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Portrait de Micaela Schäfer

mic4Soit je deviens fan de cette Micaela Schäfer, soit je deviens conne (ou les deux) mais j’aime bien ce portrait pris pendant le défilé Kauffeld & Jahn à l’occasion de la Mercedes-Benz Fashion Week Spring/Summer 2015 à Berlin le 7 juillet dernier.

(source : ok-magazin.de)

Eugénie et son amour de la gorge nue

Le billet précédent était consacré à la robe de bal (aussi appelée robe du soir), seul vêtement décolleté de la garde-robe féminine de la fin du 19ème siècle. Il m’a permis de m’intéresser à Eugénie de Montijo, impératrice des Français de 1853 à 1870 et toujours représentée en robe de bal.

Franz Xaver Winterhalter – « Portrait de l’impératrice Eugénie entourée de ses dames d’honneur » – 1855 – Musée national du château de Compiègne – Source : wikimedia commons

Au vu de la fameuse toile de Winterhalter (1805-1873) qui représente l’impératrice entourée de ses dames d’honneur (pourquoi appelle-t-on ces dames de compagnie des dames d’honneur ?), on pourrait même se demander si Eugénie et son entourage vivaient toute la journée en robe du soir.

J’ai trouvé très amusant d’apprendre dans le livre de JC Bologne déjà maintes fois cité qu’Eugénie n’hésitait pas à virer de sa loge des dames « collet monté » qui ne montraient pas suffisamment leur gorge. On peut supposer que le fort goût pour le grand décolleté qu’entretenait Eugénie a contribué à la diffusion de cette mode vestimentaire au sein de l’aristocratie et de la bourgeoisie française et européenne.

Il existe plusieurs très beaux portraits d’Eugénie en robe à grand décolleté (qui montre ses épaules), notamment ceux d’Edouard Dubufe visible à Compiègne et de Claude Dubufe conservé à Versailles, mais aucun n’est aussi connu que celui exécuté par Winterhalter pour le sacre de l’impératrice en 1853. En effet, ce tableau dont l’original semble se trouver au Napoleonmuseum Thurgau au château Arenenberg en Suisse (à moins qu’il ne soit au Museo Napoleonico de Rome), a été copié en de nombreux exemplaires visibles dans divers musées et préfectures. Regardez bien ce détail du portrait :

Détail du portrait d’Eugénie, Impératrice des Français – d’après Franz Xaver Winterhalter – 1853 – Source : wikimedia commons

Que penser du décolleté d’Eugénie ? N’est-il pas incroyablement profond ? Je ne pense pas délirer en avançant qu’on voit en fait le côté du sein droit, judicieusement couvert par le collier de perles de l’impératrice. Voilà donc un portrait terriblement osé et sensuel, diffusé par voie officielle sur tout le territoire national ! Bravo, Eugénie.

La nudité masculine, elle, n’est pas érotique

Dans son livre (voir le billet « Homme fort, femme faible ?« ), Jean-Claude Bologne répète (je simplifie, bien sûr) que seule la femme est concernée par les questions de pudeur parce que seule la nudité féminine est considérée comme érotique. Ainsi la nudité masculine n’est pas érotique ? Bologne cite en exemple le monde du sport… Je réfléchis et, effectivement, un homme à poil, c’est autre chose.

1. Les vestiaires

Depuis 1979, un jugement fédéral américain autorise la présence de femmes-journalistes dans les vestiaires des hommes. Et elles y vont. En France aussi, les femmes journalistes fréquentent depuis longtemps les vestiaires des hommes. Et alors ? Pourquoi pas ? Finalement une femme au milieu des bites et des culs, ça passe bien.

Le type qui s’essuie le membre à l’arrière des vestiaires a l’air de trouver la situation amusante – Photo Washington Post

Les hommes aussi, par les mêmes lois qui établissent l’égalité entre hommes et femmes au travail, pourraient pénétrer les vestiaires féminins. Le font-ils ? Non, pas que je sache. Pas dans des vestiaires pleins de femmes nues en tous cas. Ils seraient taxés de goujaterie (je reprends le mot de Bologne) tandis que les sportives qui s’exhiberaient seraient considérées comme des… comme des quoi ?… Je vous laisse imaginer.

