Archives de Tag: grosses fesses

Jambes de femmes – Osez la largeur

Quand un dessinateur fait son travail, il lui faut tordre la réalité, la simplifier, la déformer, pour qu’au final le dessin parvienne à son but et se fasse comprendre.

Quand il dessine le corps de ses petites nanas, Arthur de Pins (voir site web), illustrateur et auteur de BD français né en 1977, n’hésite pas à déformer. Le résultat est original et très sexy.


De Pins choisit de déformer le bassin et les fesses qu’il élargit (comparez ci-dessus le corps de l’homme à celui de la femme ou sur la couverture de l’Anti-Kamasutra).

Comme déjà discuté dans les billets précédents, un bassin large est synonyme de féminité. On peut dire que les petites nanas d’Arthur de Pins, avec leur croupe large et leur taille fine, débordent de féminité. Et pour un mec, « féminité exacerbée du corps » rime avec « sensualité débridée et corps-à-corps ». Pas étonnant que les éditions de la Musardine lui aient confié la tâche de réaliser les couvertures de la collection « Osez… » qui déborde… d’audace.

Je constate par ailleurs que, comme les soeurs Ikaruga (« Jambes en X – Démonstration par les soeurs Ikaruga« ), les nanas d’Arthur de Pins sont à la fois sexy et enfantines…

Arthur de Pins a aussi joliment croqué les danseuses du Crazy Horse.

Et après la déformation des jambes par la largeur, je saute sur un autre billet dans lequel on les déformera par la…

L’exception callipyge

Dans le triste paysage d’un monde sans cul (voir article « Des millénaires d’art sans cul« ), la Vénus callipyge est une remarquable exception. Bien sûr, les statues de femmes nues abondent depuis la Venus pudica de Cnide (voir « Le jour où commença le culte du corps féminin« ) mais attention ! Les statues de femmes nues se regardent toujours de face. Le cul est là, bien sûr, puisqu’il s’agit d’une statue de femme nue mais il est derrière. Accessoire. Secondaire.

La Vénus callipyge est complétement différente. Elle est UNIQUE : Elle soulève sa robe pour montrer son cul qu’elle se retourne pour regarder. La partie la plus importante de la statue, c’est le cul. Sa face avant est son derrière.

Jean-Jacques Clérion - "Vénus callipyge" - 1686 - Parc du château de Versailles - Photo par Ackteon sur Flickr (Merci Ackteon ! Pour voir l'original, cliquer la photo)

La Vénus callipyge la plus ancienne connue date du 1er siècle avant JC et est actuellement exposée au musée archéologique national de Naples. Elle a été découverte à Rome au 16ème siècle sans sa tête. C’est à cette époque qu’on l’a restaurée avec une tête qui regarde son cul. On ne sait pas ce qu’elle regardait avant. L’érotisme que dégage cette Vénus était donc peut-être moindre à l’époque romaine. On pense qu’elle est la copie d’une statue plus ancienne qui était honorée dans un temple de Syracuse (ville grecque -à l’époque- de Sicile) consacré à Afrodite Kallipygos, l’Aphrodite aux belles fesses.

Cette Vénus a été copiée à son tour à la fin du 17ème siècle par Jean-Jacques Clérion (photo ci-dessus) pour décorer les jardins du château de Versailles.  Une autre copie destinée à Versailles (et maintenant exposée au Louvre) a été exécutée par François Barois à la même époque. Pour ne pas EFFAROUCHER LA PUDEUR du public (cf notice du Louvre), les fesses de la déesse ont été recouverte d’une draperie de plâtre. Cette draperie est toujours en place actuellement sur les fesses de Vénus. Notez par ailleurs que la notice du Louvre ne nous présente pas la statue « de face » (sachant que dans ce cas très particulier, sa face, c’est son cul). Serait-ce par pudeur ? Cette histoire rappelle la jupette de plâtre que la Vénus « Colonna » du Vatican portait jusqu’en 1932 (voir « Le jour où commença le culte du corps féminin« ). Pour en finir avec ces histoires de pudeur, j’ajouterai que la Vénus callipyge de Naples a connu des aventures similaires en se retrouvant très longtemps exposée dans une cour fermée à clé, sous la surveillance d’un gardien (juste au cas où un dévot forcené du culte aphrodisiaque essayait de prendre la déesse de force et d’enfoncer son dard dans son cul de pierre ? Ne doutons pas de la puissance des pulsions masculines !).

La Vénus callipyge a bien sa place dans ce blog où il est surtout question de la dévotion que les hommes portent à leurs idoles féminines. Cul, impudeur, culte, beauté… Tout y est. Je reprendrai donc à mon tour les vers de Jean de La Fontaine dans son « conte tiré de l’Athénée » (ne me dîtes pas qu’il y a un jeu de mots avec con-tiré !) :

Du temps des Grecs deux soeurs disaient avoir
Aussi beau cul que fille de leur sorte;
La question ne fut que de savoir
Quelle des deux dessus l’autre l’emporte:
Pour en juger un expert étant pris,
A la moins jeune il accorde le prix,
Puis l’épousant lui fait don de son âme;
A son exemple un sien frère est épris
De la cadette, et la prend pour sa femme;
Tant fut entre eux, à la fin, procédé,
Que par les soeurs un temple fut fondé
Dessous le nom de Vénus belle-fesse;
Je ne sais pas à quelle intention;
Mais c’eût été le temple de la Grèce
Pour qui j’eusse eu plus de dévotion.

