droite : Christopher Bailey par Dylan Rosser – Source : gymnosophistry.tumblr.com]

Deuxième limite, après le pénis long : le gland apparent, même sur une verge qui roupille.

J’ai choisi une photo d’athlète parmi la vaste collection de clichés pris par David Martin, le prolifique artiste de la région de San Francisco (à l’instar de Bruce Harry Bellas, dit Bruce de Los Angeles ou Douglas de Détroit, tous actifs dans la photo de nus masculins aux Etats-Unis entre les années 40 et 60), ainsi qu’une oeuvre du peintre québécois Daniel Barkley pour illustrer cela : 2 glands apparents… Et alors ?

Jim Frost par david martin icare IV par daniel barkley 2010

[A gauche : Jim Frost photographié par David Martin – Source : malemodelsvintagebeefcake.blogspot.fr, années 1950 ou 60 ? – A droite : « Icare IV » par Daniel Barkley (né en 1962), 2010 – Source :  danielbarkley.com]

Enfin, si on additionne les deux « tabous », la verge longue et le gland apparent, on arrive à la limite extrême avant l’érection. Tout y est mais ça ne bande pas encore. Le célèbre photographe Richard Avedon a jugé celà suffisamment trivial pour que ça ne l’empêche pas de photographier le danseur Noureïev « au naturel », avec son beau gros pénis à l’air.

Rudol Nureyev par Richard Avedon - 1961 - Source :

Le danseur étoile de l’Opéra de Paris Rudolf Noureïev (1938-1993) photographié par Richard Avedon (1923-2004) – Paris, 1961 – Source  : thepinksnout.blogspot.fr

Les photographes de nus masculins (Dave Martin, par exemple) n’ont pas hésité à briser le tabou en prenant de très nombreux clichés d’hommes aux pénis longs, décallotés et en érection. Le dessinateur Tom of Finland (1920-1991) a aussi contribué à imposer l’image du gros phallus au delà du milieu homosexuel masculin. La presse et le web gay regorgent désormais de sexes en érection. C’est le retour des phallus dionysiaques et aussi un renversement des codes : qui penserait encore qu’on mesure la « bite de pouvoir » (voir billet « Courte et calottée : La bite de pouvoir« ) à sa petitesse ? Le pouvoir de la bite a remplacé le pouvoir sur la bite. La capacité de pénétration a supplanté le contrôle de la Raison. Non ?

Le pénis académique

Les élèves de l’Ecole des Beaux-Arts à Paris ont réalisé de très nombreuses « académies » (dessins « académiques » de corps humain) de nus masculins sur lesquelles les pénis sont toujours courts et calottés, dans la continuité de la représentation occidentale de la « bite de pouvoir » depuis l’Antiquité (voir « Courte et calottée : La bite de pouvoir« ).

Nu par William Joseph Barbotin Ecole des Beaux Arts photo par gregor Arax annees 30

[A gauche : Etude académique gravée depuis nature, estampe de William Joseph Barbotin, 1884 – Source : Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris – A droite : Cliché d’athlète nu des studios de Gregor Arax à Paris, entre les années 1930 et 60 – Source : homodesiribus.blogspot.fr]

Les académies ont inspirées l’esthétique des photographies d’athlètes et de sportifs nus prises à partir des années 30, notamment par Gregor Arax, un Arménien qui installa à Paris un studio photo qui allait devenir une référence mondiale (ci-dessus à droite). Dans la lignée des Studios Arax, on trouve également, entre autres, les Américains Bruce « de Los Angeles », Kovert « d’Hollywood », Douglas « de Détroit », Dave Martin (de San Francisco) ou John Arnt (de Seattle, voir ci-dessous à droite).

Remarquons aussi le très beau portrait de Carl Frørup nu peint par le Danois Christoffer Wilhelm Eckersberg en 1837 (ci-dessous à gauche) : une rareté dans le monde de la peinture, peu enclin à cette époque à montrer des sexes masculins de manière aussi détaillée.