2. Le streaker

Oui, le streaker… Ce mec qui traverse le terrain à poil… c’est un mec. Presque toujours. Et ça passe bien. Pourquoi ? Parce qu’un mec à poil, c’est rigolo. Voilà, le mot est lâché : rigolo. Y’a là comme un truc de mec. La nudité masculine, ça va avec l’amitié virile, la franche camaraderie, la bonne rigolade et les tournées de bière : Bras dessus-bras dessous, bite contre bite, et glou et glou et glou… avale moi ça… il est des nô-ôtres…

3. Le calendrier

Ainsi en va-t-il aussi depuis 2000 avec la mise en vente du premier calendrier des rugbymen du Stade Français (« Les Dieux du Stade »), bien vite imités par d’autres équipes masculines. Les mecs avec les mecs, tous à poil, la transpiration, les potes. Ca sent la sueur sportive et la saine amitié.

Calendrier Dieux du Stade 2004 – Mois de Janvier : James Carroll, David Duchamp, Raphaël Poulain – Photo : François Rousseau

Regards sans gêne, jambes écartées, main sur le paquet ; Un truc d’hommes, à n’en pas douter. J’ai choisi une photo soft : Sur beaucoup d’autres, la bite est partiellement visible (Sylvain Letellier,  Yann Morand-Bruyard, Jérôme Prévitali, Frédéric Deltour) ou totalement (Alexandre Didy) ou moulée dans une serviette (Christophe Dominici). Imaginez une seconde l’accueil réservé à des sportives qui oseraient le même dénuement et les mêmes poses ?

Alors quoi ? Pas érotique la nudité masculine ? Ou alors seulement pour les gays ?

4. Les joueurs nus

Les équipes de sport qui jouent nues sont rares. La seule que je connaisse est une équipe (amateur et éphémère) d’hommes : Les « Nude Blacks » de Nouvelle-Zélande. Les voici  en 2011, devant 1500 spectateurs à Dunedin (Nouvelle-Zélande) lors de la coupe du monde de rugby, évoluant contre les « Spanish Conquistadores », une équipe féminine… habillée.

Nude Blacks vs Spanish Conquistadores – 2011 – Dunedin, Nouvelle-Zélande – Source : profimedia

Le monde du sport montre clairement que la nudité masculine est considérée avec beaucoup plus de légèreté et de bienveillance que celle des femmes. Mais les choses changent peut-être… lentement.

Ainsi quand Rachel Scott se joint aux Nude Blacks, il souffle, le temps d’un match, comme un petit vent d’égalité. Ajoutons qu’on trouve aussi quelques femmes-streakers et que les nanas qui achètent le calendrier des Dieux du Stade l’accrochent dans leur chambre parce qu’elles trouvent tous ces mecs très-très-très érotiques ! Oui, je vous assure.

Ah ! Pour remettre les compteurs à zéro, à quand Nelson Montfort entouré par les 11 de l’OL féminine complétement nues, le regard torve, les cuisses écartées et la main sur la chatte ?

La nouvelle frontière sur le « runway » : pas de slip au défilé

Les mannequins ont pris depuis longtemps l’habitude d’exposer leurs seins sur les podiums des défilés. Dans l’article précédent, je tente une datation des premiers seins nus à 1994 mais la date précise importe peu. Voir la poitrine féminine, nue ou sous un tulle transparent, est désormais une normalité.

Il n’en va pas de même pour le sexe : Toutes les mannequins portent un string ou un shorty couleur chair sous leurs vêtements. Toutes ? En fait, non. Les choses changent peut-être à ce niveau aussi.

Je passerai sur la polémique russo-russe du défilé Printemps-été 2008 de Marmalade-Bearded Baby à l’Ural Fashion Week et de son mannequin au sexe bien visible sous une robe transparente (photos sur alexey-art.livejournal.com). Personne n’en a entendu parler.

Par contre, je ne passerai pas sur les premiers défilés de lingerie de ZAHIA DEHAR.

[A gauche : « Robe longue en tulle illusion jonchée de pétales de fleurs de cerisier en mousseline et tulle de soie rebrodé de strass Swarovski » pour reprendre les termes utilisés dans « Zahia for V magazine »,  Collection Printemps-été 2012, janvier 2012, Source : regionglobal.net – A droite, la robe de mariée portée par Zahia Dehar, petit clin d’oeil à la robe portée par Kate Moss dans le billet précédent, Collection Automne-hiver 2012-13, juillet 2012, Source : Photo ANP sur le blog « est100« ]

Pourquoi le buzz ? Peut-être parce que Zahia a acquis une grande notoriété grâce à l’affaire des services sexuels offerts par une mineure à des footballeurs de renom ; Peut-être parce que Karl Lagerfeld l’affectionne particulièrement ; Peut-être parce qu’elle ne portait pas de culotte à ses 2 shows.

Voir aussi les photos du défilé Printemps-été 2012 sur avaxnews. Voir les photos de Zahia « effleurant le cerisier » par Karl Lagerfeld sur visualoptimism.blogspot.fr.

