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Hé, ho ! Je te parle avec mes jambes

Je suis tombée par hasard sur cette photo dans un article de madmoizelle.com qui posait la délicate question : « Comment faire durer un fuck friend ?« 

Après 3 billets sur les jambes en X, voici un assortiment de jambes dont 3 paires sur 4 sont en forme de X !

Comme évoqué dans l’article précédent, serrer les genoux et rentrer les pieds est un signe de pudeur et de modestie, 2 attributs (en d’autres temps ou dans d’autres cultures, j’aurais pu écrire « 2 vertus » ou « 2 qualités ») considérés dans notre culture (et ce n’est pas la seule) comme typiquement féminins.

Mais on peut essayer d’aller un peu plus loin et voir dans la façon de tenir ses jambes un message un peu plus complexe que « je suis pudique » ou « je ne suis pas pudique ». Ainsi, s’il fallait tenter de qualifier les 4 femmes de la photo ci-dessus sur la base de leurs jambes, ne pourrait-on pas dire, de gauche à droite : timide, entreprenante, expectative, réservée ?

Tentons l’exercice avec d’autres jambes, toutes glanées sur le site de la marque anglaise de collants Pamela Mann.

Pieds rentrés et genoux serrés, les deux paires de jambes ci-dessus expriment la timidité, comme déjà évoqué précédemment. Notons qu’avec une mini-jupe, des jarretelles, des bas résille et des talons hauts, la candeur prend une nouvelle dimension : celle de la candeur feinte pour rassurer l’homme et l’encourager à agir. Ainsi la modestie, fausse, est en fait utilisée comme une arme de séduction.

Bien droites, les jambes disent autre chose :

A gauche, moi je vois une fille sérieuse, une étudiante bosseuse qui serre les fesses. Je l’imagine avec une pile de bouquins dans les bras et des lunettes sur le nez. Ce sont peut-être les leggings (et leur air de grandes chaussettes d’hiver) qui me donnent cette impression car les jambes tout aussi droites sur l’autre photo me semblent appartenir à une secrétaire dominatrice qui aurait troqué les livres pour le fouet, jarretelles obligent.

Une fois les jambes écartées, que voit-on ? De la décontraction et du jeu à gauche, de la sévérité et de la domination à droite ? Pourquoi pas. Position, vêtements, chaussures : tout compte.

La communication est un art délicat.

Jambes en X – Démonstration par les soeurs Ikaruga

« High school samurai » est un manga récent qui conte la rencontre du jeune et « innocent » Yoichi Karasuma (élevé dans les montagnes dans la voie du samourai) avec la modernité et, au passage, les 4 soeurs Ikaruga qui gèrent leur propre dojo. Voici les 4 soeurs : Ibuki, l’aînée aux cheveux pourpre, Chiaya aux cheveux verts, Ayame aux cheveux blonds et la petite Kagome aux cheveux bleu marine.

Sur les 4 dessins, les soeurs Ikaruga adoptent une pose en X avec leurs jambes. Genoux en dedans, pieds en dedans, voilà exactement la pose inverse de celle qu’on attend d’un homme (jambes écartées et pieds ouverts : voir billet « Femme libérée, jambes écartées (1. Cabaret) » et suivants).

Comme souvent dans les mangas, les filles ont des allures de fillette : pommettes roses et poses qui indiquent la timidité, la réserve, voire la candeur. Bien sûr, les Japonais ont des fantasmes bien connus (écolières et petites culottes) mais le manga permet aussi de rappeler que la pose en X exprime de toutes façons une forme de retenue ou de pudeur. Quand on rentre les genoux, on serre en fait les fesses et on bloque l’accès au sexe (seules les filles aux jambes minces conservent un espace ouvert).

La pose en X est donc une pose « pudique » (voir les nombreux billets sur la Venus Pudica dont « Le jour où commença le culte du corps féminin« ) et la pudeur est typiquement associée à la fémininité. On y revient toujours !

Le bal : Seul endroit où la poitrine respirait

Ainsi le 19ème siècle fut-il un siècle rétrograde pour la femme (voir billet « Homme fort, femme faible ?« ) !

Je pense que ça peut se deviner dans l’habillement de l’époque. Après l’excentricité des Merveilleuses du Directoire (voir « Liberté, Egalité, Sexualité ?« ) et les robes ouvertes au ras du téton des dames de l’Empire (cf « Les vertigineux décolletés de l’Empire« ), les femmes de la Restauration, du Second Empire et de la Troisième République remontent leurs cols et ferment les boutons.