Christoffer Wilhelm Eckersberg photo par John Arnt of seattle annees 1940

[A gauche : Portrait de Carl Frørup par le peintre danois Christoffer Wilhelm Eckersberg, 1837, conservé à la Royal Academy of Arts, Londres – Source : the-athenaeum.org – A droite : Photo de nu masculin par John Arnt de Seattle, années 1940 – Source : malemodelsvintagebeefcake.blogspot.fr]

Remarquons aussi que la photo prise par John Arnt est légèrement différente des trois autres visuels : le gland n’est pas totalement calotté. Ce pénis-là n’est donc pas si académique… On est à la limite du classique. La grosse bite va bientôt faire son retour.

Courte et calottéee : La bite du pouvoir

Puisque l’homme ne maîtrise pas ses érections (voir « Dresseuse d’hommes« ), un homme qui bande est un mec sous influence. Il a perdu le contrôle ; Ce n’est plus son intellect qui dirige mais sa « nature » (ses gènes, dirait-on maintenant, je suppose).

A plaster cast of Michelangelo's David GP

Gros plan d’un moulage du David de Michel-Ange (sculpture originale achevée vers 1501-04), Victoria and Albert Museum, Londres – Photo Roy Stead / Flickr – Source : Tucson Sentinel

Un homme de pouvoir décide de sa vie et ne se laisse pas contrôler. D’une certaine façon, c’est un homme qui ne bande pas. Bander = grosse queue + gland apparent. Voici donc les 2 choses à éviter quand on montre un homme de pouvoir. Au plus la bite est petite, au mieux.

Suivant ce raisonnement très grec (prééminence de la raison) et très chrétien (ne pas tomber entre les mains du Diable), la représentation occidentale du corps masculin a toujours privilégié les petites bites. David a une petite bite (voir ci-dessus), tout comme le très viril Hercule, Mars ou Apollon.

Les phallus turgescents appartiennent aux satyres (voir cette statue du Musée Archéologique national à Athènes) et autres faunes, ainsi qu’à Dionysos (Bacchus), bien sûr, l’enfourcheur de ménades (voir la bite géante du Stoivadeion). Les satyres sont cependant souvent représentés avec de petits pénis, comme le Silène ivre du Louvre (est-ce seulement l’alcool qui fait débander ce satyre, père adoptif de Dionysos/Bacchus ?) ou le faune de Barbieri, tous deux d’époque romaine.

Puis le membre en érection est devenu tabou en Occident puisqu’il n’est plus jamais représenté, à l’exception, peut-être, du faune de la fontaine de Neptune à Florence (16ème siècle) qui accomplit l’exploit d’être en érection sans l’être !

penis de pouvoir

Source : gymnosophistry.tumblr.com

Les artistes ont toujours fait l’effort de représenter la « bite de l’homme au pouvoir » (donc courte et calottée) avec une verge plus courte que les testicules. La verge ci-dessus, pourtant au repos, sort déjà du cadre.

Dresseuse d’hommes

La fable de Phyllis et Aristote remonte au 13ème siècle (voir la note du musée du Louvre sur ce sujet).

Abordant à la fois les questions de la domination et du sexe, elle a fait l’objet de nombreuses gravures par des artistes du Moyen-Age tardif et de la Renaissance, comme George Pencz (ci-dessous), Hans Baldung Grien (gravure du musée du Louvre, gravure du Germanisches Nationalmuseum de Nüremberg) et beaucoup d’autres.

georg pencz 1530

Aristote chevauché par Phyllis – Gravure de Georg Pencz – vers 1530

La fable illustre le thème de la supériorité de la séduction féminine sur l’intellect masculin. On y voit le philosophe grec Aristote à quatre pattes, chevauché par une femme. Cette femme, Phyllis, était une courtisane. Aristote considérait qu’elle avait trop d’emprise sur son élève, Alexandre le Grand. Et voilà qu’Aristote tombe à son tour sous le charme de la jeune femme qui l’oblige à se comporter comme un cheval pour obtenir ses faveurs. Le sage Aristote, désormais dirigé par sa bite et plus par son cerveau, s’éxécute, sous le regard surpris d’Alexandre… et sous le nôtre.

