Archives de Catégorie: Surplis décolletés

Pierre et Chair

Je pense à un billet publié il y a déjà longtemps : « Etre à la mode, c’est être nue ?« . Je pense à « Couvertes de bijoux (… et rien d’autre)« .

Voici les photos prises par Grégory Derkenne pour un article du magazine Citizen K de l’été 2011 consacré à la joaillerie.

Vous trouverez ces photos sur les sites de Clémence Cahu et de Laurent Dombrowicz qui ont contribué à l’article. Les photos HD se trouvent sur le site de MyFashionDatabase.

Portrait de Micaela Schäfer

mic4Soit je deviens fan de cette Micaela Schäfer, soit je deviens conne (ou les deux) mais j’aime bien ce portrait pris pendant le défilé Kauffeld & Jahn à l’occasion de la Mercedes-Benz Fashion Week Spring/Summer 2015 à Berlin le 7 juillet dernier.

(source : ok-magazin.de)

Nue au défilé ? C’est toujours OK ou « déjà vu » ?

Puisqu’on a parlé récemment de la nudité lors des expositions (voir « Pour en finir avec les people qui prétendent se mettre à nu« ), je me suis demandée où on en était avec la nudité lors des défilés de mode.

Défilé Automne-Hiver 2013 Pam Hogg à la London Fashion Week - Source : Zimbio.com

Défilé Automne-Hiver 2013 Pam Hogg à la London Fashion Week, février 2013 – Source : Zimbio.com

Je rappelle que les premières mannequins nues défilaient pour Hussein Chalayan en 1997 (« Nue au défilé ? En fait déjà en 1997« ) puis en 2006 (« Nue au défilé ? Déjà en 2006« ), Charlie le Mindu en 2010 et Robyn Coles en 2012 (voir le résumé de tout cela dans « Audace et nudité au défilé : Messieurs (Mesdames) les Anglais(e)s, tirez les premiers !« ). Après quelques présentations osées (« La nouvelle frontière sur le runway : pas de slip au défilé« ), Pam Hogg a également franchi le pas de la nudité intégrale en 2013 (voir photo ci-dessus).

La même année, Charlie le Mindu a fait défiler une femme et un homme nus à Berlin (la femme est en dessous, l’homme est ici).

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Défilé Charlie le Mindu à la Fashion & Film Night au Badeschiff pendant la Fashion Week Mercedes-Benz printemps-été 2014 à Berlin, le 4 juillet 2013 – Source : fernwehosophy.com

On s’était posé la question en 2012 : « Et maintenant, quoi ? On ne peut pas aller plus loin que le défilé de Robyn Coles. Va-t-on assister à un retour en arrière ? » Il semblerait que oui, en 2014 en tous cas, car il n’y avait pas de nudité intégrale dans les derniers spectacles de Le Mindu (un pagne couvre le sexe des danseuses du show offert à la fondation Cartier en juillet 2014). Il n’y a pas de nudité intégrale non plus dans le dernier défilé de Pam Hogg. Serait-ce le retour du cache-sexe sur le « runway » ?

Collet monté ?

Dans mon billet précédent (« L’art de montrer les épaules par JPG« ), je me lamentais sur la mode moderne et le peu d’attention qu’elle porte aux épaules.  Mais non ! Finalement, pas d’angoisse pour le décolleté !

[Ci-dessus : Défilé Printemps-été 2013 Haider Ackermann, Paris – Source : vogue.it]

La Fashion Week parisienne de ces 15 derniers jours (saison Printemps-été 2013) a vu défiler plein de mannequins décolletées chez Christian Dior, Martin Margiela et Haider Ackermann.

J’aurais pu montrer beaucoup de photos d’épaules découvertes par de larges décolletés mais après les illustrations des posts précédents, il y aurait eu un goût de « déjà vu ».

A la place, j’ai préféré présenter les cols remontés d’Haider Ackermann qui n’empêchent pas une grande sensualité.

[Ci-dessus : Défilé Printemps-été 2013 Haider Ackermann, Paris – Source : vogue.it]

Revoici donc les « collets montés » du 19ème siècle… en beaucoup moins pudiques.

Ackermann, grand amateur de transparence dans sa collection précédente, nous rappelle – s’il y en avait besoin – que c’est la subtilité du caché-découvert qui garantit la sensualité d’un vêtement.

Je me permets, dans la foulée, de faire un flashback sur la collection automne-hiver de Jean-Paul Gaultier (encore lui !).

Julia Schoenberg – Défilé Haute Couture Jean-Paul Gaultier 2012-2013 – Source : foto.delfi.lv

JPG a en effet présenté un très bel exemple de collet-monté impudique sur la personne de Julia Schoenberg. Les plus ancien(ne)s y auront décelé certaines ressemblances avec un des modèles présentés par Olivier Theyskens pour sa collection printemps-été en 1999.

Et je ne passerai pas sur une autre très belle création de JPG qui, elle aussi, cache le cou pour mieux valoriser les seins. Celle-ci me rappelle également un modèle plus ancien dont j’ignore le créateur.

