Archives de Tag: cheveux longs

Portrait d’Amberley par Jim Kennedy

Ce n’est pas si évident de trouver une belle photo de femme accroupie… une photo qui rappellerait la « Lajja Gauri », puisque je viens de lui consacrer deux billets, mais avec une pose plus « naturelle » (les bras sur les jambes plutôt que les bras en l’air !).

La mannequin s’appelle Amberley. Elle est photographiée par Jim Kennedy. Vous trouverez une très belle galerie de photos de nues par Jim Kennedy sur le profil deviantart de ce dernier. Bonne visite !

Portrait de Wonderwoman par Terry Dodson

Après plusieurs billets sur le corset, j’ai envie de changer le sujet et de passer sur le cas très particulier d’une héroïne (SUPER-héroïne) en corset (mais ce n’est pas le corset qui la caractérise : elle peut même tout à fait s’en passer, comme on le verra plus tard).

Voici donc Wonderwoman, ici dessinée par l’illustrateur Terry Dodson (voir son site web).

Que pas un poil ne sorte !

Les femmes du 15ème siècle portent souvent un voile qui entoure complètement leur visage. Leurs portraits, peints par Campin, van der Weyden, Beham ou Holbein, ont été présentés dans des articles précédents. Ce qui m’intéresse maintenant, c’est l’autre coiffe qui a concurrencé le voile depuis son apparition en France vers 1420 jusqu’à sa disparition progressive cinquante ans plus tard : le hennin.

1. VOILE SUR CORNES (Porté par Giovanna Cenami, femme de Giovanni Arnolfini, Bruges, 1434)

Dans l’article précédent, j’ai appelé « cornette » le voile porté par une Bruxelloise du 15ème siècle parce que les côtés remontaient comme des cornes. Voici l’explication sur un voile plus « léger » porté à la même époque par les Brugeoises :

Les époux Arnolfini (détail) - Jan van Eyck - 1434 - National Gallery, Londres - image Wikipedia

La femme porte effectivement des cornes sur lesquelles on pose le voile. Cette coiffe immortalisée par van Eyck sur la tête de la femme du riche marchand italien Arnolfini installé à Bruges semblait populaire dans la ville flamande puisqu’on trouve exactement le même équipement posé sur la tête de la femme de Jan van Eyck (Portrait de Margaretha van Eyck, 1439, musée Groeninge à Bruges).

Les cornes permettent de dégager le visage mais remarquez bien qu’aucun cheveu n’est pourtant visible.

2. DOUBLE HENNIN (Porté par Isabelle du Portugal, femme du duc de Bourgogne Philippe le Bon, Bruxelles, 1450)

Il me semble que le double hennin est le résultat d’une hypertrophie des cornes dont on vient juste de parler.

Isabelle du Portugal - Atelier de Rogier van der Weyden - vers 1450 - The J. Paul Getty Museum, Los Angeles - Image sur le site du musée

Le voile est toujours là, posé sur ces énormes « cornes », mais il est devenu transparent. Ce n’est plus le voile qui couvre la tête mais cette structure en forme de cornes, le « chapeau », le double hennin.

On remarquera que ce chapeau fait le même office que le voile : il couvre parfaitement les cheveux.

A ce sujet, résumons ce qu’a dit Paul de Tarse (voir « Pourquoi le voile ? Parce que Paul l’a voulu« ) dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe : Les cheveux (longs) sont le voile naturel de la femme mais, pour la prière, elle se couvre d’un voile. On peut comprendre qu’un voile « artificiel » doit renforcer le voile « naturel », qu’il doit recouvrir celui-ci. En conséquence, le voile doit recouvrir parfaitement les cheveux. Aucun poil ne doit sortir !

3. HENNIN TRONQUE (Bruxelles, 1460)

Comme on peut le voir sur ce portrait de femme peint à Bruxelles par Rogier van der Weyden, ce n’est pas facile de recouvrir complétement les cheveux avec le hennin. Les femmes du 15ème siècle vont donc faire glisser une partie du voile sur leur front et recourir à l’épilation du front et de l’avant de l’oreille. En diminuant la surface couverte de cheveux, on diminue la zone à recouvrir !

Portrait de femme - Rogier van der Weyden - vers 1460 - National Gallery of Art, Washington - Source : qobuz.com

Cette façon de faire porte ses propres contradictions : En voulant respecter l’injonction de recouvrir leurs cheveux, les femmes en arrivent à se raser alors que Paul considérait le crâne rasé comme une abomination (On ne sait d’ailleurs pas pourquoi).

4. HENNIN (Porté par Maria-Maddalena Bandini-Baroncelli, femme de Tommaso di Folco Portinari, Bruges, 1472)

Sur les portraits, les femmes ont généralement les mains jointes. On peut supposer qu’elles prient, d’où la « nécessité » (si on écoute Paul de Tarse !) de se voiler. Saint-Jean Chrysostome puis Saint-Augustin vont cependant imposer que le voile se porte en permanence (Ca non plus, on ne sait pas pourquoi).