Cette fable destinée à l’édification des mâles veut inciter ces derniers à la prudence vis à vis des femmes (n’est-ce pas suivant le même raisonnement que ces dernières sont incitées à se voiler ?). Les artistes comme Pencz y ont sans doute vu aussi un sujet croustillant : Sexe et domination, bite et fouet… voilà une thématique toujours moderne !

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« Dresseuse d’hommes » par Florence Fulbert – Edité par Jean Fort, 1931 – Ilustrations par Luc Lafnet, alias Jim Black – Source : livres-anciens-rares.blogspot.fr

Bien avant les cinquante nuances de Grey, le sujet était populaire, bien sûr. Sacher-Masoch est mort en 1895 et sa Vénus à la fourrure sort au cinéma en 2013 : Voilà au moins 100 ans qu’on aime parler des rapports de soumission/domination. La Dominatrix vend, comme la dresseuse d’hommes de Fulbert.

On pourrait discuter longuement des rapports de domination mais la fable d’Aristote et Phyllis a l’avantage de faire court : C’est parce qu’ils ne peuvent pas maîtriser leur bite que les hommes se font mener à la baguette. Voilà donc le charme des femmes… « charme » au sens d’enchantement… Le pouvoir de la sorcière sur l’homme… faire bander.

Sorcières sur leur monture par Eugène Reunier (pseudonyme de Carl Breuer-Courth, 1884-1960), 1925? – Source : phallusandart.tumblr.com

Le dessin de Reunier résume parfaitement la fable : l’homme ne peut contrôler ses érections. Le cerveau (l’intellect, la raison) ne peut pas empêcher la bite de bander : Voilà bien l’oeuvre du Diable. Phyllis chevauchant Aristote, c’est une sorcière chevauchant une bite turgescente. Au passage, remarquez aussi la ressemblance entre ce dessin et la dernière image du billet précédent (« Fantaisie dominatoire ») : La blanche Flora sur le noir Mike en érection.

Fantaisie dominatoire

Après 5 mois de silence, je me réveille, comme l’année dernière, avec un billet phallique et des photos de Petter Hegre (voir « L’ultime limite des choses« )… phallus en main… bite sous le pied… homme dominé ?

C’est un commentaire récent qui m’a donné envie d’écrire cet article. L’auteur du commentaire me faisait remarquer que, dans notre société, c’est la femme qui est dominante, quoi qu’on en dise (et quoi que j’en dise). Ah bon ? Vraiment ?

On pourrait en discuter longuement, bien sûr, mais d’autres s’en chargent déjà et ce n’est pas l’objet de ce blog.

2 silvie leo hegre 3 silvie leo hegre

[Silvie et Leo, duo, par Hegre – Source : tfpez.com ]

Je me suis plutôt demandé si la domination n’est pas une fantaisie visuellement excitante, dans laquelle on peut jouer sur les couples agenouillé/debout, dominant/dominé, homme/femme, bite raide/bite molle, bite libre/bite en main, etc. Dans ces très belles photos de Petter Hegre, on remarquera aussi le couple femme blanche/homme noir.

1 flora and mike by hegre

Fantaisie, tout cela ? Je le pense, oui, comme sur les sites porno, lieu de toutes le fantaisies sexuelles (masculines généralement). Exemple sur le site porno (pour les adultes, SVP) definebabe : Si, au début de la séance photo, les hommes sont à genoux autour de Lulu Martinez qui les tient par la queue, la situation ne tarde pas à s’inverser. Au final, c’est bien Lulu qui et à genoux et qui suce les bites !

Enfin, regardez bien la photo de Flora debout sur Mike qui bande. Voici une image qui rappelle parfaitement la vision classique de la domination féminine : Phyllis domine Aristote car même le sage ne peut contrôler ses érections. On en reparle dans le billet suivant.

Sainte vulve dans son ostensoir

Sur femelletemple, on ne peut pas faire l’impasse sur une vulve entourée de rayons lumineux, comme la tête d’Apollon ou du Christ ceinte d’une auréole, comme une relique sainte entourée de rayons de métal doré (pour en savoir plus sur l’auréole, voir aussi « Sombre fente ou lumineuse flamme ?« ).