Jean Béraud – La Pâtisserie Gloppe – 1889 – Musée Carnavalet, Paris – Source : Wikimedia Commons

Ce n’est pas parce qu’il fait froid que les clientes de la pâtisserie Gloppe sont  couvertes de la tête aux pieds (regardez bien : seule la peau du visage et des mains dépasse !) mais parce que c’est comme ça qu’il faut s’habiller. Les promeneuses peintes en 1909 par Joaquin Sorolla sur une plage ensoleillée n’exposent pas plus de peau. Vérifiez toutes les peintures et tous les daguerréotypes que vous pourrez trouver ! C’est toujours ainsi. Pendant un siècle, entre l’Empire et les Années Folles, le corps des femmes est entièrement camouflé dans des vêtements qui ne laissent à nu que la tête et les mains. Remarquez que c’est la même chose pour les hommes, engoncés dans leur costumes.

Il existait cependant pour les femmes, dans ce monde sans chair apparente, un moment d’exception ; Un moment où il fallait découvrir sa poitrine et ses épaules : Le bal.

Charles Chaplin – « Prête pour le bal masqué » – Collection particulière – Source : artmight.com

J’ai longtemps cherché une scène de soirée parisienne comme parallèle à la scène de jour de la pâtisserie Gloppe. Je n’ai pas trouvé ce que je cherchais. Il y avait bien le « bal » de Julius Leblanc Stewart (1855-1919) mais faute d’informations précises sur cette oeuvre (Est-ce une photo colorisée ? Quand fut-elle réalisée ? Où se passe ce bal ?…), j’ai laissé tomber. Quant au tableau « Une soirée » de Jean Béraud (1848-1935), il montre plus les hommes que les femmes.

A la place, je suis heureuse d’afficher une oeuvre assez peu connue de Chaplin (1825-1891), peintre portraitiste de grand talent, très intéressé par les épaules et les  poitrines, ainsi que par les très jeunes filles, leur colombe et leur nid (il faudra absolument que je consacre un billet à cela !). Le tableau représente une jeune femme prête pour le bal (masqué) et vêtue d’une robe profondément ouverte.

Je ne résiste pas au plaisir d’ajouter le portrait d’une autre jeune femme dans une robe de bal, également avec un « grand décolleté » (le nec plus ultra du décolleté,  qui dégage les épaules) exécuté par Berthe Morisot (1841-1895).

Berthe Morisot – « Au bal » ou « Femme à l’éventail » – 1875 – Musée Marmottan-Monnet, Paris – Source : the-athenaeum.org

La « jeune femme en robe de bal » du musée d’Orsay, peinte 4 ans plus tard par la même Berthe Morisot, vaut également un clic.

Dans « Pudeurs Féminines » (Editions du Seuil, 2010, pp 227-230) Jean-Claude Bologne expose la complexité des codes de l’habillement féminin à la fin du 19ème siècle. La robe à grand décolleté est le vêtement qui convient (en latin decet) pour le bal. C’est le vêtement décent pour l’occasion. Mais certaines femmes ne le trouvent pas assez pudique et réduisent l’échancrure du col ou le couvrent d’une étoffe. D’autres remontent franchement leur col. La jeune femme en jaune peinte dans « Evening » par James Tissot en 1885 fait  de toutes évidences partie de ces bêcheuses au « collet monté ».

Notez que la robe décolletée est en fait une robe de sortie ou robe du soir. Elle s’utilise pour le bal, bien sûr, mais aussi pour le théâtre, pour l’opéra ou pour un dîner mondain. L’Américaine Mary Cassatt (1844-1926), une élève de Charles Chaplin, a peint plusieurs portraits de femmes à l’Opéra de Paris :

Mary Cassatt – « Woman (vraisemblablement Lydia, la soeur de Mary) with a Pearl Necklace in a Loge » ou « Dans la Loge » – 1879 – Philadelphia Museum of Art – Source : Wikimedia Commons

PS : Les illustrations que j’ai choisies nous ont emmenés dans le petit monde de la bourgeoisie et de l’aristocratie parisienne. La situation était tout à fait similaire dans la haute société des autres pays européens (cf « Hush ! » de James Tissot qui nous présente une soirée mondaine à Kensington en 1875). Quant au « petit peuple », qu’il soit parisien ou provincial, sa garde-robe était plus limitée et sûrement pas plus déshabillée.