Ce qu’a fait Zahia Dehar à Paris n’est cependant pas une nouveauté sur les runways londoniens (encore eux !).  Une styliste fameuse a fait tomber depuis longtemps les slips de ses mannequins, la Britannique PAM HOGG, dont je vous propose un extrait des 5 dernières collections :

Défilé Pam Hogg Automne-hiver 2012-13 – Source : weartrends

Voir toute la collection Automne-hiver 2012-13 sur weartrends et sur cozycot.

La couturière Pam Hogg (la blonde) au final de son défilé Printemps-été 2012 – Source : sleek-mag.com

Voir la collection Printemps-été 2012 sur Vogue UK, sur percevalties ou sur sleek.

Défilé Pam Hogg Automne-hiver 2011-12 – Source : weartrends

Voir la collection Automne-hiver 2011-12 sur weartrends.

La fameuse ceinture de chasteté du défilé Pam Hogg Printemps-été 2011 – Source : ekstrabladet.dk

Voir les clés de la ceinture sur freakdeluxe ainsi que le défilé Printemps-été 2011 sur zimbio.

Défilé Pam Hogg Automne-hiver 2010-11 – Source : onoff.tv

Voir quelques photos de la collection Automne-hiver 2010-11 sur onoff.tv.

J’aime beaucoup ce que fait Pam Hogg même si je trouve qu’elle n’innove plus vraiment. Elle reprend dans ses 5 derniers défilés (mais n’a-t-elle pas raison d’insister ?) les idées de sa collection la plus originale, celle de l’été 2010. J’ y reviendrai.

Audace et nudité au défilé : Messieurs (Mesdames) les Anglais(e)s, tirez les premiers !

En ce jour 4 des JO de London 2012, je me propose de rendre hommage à Londres et aux Britanniques en écrivant ce billet (vous allez bientôt comprendre pourquoi). Il s’agit pour moi de faire – Enfin ! – le point (modestement, comme toujours) sur l’utilisation de la nudité dans les défilés de mode.

SEINS NUS

A quand remonte le premier sein nu sur un podium ? Je n’en sais rien. Pour le sein à peine caché sous une robe transparente, on pourrait peut-être remonter à la robe « see-through » de la collection Automne-hiver 1968-69 d’Yves Saint-Laurent (voir le billet « Mannequins vs Stars« ) mais pour le sein nu ?

Kate Moss porte la robe de mariée, seins nus, au défilé automne-hiver 1994-95 de Vivienne Westwood – Source : purepeople.com

Il me semble que Mugler l’avait osé dans ses shows des années 80 mais, faute de preuve, je proposerais plutôt la poitrine de Kate Moss lors du défilé Automne-hiver 1994-95 de Vivienne Westwood qui montrait beaucoup de mini mini-jupes, autant de jupes-poires à cul rond (le cul devenait alors un « boule » au sens propre), un seul string en fourrure mais aussi, subrepticement cette fois, les seins d’une autre mannequin (ci-dessous).

Les seins de Kate Moss sont restés assez confidentiels mais, quelques années plus tard, une autre poitrine nue allait connaître, cette fois, un succès planétaire : il s’agissait des seins de Shalom Harlow lors du défilé Automne-hiver 1997-98 de la maison Christian Dior. Qui était le couturier-star de Dior en 1997 ? John Galliano, bien sûr. Un Britannique, donc, tout comme Vivienne Westwood.

HUSSEIN CHALAYAN ET LE NU INTEGRAL

Après le défilé Dior de 1997, le sein allait se montrer de plus en plus souvent sur les podiums. Le nouveau défi, c’était de dénuder le sexe, ce qui arriva… quelques mois plus tard.

Défilé « Between » par Hussein Chalayan – Printemps-été 1998 – Londres – Source : tumblr

Hussein Chalayan est né à Chypre mais c’est à Londres qu’il se forme au stylisme et c’est là, fin 1997, qu’il présente « Between », sa fameuse collection Printemps-été 1998, aux femmes voilées mais aussi nues (voir « Nue au défilé ? En fait, déjà en 1997 !« ).

Le nu intégral disparaît ensuite des podiums pendant 9 ans pour réapparaître finalement à Paris à l’occasion d’un autre défilé du même Hussein Chalayan. A la fin de ce magnifique show (mon préféré de Chalayan, voir « Nue au défilé. Déjà en 2006« ), la robe de Leah de Wavrin est aspirée par son chapeau (!), la laissant complètement nue (elle ne cache pas tout le temps son sexe avec les mains).

