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Nue au défilé ? C’est toujours OK ou « déjà vu » ?

Puisqu’on a parlé récemment de la nudité lors des expositions (voir « Pour en finir avec les people qui prétendent se mettre à nu« ), je me suis demandée où on en était avec la nudité lors des défilés de mode.

Défilé Automne-Hiver 2013 Pam Hogg à la London Fashion Week - Source : Zimbio.com

Défilé Automne-Hiver 2013 Pam Hogg à la London Fashion Week, février 2013 – Source : Zimbio.com

Je rappelle que les premières mannequins nues défilaient pour Hussein Chalayan en 1997 (« Nue au défilé ? En fait déjà en 1997« ) puis en 2006 (« Nue au défilé ? Déjà en 2006« ), Charlie le Mindu en 2010 et Robyn Coles en 2012 (voir le résumé de tout cela dans « Audace et nudité au défilé : Messieurs (Mesdames) les Anglais(e)s, tirez les premiers !« ). Après quelques présentations osées (« La nouvelle frontière sur le runway : pas de slip au défilé« ), Pam Hogg a également franchi le pas de la nudité intégrale en 2013 (voir photo ci-dessus).

La même année, Charlie le Mindu a fait défiler une femme et un homme nus à Berlin (la femme est en dessous, l’homme est ici).

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Défilé Charlie le Mindu à la Fashion & Film Night au Badeschiff pendant la Fashion Week Mercedes-Benz printemps-été 2014 à Berlin, le 4 juillet 2013 – Source : fernwehosophy.com

On s’était posé la question en 2012 : « Et maintenant, quoi ? On ne peut pas aller plus loin que le défilé de Robyn Coles. Va-t-on assister à un retour en arrière ? » Il semblerait que oui, en 2014 en tous cas, car il n’y avait pas de nudité intégrale dans les derniers spectacles de Le Mindu (un pagne couvre le sexe des danseuses du show offert à la fondation Cartier en juillet 2014). Il n’y a pas de nudité intégrale non plus dans le dernier défilé de Pam Hogg. Serait-ce le retour du cache-sexe sur le « runway » ?

Pour en finir avec les « people » qui prétendent se mettre à nu

Chaque semaine amène son lot de peoples et autres semi-mondaines qui prétendent attirer le photographe avec l’exposition d’un quart de téton ou d’une demi-fesse à l’occasion d’une festivité quelconque.

C’est fini. Qu’elles aillent toutes se rhabiller !

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La people Micaela Schäfer (personne sans aucune utilité avérée, comme tous les peoples dignes de ce nom) vient de se promener à poil – ou plutôt vêtue d’un chapeau, d’un collier et d’un bracelet, le sexe soigneusement camouflé par un petit sac à main – lors du vernissage de l’exposition « Berlin Bohême » organisée par la Gallery Rath au Humboldtbox à Berlin du 1 au 5 octobre dernier. Voici 2 photos de Micaela en compagnie d’Oliver Rath et d’une incommue (vous retrouverez ces photos en HD sur le site icelev ou sur le site d’Oliver Rath).

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Voilà, c’est fait! On ne peut pas faire mieux.

Le nu sain (ou libre ?)

Une des conséquences de la Révolution industrielle du 19ème siècle, en réaction à la pollution, à l’exode urbain et à l’insalubrité des logements ouvriers, a été le développement des théories hygiénistes et naturistes.

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Photographie de Gerhard Riebicke – Vers 1935 – Source : anamorfose.be

A partir des années 1920, les sociétés naturistes gagnent de nombreux membres et on voit se développer une abondante iconographie d’hommes et de femmes nus occupés à des pratiques sportives dans la nature et, surtout, à la plage. Le phénomène prend une ampleur particulière en Allemagne (où l’on parle de « Frei Körper Kultur » : Culture des corps libres)  jusqu’à l’arrivée des Nazis qui commencent par en interdire la pratique avant d’essayer de la récupérer à des fins de propagande raciale.

Eclipsé pendant la guerre, le naturisme reviendra en force dans les années 1950, notamment sur la fameuse plage « Abessinien » de l’île frisonne de Sylt.  J’aime beaucoup les slogans inscrits sur le panneau qui avertit le promeneur de son entrée sur le plage nudiste (FKK) d’Abessinien : « Jedem das Seine » (chacun est soi-même) ou « Keiner störe den andern » (personne n’emmerde son voisin !)… Vous voulez continuer ? Et bien, allez-y ! Vous ne voulez pas ? Et bien n’y allez pas ! Remarquez aussi le lien (volontaire ou non ?) entre le naturisme (retour à la nature et au soleil), l’Abyssinie (territoire africain) et le dessin de la baigneuse à la peau bronzée qui se déshabille.

