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Encadrement de féminité

Quand Mickle encadre le torse et le sexe de ses mannequins d’un cache-coeur et de bas auto-portants (voir article précédent), d’autres trouvent des  solutions différentes pour mettre en valeur la zone seins-ventre-pubis où se concentre la féminité, comme le Canadien Robert Farnham et le cadrage serré de ce torse de femme coincée entre deux encadrements de fenêtre.

[Source : Page de Robert Farnham sur modelmayhem]

On se dit que Mickle et Farnham n’ont pas pu être les seuls à remarquer cela , cette zone particulièrement sexuée qui comprend le pubis d’où sort l’enfant, le ventre où il pousse, les seins qui le nourrissent et en plein milieu, le trou du nombril, vestige du lien mère-enfant.

La photo pourrait s’appeler mère, mother ou maternité mais pourtant, en même temps, elle crie son érotisme : Le creux des reins et l’arrondi des hanches, le grand triangle du bas-ventre percé entre les cuisses, les outres pleines de la poitrine, la  longue fente qui coupe le torse en deux à travers le sternum jusqu’au craquement du sexe et la ligne des cuisses collées l’une contre l’autre.


Il y a dans cette zone érogène et maternelle tout ce qu’il faut pour servir de base à une production industrielle de statues d’idoles, fétiches de fertilité et jouets à peloter. Et pourtant, pas grand chose en vue.

Il y a  bien cette étrange pierre sculptée, ci-dessus, dont je n’ai pas trouvé l’origine si ce n’est par son nom de fichier : « musee des arts Hanoi Vietnam ». Une déesse calquée sur la mannequin de Farnham ? Un éternel féminin buriné avec soin pour les mâles en manque d’amour et les femmes en mal de fils ?

En cherchant bien, on peut trouver quelques statues supplémentaires. La Vénus d’Epfach, ci-dessous, entre par effraction dans la liste puisqu’elle n’a sûrement pas toujours été privée de sa tête, de ses bras ou de ses jambes.

[En haut à gauche : Vénus d’Epfach (trouvée à Epfach, Bavière), époque romaine, photo prise à la Archäologische Staatssammlung München par Richard Bartz, visible sur wikipedia.de – En haut à droite : Wilhelm Lehmbruck, Torse de jeune fille, 1914, Kunsthalle Mannheim, photo Hans Bergerhausen, © archives Larbor, source : larousse.fr – En bas à gauche : Christopher Smith, Venus Torso, source : barebrush.com – En bas à droite : Aristide Maillot, Torse de jeune femme, composition 1935, fonte avant 1949, Musée des Beaux Arts de Montréal, © Succession Aristide Maillol / SODRAC (2010), source : artdaily.org]

Les trois autres statues, par contre, sont des torses. Poitrine+ventre+pubis. La tête n’a rien à y faire. Pas plus que les pieds ou les mains.

J’ai relevé sur barebrush.com cette intéressante citation de l’Américain Christopher Smith, producteur contemporain de très grandes quantités d’hommes et de femmes perfectly naked (voir son site), pour décrire le travail qu’il a mené sur le « Torse de Vénus » en porcelaine :  » This is a fragment of a complete figure. I isolated the torso to take up the challenge proposed by Maillol…If the torso cannot exist on its own the piece is not well designed. » Je n’ai pas trouvé la déclaration originale de Maillol mais n’est-ce pas une façon de formuler la primauté du torse ?

Et, comme on a commencé l’article par une très belle photo de Farnham, je vous propose de le finir avec un remarquable cliché du Suisse Martin Zurmühle : « Le visage du corps ». On pourrait dire aussi La face du corps. Ou, pour tout renverser, Le corps, côté face.

[« Körpergesicht » par Martin Zurmühle – Source : photokonkurs.com]

Cadrer l’essentiel

Le problème avec Rodney Mickle, c’est de sélectionner…

[Ci-dessus : Séance photo avec Molly Heart, juin 2010]

Vous rappelez-vous de l’article avec photos de strings ouverts (« Le microbikini est-il un bikini ?« ) ?  Ce qui est très sexy dans le string ouvert, c’est que la ficelle forme une sorte d’encadrement autour du sexe. Elle le fait ressortir, le met en valeur. Rodney Mickle fait exactement la même chose mais en plus grand : Il habille le haut et le bas des mannequins pour faire ressortir  leur sexe (et généralement aussi leurs cuisses, leur ventre et leurs seins).

Séance photo avec Vaudeville, mai 2011.

Des nombreuses prises de vue proposées par Mickle sur son site deviantart, je n’en ai finalement conservées que 3. J’aime particulièrement le dernier cliché sur lequel Vaudeville est vêtue d’un soutien-gorge à jarretelles. L’effet de cadre est inmanquable : Entre le SG et le haut des bas, puis entre les jarretelles, la mise en valeur du ventre et du sexe est volontaire et très réussie.

