Archives de Catégorie: Fleurs du sexe

Jambes-pistils par Daryl Banks

Apercevoir une étoile filante est toujours une surprise. On ne s’y attend pas et, tout à coup, wooshh !!!, une boule de feu brillante déchire le ciel noir.

C’est exactement l’effet que m’ont fait les « Crinoline Flowers » du Canadien Daryl Banks lorqu’elles ont circulé sur le web, il y a quelques années. Des boules de feu colorées qui ont traversé la nuit noire et disparu aussi soudainement.

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Je ne comprends toujours pas bien comment ces photos ont été tirées. Banks n’a pas montré d’autres photos (à part des photos de mariage, puisqu’il semble que ce soit son métier). Personne, à ma connaissance, ne l’a imité. Des étoiles filantes, vous dis-je !

C’est pour ne pas oublier ces magnifiques photos de jambes (ou de fleurs, ou de jupes, ou de jupons, ou de chaussures, ou de collants…) que j’ai concocté ce petit billet facile.

Retrouvez ici quelques explications écrites de la main de Daryl Banks sur darylbanks.com.

Le voile de la mariée

Après une série d’articles sur le voile porté par les Européennes des siècles passés, pourquoi ne pas essayer d’écrire quelques articles sur le voile porté par les Européennes d’aujourd’hui ? Et puisque c’est samedi, jour de mariage, parlons donc du voile de la mariée.

Kate Moss, "Bride" par Inez van Lamsweerde, 2003

Qu’est-ce qu’une mariée ? C’est une femme sous un voile blanc.

Pour celles et ceux qui auraient des doutes, voici 3 photos où des mannequins se sont contentées de revêtir un voile blanc. Aucun doute possible : A la vue de ces photos, on se dit immédiatement : mariée.

Ci-dessous, Julia Alexandratou dans la même pose que Kate Moss, 5 ans plus tard, pour l’édition grecque du magazine Nitro d’octobre 2008 (source : c2sexy.com).

Il y a aussi la couronne dans les cheveux et le bouquet de fleurs, bien sûr, mais regardez la photo suivante (S’agit-il d’Eva Herzigova ?).

Même sans couronne, même sans fleur, la femme voilée de blanc (et à genoux !) affiche clairement son statut : mariée .

Pour ce qui est du symbolisme de tout cela, je rappelle des choses déjà évoquées dans le passé mais dont on reparlera encore :

* Le voile de la soumission à son mari (cf versets 11-3 et 11-10 de l’épître aux Corinthiens dans « Pourquoi le voile ? Parce que Paul l’a voulu » mais il y a aussi des traditions plus anciennes dont on n’a pas encore parlé).

* La blancheur de la virginité (Ah ! La virginité de la jeune mariée ! Voilà un thème excitant qui n’a pas encore été correctement traité dans ce blog… un thème vierge à dépuceler d’urgence).

Un standard glamour : La femme nue allongée au serpent

Quand il s’agit de nudité, de beauté, de femmes et de serpents, c’est toujours une bonne idée de faire un saut dans le passé, au tournant du 20ème siècle, et de s’intéresser au travail de ces artistes qui ont contribué aux mouvements sécessionnistes viennois et münichois.

De façon générale, c’est tout le mouvement « Art Nouveau » qui a fait la part belle  à une vision novatrice de la femme comme « femme fatale », dangereuse séductrice, attirante et toxique, belle et mortelle, dans un monde végétal coloré et fleuri. Fleur et femme fatale ? Un hommage à la mortelle digitale, peut-être.

"Wasserschlangen II" ou "Freundinnen II" - Gustav Klimt - 1904-07 - Collection privée ? - Source : Wikipedia

Gustav Klimt (1862-1918) a peint ces remarquables « serpents d’eau » sans y mettre de serpent. Ce sont juste des femmes. Reptiliennes. Aquatiques. Un thème à la mode chez lui et ses collègues. Femme, eau, sirènes, hydre… On les appellent parfois « Freundinnen », les amies. Des lesbiennes couchées ensemble sur un lit de fleurs ? On sait que le célibataire Klimt, grand consommateur de femmes (surtout les modèles qui traînaient à longueur de journée, nues, dans son atelier) aimait peindre les femmes ensemble.

Peut-être inspirée par Klimt, l’association de la femme nue allongée et du serpent a été photographiée par Richard Avedon (encore lui ! Rappelez-vous « Dovima et les éléphants » dans l’article « Queue, trompes, tentacule, serpent… »).

"Nastassja Kinski and the serpent" - Richard Avedon - 14 juin 1981 - Source : http://ars-photographica.blogspot.com

Suite à ce cliché culte, se faire photographier nue, allongée avec un serpent, est devenu un standard de la photo glamour.

