Archives de Tag: topless

Dames au bain : le méli-mélo des copier-coller

Après la mise au point concernant les peintures représentant une « dame à sa toilette », je vais m’attaquer avec délectation à un sujet beaucoup plus bordélique : les représentations des « dames au bain » par ce qu’on appelle, pour faire simple, l’école de Fontainebleau.

Commençons par la seule « dame au bain » officiellement attribuée à François Clouet (av. 1520-1572) :

françois clouet

A lady in her bath (Femme au bain), François Clouet, vers 1571, National Gallery of Art, Washington

Tout comme les 3 « dames à leur toilette » de l’article précédent sont maintenant considérées des femmes anonymes, la dame au bain portraiturée par Clouet n’a pas reçu de nom par les spécialistes de la National Gallery of Art de Washington. Ces derniers refusent d’y voir le visage de Diane de Poitiers (1500-1566), la maîtresse et confidente d’Henri II (1519-1559), roi de France et mari de Catherine de Médicis.

Le musée Condé de Chantilly n’a pas tant de scrupules : Pour lui, le portrait de Washington est bien celui de Diane de Poitiers tout comme le « clone » qu’il possède serait celui de Gabrielle d’Estrées (apr. 1570-1599), maîtresse du roi de France Henri IV (1553-1610) qui épousera Marie de Médicis à la mort de Gabrielle. Les 2 enfants seraient les « bâtards » mâles de Gabrielle et Henri : César et Alexandre.

gabrielle d'estrées, chantilly

Gabrielle d'Estrées au bain, école française, 4ème quart du 16ème siècle ou 1er quart du 17ème siècle, musée Condé, Chantilly, © Réunion des musées nationaux ; © René Gabriel Ojéda

Plus intéressant et nettement plus connu, voici Gabrielle d’Estrées au bain avec une des ses soeurs. Le pince-téton indiquerait que Gabrielle est enceinte (?).

Gabrielle d'Estrées et une de ses soeurs, Ecole de Fontainebleau, 4ème quart du 16ème siècle, Musée du Louvre, image sur Wikimedia Commons

Et voici, ci-dessous, une copie des 2 soeurs au bain. La pose est légèrement différente et le pince-téton n’est plus de mise mais la vieille nourrice des deux premières toiles est de retour, bien qu’inversée.

Gabrielle d'Estrées et sa soeur, la duchesse de Villars, 4ème quart du 16ème siècle-début du 17ème siècle, Musée National du Château de Fontainebleau, © C. Jean Réunion des musées nationaux

Et pour finir en beauté ce petit tour des copies, voici une miniature du 18ème siècle qui s’appelle « deux jeunes femmes nues », pour ne pas citer Gabrielle et sa soeur. La nourrice a dégagé, remplacée par… ce bon vieux roi Henri !!!

Deux jeunes femmes nues dans une baignoire, dans le fond Henri IV, 18ème siècle, musée du Louvre département des Arts graphiques, © Musée du Louvre, M. Beck-Coppola

Dames à leur toilette

D’accord. Cet article ne va pas vous épater par la profondeur de son texte ou l’originalité de ses images. Je veux juste faire le point sur une iconographie très particulière : celle des « Dame à sa toilette » avec gros plan sur jeune femme torse nu à sa table de toilette, main droite tenant une bague au dessus de la boîte à bijoux, main gauche entre les seins sur le bout d’un collier, large collerette et cheveux coiffés court, sorte de cape de voile ou mousseline transparente posée sur les épaules  et servante agenouillée à l’arrière-plan devant un coffre de rangement.

Bildnis einer Dame (portrait de femme), Ecole de Fontainebleau, 16ème siècle, Kunstmuseum de Bâle

Je tombe sans arrêt sur une représentation de « dame à sa toilette » dont l’auteur ou la localisation est fausse. Ce n’est pourtant pas compliqué : il n’y en a que trois !

Femme à sa toilette, vers 1550-1570, Ecole de Fontainebleau, Worcester Art Museum (Worcester, Maine, USA)

Pas de François Clouet, pas de musée Magnin, pas de Diane de Poitiers. Il est cependant vrai que le ressemblance entre les portraits de Worcester et de Dijon a pu créer une petite confusion.