(Ce conte reprend une histoire racontée dans « Les Deipnosophistes », une série de 15 livres écrits au début du 3ème siècle après JC par Athénée de Naucratis, à l’origine du nom de la Vénus callipyge)

Incantation pour les fesses rondes

Fesses RONDES comme à une Syrienne de Tell-Halaf qui s’affale. Lit. Couchée à l’ombre. Coupée du monde. Nue et sans poil. Savon. Propre et lisse. Prête. Parfums. Douceur du soir. Odeur des fleurs. Printemps. Attendre encore. Vide. Sentir. Toucher. Cambrée. Le dos ROND. RONDES comme les deux Mondes, ronds, coupés par la raie. Profonde. Faille. Chaleur des profondeurs. Noir. Volcan. Magma qui coule. Déchirements. Rouge. Danger. Douleur. Eruption. Liquide. Craquements. Gémissements. Tout se déchire et s’ouvre. Dans le cul ROND. Où abonde le monde qui aime les RONDES. Draps blancs. Peau blanche. Transparente. Fragile. Diaphane. Bombée. Lourde. RONDE. Doigts qui parcourent et s’insinuent. Entre les rondeurs, ils rentrent, pénètrent, s’enfoncent. Finalement disparus. Dans le con. Dans le cul. Engloutis. Fesses que l’on fesse et que l’on caresse. Lévres douces. Liquides acides. Rides. Sillon. Le laboureur enfonce le soc. La charrue laboure la Terre RONDE et blonde. Métal. Mécanique. Huile. Bruit. Gémissements, encore ! Profondément dans la terre. Rentrer. Sortir. Remplir. Ne plus sortir, je t’en prie. Plus jamais. Juste rentrer. Plus profond. Complétement. Rentrer et remplir. Remplir. Remplir. Remplir. Tout donner. Ras la gueule. Ras le cul. Ras le con. Pour être pleine, enfin. Complètement pleine. Repue. RONDE.

Les figurines de Tell-Halaf : Ces petites femmes qui cachent les grandes déesses

Tell-Halaf est le nom d’un site archéologique au nord-est de la Syrie, près de la frontière turque. Ce site, découvert en 1899 par l’Allemand Max von Oppenheim a donné son nom à une culture néolithique régionale : la culture de Halaf. On connaît cette culture pour ses très belles poteries et surtout pour ses petites figurines de femme en argile assises sur leurs grosses fesses et qui tiennent leur grosse poitrine avec les mains. Elles n’ont jamais de pieds et rarement une tête.

Figurine de la culture de Halaf découverte sur le site de Chagar Bazar, Syrie - 5ème millénaire avant JC - British Museum, Londres - Photo © The Trustees of the British Museum (cliquer la photo pour voir l'original sur le site du musée)

Ces petites femmes dont on ignore la fonction sont couvertes de peintures sur leurs seins et sur leurs jambes. La large « ceinture » peinte sur la femme du British Museum, ci-dessus, représente peut-être un pagne. Quand elles ont une tête, celle-ci est toute plate avec un oeil peint de chaque côté (cf la figurine du musée ashmoléen de l’université d’Oxford). On trouve ces statuettes dans plusieurs musées telle la figure féminine de Halaf au musée du Louvre ou la « Tel Halaf » fertility figurine du Walters Art Museum de Baltimore.

C’est tout ce qu’on se rappelle de Tell Halaf parce qu’on a oublié qu’il y a eu bien plus. On l’a oublié parce que tous les vestiges ont été détruits, en novembre 1943, lors d’un bombardement dévastateur de l’aviation alliée sur Berlin. Tous ? En fait non. De nombreux fragments ont survécu au sinistre. La bonne nouvelle, c’est qu’ils ont été retrouvés et restaurés et qu’ils sont de nouveau visibles.

Trois mille ans après les potiers qui fabriquaient des statuettes de femmes aux grosses fesses, des peuples araméens s’installaient à Tell Halaf et y développèrent un grand centre urbain. Max von Oppenheim a ramené à Berlin tous les vestiges de cette époque et notamment les statues monumentales du Palais Ouest qu’il a exposées dans son musée privé à Charlottenburg. Ce dernier fut cependant dévasté par des bombes incendiaires pendant le seconde guerre mondiale. Les pièces en bois et en plâtre ont été détruites. Les statues de basalte éclatèrent en dizaine de milliers de fragments. Ce sont ces morceaux, retrouvés dans les réserves du musée de Pergame en 2001 et patiemment réassemblés pendant neuf années, que l’on pourra voir jusqu’au 14 août 2011 au musée du Proche-Orient du musée de Pergame (Vorderasiatische Museum-Pergamonmuseum) à Berlin dans une exposition intitulée « Les dieux sauvés du palais de Tell Halaf » (voir aussi, en français, le Projet Tell Halaf).