Après Nastassja Kinski, sa fille y est passée, ainsi qu’un certain nombre de mannequins et autres semi-stars qui se voudraient femmes fatales comme celles de Gustav Klimt : Sonja Kinski, Jenifer, Devon Aoki, Laura Harring, Nadja Auermann, Stephanie Seymour, Eva Herzigova

Fleurs, cyclisme, nudisme et solstice d’été

S’il fallait trouver un équivalent moderne des Floralies romaines (voir article), une fête populaire où se combinent retour des beaux jours et nudité (notamment féminine), alors je propose d’aller faire un tour dans l’état de Washington.

Depuis 1989, le Conseil des Arts de Fremont (Fremont Arts Council ou FAC) s’efforce de développer l’activité artistique pour renforcer  le lien social dans ce quartier de Seattle. Le FAC s’occupe notamment de la parade du solstice d’été qui défile dans les rues de Fremont le samedi précédant le solstice (soit, en général, le 3ème samedi de juin). Depuis plusieurs années, un groupe de cyclistes nus marque l’ouverture des festivités, dans une ambiance très bon enfant.

A la différence des Floralies, pas de fornication dans les allées, mais plutôt des ateliers de peinture corporelle. Quant aux couronnes de fleurs, elles sont bien là : Parfois dans les cheveux, parfois sur les casques. On trouve même des fleurs peintes sur les corps de certains participants. Voici une petite sélection de photos à thème floral prises pendant la fête du solstice d’été de Fremont et publiées sur photos-naturistes.fr.

2007

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2008

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2009

2010

Flora à la Renaissance : de la couronne de fleurs aux seins nus

Flora, la déesse romaine des fleurs et du renouveau printanier et, par extension, déesse du sexe et patronne des prostituées, a connu une nouvelle jeunesse pendant la Renaissance italienne.

On connaît la magnifique représentation de Flora qui sème des pétales de roses, la tête couronnée de fleurs et le corps vêtu d’une robe au tissu fleuri, dans le tableau « Primavera » (Le Printemps) du Florentin Sandro Botticelli (1444-1510), peint vers 1480 et conservé à la galerie des Offices à Florence [image wikimedia commons].

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Au milieu du tableau, Vénus préside la scène avec des airs de Madonne (même air sage et tristoune que Marie, même robe longue que la mère de JC qui tranche sur la nudité habituelle de Vénus). Pendant ce temps, dans les airs, le fiston Cupidon-Amour s’apprête à tirer le cercle des trois Grâces (C’est le printemps !).

Notez la jeune fille en robe transparente blanche à l’extrême droite : C’est la même Flora, encore vierge, que Zéphyr s’apprête à prendre (littéralement puisqu’il va l’emmener et la violer avant de l’épouser). Après la pénétration par le vent doux et chaud (Zéphyr, donc), l’ex-vierge revient sous les traits de la déesse des fleurs, comme si le vent doux amenait la floraison. Image un peu étrange, sachant que la pénétration des fleurs amène plutôt des fruits !

La génération qui a suivi Botticelli, celle des Vénitiens Paris Bordon (1495-1570) et Titien (1490-1576) ou du Milanais Francesco Melzi (1491-1570), opte pour des représentations bien différentes de Flora.

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[Photo © Musée du Louvre/A. Dequier]

Cherchez les fleurs dans le portrait exécuté par Bordon et conservé au musée du Louvre ! On voit surtout les seins nus de Flore, son collier de perles (bijou qu’affectionnait Vénus, portée jusqu’aux rives cypriotes sur une coquille d’huître perlière) ou ses cheveux roux-châtain minutieusement frisés.

Idem pour le portrait très connu de Flore par le Titien, ci-dessous, réalisé en 1515 et exposé à la galerie des Offices à Florence : On ne voit guère la poignée de fleurs dans la main de Flora mais on ne peut pas manquer la chemise largement ouverte, la poitrine prête à s’offrir et les longs cheveux dorés.

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Francesco Melzi, enfin, a peint un portrait de Flora que ne renieraient pas les Romains du premier siècle après JC. Dans le tableau du musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg, pas de couronne de fleurs, certes, mais une belle robe jaune comme celle que porte Flora sur la mosaïque de Stabia près de Pompéi… Et toujours de très beaux cheveux blond-vénitien.francesco melzi, flora,hermitage,ermitage

Les Bordon, Titien et Melzi semblaient prendre plus de plaisir à peindre des femmes aux seins nus que des fleurs. La prostitution était extrêmement répandue à Venise à la Renaissance et les courtisanes étaient des modèles de choix. La femme du portrait du Titien est vraisemblablement une prostituée. Nous en verrons quelques autres prochainement.

