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Portrait de Hazel par Jean Gabriel Domergue

Dans la galerie des portraits, difficile de faire l’impasse sur une Parisienne de Domergue (voir article « L’invention de la pinup, par Domergue ?« ). Mince, chapeautée et décolletée, comme il se doit.

[Image tirée du site art-expertise.com]

L’invention de la pinup, par Domergue ?

« C’est moi qui ait inventé la pinup », aurait-il dit… Et il n’avait pas complètement tord.

[Dessus à gauche : Pamela Barton aux courses – A droite : L’avant-scène – Les Parisiennes de Domergue sont parfois accompagnées d’un homme, toujours le même, distingué et à monocle, quand elles se rendent aux courses ou au théâtre.]

Quand on regarde les huiles de Jean Gabriel Domergue (1889-1962), on ne peut s’empêcher de penser à Toulouse-Lautrec et à Degas, par les couleurs utilisées, par les lieux  (pas mal de cabarets) et par les personnages (pas mal de danseuses).

Il y a cependant de nombreuses différences : Domergue peint toujours une femme, généralement en plan rapproché (torse + tête), généralement seule, généralement habillée d’un chapeau et d’une robe  très décolletée qui montre les épaules (Admirez l’échancrure de Pamela Barton !).

Les femmes de Domergue se ressemblent toutes : même forme de visage, même minceur, mêmes petit nez retroussé et petites lèvres rouges, même élégance.

[Dessus à gauche : Au Ciros – A droite : Au Moulin Rouge – Les Parisiennes passent beaucoup de temps dans les bars et les cabarets, à boire, seules.]

On dit de Domergue qu’il a inventé l’image de la « Parisienne ». C’est à dire ? Une femme mince et élégante ? Une bourgeoise qui n’a pas beaucoup de choses à faire, si ce n’est aller aux courses ou au spectacle ? Une femme seule et disponible ? Une femme facilement nue, comme Rita, Pamela, Eliane… ? Une très belle femme nue, comme Joséphine Baker ?

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[Dessus à gauche : Music-hall Girl – A droite : Le modèle aux seins nus]

La Parisienne de Domergue est-elle une pinup ? Par son look habillé-dénudé et l’époque à laquelle elle a été créée (les années 30), on pourrait la raccrocher à la vague des pinups américaines. Il y a cependant une différence de taille : alors que la « Parisienne » est une bourgeoise (voire même une aristocrate) oisive, toujours assise ou allongée, habillée ou complètement nue, la pinup américaine est une fille du peuple qui travaille (quand bien même elle passe l’aspirateur !… Voir « Oups ! Tu me tires, chéri ?« ), qui bouge ses gambettes et n’hésite pas à soulever sa jupe et montrer ses cuisses. Il y a chez l’Américaine plus de vie, plus d’humour, plus de dévergondage.

Faut-il s’étonner si la fille du peuple fut plus populaire ?

[Les images ci-dessus sont toutes extraites du site art-expertise. Cliquer les vignettes pour voir les reproductions sur le site. Et pour voir de vraies toiles de Domergue, visitez jusqu’au 16 septembre 2012, l’expo « Et Domergue créa… la Parisienne » au musée du Montparnasse à Paris. ]