Qu’est ce donc que ces bites raides et éjaculant comme des pénis bhoutanais (voir « Penis Art au Bhoutan« ) autour d’une vulve poilue ? Une danse de vifs par Martin Van Maele (1863-1926) ? Un alignement de bites  sataniques par Félicien Rops (1833-1898) ? Un nouvel exemple de « symplegme » par Johann Heinrich Füssli (Henry Füseli 1741-1825) ?)

Il s’agit en fait d’un dessin d’Antoine Borel (1743-1810) gravé par François-Roland Elluin (1745-1810) pour le livre de François-Félix Nogaret (1740-1831), l’Arétin français, publié à Londres en 1787.

Cette illustration est placée en début du livre qui, outre des textes érotiques, compte 18 gravures de positions sexuelles. Ces dernières rappellent les 16 positions  gravées par Marcantonio Raimondi dans le recueil « I Modi » (1524) et basées sur des peintures de Giulio Romano. La seconde édition fut accompagnée de textes de Pietro Aretino (Pierre l’Arétin). Ces gravures furent ensuite copiées par Agostino Caracci (Augustin Carrache) et Jacques-Joseph Coiny ainsi que Jean-Frédéric Waldeck (voir les images des différentes versions d’I Modi sur eroticart) .

Ceci dit, les illustrations des positions sexuelles me semblent bien moins intéressantes que la gravure ci-dessus qui place le sexe féminin « au centre du monde ».

L’ultime limite des choses

Voici une bien curieuse gravure de la Renaissance, exécutée en 1529 par Hans Sebald Beham ( Source: endofthecentury2.blogspot.com ) : A gauche, une femme qui tient un homme par l’épaule et par la bite (en érection ?) ; A droite, la Mort qui tient l’homme par les cheveux et par le cul ; Au centre, un homme qui pose une main sur le pubis de la femme et l’autre main sur la tête d’un enfant. Certains ont appelé cette image « La Mort et le couple indécent » mais, franchement, HSB s’en foutait de l’indécence.

sebald beham, couple indécent, mors ultima linea rerum
Sebald Beham a appelé son dessin « Mors ultima linea rerum », soit « La mort est l’ultime limite des choses ». Avec un titre comme celui-là, on balance l’indécence très loin. Je laisse tomber les explications obscures des spécialistes et je donne la mienne : HSB nous dit qu’il n’y a pas de limite puisque la seule qui compte vraiment, l’ultime, la dernière, l’inévitable, l’infranchissable, c’est la mort.

Mais il n’y a pas de limite à quoi ?

Rappelons-nous la vie tourmentée d’HSB (voir « Le bain selon les frères Beham : Peu de lavage, beaucoup de tripotage« ) : 1529, c’est l’année où il se fait explulser de Nüremberg pour cause de diffusion d’oeuvres pornographiques. Avec cette gravure (une gravure se copie facilement et peut être largement distribuée), HSB a sûrement marqué son public. En effet, même maintenant, l’image d’une femme qui attrape un homme par sa queue est forte (voir photos ci-dessous).

HSB a vraisemblablement dessiné un encouragement à la jouissance, notamment sexuelle : la seule limite infranchissable, c’est la mort ; les autres se violent. Transgressif, provocateur, indécent… HSB, quoi !

[Photo de gauche : Silvie et Leo, duo, par Hegre – Source : tfpez.com – Photo de droite par Roy Stuart – Source : http://www.roystuart.net]

Le monde à l’envers

Il est temps que je me remette à écrire ! Voici donc mon premier billet de 2012 (et le premier depuis 3 mois). Pour bien commencer l’année, faisons travailler un peu ces messieurs…

Le monde à l’envers, pour ce qui nous intéresse, ce serait par exemple des pubs pleines de bites, au lieu des incontournables et ubiquitaires « femmes à poil ». Certes, United Colors of Benetton avait tenté quelque chose le 9 juin 1993 en étalant des gros plans de sexes d’hommes (mais aussi de femmes, ce qui change tout !) sur une double page dans le journal Libération. Puis il a fallu attendre 10 ans pour avoir ça :

Ca, c’est Samuel de Cubber qui montre son corps (y compris le membre) pour le lancement, en 2002, du parfum pour homme M7 d’Yves St Laurent. Et puis ? Et puis, plus rien (je ne parle pas des millions de bites qui se dressent sur les sites porno et gay, bien sûr)… N’hésitez pas à m’envoyer des preuves de mon erreur mais, que je sache, la bite a de nouveau disparu (mis à part le calendrier du Stade Français, d’où peut-être son succès…).

