Archives mensuelles : novembre 2012

The girl who had long legs

Il faut bien une couverture ainsi que la quatrième de couverture pour faire tenir toute la longueur des jambes d’une femme dessinée par l’Américain Robert McGinnis (né en 1926).

Cet illustrateur hors pair et très prolifique est l’auteur d’une quantité incroyable  de couvertures de « romans de gare » dans les années 50 et 60 aux Etats-Unis (plus de 1200 d’après l’article Wikipedia).

Il a dessiné et peint des femmes, beaucoup de femmes, toujours très sensuelles. Les rares fois où il ne s’est pas attaqué au corps féminin, il a croqué… Bond, James Bond (beaucoup de Connery, un peu de Moore).

On reconnaît vite le style de McGinnis : des femmes minces et bien faites, des corps partiellement ou totalement dénudés et, surtout, des jambes interrrrrminables !

Interminables les jambes de la « girl who was posseseed » mais aussi celles de la fille de « Kill now – Pay later » ou de celle de « The Consumatta » (je vous laisse contrôler les filles des 1197 autres couvertures, par exemple sur le pool de groupes Flickr consacré aux couvertures illustrées par McGinnis).

Alors bien sûr, les Américaines ne sont pas génétiquement programmées pour avoir de très longues jambes. Comme Yū Minamoto croise les jambes des soeurs Ikaruga dans ses mangas (lire « Jambes en X – Démonstration par les soeurs Ikaruga« ), comme Arthur de Pins élargit le bassin et les fesses de ses petites nanas (voir billet précédent), McGinnis allonge les jambes de ses filles pour en accroître la féminité et le sex-appeal. Ah ! Et puis rappelez-vous ! Ingres avait usé du même subterfuge en 1814 pour sa Grande Odalisque (voir « Rallongez-moi ce dos !« ).

J’avais recherché des photos de filles aux jambes longues et d’autres aux jambes plus courtes pour enfoncer le clou : Oui, les jambes longues, c’est plus sexy. Et puis finalement j’ai trouvé cela tellement évident que j’ai laissé ce travail en plan.

Remarquez que McGinnis triche une deuxième fois en chaussant systématiquement ses filles en talons-aiguilles. Même nues ou en bikini, elles portent toujours des talons hauts !

Pour me contredire moi-même, j’ajouterai que McGinnis a raboté un peu les talons de la secrétaire en « vêtements de travail » orange et que pourtant, cela n’empêche pas cette dernière d’avoir des jambes de 3 kilomètres.

Les 3 illustrations ci-dessus sont extraites du blog de Catherine La Rose que je vous invite à visiter (catherinelarose.blogspot.com).

Jambes de femmes – Osez la largeur

Quand un dessinateur fait son travail, il lui faut tordre la réalité, la simplifier, la déformer, pour qu’au final le dessin parvienne à son but et se fasse comprendre.

Quand il dessine le corps de ses petites nanas, Arthur de Pins (voir site web), illustrateur et auteur de BD français né en 1977, n’hésite pas à déformer. Le résultat est original et très sexy.


De Pins choisit de déformer le bassin et les fesses qu’il élargit (comparez ci-dessus le corps de l’homme à celui de la femme ou sur la couverture de l’Anti-Kamasutra).

Comme déjà discuté dans les billets précédents, un bassin large est synonyme de féminité. On peut dire que les petites nanas d’Arthur de Pins, avec leur croupe large et leur taille fine, débordent de féminité. Et pour un mec, « féminité exacerbée du corps » rime avec « sensualité débridée et corps-à-corps ». Pas étonnant que les éditions de la Musardine lui aient confié la tâche de réaliser les couvertures de la collection « Osez… » qui déborde… d’audace.

Je constate par ailleurs que, comme les soeurs Ikaruga (« Jambes en X – Démonstration par les soeurs Ikaruga« ), les nanas d’Arthur de Pins sont à la fois sexy et enfantines…

Arthur de Pins a aussi joliment croqué les danseuses du Crazy Horse.

Et après la déformation des jambes par la largeur, je saute sur un autre billet dans lequel on les déformera par la…

Rab de collants

Quand on cherche des illustrations sur les jambes de femmes, les fabricants de collants constituent peut-être une des meilleures sources iconographiques.