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Gerhard Riebicke (1878-1957) n’est pas le seul photographe à l’oeuvre dans le milieu naturiste des années 1920-30. Il y a aussi Lotte Herrlich (1883-1956), Magnus Weidemann (1880-1967), Max Lorenz Nielsen ou Kurt Reichert (1906-?). Ce dernier est connu pour les photos qu’il a publiées dans les portfolios « In Licht und Sonne » et « Von Leibeszucht und Leibesschönheit » en 1940.

Tous ont contribué aux nombreux magazines naturistes de cette époque, tels que « Die Schönheit » (1905-1931), « Soma » (1924-1935), « Lachendes Leben » (« La vie qui rit ! » 1925-1933), « ASA » (1927-1928), « Die Freude » (1923-1929), « Der Figaro » (1924-1933), « Licht-Land » (1924-1933)…

Couverture du numéro d'avril 193 du magazine Licht-Land

Couverture du numéro d’avril 1932 du magazine naturiste « Licht-Land », organe officiel de la Liga für freie Lebensgestaltung (Ligue pour la libre conduite de sa vie)  – Source : fkk-museum.de – Comme la plupart des photos de couverture des magazines naturistes allemands des années 1930, on y voit des jeunes femmes nues et souriantes (les hommes nus sont beaucoup plus rares) dans la nature (plus particulièrement la plage)

J’aime beaucoup les slogans « révolutionnaires » de tous ces magazines qui montrent la recherche d’une vie alternative : on y parle toujours de liberté (frei), de vie (Leben) et de renouvellement (erneuerung), mais aussi de joie (Freude) et d’art (Kunst) !

Par exemple : Illustrierte Monatszeitschrift für Kunst und Leben (Die Schönheit), Monatsschrift für Körperkultur und Kunst (Soma), Monatshefte für freie Lebensgestaltung (Die Freude), Das Magazin für Körper, Kunst und neues Leben (ASA), Illustrierte Blätter für Freikörperkultur und Lebenserneuerung (Licht-Land)…

NB : Pour trouver une liste des magazines naturistes en Allemagne et dans le monde, voir ici. Vous y trouverez notamment la revue française « Vivre intégralement » (1929-1936) ou le magazine espagnol « Penthalfa » (1932-1934).

Le nu dramatique

Voici un article qui va demander un peu de gymnastique cérébrale ! C’est quoi ça, le « nu dramatique » ?

D’accord ! C’est juste un terme que j’ai inventé pour désigner la façon un peu artificielle de mettre en scène les modèles dans les photos anciennes. On pourra me rétorquer qu’il y a toujours une mise en scène dans les photos de studio… oui. OK.

Albert Arthur Allen - The Model Series #10

Albert Arthur Allen – Un des 15 « tableaux » de la série « The Model » – 1925

Alors disons que je pense à une mise en scène « grandiloquente » ou plus simplement théâtrale, tragique ou… dramatique.

Le cas de la photo ci-dessus me semble particulièrement intéressant. Le prolifique photographe Albert Arthur Allen (1886-1962) a publié de nombreux portfolios de nus féminins. En 1925, son studio d’Oakland (« The Allen Institute of Fine and Applied Art ») brûle et il construit à la place un studio de cinéma (« The Classic Motion Picture Corp ») dans lequel il commence par tirer une série de 15 tableaux de 7 modèles dont il a lui-même chorégraphié les mouvements, en vue d’un film… qui ne verra jamais le jour. Le studio déposera en effet le bilan en 1927 et Allen arrêtera son activité de photographie de nus suite à une condamnation pour obscénité en 1930.

Allen a une vue très élitiste des 7 modèles qu’il a photographiées. Il écrit d’elles qu’elles sont « au-dessus de la moyenne, tant mentalement que physiquement ou moralement ». Elles sont les ambassadrices d’un nouvel âge qu’Allen appelle de ses voeux : l’Age de la Nudité. Cette vision d’une société nouvelle de jeunes gens et de jeunes femmes nus, sains, sportifs, joyeux et optimistes se retrouve dans les mouvements naturistes des années 30. On en reparlera.

Je souhaite aussi parler de la photographe autichienne Trude Fleischmann (1895-1990) qui établit son studio à Vienne en 1920 et se spécialise dans les photographies d’artistes.