Franchement, c’est comme ça depuis  longtemps et je me suis amusée à chercher les rares cas où l’homme montre son sexe mais pas la femme.

ADAM ET EVE

Quoi de plus logique que de commencer le court inventaire avec Adam et Eve ? Il y a de très nombreuses représentations d’Adam et Eve mais quand les sexes ne sont pas cachés par une branche, une main ou une feuille, seule Eve nous montre quelque chose. Je n’ai recensé que deux cas de « monde à l’envers » où c’est Adam, seul, qui déballe la marchandise.

Il y a d’abord l’Adam de Masaccio qui nous montre de nouveau sa bite depuis que les restaurateurs ont enlevé les disgracieuses feuilles noires rajoutées par les censeurs du 17ème siècle (Fresque achevée vers 1428 et visible dans la chapelle Brancacci de l’église Santa Maria del Carmine à Florence – Source : artinvest2000.com).

Il y a aussi, bien sûr, la très fameuse gravure d’Adam et Eve réalisée par Hans Sebald Beham en 1543 (source : hans-sebald-beham.com) et qui a donné des idées à certains, notamment Scott G Brooks (source : scottgbrooks.com).

Comme à chaque fois qu’on parle d’Adam et Eve, on passe au paradis naturiste (voir article « L’homme et sa femme étaient tous deux nus et ils n’avaient pas honte« ), copie plutôt réussie de l’Eden terrestre, nudiste lui aussi et maintenant disparu. Je pense qu’HSB aurait apprécié ce couple au paradis, dont seul l’homme montre son sexe.


ORESTE ET ELECTRE

Oreste et Electre, frère et soeur, concevront ensemble le plan pour venger la mort de leur père en tuant leur mère (et son amant). Je ne vais pas m’apesantir sur cette histoire pas drôle. C’est la double statue réalisée entre -100 et +100 et exposée au Musée archéologique national de Naples qui m’intéresse : Un homme nu et une femme habillée (remarquez au passage l’égalité de taille et de stature entre l’homme et la femme qui tient son frère par l’épaule dans une attitude très « virile »).

[Photo de gauche sur haverford.edu – Photo de droite prise à la Toronto Pride 2010 – Source : Wikimedia]

Voilà un concept tout à fait « moderne » dans l’erotica masculine. Pour faire bien, on appelle ça CFNM (clothed female, naked male). C’est clairement un truc qu’affectionnent les exhibitionnistes mâles. Il suffit de surfer un peu sur le web pour s’en rendre compte.

PERSEE ET ANDROMEDE

Le Musée archéologique national de Naples possède un autre bel exemple de « CFNM », en l’occurence la peinture murale de Persée et Andromède ponctionnée à la Casa dei Dioscuri de Pompéi (source : viticodevagamundo.blogspot.com).

Persée est un bon vieux héros grec, pourfendeur, coupeur, tueur, vengeur. Il débarasse Andromède du monstre qui la retient captive, l’épouse et lui fait des gosses. Ainsi donc, voici la fille, blanche et vêtue, qui accueille son héros et futur amant/mari, brun et nu.

J’ai cherché des équivalents contemporains mais je ne les ai pas trouvés ! Alors, pour faire une conclusion pas trop absurde et finir comme on a commencé (par une pub), voici une intéressante photo d’une femme vêtue et blonde et d’un homme nu et brun… Il s’agit de la promotion d’une crème anti-rides. Pas monde à l’envers mais marche arrière ?

Queue, trompe, tentacule, serpent…

Quand la reine Maya rêve qu’elle se fait pénétrer par un éléphant blanc (voir article précédent), je ne peux m’empêcher de penser à une histoire de trompe. Une trompe qui la pénètre… Le songe d’une énorme bite. J’ai tord. Ou, plutôt, je raisonne comme une Occidentale.