Georgina Stojilkovic – Défilé Haute Couture Jean-Paul Gaultier Automne-Hiver 2012-2013 – Source : Vogue.it

Voilà !

J’arrête les décolletés pour l’instant. Il est temps de passer à autre chose.

L’art de montrer les épaules par JPG (Haute Couture)

Après Couture (Thomas), voici la Haute Couture car celle-ci nous a présenté, il y a quelques mois, de bien jolies épaules.

Karlie Kloss – Défilé Jean-Paul Gaultier Automne-Hiver 2012-13 – Paris Fashion Week – Source : foto.delfi.lv

Après un siècle de corps camouflés pendant lequel les bals et autres soirées mondaines étaient le seul moment de dénudement (voir « Le bal, seul endroit où la poitrine respirait » et les billets suivants qui parlent du grand décolleté), sont arrivés les Années Folles, les robes qui remontent, les cheveux courts, les femmes qui fument, le Music-Hall et Joséphine les seins à l’air.

C’est cette époque qui a inspiré Jean-Paul Gaultier pour sa collection Automne-Hiver 2012-13, à n’en pas douter : coiffures à la garçonne et serre-têtes dans les cheveux, pantalons, robes courtes et franges. Les chapeaux haut de forme et les corsets (pour hommes, essentiellement) rappeleraient plutôt les cabarets de la Belle Epoque mais qu’importe !

Yulia Kharlapanova – Défilé Jean-Paul Gaultier Automne-Hiver 2012-13 – Paris Fashion Week – Source : foto.delfi.lv

Il est facile de voir les photos du défilé de JPG sur le net (sur style.com par exemple) et j’ai préféré n’en extraire que deux beaux décolletés, objets de ce billet.

N’est-ce pas en effet très rare d’admirer simplement de belles épaules ? La mode féminine ne dénude plus que rarement cette partie du corps et il faudra sans doute attendre le retour des tops plissés des années 70 pour exposer de nouveau cette si belle partie de notre anatomie.

Mais trêve de lamentations et profitons des efforts de Jean-Paul Gaultier.

Ce dernier nous avait déjà servi quelques beaux décolletés dans sa collection précédente (Haute Couture printemps-été 2012), dédiée à Amy Winehouse (voir photos sur style.com).

Voici les épaules et le dos de Morgane Dubled :

Morgane Dubled – Défilé Jean-Paul Gaultier Printemps-été 2012 – Paris Fashion Week – Source : tumblr

… et la voici de face, avec un téton qui s’échappe, comme il se doit quand le décolleté est parfait.

Thomas Couture : L’art de montrer les épaules

Thomas Couture (1815-1879) est un peintre méconnu et, en dépit du fait qu’il fut le maître de Manet, peu apprécié. Pourtant, il a laissé quelques oeuvres surprenantes dans le flot des peintures académiques du 19ème siècle.

Thomas Couture – « Dame d’honneur agenouillée (Stéphanie de Bade) » – vers 1856 – Musée d’Art et d’Archéologie de Senlis – Source : Base Joconde du Ministère de la Culture – Photo © Francis Vidal

Ce qui m’étonne le plus chez lui, c’est le choix qu’il a fait, à plusieurs reprises, de représenter ses modèles de dos ou la tête tournée.

Le tableau ci-dessus est en fait une simple étude pour une oeuvre plus grande, le Baptême du Prince impérial. Les portraits de Madame Bruat et de la princesse Mathilde conservés à Compiègne sont également des études pour cette même commande.

Un portrait très inhabituel d’une jeune femme à la tête tournée est exposé à Baltimore. Que veut nous montrer Couture si ce n’est pas le visage ? Les épaules,  la nuque, les cheveux… ou les seins ?

Thomas Couture – Femme de profil – Vers 1860-70 – Baltimore Museum of Art

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, les portraits de femme aux épaules découvertes (parce qu’ en robe de bal) sont nombreux. Je viens d’y consacrer plusieurs articles. Cependant, on voit toujours le visage des femmes, rarement leur nuque et jamais leurs tétons.

Il me semble qu’il y a chez Couture un vrai plaisir à représenter les épaules, comme pour la « Rêverie » du Norton Simon. Ces oeuvres constituent une petite minorité des tableaux connus de Couture mais il y a vraisemblablement des dizaines de peintures conservées dans des collections privées qu’on ne connaît pas.

Pour clore l’article qui ressemble plus à une galerie d’oeuvre qu’à un exercice littéraire (qui a dit que je n’étais pas faignante ?), voici encore de très belles épaules, visibles en France :

Thomas Couture – « Jeune femme en buste, les épaules dénudées » – Musée du Louvre – Photo © Musée du Louvre/A. Dequier – M. Bard

Profil de l’Impératrice Eugénie par Franz Xaver Winterhalter

Cela fait un certain que je pense introduire des profils dans la série des portraits. Voici le premier : Le portrait d’Eugénie de Montijo, femme de Napoléon III et impératrice des Français, réalisé en 1861 par Franz Xaver Winterhalter et conservé au Napoleonmuseum Thurgau (Château Arenenberg, Suisse). Il est magnifique… Que dire de plus ?

[Source : wikimedia commons]