Dame à sa toilette, anonyme, 16ème siècle, Musée des Beaux-arts de Dijon

Reste la question principale : c’est quoi ce portrait ? Pourquoi ces femmes sont nues ? De quelle toilette parle-t-on ? Pourquoi est-il plus question d’or et de bijoux que d’eau et de savon ? Pourquoi le bras droit est-il posé sur un coussin ? Pourquoi la bague, le collier, la collerette ? Enfin, pourquoi tant de copies et quel est l’original ? A cette dernière question, je proposerai un début de réponse : Il se dégage une telle sensualité de cette poitrine nue mais parée de bijoux sous un voile transparent qu’elle n’a pu qu’inspirer les artistes de cette époque. Question subsidiaire : Pourquoi pas plus de copies ?

Le téton cache-téton ou comment pousser la morale jusqu’à la limite de sa connerie

Je ne chercherai pas à faire ici la promotion du « National Go Topless Day » (« National » as in « American »). Non. Les liens de cet événement avec la secte des Raëliens m’incitent à la prudence. Mais en regardant les photos de l’édition 2009 à Miami en Floride publiées par le site ipanemic, je n’ai pas pu m’empêcher de ricaner une fois de plus à cette vaste fumisterie qu’on appelle la « morale ».

La petite poignée de participants (il y avait plus de voyeurs avec Nikon en main et polo sur les épaules que de manifestants topless) s’est chargé de rappeler des choses simples, du genre « égalité avec les hommes » ou « la guerre est indécente (sous-entendu : mais autorisée), pas mes seins nus (qui eux sont interdits) ». Rien à dire là-dessus mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. Vous avez vu les tétons des femmes ? Il n’y a pas un petit problème ?

Et oui, vous avez compris : pour ne pas se faire serrer par la South Beach Police Department (si cette PD-là existe), les filles ont couvert leurs pointes de seins de cache-tétons en forme de… pointes de seins. Ca, c’est autorisé. Apparemment. Ce n’est pas très con, la morale ?

Dans les années 20, on aime bien les petits seins

Les Ziegfeld Follies sont des spectacles de type « revues » organisés sur Broadway à New-York par Florenz Ziegfeld au début du XXème siècle. Les Follies sont restées célèbres par le faste de leurs costumes et le charme de leurs danseuses/actrices.  Ces dernières ont été immortalisées par le photographe Alfred Cheney Johnston dont un grand nombre de photos sont visibles sur myarchives.net. Les clichés de Johnston permettent de se faire une bonne idée du physique de ces starlettes du siècle dernier.alice wilkie,alfred cheney johnston,ziegfeld,topless,vintage,pin upAlice Wilkie, vers 1924-27virginia biddle,alfred cheney johnston,topless,vintage,pinup,ziegfeldVirginia Biddle Bulkley (1910-2003) vers 1928-31. louise brooks,alfred cheney johnston,ziegfeld,vinrage,pinup,topless,nueLouise Brooks (1906-1985), vers 1922-24 (Vedette du cinéma muet, célèbre pour sa coiffure -le « casque noir »-, elle avait la nudité facile mais le coeur inaccessible. Sa bio est étonnante.)

Pour rester dans le ton des articles précédents, j’ai regardé les filles de Ziegfeld au-dessus de la ceinture. Les photos de Johnston parlent toutes seules : les pinups des années 20 ont plutôt des petits seins.

[Le site doctormacro contient aussi de très nombreuses photos vintage classées par noms d’acteur]

2000’s vs 1960’s : retour de la pudeur ?

OK. Le titre semblera absurde pour tout être humain ayant surfé sur le web pendant une heure après avoir tapé le mot « cul » sur un moteur de recherche.

Cependant, juste pour le fun, comparez le portrait de Peggy Moffitt en 1964 (article précédent) avec les photos de deux pin-ups contemporaines habillées du même monokini  à bretelles, à la Gernreich.fergie,michael thompson, allure,black eyed peas,gernreich,toplessStacy Ferguson (alias Fergie, la chanteuse des black eyed peas) photographiée par Michael Thompson pour le magazine Allure, 2009.

laetitia casta,russell james,sports illustrated,monokini,topless,gernreichLaetitia Casta photographiée par Russell James pour la collection de maillots de bain de Sports Illustrated, 2000.

Il est remarquable que Fergie et la Casta cachent leurs seins comme la pudique Peggy des premières photos de 1964. C’est cette pose que les 2 vedettes ont choisie et non la version plus sexy des seins nus adoptée un peu plus tard par la même Peggy Moffitt. Un retour de la pudeur féminine ?

A moins qu’elle ne soit jamais partie.

A moins que l’oeil moderne n’ait besoin d’un peu plus de peau cachée pour rester éveillé.

[Photo de Fergie sur le site livejournal. Photo de la Casta sur le site SI. Cliquer sur les photos.]