La "belle Vénus" de Max von Oppenheim - Déesse trônant, lors de son excavation et en cours de restauration - Photos © Max Freiherr von Oppenheim-Stiftung, Cologne

Vénus tchèques

Il était impossible de  parler de la Vénus tchèque de Dolni Vestonice (voir article sur les 3 Vénus préhistoriques de Dolni Vestonice, Moravany et Willendorf) sans évoquer les Vénus, certes 30.000 ans plus jeunes mais tout aussi grasses, du photographe tchèque Jan Saudek (1935-). Ainsi, n’hésitez pas à comparer le « tête-bêche » de cette carte à jouer avec les vues avant et arrière de la petite céramique du Gravettien :

jan saudek,card 353

jan saudek, card 353
[Carte N°353, 1987, photo sur http://www.saudek.com]

Le plus intéressant, c’est que Saudek  pose en quelques photos la question du sens de ces Vénus et, sans y répondre, il propose les trois mêmes options que celles que confrontent en vain les archéologues.

Première option : Les Vénus préhistoriques représentent des déesses de la fécondité ou une forme de déesse-mère primordiale.

jan saudek,the matrimony[« The matrimony », c’est à dire « Le mariage ». Mais dans « matrimony », il y a aussi le mot « mater », non ? La mère, comme dans « maternité ». On pense à un « matrimoine » qui reviendrait à la mère comme le « patrimoine » relèverait du père… Peut-être. 1985. Photo sur http://www.saudek.com]

Deuxième option : Elles  sont véritablement des Vénus, des déesses de la beauté. Elles sont des objets d’art qui montrent ce que les hommes préhistoriques trouvaient beau : des formes féminines amples et rondes.

jan saudek,slavic beauty[« Beauté slave », 1988, photo sur http://www.saudek.com]

Troisième option : Ces petites statuettes sont des objets érotiques que les hommes tripotaient ou regardaient en se masturbant, comme une photo dans un magazine « pour homme », mais en 3 dimensions. Tout cela ne serait alors qu’une bonne vieille histoire de cul.

jan saudek,at the waterfront[« At the waterfront » qu’on pourrait peut-être traduire par « Face à la mer » ou « Le pied dans l’eau » ? Photo sur http://www.galeriemoderna.cz]

Les Vénus grasses d’Autriche, de Tchéquie et de Slovaquie… et celle de Miami

Trois des plus anciennes Vénus préhistoriques d’Europe proviennent d’une zone assez étroite, à la limite de l’Autriche, de la République tchèque et de la Slovaquie. Toutes trois sont datées de la période dite « de la culture du Gravettien ». Toutes trois sont de bien grasses nanas (Je boycotte volontairement la maigrichonne Vénus de Petrkovice, trouvée à côté d’Ostrava, sur la colline de Landek, et datée également du Gravettien).carte,map, venus,willendorf,moravany,dolni vestonice[carte femelletemple]

Voici les trois fat girls :

La Vénus de Dolni Vestonice (Vestonicka Venuse), trouvée en 1925, datée entre 29 et 25.000 ans avant JC, a été réalisée en terre cuite. C’est la plus ancienne céramique connue. Elle mesure 111 mm. Elle est conservée au musée morave (Moravske Zemske Museum) de Brno.venus,dolni vestonice,vestonicka venuse[Photos placées par « che » sur Wikimedia commons. Pour en savoir un peu plus et voir des photos en haute déf, aller sur Don’s maps]

La Vénus de Moravany, trouvée en 1938 à Moravany nad Vahom en Slovaquie. Elle est datée de 22800 avant JC, mesure 76 mm et a été gravée dans de l’ivoire de mammouth. Elle est conservée à l’Académie des Sciences de Nitra.venus, moravany,slovaquie[Photo © Don Hitchcock 2008 – Pour en savoir plus et voir les photos en meilleure définition, aller sur Don’s maps]

Et, pour terminer, voici la plus connue : la Vénus trouvée en 1908 près du village autrichien de Willendorf (maintenant Aggsbach). Elle mesure 110 mm et a été sculptée dans la pierre calcaire. Elle est datée de 23000 ans avant JC. Elle est conservée au musée d’histoire naturelle de Vienne.venus willendorf[Photos placées par MatthiasKabel sur Wikimedia commons. Pour voir l’article et les photos sur Wikipedia]

On a l’habitude de se moquer un peu de ces « Vénus » préhistoriques, trop grasses à nos yeux pour être maintenant des déesses de beauté. Et pourtant… Qui a dit que les gros culs ne sont pas populaires ? Voici quelques photos prises le mois dernier à Miami. Voici la Vénus…venus, callipyge, miami

… et voici un admirateur…venus,callipyge,miami

… et tous ses potes qui matent, car il n’était pas tout seul !venus,callipyge,miami

[Pour en voir -faute de savoir- un peu plus sur ce micro-événement, allez donc sur ce drôle de blog].