La nudité masculine, elle, n’est pas érotique

Dans son livre (voir le billet « Homme fort, femme faible ?« ), Jean-Claude Bologne répète (je simplifie, bien sûr) que seule la femme est concernée par les questions de pudeur parce que seule la nudité féminine est considérée comme érotique. Ainsi la nudité masculine n’est pas érotique ? Bologne cite en exemple le monde du sport… Je réfléchis et, effectivement, un homme à poil, c’est autre chose.

1. Les vestiaires

Depuis 1979, un jugement fédéral américain autorise la présence de femmes-journalistes dans les vestiaires des hommes. Et elles y vont. En France aussi, les femmes journalistes fréquentent depuis longtemps les vestiaires des hommes. Et alors ? Pourquoi pas ? Finalement une femme au milieu des bites et des culs, ça passe bien.

Le type qui s’essuie le membre à l’arrière des vestiaires a l’air de trouver la situation amusante – Photo Washington Post

Les hommes aussi, par les mêmes lois qui établissent l’égalité entre hommes et femmes au travail, pourraient pénétrer les vestiaires féminins. Le font-ils ? Non, pas que je sache. Pas dans des vestiaires pleins de femmes nues en tous cas. Ils seraient taxés de goujaterie (je reprends le mot de Bologne) tandis que les sportives qui s’exhiberaient seraient considérées comme des… comme des quoi ?… Je vous laisse imaginer.

2. Le streaker

Oui, le streaker… Ce mec qui traverse le terrain à poil… c’est un mec. Presque toujours. Et ça passe bien. Pourquoi ? Parce qu’un mec à poil, c’est rigolo. Voilà, le mot est lâché : rigolo. Y’a là comme un truc de mec. La nudité masculine, ça va avec l’amitié virile, la franche camaraderie, la bonne rigolade et les tournées de bière : Bras dessus-bras dessous, bite contre bite, et glou et glou et glou… avale moi ça… il est des nô-ôtres…

3. Le calendrier

Ainsi en va-t-il aussi depuis 2000 avec la mise en vente du premier calendrier des rugbymen du Stade Français (« Les Dieux du Stade »), bien vite imités par d’autres équipes masculines. Les mecs avec les mecs, tous à poil, la transpiration, les potes. Ca sent la sueur sportive et la saine amitié.

Calendrier Dieux du Stade 2004 – Mois de Janvier : James Carroll, David Duchamp, Raphaël Poulain – Photo : François Rousseau

Regards sans gêne, jambes écartées, main sur le paquet ; Un truc d’hommes, à n’en pas douter. J’ai choisi une photo soft : Sur beaucoup d’autres, la bite est partiellement visible (Sylvain Letellier,  Yann Morand-Bruyard, Jérôme Prévitali, Frédéric Deltour) ou totalement (Alexandre Didy) ou moulée dans une serviette (Christophe Dominici). Imaginez une seconde l’accueil réservé à des sportives qui oseraient le même dénuement et les mêmes poses ?

Alors quoi ? Pas érotique la nudité masculine ? Ou alors seulement pour les gays ?

4. Les joueurs nus

Les équipes de sport qui jouent nues sont rares. La seule que je connaisse est une équipe (amateur et éphémère) d’hommes : Les « Nude Blacks » de Nouvelle-Zélande. Les voici  en 2011, devant 1500 spectateurs à Dunedin (Nouvelle-Zélande) lors de la coupe du monde de rugby, évoluant contre les « Spanish Conquistadores », une équipe féminine… habillée.

Nude Blacks vs Spanish Conquistadores – 2011 – Dunedin, Nouvelle-Zélande – Source : profimedia

Le monde du sport montre clairement que la nudité masculine est considérée avec beaucoup plus de légèreté et de bienveillance que celle des femmes. Mais les choses changent peut-être… lentement.

Ainsi quand Rachel Scott se joint aux Nude Blacks, il souffle, le temps d’un match, comme un petit vent d’égalité. Ajoutons qu’on trouve aussi quelques femmes-streakers et que les nanas qui achètent le calendrier des Dieux du Stade l’accrochent dans leur chambre parce qu’elles trouvent tous ces mecs très-très-très érotiques ! Oui, je vous assure.

Ah ! Pour remettre les compteurs à zéro, à quand Nelson Montfort entouré par les 11 de l’OL féminine complétement nues, le regard torve, les cuisses écartées et la main sur la chatte ?