Topless : America first

En même temps que Mary Quant en Angleterre, le créateur de mode américain Rudi Gernreich sniffe l’air du temps et se jette à l’eau. Quand Mary s’intéresse aux jambes, Rudi préfère les seins. Après le soutien-gorge pour petites poitrines, sans armature et transparent, le « no bra », puis sa version dos-nu (le « no back »), Rudi, avec quelques années d’avance sur les féministes, envoie carrément valser le soutien-gorge avec un vêtement seins nus. Il propose une culotte avec bretelles qui peut servir aussi bien de maillot à la plage que de tenue de soirée pour un cocktail. Mais ce n’est pas évident de sortir les seins à l’air en juin 1964 et les premières photos du monokini sur son mannequin préféré, Peggy Moffit, sont plutôt prudes.

peggy moffit,william claxton, gernreich,life, monokini

Peggy Moffit dans un monokini de Rudi Gernreich - Photo par William Claxton publiée dans Life, juillet 1964 - Photo HD en cliquant sur l'image, visible sur bikiniscience.com

Certaines femmes iront cependant plus loin et, comme toujours pour créer du buzz, c’est l’arrestation de Toni Lee Shelley (une jeune fille aspirant devenir mannequin ou actrice, semble-t-il) sur une plage du lac Michigan à Chicago à la fin du mois de juin qui attira l’attention sur le monokini de Rudi Gernreich et assura à ce dernier son passage à la postérité (et quelques articles dans ce blog – quelle chance !-).

toni lee shelley monokini chicago police arrested topless

Toni Lee Shelley arrêtée sur une plage de Chicago - Fin juin 1964 - photo HD sur bikiniscience.com

La phobie des seins nus n’est pas propre aux USA. La France n’est pas particulièrement en avance sur ce terrain comme en atteste la réaction du magazine Elle.magazine Elle,monokini,gernreich Notons enfin que Peggy Moffit finira par retirer ses bras de devant ses tétons pour une autre photo par son mari William Claxton (cf le portrait de Peggy Moffit). Le couple y prendra goût car d’autres photos topless suivront.

[Un grand merci au site bikiniscience.com pour ses nombreuses infos et photos]

1964 : topless à Molitor pour Life Magazine

Avant de prendre un peu de temps pour parler du fameux monokini lancé en 1964 par le styliste américain Rudi Gernreich, je consacre cet article à la séance de prises de vue réalisée par le photographe Paul Schutzer (entre autres photographes présents) pour l’article du 10 juillet 1964 du magazine Life.Daphne Dayle,Paul Schutzer,Life,Molitor,monokini,topless,rudi gernreich Pourquoi ? Parce que – j’espère que vous l’avez reconnue – ça se passe à MOLITOR ! Oui, la géniale piscine découverte de Paris-XVI, fermée depuis 1989.

Je ne sais pas qui sont tous ces photographes, ni qui a pris les photos que je montre dans cet article. Le mannequin s’appelle Daphne Dayle et je pense que c’est Paul Schutzer qui est photographié avec elle sur ce cliché :daphne dayle,paul schutzer,life magazine,piscine molitor,gernreich,monokini

De cette scéance à Molitor, il ne restera qu’une seule photo publiée dans l’article « Me ? In That ! » (Moi ? Dans ce truc-là !) de l’édition du 10 juillet 1964.Life magazine,10 juillet 1964,july 10 1964,gernreich,dayle,schutzer

Mais ne gâchons pas notre plaisir ! Avant de passer à des choses plus sombres, voici deux autres photos de la jolie nymphette Daphne Dayle dans l’eau claire de la piscine Molitor sous le soleil.daphne dayle,paul schutzer,piscine molitor,life magazine

daphne dayle,paul schutzer,piscine molitor,life magazine,monokiniEt pour terminer (et pour se faire du mal cette fois-ci) voici une autre photo de Molitor en 1964…daphne dayle,paul schutzer,piscine molitor,life magazine,monokini,paris…Et ce qui restait de Molitor il y a quelques années, sous un angle à peu près identique.piscine molitor,paris,abandon,délabrement[Visible sur http://www.image urban-exploration.com-Cliquer l’image pour accéder au site]

Quant à Paul Schutzer, il est mort 3 ans après Molitor (il avait 37 ans), tué par un obus dans le Neguev alors qu’il couvrait la guerre des 6 jours.

[Toutes les photos, sauf celle de la piscine Molitor en ruines, proviennent du blog nistagmus]