« Dovima with elephants » – 1955 – Richard Avedon – Source : rvrenard.wordpress.com

Quand la célèbre mannequin américaine Dovima (Dorothy Virginia Margaret Juba, 1927-1990) pose pour Richard Avedon (1923-2004) en août 1955 dans une robe dessinée par Yves Saint-Laurent pour Christian Dior devant deux éléphants du Cirque d’Hiver à Paris, on obtient une des photos de mode les plus connues dans le monde. Une des plus sensuelles aussi : La femme sophistiquée et fragile qui pose délicatement sa fine main blanche sur la trompe dressée de la grosse bête primitive, rugueuse et grise. La Belle et la Bête. La blanche Galatée et le brutal Polyphème (voir : « Adoration, le cas Daphné« ).

Inexistant en Europe mais bien connu en Asie, l’éléphant est un animal puissant et utile qui devient incontrôlable et dangereux quand il est pris d’un coup de folie. Pas l’éléphant blanc. Celui-ci ne connaît pas la folie. Il symbolise la puissance maîtrisée et, pour cela, il est infiniment respecté en Asie. Ce n’est donc pas la trompe de l’éléphant qui intéresse la reine Maya mais sa couleur. Elle sera fécondée par un être puissant qui a appris à maîtriser sa force : l’éléphant blanc.

Je viens de lire une autre différence entre la vision occidentale et celle des Orientaux. C’est assez surprenant et, je l’avoue, parfois mystérieux. Les Occidentaux voient le sexe comme la pénétration de l’homme dans la femme et l’injection en elle de la semence du mâle. « Normal ! », me direz-vous. Et bien non ! Il semble que les Orientaux voient l’acte sexuel comme l’introduction par la femme de son énergie dans le corps de l’homme (on avait déjà évoqué le rôle énergétique de la compagne ou shakti des dieux hindous dans la « Petite discussion sur Shiva, le mâle et son pénis« ). Le sexe de l’homme devient comme une vulve pénétrée par la force féminine. Dans le ventre de l’homme devenu un être idéal hermaphrodite se forme une semence nouvelle qui monte le long de la colonne vertébrale jusqu’à la tête, comme un serpent (voir le blog chine-immortelle).

slug Anish Kapoor[« Slug » par Anish Kapoor – Source : pinterest –  2011  – Anish Kapoor est au Grand Palais à Paris du 11 mai au 23 juin 2011]

Si j’ai bien compris, c’est ce serpent qu’a représenté Anish Kapoor, Britannique d’origine indienne (né en 1954 à Bombay). Ainsi qu’une grosse vulve rouge. Vulve et serpent de l’homme hermaphrodite ? On pourrait aussi y voir une belle grosse chatte de femme et une interminable queue d’homme. Queue, trompe, tentacule, serpent… Voici une transition toute trouvée vers les prochains articles.

Penis Art au Bhoutan

Quand je disais, dans l’article précédent, qu’il y a peu de pénis et de pubis à voir au musée Guimet, je ne voulais pas dire que l’Asie est prude.

Un contre-exemple facile à présenter et agréable à regarder est le petit état himalayen du Bhoutan. On y représente un peu partout, notamment  en peintures murales, des pénis qui bandent et éjaculent. Difficile de trouver moins prude !

Voici une petite sélection glanée sur le web :

[Photo visible sur le blog fg-artdevivre]

[Photo visible sur le site du Telegraph]

[Photo visible, avec plusieurs autres en bonne définition, sur le site sergeydolya]

[Photo visible sur le blog de julesfredrick]

[Photo visible sur flickr]

[Photo visible sur lejdd.fr]

[Photo visible sur flickr]

[Photo visible sur globalpost]

Et comme ce serait trop facile de se contenter de ce que font les autres, je vous propose MA PROPRE CONTRIBUTION au PENIS ART, sur une page « POUR ADULTES » (même si les pénis éjaculant bhoutanais sont bien plus osés que les miens). Voilà une contribution qui devrait faire plaisir à la Grande Femelle dans son temple !