Les marques ne manquent pas mais j’en ai repéré trois qui méritent d’être évoquées dans ce blog.

HOUSE OF HOLLAND / PRETTY POLLY

J’aimerais commencer avec le designer anglais Henry Holland dont la vision de la fille ne saurait que me plaire (cf la bio de ce dernier sur le site HH : « The House of Holland girl is cool, confident and savvy »).

Il a développé une collection de collants avec la marque anglaise Pretty Polly dont les photos sont très sexy.

Ah… Au fait… Tous ces collants se portent sans culotte… Comme il se doit.

[Photo tout en haut : Collants noirs « Superstar », source : eveslegwear.co.uk – Ci-dessus, en haut à gauche : Collants « Super Suspender », source : blogleaves.co.uk – En haut à droite : Collants « Superstar » couleur chair+lurex, source : fashionsalade.com – En bas à gauche : Collants « I’m laddered », source : thetightspot.com – En bas à droite : Collants « Bones », source : thepeasknees.co.uk]

FALKE

La marque allemande Falke est beaucoup plus ancienne. Elle accueille le visiteur sur son site web avec quelques très jolies photos dont voici ma préférée :


Pour ce qui est des produits, les photos du site en ligne de Falke sont très décevantes mais pas celles visibles sur le site du grand magasin Bloomingdale’s (Vive l’Angleterre ! Encore !). Voici une sélection qui nous permet de voir de belles jambes de profil… et toujours sans culotte, bien sûr !

[Source des photos : tightstightstights.co.uk et bloomingdales.com]

GERBE

Et je termine avec le fabricant français Gerbe (Who else ?) qui sait comment sublimer les jambes de la femme par ses bas et ses collants (c’est ce qu’il dit) et qui sait comment sublimer ses bas et ses collants par de somptueuses photographies (c’est ce que moi je dis).

Ci-dessous, les collants « Fatal », avec couture au dos de la jambe :


[Source : sweetpins.com.au – Voir ici la photo sans marque]

Hé, ho ! Je te parle avec mes jambes

Je suis tombée par hasard sur cette photo dans un article de madmoizelle.com qui posait la délicate question : « Comment faire durer un fuck friend ?« 

Après 3 billets sur les jambes en X, voici un assortiment de jambes dont 3 paires sur 4 sont en forme de X !

Comme évoqué dans l’article précédent, serrer les genoux et rentrer les pieds est un signe de pudeur et de modestie, 2 attributs (en d’autres temps ou dans d’autres cultures, j’aurais pu écrire « 2 vertus » ou « 2 qualités ») considérés dans notre culture (et ce n’est pas la seule) comme typiquement féminins.

Mais on peut essayer d’aller un peu plus loin et voir dans la façon de tenir ses jambes un message un peu plus complexe que « je suis pudique » ou « je ne suis pas pudique ». Ainsi, s’il fallait tenter de qualifier les 4 femmes de la photo ci-dessus sur la base de leurs jambes, ne pourrait-on pas dire, de gauche à droite : timide, entreprenante, expectative, réservée ?

Tentons l’exercice avec d’autres jambes, toutes glanées sur le site de la marque anglaise de collants Pamela Mann.

Pieds rentrés et genoux serrés, les deux paires de jambes ci-dessus expriment la timidité, comme déjà évoqué précédemment. Notons qu’avec une mini-jupe, des jarretelles, des bas résille et des talons hauts, la candeur prend une nouvelle dimension : celle de la candeur feinte pour rassurer l’homme et l’encourager à agir. Ainsi la modestie, fausse, est en fait utilisée comme une arme de séduction.

Bien droites, les jambes disent autre chose :

A gauche, moi je vois une fille sérieuse, une étudiante bosseuse qui serre les fesses. Je l’imagine avec une pile de bouquins dans les bras et des lunettes sur le nez. Ce sont peut-être les leggings (et leur air de grandes chaussettes d’hiver) qui me donnent cette impression car les jambes tout aussi droites sur l’autre photo me semblent appartenir à une secrétaire dominatrice qui aurait troqué les livres pour le fouet, jarretelles obligent.

Une fois les jambes écartées, que voit-on ? De la décontraction et du jeu à gauche, de la sévérité et de la domination à droite ? Pourquoi pas. Position, vêtements, chaussures : tout compte.

La communication est un art délicat.