[Toutes photos et beaucoup d’autres visibles sur deviantart, adresse mickledesignwerks]

Puisqu’il s’agit de se couvrir la tête… Pourquoi pas le snood ?

En commentant les images de van Cleve, Campin ou van Heemskerck, je me suis aperçue que les mots posent problème.

Concernant ce que les femmes portaient sur leur tête, je pouvais bien sûr parler de « coiffe » puisqu’il s’agit d’une autre façon de dire « couvre-chef » : un truc qu’on met sur sa tête. Mais mon intention n’est pas, vous l’avez compris, de parler chiffons.

Quand on parle de se couvrir la tête, on entre dans un territoire polémique, conflictuel et souvent passionnel. Le couvre-chef de tous les dangers et de tous les fantasmes, c’est le voile. Mais que désigne-t-on vraiment par le mot de « voile » ?

La coiffe de Haarlem peinte par van Heemskerck (voir « portrait de femme par Maerten van Heemskerk« ) et celles d’Anvers peintes par Joos van Cleve (voir « Le voile anversois au début du 16ème siècle« ) sont, pour moi, des « foulards » (mot devenu lui aussi polémique). Un voile doit être plus grand, couvrir plus. En ce sens, les coiffes tournaisiennes peintes par Campin (article précédent) pourraient peut-être des voiles. Dans tous les cas, il s’agit d’accessoires qui couvrent la tête sans voiler la face. En ce sens, les Tournaisiennes sont elles voilées ? Il semble qu’on commence enfin à gratter le sujet : Un accessoire qui ne voile pas la face peut-il être un voile ?

Une autre question pourrait être : Peut-on faire de la mode sexy avec un accessoire qui couvre la tête et ressemble à un voile ? Bien sûr puisque c’est exactement ce que propose l’Anglaise Kitalyst dans sa petite boutique Etsy (Kitalyst Latex, prrrfect little latex accessories).

Allez donc voir les  7 modèles très joliment portés par VioletEyes et photographiés par Dean Wilkinson.

« Snood » est le nom que les Anglais donnent à une écharpe ronde qu’on porte autour du cou et qu’on peut remonter sur la tête (A ma connaissance, on donne le même nom en français : un snood).

Le sein nu et l’Asie

Un passage récent au musée Guimet à Paris va me permettre de préciser quelques articles publiés précédemment.

J’ai écrit dans « En Orient, la femme a le pubis fendu » que, quand ils réalisent une statue de femme nue, les Asiatiques n’hésitent pas à montrer la fente du pubis, contrairement aux Occidentaux. Peut-être mais force est de constater que les Asiatiques représentent rarement la femme entièrement nue (de même que l’homme d’ailleurs). Peu de pubis et de pénis au musée Guimet mais beaucoup de seins car les corps sont généralement torse nu.

Je souhaite également revenir sur la polémique derrière l’article « Menaces de mort pour quelques seins nus ! ». Le musée Guimet est très riche en statuaire du sud-est asiatique or une visite au musée ne laisse aucun doute : les seins nus ne posaient aucun problème dans les sociétés anciennes d’Asie du Sud-Est. Les statues de femme sont toutes torse nu. Je ne comprends toujours pas cette polémique qui frise l’ignorance crasse.

Regardez ci-dessous le gros plan de la statue de gauche. J’aime beaucoup ces mamelons représentés par de simples incisions dans la pierre. Ils me rappellent une photo prise au réveil, mamelons roses à peine visibles et traces des draps sur la peau.

Une chose apparaît également clairement lors de la visite au Guimet : Les statues de Bouddha ou de Bodhisattva (sur le Bodhisattva, voir article « Femmes géantes« ) sont nombreuses et pourraient se confondre avec des statues de femmes car ils sont habillés comme les femmes,  de jupes ou de sampots et, sous la jupe, pas de pénis visible (pas même un renflement). Ce qui fait la différence, c’est la poitrine que les femmes ont généreuse, voire même très ronde.

Parmi les très beaux seins ronds exposés à Guimet, il y a ceux-ci :

Il s’agit d’une « divinité fluviale » (les fleuves sacrés sont représentés par une divinité) sculptée au 8ème ou 9ème siècle en Inde et accompagnée, je suppose, par ses petites servantes. Une autre photo est visible sur Wikipedia.

Dames au bain : le méli-mélo des copier-coller

Après la mise au point concernant les peintures représentant une « dame à sa toilette », je vais m’attaquer avec délectation à un sujet beaucoup plus bordélique : les représentations des « dames au bain » par ce qu’on appelle, pour faire simple, l’école de Fontainebleau.