Trude Fleischmann La danseuse Claire Bauroff photographiée par Trude Fleischmann à Vienne, 1925

La danseuse Claire Bauroff photographiée par Trude Fleischmann à Vienne, 1925 – Source : Article de Timm Starl consacré à Trude Fleischmann

Elle expose en 1925 une série de photos de la danseuse Claire Bauroff qui est confisquée par la police (ce qui fait grimper sa notoriété… Ah! L’odeur du soufre !). On pourra comprendre que le bourgeois viennois se soit effarouché à la vue de la fente de Claire, même si les danseuses sont associées à la nudité et au sexe, voire à la prostitution, depuis les temps les plus reculés (voir « Les femmes tatouées d’Hathor« ).

Puisqu’on parle de danseuses, de nudité et de mise en scène dramatique, je citerai une autre Viennoise, Dora Kallmus (1881-1963), aussi appelée « Madame d’Ora », grande photographe des années 1910 à 1940, connue pour ses portraits de Joséphine Baker, Tamara de Lempicka ou Colette…

NB : Pour plus d’informations sur Albert Arthur Allen, voir les sites Transverse Alchemy et Historical Ziegfeld Group.

La photo, à peine née, montre du nu, du sexe et… du poil !

La technique photographique est à peine née (on retient habituellement 1839, date de la présentation du daguerréotype à l’Académie des Sciences comme date de naissance) qu’elle sert déjà à montrer la nudité.

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Félix Jacques Antoine Moulin – Fille nue debout tenant une chemise dans la main – Daguerréotype, 1849 – Albertina, Vienne

La photo est une révolution. Elle montre les choses telles qu’elles « sont » (mais en noir et blanc) et les femmes nues sont en général… poilues. Cette représentation poilue du pubis féminin a, sans nul doute, ouvert la voie aux peintres Courbet, Caillebotte et Klimt (voir article « La rupture artistique du poil« ).

Les premiers photographes célèbres de nus sont les Français Félix Jacques Antoine Moulin (1802-vers 1875), Auguste Belloc (1805-1867) et Pierre Ambroise Richebourg (1810-1875).

Les photos de nus vont devenir rapidement une juteuse affaire commerciale. Bon nombre de ces photos ne sont pas même des nus au sens strict puisqu’il s’agit souvent de filles qui de retroussent leurs jupes pour montrer leur sexe.

Les nouvelles techniques, comme la stéréoscopie, sont immédiatement récupérées pour la production de clichés érotiques encore plus réalistes. Les modèles sont souvent des filles très jeunes, comme Céline Cerf, qui commence à travailler pour Félix Moulin à l’âge de 16 ans (voir cliché ci-dessus).

Auguste Belloc - Femme assise avec un drap sur la tête - Daguerréotype stéréocopique, vers 1855 - Source : Musée d'Orsay, Paris

Auguste Belloc – Femme assise avec un drap sur la tête – Daguerréotype stéréoscopique, vers 1855 – Source : Musée d’Orsay, Paris

Le peintre Courbet possédait une collection de photos érotiques. La ressemblance entre l’ « Origine du Monde » et cette photo visible sur le web et attribuée à Belloc est intrigante.

A la fin du siècle, les Allemands Guglielmo (Wilhelm) von Plüschow (1852-1930) et son cousin Wilhelm von Gloeden (1856-1931) sont les pionniers de la photographie homosexuelle, en immortalisant en noir et blanc de jeunes éphèbes siciliens complètement nus. Leur modèle Vincenzo Galdi (1871-1961) ouvre son propre studio à Rome en 1900.

Galdi photographie de nombreux modèles féminins, ainsi que des scènes à la limite de la pornographie, comme ces fumeurs de Gitanes qui comparent leur sexe, ou des mises en scène très signifiantes comme celle d’un garçon et d’une fille qui s’étreignent mais détournent le visage alors que le garçon semble mal résister à son attirance pour un autre garçon…

Poursuivis pour détournement de mineurs, von Plüschow et Galdi cessent leurs activités dans le nu en 1907.

La rupture artistique du poil

Si l’on compare la « Vérité » peinte par Jules Joseph Lefebvre en 1870 et la « Véritée nue » peinte par Gustav Klimt un quart de siècle plus tard, on constate qu’elles tiennent bien toutes les deux un miroir dans la main droite mais que la Vérité de Klimt est effectivement plus « nue » que celle de Lefebvre : elle ose montrer ses poils pubiens.