Défilé « One hundred and eleven » par Hussein Chalayan – Printemps-été 2007 – Paris – Source : pony-ryder.com

Hussein Chalayan ayant la double nationalité britannique et chypriote turc, il est donc le troisième créateur britannique de cet article (sur 3 !).

HOUSE OF BLUE EYES

Voici sans doute le défilé de mode le moins connu de ce billet. House of Blue Eyes a été un rassemblement éphémère de créateurs autour du styliste (très méconnu) Johnnyblueeyes à Londres en 2008-2009. Il en est sorti, entre autres, un défilé automne-hiver présenté à la London Fashion Week 2009, avec femme enceinte et une nue intégrale.

Défilé House of Blue Eyes – London Fashion Week – Automne-Hiver 2009-10 – Source : zimbio.com

Au delà du nu, je pense qu’il faut mentionner l’ambiance de ce défilé (voir les photos sur zimbio.com), à la fois bon enfant, délirant et peu prude. Une ambiance qui rappelle le défilé printemps-été du groupement Andrea Crews présenté quelques mois plus tôt à Paris mais sans nu intégral (voir « Femme mode, femme fun, femme nue, femme active ?« ).

CHARLIE LE MINDU

J’en arrive maintenant aux shows du plus excentrique coiffeur français de Londres : Charlie le Mindu. On a déjà parlé des deux mannequins nues de son défilé Printemps-été 2011 (voir « Le nu marche toujours (la nue, en fait)« ).

Défilé Charlie le Mindu – London Fashion Week – Printemps-été 2011 – Source : not-just-another-fashion-blog.blogspot.fr

On pourrait ajouter la mannequin couverte de sang de son défilé Automne-Hiver 2011 et celle au serpent dessiné sur le pubis de « Burka curfew » (encore de la burqa, comme un hommage au show de Chalayan), son défilé Printemps-été 2012.

Le Mindu n’a pas innové avec le nu intégral (on en laissera la paternité à Chalayan) mais il l’a imposé, médiatisé, démocratisé trois saisons de suite. On se demandait que faire de plus avec le nu. C’est une Anglaise qui a apporté la réponse.

ROBYN COLES

La créatrice de chapeaux Robyn Coles n’a pas hésité : Lors de son défilé automne-hiver 2012, présenté en février dernier à la London Fashion Week (encore elle !), tous les mannequins étaient entièrement nus. En premier venait Sophia Cahill, enceinte de 8 mois, et, un peu plus loin, Jeff Leach, bite à l’air !

[Photos REUTERS/Suzanne Plunkett – Source : parismatch.com]

Et ensuite, quoi ?

En terme de nudité, il semble difficile d’aller plus loin que le nu intégral proposé par Chalayan, Le Mindu ou Coles. Cependant, n’oublions pas que Le Mindu et Coles montrent des coiffures (le nu intégral ne pose donc pas de souci par rapport à l’objectif du défilé) et que Chalayan, un créateur de vêtements, s’est contenté d’une ou deux mannequins nues. Pas de nudité, donc, pour les mannequins qui présentent des vêtements, à l’exception d’un sein nu par ci ou par là (on en revient à la poitrine de Kate Moss en 1994). Je vois là la possibilité d’une dernière « frontière » en terme de nudité : porter des vêtements mais montrer le sexe. Ca semble extrême ? Et bien non : Cela a déjà commencé.

Je citerais d’abord la mannequin Angela Martini à la robe violette largement échancrée, en juin 2011 aux « Fashion Awards » du CFDA (Council of Fashion Designers of America) à New York. J’ajouterais une autre mannequin, Anja Rubik, à la robe (blanche cette fois-ci) tout aussi échancrée, un an plus tard et dans la même ville, à l’occasion du gala de charité organisé par le Costume Institute.

Avec les robes fendues et portées sans sous-vêtement par ces 2 mannequins, on est toujours dans la mode mais on a quitté le petit monde des défilés. Je vais y revenir très vite, montrer des mannequins sans culotte et parler d’une styliste… britannique bien sûr.

Interros écrites sur la nudité

Femelletemple a déjà posé quelques questions sur la nudité, l’influence de la morale et de la Bible : Voir les articles « La faute à Eve« , « Quelques secondes avant l’invention de la pudeur : Profitons du spectacle !« , « Eve, évidemment – Episode 2 – De quel péché parle-t-on ?« .

Dans la série « The written Word »,  R.A. « Tony » Evans, Jr (Harlemphoto) propose quelques interrogations d’ordre moral (Vous savez, la Morale, quand il est question du Bien et du Mal et de comment faire le Bien).