Les nixes de Nixxxe

Qui douterait que les nixes, naïades et autres ondines sont encore là, dans la nature, les fesses dans l’eau, au milieu des roseaux ? Si vous avez erré dans les forêts allemandes cet été, vous en avez sûrement vu près des étangs, des lacs et de chaque trou d’eau.

Un fabricant allemand (bien sûr !) s’est spécialisé dans le maillot de bain très dépouillé pour ces jeunes filles d’un autre âge, pour qu’elles ne semblent pas aussi nues que les nixes de Cranach. Sans surprise, ce fabricant s’appelle Nixxxe parce que la nudité est naturelle mais la couvrir un tout petit peu, c’est XXX.

Voici Fanny, Sophie, Marlen… Quelques-unes des nymphes d’eau douce qu’on trouve dans les sources et les rivières germaniques (la liste complète est ici)…

Première rangée : Monokini et bikini à anneaux. Deuxième rangée : Deux vues d’un string-bretelles.

Pour finir, je ne résiste pas à une dernière photo de nixe en Nixxxe. Les filles du Rhin étaient-elles brunes ? Pourquoi pas ! Celle-ci fait très bien l’affaire.

[Toutes photos sur nixxxe.com]

Automne 2011 : Recherches sur décolletés

C’est en jouant sur le dévoilement que le vêtement rend le corps de la femme encore plus sexy. Ce qu’on cache / Ce qu’on montre. Bien sûr. D’où mon intérêt pour la transparence. D’où mon intérêt également pour les décolletés. Lors des récentes fashion weeks de Milan et de Paris, voici ce qui m’a plu.

EMILIO PUCCI – Une inspiration lingerie et MTV stars. Vu à la TV mais pas assez dans la rue. J’adhère.

[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Emilio Pucci sur mode.newslicious.net]

CHRISTIAN DIOR – Maintenant, on commence à s’amuser. Bien sûr, ça devient compliqué à porter mais n’est-ce pas un concept rigolo ? Le décolleté est autour du col. Est-ce même encore un décolleté ou est-ce plutôt un top transparent ?[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Christian Dior sur mode.newslicious.net]

Mannequins vs Stars

Il y a quelques jours, le 13 février, à la 53ème cérémonie des « Grammy Awards » à Los Angeles, la chanteuse Rihanna a décroché la récompense du meilleur album dance pour « Only girl (in the world) ». Moi, les Grammys, ça m’est complétement égal ! C’est la robe de Rihanna qui m’a attiré l’oeil. Si vous vous intéressez un peu à la mode, vous l’avez déjà vue (la robe !).

[Photo sur starcasm.net]

Et oui ! Voici l’originale : la robe de mariée de la collection été 2011 de Jean-Paul Gaultier couture. N’est-elle pas beaucoup plus belle portée par ce mannequin ? Oui, c’est sûr, mais pourquoi ? C’est peut-être le chapeau qui fait la différence. Ou alors les gants. Sinon, c’est peut-être le mannequin. Très belle effectivement, même si elle s’appelle Andrej Pejic et que c’est en fait… un homme.

[voir haute déf sur mode.vogue.fr]

Tout cela m’a rappelé Laetitia Casta à la 35ème cérémonie des Césars, il y a un an, le 27 février 2010 à Paris, lorsqu’elle a remis le prix du meilleur second rôle masculin à Niels Arestrup. Pas parce que Casta est un homme (elle n’en est pas un, bien sûr) mais à cause de sa robe.

[Photo sur volcreole.com. Autres photos de la Casta aux Césars sur evilox et sur grazia.]

Pas de JPG ici mais la très fameuse robe du soir « see-through » présentée par Yves Saint-Laurent dans sa collection Automne-Hiver 1968. 40 ans plus tard, la robe choque toujours mais avez-vous remarqué que la version de 1968 était plus belle ? Regardez ! Comparez ! Vous voyez la différence ?

[Photo Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent © Tous droits réservés – Photo sur volcreole.com]

La différence, c’est que dans sa version de 1968, la robe était vraiment transparente. La robe de 2010 tente de masquer un peu les seins derrière des motifs de mauvais goût. Ah, non ! Ne cachez pas ces seins !

Dans le même registre du mannequin plus beau que la star, je vous rappelle le cas de la robe-bulle de Hussein Chalayan (mal) portée par Lady Gaga.