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« La Vérité » (extrait) par Jules Joseph Lefebvre – 1870 – Musée d’Orsay, Paris – Source : Wikimedia

Dans le dernier quart du 19ème siècle, une révolution est passée, celle de ce qu’on peut appeler l’ « anti-académisme », commencée dès le milieu du siècle par le réaliste Gustave Courbet et les impressionistes, prolongée à la fin du même siècle par le sécessioniste Gustav Klimt.

J’avais déjà parlé des seins lourds des nues de Courbet, Manet et Renoir (voir article « Les gros seins datent d’hier« ) en opposition aux petits seins de la peinture occidentale classique.

Voici maintenant, en opposition aux traditionnels pubis glabres des représentations féminines depuis l’Antiquité (il y a quelques exceptions dont je reparlerai), le pubis poilu de Gustave Courbet (« L’origine du monde », bien sûr, en 1866, qui reste une exception camouflée au milieu d’une oeuvre moins poilue), la « femme étendue sur un divan » (1873) et le « Nu au divan » (vers 1881) de Gustave Caillebotte (les seuls nus féminins de Caillebotte), la « Nuda Veritas » au pubis roux et les Gorgones aux pubis noirs (à la gauche du géant et des passions coupables dans la frise des « forces hostiles » de la frise de Beethoven peinte en 1902) par Gustav Klimt.

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« Nuda Veritas » par Gustav Klimt – 1899 – Österreichisches Theatermuseum, Vienne

La révolution artistique du 19ème siècle donnera cependant peu d’oeuvres de nues avant 1900 (et encore moins de nues au pubis poilu : voir les 4 tableaux des 3 Gustave mentionnés ci-dessus !).

Les belles alanguies de Modigliani et les femmes sans culotte d’Egon Schiele arriveront à la veille de la première guerre mondiale, suivies de l’Eve de Klimt et de l’Aphrodite de Franz van Stuck, puis des nues allongées de Foujita et de Suzanne Valadon dans les « Années folles ». A cette époque, l’académisme aura définitivement lâché l’affaire et les pubis fleuris abonderont… mais cela est une autre histoire…

Jambes en X – Démonstration par Ariel

Ariel dans la série « Summer breeze » – 2009 – Photo : Demian Rossi – Source : femjoyhunter.com

Après celle de Pixie, je vous propose une démonstration par Ariel, la mannequin aux cheveux rouges qu’on peut voir sur tous les sites de nues. Ariel est plutôt mince et elle prend la pose des jambes en X sur de très jolies photos réalisées pour le site spécialisé femjoy.com (photos dont quelques échantillons gratuits basse définition sont proposés sur femjoyhunter.com).

Jambes minces indispensables. Oui. Bien sûr. Une femme aux fesses un peu épaisses ne parviendrait pas à rendre un beau X car ses fesses seraient collées. C’est plutôt évident.

Ariel présente un large espace entre les fesses, ce qui lui permet de prendre de jolies poses en X, de derrière comme de devant. Sur la photo de face, Ariel ne serre pas les genoux mais elle croise les jambes. On dira que ça compte parce que ça fait quand même un X.

La série « Got an idea » est particulièrement réussie. Admirez donc les cheveux rouges sur un fond vert !

[A gauche : Ariel dans la série « A point of view« , 2008, photo par Demian Rossi – A droite : Ariel dans la série « Got an idea« , 2010, photo par Stefan Soell – Source : femjoyhunter.com]

Les jambes de la femme  se prêtent bien à cet exercice car elle a généralement  un espace entre les jambes plus grand au niveau du pubis (procréation oblige) mais c’est aussi une question de pose : Sur les deux photos de la série « Eyes of fire » (ci-dessous), la forme en X a disparu au profit d’un évasement presque régulier depuis les chevilles jusqu’aux fesses.

[Ariel dans la série « Eyes of fire » – 2011 – Photos Stefan Soell – Source : femjoyhunter.com]

La forme en X est très féminine mais pas très fréquente dans la vie de tous les jours. On trouve plutôt des jambes évasées, comme dans la série ci-dessus ou sur la photo ci-dessous : Une forme plus quelconque mais bien jolie quand même.
Un Y plutôt qu’un X.

Notez qu’on passe d’un X sur la plage à un Y dans la salle de bains (ci-dessous). Ca reste une histoire d’eau.

Ariel dans la série « Always naked at home » – 2009 – Photo : Demian Rossi – Source : femjoyhunter.com

[Toutes les photos sont des échantillons basse définition distribués autrefois par le site femjoy.com et encore visibles sur le site femjoyhunter.com]