Portrait de Maria Portinari - Hans Memling - 1472 - Metropolitan Museum of Art, New York - Source : MET

La femme du banquier italien Portinari, manager de la succursale brugeoise des Médicis, porte la forme la plus connue du hennin : un long cône recouvert d’un voile transparent, accompagné d’un voile noir qui couvre la racine des cheveux. C’est une illustration de la beauté féminine telle qu’elle est vue à l’époque médiévale : un visage fin et blanc parfaitement dégagé, un front haut dépourvu de pilosité.

Courts ou longs, tout est bon ?

Voici encore Jourdan Dunn, encore photographiée par Sølve Sundsbø. Impossible de choisir entre la photo du billet précédent et celle-ci… J’ai donc rajouté cet article pour pouvoir placer les deux.

Ce cliché va nous permettre un petit exercice.

Jourdan Dunn porte généralement les cheveux tirés derrière sa tête. C’est la partie droite de la prise de vue : « Jourdan aux cheveux courts ».

S’il fallait qualifier le visage de la partie droite, quels adjectifs employer (en évitant les banalités comme « belle » ou « sexy ») ?

Malgré les gros bracelets en or et les bretelles de robe du soir, JD aux cheveux courts évoque pour moi l’image d’une « working woman », secrétaire ou cadre sup.

Pour ce qui est des qualificatifs, je pencherai pour « élégante »,  « sérieuse », « sévère ».

Et si on faisait maintenant le même exercice pour la partie gauche, le visage de  « Jourdan aux cheveux longs » ?

Cette Jourdan-là me fait quitter les tours de bureaux et la ville. Je vois une Jourdan dans la forêt ou la savane… Peut-être parce qu’on ne voit plus ses vêtements… Peut-être parce que ses cheveux forment une sorte de crinière…

Cette fois-ci, les qualificatifs qui me viennent à l’esprit sont « sensuelle », « sauvage », « dangereuse ».

Si les cheveux longs sont le voile que la nature a donné aux femmes (dixit Paul de Tarse, bien sûr), alors il faut bien reconnaître que la femme « voilée » dégage un érotisme plus torride. Est-ce vraiment ce qu’on attend d’une femme voilée ? Je ne pense pas. Mais ça explique sans doute qu’on la re-voile, avec du tissu cette fois-ci. On s’en doutait un peu !

Portrait de Jourdan Dunn par Solve Sundsbo

Après deux articles illustrés de blanches aux longs cheveux blonds, voici une noire aux longs cheveux noirs, la mannequin britannique Jourdan Dunn au corps voilé et dévoilé (Il faut que je ponde quelques articles sur la transparence !) photographiée par le Norvégien Sølve Sundsbø .

Au passage, on assiste à une nouvelle démonstration que l’or sied particulièrement à la peau noire.

[ Photo parue dans Vogue Japan mars 2009 – Source : fashionnude]

Portrait de Miranda Kerr par Seth Sabal

Miranda Kerr est un des anges de la marque Victoria’s Secret. Elle est photographiée ici au printemps 2011 par Seth Sabal qui a pris également sa collègue Candice Swanepoel (voir article précédent) dans une pose similaire.

Pour reprendre les propos de Saint-Paul (et sans doute les déformer complétement) : La nature elle-même ne nous enseigne-t-elle pas que (…) c’est une gloire pour la femme de porter les cheveux longs parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ? Les cheveux longs devraient être le seul voile de la femme.

Des angels complètement nues, voilées par leurs seuls cheveux (rappelez-vous les vêtements de cheveux de Mariya Andriychuk  ou de la Marie-Madeleine de Gregor Erhart) ? N’est-ce pas la nature que montre Paul en exemple ?

[Source de la photo : Fashion to the core]

Cheveux d’ange

Ainsi le voile sur la tête, c’est un truc qui aurait à voir avec les anges, selon Paul (voir « Pourquoi le voile ? Parce que Paul l’a voulu« ). De méchants anges. Comme ceux de la marque de lingerie Victoria’s Secret. Des anges trop sexy qu’il faut couvrir, sinon plus personne ne garde le contrôle de rien. Surtout les hommes qui aiment tant contrôler tout.

Les angels de Victoria’s Secret (ci-dessus Candice Swanepoel) défilaient le 10 novembre 2010 à New York (voir ici quelques photos supplémentaires de miss Swanepoel par Theo Wargo). Elles étaient encore pour la campagne de pub Dream Angels Forever 2011.

Ce sont des anges souvent blondes (avec un « e » car, pour cet article, les anges ne sont plus de genre neutre, asexués, mais de genre féminin) et toujours couvertes d’une longue chevelure. Effet de mode, vraisemblablement… mais tellement en phase avec ce bon vieux Paul … les cheveux longs sont la gloire de la femme … son voile naturel.

« Angels » est aussi le nom d’une ligne de sous-vêtements chez VS… des sous-vêtements portés (Quelle surprise !) par des anges voilées de longs cheveux blonds.

Cheveux et Brassière.

Nature et Artifice.

[Sources : Photo du haut : Brothersoft wallpapers – Photo du bas : Site Victoria’s Secret]