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Portrait d’Alice Guérin par Paul-César Helleu

1884. Cette année-là, John Singer Sargent réalisait enfin son souhait de peindre « Madame X » (voir article précédent). Son ami Paul-César  Helleu recevait, lui, la commande du portrait d’une jeune fille aux longs cheveux roux dont il tombera amoureux et qu’il épousera deux ans plus tard.

Le pastel d’Alice Guérin est exposé au musée Bonnat de Bayonne, qui possède une des plus belles collections d’oeuvres de Helleu, suite au legs de sa fille, Paulette Howard-Johnston. Le musée a fermé ses portes ce mois-ci. On ne connaît pas la date de sa réouverture (2013 ?). Vous ne verrez donc pas prochainement le portrait d’Alice Guérin ou les pointes sèches de Helleu ou les toiles de Léon Bonnat. A la place, vous pouvez visiter la petite collection de clichés que « Clément » a pris sur place. Je lui ai emprunté l’image ci-dessus que j’ai un peu retouchée (il reste néanmoins son reflet sur la robe d’Alice). Qu’il en soit remercié.

Tentative de sublimation du corps par l’abus de textile

Je parcourais récemment le blog de Stoya, une actrice porno/mannequin/couturière américaine (… Why not ?). Dans un de ses billets, elle remarquait que ses 3 activités se rapportaient au sexe, y compris la couture car, in fine, les vêtements servent à paraître plus beau pour séduire l’autre. On pourrait ajouter que les vêtements servent aussi parfois à se protéger des éléments mais on a bien compris ce qu’elle veut dire et, ma foi, c’est plutôt vrai.

Les derniers articles que j’ai écrits ont présenté quelques unes des « locomotives » de la alt-fashion, la mode alternative, une mode particulièrement chargée sexuellement avec ses mannequins à moitié nues et l’usage intensif de matières comme le cuir ou le latex. Après 3 couturières et beaucoup de photos qui regorgent de seins et de fesses, j’ai soudain eu envie de voir autre chose. Moins de parties intimes exposées, mais plus de robes longues, de tissus satinés, de couleurs pastels. J’ai eu envie de quitter le milieu branché du Londres et du L.A. d’aujourd’hui pour retourner en France et retrouver ces peintres du XIXème siècle qui ont délaissé les sujets religieux, mythologiques ou historiques pour peindre leurs contemporain(e)s. Retrouver cette lumière d’été. Une journée lumineuse avec de jolies bourgeoises pomponnées mais un peu fanées. Un dimanche à la campagne.

J’ai sélectionné 6 peintures que j’aime bien. 6 femmes dans les fleurs. Les voici, en commençant (honneur aux dames, n’est-ce pas ?) par Berthe Morisot et Louise Abbéma.

A gauche : « Dans les fleurs », Louise Abbéma, 1892, Musée Intercommunal d’Etampes – A droite :  » Jeune femme assise devant la fenêtre », dit « l’Eté », Berthe Morisot, 1879, Musée Fabre, Montpellier

Louise Abbema Berthe Morisot

Ci-dessous, à gauche : « Le bouquet de lilas », James (Jacques Joseph) Tissot, vers 1875, collection privée ? (Quand on aime les robes alambiquées, on aime la robe du soir d’ « Evening » du même Tissot, au musée d’Orsay) – A droite : « Le billet », Auguste Toulmouche, 1883, Musée des Beaux-Arts de Nantes. Auguste Toulmouche est le champion des robes de bal et autres crinolines. J’ai beaucoup hésité entre « Le billet » et « Dans la serre« , également exposée à Nantes (Tissot et Toulmouche sont tous deux nés à Nantes), mais la robe du « billet » est simplement trop géniale !

James Tissot auguste toulmouche

Ci-dessous, à gauche : « Madame Valtesse de la Bigne », Henri Gervex, 1889, Musée d’Orsay – A droite : Un des portraits de Consuelo Vanderbilt peints par Paul César Helleu, vers 1900 ? Collection particulière ?

Henri gervex paul césar helleu

Ceci n’est qu’une petite sélection. On n’oubliera pas Pierre George Jeanniot et Julius Stewart (A voir tous les 2 à La Piscine de Roubaix), John Singer Sargent, Alfred Stevens, Gustave Léonard de Jonghe, Carolus Duran, Jean-Louis Forain, Jacques Emile Blanche, Léon Bonnat, Vittorio Matteo Corcos, Giovanni Boldini, Luis Alvarez Catala, et même Alexandre Cabanel (Miss Olivia Peyton Murray).