« The man is responsible to guard is mind from impurity » n’est pas une injonction morale qu’on trouve telle quelle dans la Bible. Cette phrase a en fait été copiée-collée sur plusieurs sites américains de morale chrétienne et renvoie généralement au verset 8 du chapitre 4 de l’Epitre de Paul aux Philippiens : « Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées. » Ce n’est pas tout à fait pareil mais, dans tous les cas, pourquoi faudrait-il penser le corps de la femme comme impur ?

Les versets 27 et 28 du Sermon sur la montagne (Evangile selon Mathieu, chapitre 5) sont peut-être plus intéressants. Ils disent ceci : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras point d’adultère. Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. » En bref, JC dit que ce n’est pas bien de regarder une femme pour la convoiter. Ceux qui ont écrit le Lévitique et le Deutéronome recommandaient même la mort comme sanction à l’adultère. Est-ce qu’un homme qui regarde une femme nue la convoite ? Si oui (et le « oui » reste à démontrer), est-ce qu’il mérite la mort (remarquez que la peine de mort ne s’appliquerait qu’à un homme marié, puisqu’il s’agit d’adultère et que seule la perspective masculine est considérée dans la Bible) ? Est-ce que vous pensez que parce que vous venez de regarder la photo ci-dessus, vous méritez la mort (si vous êtes un homme marié, bien sûr) ?

J’en remets une couche avec cette deuxième photo et l’inscription sur le bas-ventre :

« Est-ce que le problème, c’est mon corps ou est-ce que c’est toi ? » J’aime cette question qui me rappelle la phrase de Jean-Claude Bologne citée en marge de ce blog : « La pudeur réside moins dans la dissimulation du corps que dans la qualité du regard qui se pose sur lui » (Pudeurs féminines. Voilées, dévoilées, révélées – Editions du Seuil – 2010).

Je m’aperçois, une fois de plus, que la nudité en soi n’est pas un problème, pas même pour la Bible, comme déjà discuté dans « L’homme et sa femme étaient tous deux nus et n’avaient pas honte (Genèse 2 25)« … et ce n’est pas l’histoire incompréhensible des vêtements de peau (« Il les revêtit d’habits de peau« ) qui me fera penser le contraire.

La vraie question morale (si on adhère à la Bible comme source de moralité, bien sûr !), c’est celle de l’adultère. La nudité n’est alors un problème que si elle incite à l’adultère que la Bible condamne sévèrement (Detéronome 22 22 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux »). Pour éviter tout ça et vivre en paix, un conseil simple : Femme, ne te marie JAMAIS ! (et vis nue par la même occasion).

L’ultime limite des choses

Voici une bien curieuse gravure de la Renaissance, exécutée en 1529 par Hans Sebald Beham ( Source: endofthecentury2.blogspot.com ) : A gauche, une femme qui tient un homme par l’épaule et par la bite (en érection ?) ; A droite, la Mort qui tient l’homme par les cheveux et par le cul ; Au centre, un homme qui pose une main sur le pubis de la femme et l’autre main sur la tête d’un enfant. Certains ont appelé cette image « La Mort et le couple indécent » mais, franchement, HSB s’en foutait de l’indécence.

sebald beham, couple indécent, mors ultima linea rerum
Sebald Beham a appelé son dessin « Mors ultima linea rerum », soit « La mort est l’ultime limite des choses ». Avec un titre comme celui-là, on balance l’indécence très loin. Je laisse tomber les explications obscures des spécialistes et je donne la mienne : HSB nous dit qu’il n’y a pas de limite puisque la seule qui compte vraiment, l’ultime, la dernière, l’inévitable, l’infranchissable, c’est la mort.

Mais il n’y a pas de limite à quoi ?

Rappelons-nous la vie tourmentée d’HSB (voir « Le bain selon les frères Beham : Peu de lavage, beaucoup de tripotage« ) : 1529, c’est l’année où il se fait explulser de Nüremberg pour cause de diffusion d’oeuvres pornographiques. Avec cette gravure (une gravure se copie facilement et peut être largement distribuée), HSB a sûrement marqué son public. En effet, même maintenant, l’image d’une femme qui attrape un homme par sa queue est forte (voir photos ci-dessous).

HSB a vraisemblablement dessiné un encouragement à la jouissance, notamment sexuelle : la seule limite infranchissable, c’est la mort ; les autres se violent. Transgressif, provocateur, indécent… HSB, quoi !

[Photo de gauche : Silvie et Leo, duo, par Hegre – Source : tfpez.com – Photo de droite par Roy Stuart – Source : http://www.roystuart.net]