Floralies : Quand les prostituées exposaient… leur fleur

Le culte de Flora aurait du être tout à fait secondaire. L’équivalent de celle-ci dans la mythologie grecque n’est même pas une déesse mais une simple nymphe (Chloris). Pourtant Flora disposait d’un temple au Quirinal avec ses propres prêtres puis d’un nouveau temple près du cirque Maxime. Des fêtes en l’honneur de Flora sont instaurées en 238 avant JC puis annualisées à partir de 173 avant JC. Question : Que fêtent donc ces « Floralia » ?

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Flora ou le Printemps, une des quatre saisons représentées sur la mosaïque du "Triomphe de Neptune", réalisée au deuxième siècle avant JC à la Chebba (Tunisie) et conservée au musée du Bardo à Tunis (photo publiée par Tony Hisgett sur Wikimedia commons)

A l’origine, Flora se fête au printemps, avec le retour des beaux jours et le bourgeonnement de la végétation. Flora est associée avec la croissance des plantes, leur floraison et leur fructification. Elle représente la bonne récolte, la fertilité, la fécondation. Par extension, son culte se trouve assimilé avec la fécondité féminine, puis avec le sexe. Sous l’Empire, pour lutter contre la dénatalité, les autorités romaines encouragent une pratique débridée de la sexualité. Les prostituées se multiplient et Flora devient leur patronne.

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Fresque de Flora de la villa Ariana, à Stabia (6 km de Pompéi), conservée au musée archéologique national de Naples. Remarquez les cheveux blonds et les vêtements jaunes, traditionnellement associés avec la prostitution (cf article précédent). Image sur le blog de Momina (la cliquer pour s'y rendre)

Les Floralies durent 6 nuits, du 28 avril-3 mai. Elles donnent lieu à des défilés et à des représentations théâtrales pendant lesquels les prostituées aguichent les curieux en dansant et en se déshabillant. On fêtait Flora en portant des couronnes de fleurs sur la tête et en forniquant en public aux alentours du temple de la déesse. Les Ludi Florales s’achevaient par des jeux au cirque tout proche (pour en savoir plus, consulter « La prostitution féminine dans la Rome antique » publié en 2007 par Robert Radford).

Les Floralies n’étaient pas les seules fêtes romaines associées au sexe ou à la prostitution. Il y avait aussi les Aphrodisies et autres fêtes de Vénus en avril, les nones caprotines en juillet, les fêtes de Cérès à la fin de l’été, les orgies pour la Bona Dea en décembre, ainsi que les fêtes d’Adonis et d’Isis, sans oublier les excès des bacchanales et des saturnales… On en reparlera un peu plus tard.

Ci-dessous, deux scènes d’orgies du film « Caligula » (Penthouse Films, 1979) de Tinto Brass (non crédité) et Bob Guccione, visibles sur toutlecine.com.caligula,film,orgiecaligula,film,orgie

Printemps et sexe, fleurs et amour. Les fêtes de Flora rappellent étrangement les festivités qui entouraient les dieux slaves Yarilo et Koupala (cf article).

Quand la chatte ressemble au papillon

Partout on la trouve : Dans les bureaux des PDG, dans les vitrines des magasins branchés, sur le buffet d’une salle à manger « déco ». Cette orchidée, c’est le Phalaenopsis.

Phalaenopsis amabilis - Photo publiée par Orchi sur Wikimedia commons

En cherchant un tout petit peu (et si on fait confiance aux étymologies qui circulent sur le web), on apprend que ce mot vient du grec : « phalaina », le papillon de nuit (ne pas confondre avec la baleine -même origine !-ou avec le papillon de jour = psyché) et « opsomaï » ou « opsis » : qui a l’air de. Le nom désignerait donc une orchidée qui a l’air d’un papillon de nuit. OK. Pourquoi pas ? Cependant, il n’y a pas que l’orchidée qui se donne des airs de papillon. Il y a un autre type de fleur…

Le photographe Petter Hegre, dans sa très vaste photothèque de photos érotiques, propose une série de clichés qu’il a nommée « Butterfly », parce qu’une certaine partie du corps de Dominika C ressemble aussi beaucoup à un papillon. Et il faut bien admettre que cette chatte-là serait plutôt un lépidoptère bien charnu.

petter hegre,dominika,butterfly,papillon,lèvres charnues,labia,vulve [ATTENTION : Cliquer sur la photo vous aménera sur le site hegre-art.com qui est réservé aux plus de 18 ans. Ce changement de statut du site de Petter Hegre est récent, me semble-t-il. C’est peut-être une série de photos d’un massage de pénis par une Japonaise qui a entraîné cette interdiction aux mineurs. Pour le reste, rien de crade ou de malsain : que de la beauté féminine comme les magnifiques lèvres pulpeuses de Dominika C.]