Commençons par la seule « dame au bain » officiellement attribuée à François Clouet (av. 1520-1572) :

françois clouet

A lady in her bath (Femme au bain), François Clouet, vers 1571, National Gallery of Art, Washington

Tout comme les 3 « dames à leur toilette » de l’article précédent sont maintenant considérées des femmes anonymes, la dame au bain portraiturée par Clouet n’a pas reçu de nom par les spécialistes de la National Gallery of Art de Washington. Ces derniers refusent d’y voir le visage de Diane de Poitiers (1500-1566), la maîtresse et confidente d’Henri II (1519-1559), roi de France et mari de Catherine de Médicis.

Le musée Condé de Chantilly n’a pas tant de scrupules : Pour lui, le portrait de Washington est bien celui de Diane de Poitiers tout comme le « clone » qu’il possède serait celui de Gabrielle d’Estrées (apr. 1570-1599), maîtresse du roi de France Henri IV (1553-1610) qui épousera Marie de Médicis à la mort de Gabrielle. Les 2 enfants seraient les « bâtards » mâles de Gabrielle et Henri : César et Alexandre.

gabrielle d'estrées, chantilly

Gabrielle d'Estrées au bain, école française, 4ème quart du 16ème siècle ou 1er quart du 17ème siècle, musée Condé, Chantilly, © Réunion des musées nationaux ; © René Gabriel Ojéda

Plus intéressant et nettement plus connu, voici Gabrielle d’Estrées au bain avec une des ses soeurs. Le pince-téton indiquerait que Gabrielle est enceinte (?).

Gabrielle d'Estrées et une de ses soeurs, Ecole de Fontainebleau, 4ème quart du 16ème siècle, Musée du Louvre, image sur Wikimedia Commons

Et voici, ci-dessous, une copie des 2 soeurs au bain. La pose est légèrement différente et le pince-téton n’est plus de mise mais la vieille nourrice des deux premières toiles est de retour, bien qu’inversée.

Gabrielle d'Estrées et sa soeur, la duchesse de Villars, 4ème quart du 16ème siècle-début du 17ème siècle, Musée National du Château de Fontainebleau, © C. Jean Réunion des musées nationaux

Et pour finir en beauté ce petit tour des copies, voici une miniature du 18ème siècle qui s’appelle « deux jeunes femmes nues », pour ne pas citer Gabrielle et sa soeur. La nourrice a dégagé, remplacée par… ce bon vieux roi Henri !!!

Deux jeunes femmes nues dans une baignoire, dans le fond Henri IV, 18ème siècle, musée du Louvre département des Arts graphiques, © Musée du Louvre, M. Beck-Coppola

Dames à leur toilette

D’accord. Cet article ne va pas vous épater par la profondeur de son texte ou l’originalité de ses images. Je veux juste faire le point sur une iconographie très particulière : celle des « Dame à sa toilette » avec gros plan sur jeune femme torse nu à sa table de toilette, main droite tenant une bague au dessus de la boîte à bijoux, main gauche entre les seins sur le bout d’un collier, large collerette et cheveux coiffés court, sorte de cape de voile ou mousseline transparente posée sur les épaules  et servante agenouillée à l’arrière-plan devant un coffre de rangement.

Bildnis einer Dame (portrait de femme), Ecole de Fontainebleau, 16ème siècle, Kunstmuseum de Bâle

Je tombe sans arrêt sur une représentation de « dame à sa toilette » dont l’auteur ou la localisation est fausse. Ce n’est pourtant pas compliqué : il n’y en a que trois !

Femme à sa toilette, vers 1550-1570, Ecole de Fontainebleau, Worcester Art Museum (Worcester, Maine, USA)

Pas de François Clouet, pas de musée Magnin, pas de Diane de Poitiers. Il est cependant vrai que le ressemblance entre les portraits de Worcester et de Dijon a pu créer une petite confusion.

Dame à sa toilette, anonyme, 16ème siècle, Musée des Beaux-arts de Dijon

Reste la question principale : c’est quoi ce portrait ? Pourquoi ces femmes sont nues ? De quelle toilette parle-t-on ? Pourquoi est-il plus question d’or et de bijoux que d’eau et de savon ? Pourquoi le bras droit est-il posé sur un coussin ? Pourquoi la bague, le collier, la collerette ? Enfin, pourquoi tant de copies et quel est l’original ? A cette dernière question, je proposerai un début de réponse : Il se dégage une telle sensualité de cette poitrine nue mais parée de bijoux sous un voile transparent qu’elle n’a pu qu’inspirer les artistes de cette époque. Question subsidiaire : Pourquoi pas plus de copies ?

Profils

Al Morrison a des bras de bûcheron, un regard d’acier et une barbe fournie. Soit. Mais ce qui nous intéresse, c’est que ses photos sont de toute beauté. Des filles (théoriquement trop) minces, des filles tatouées, des filles piercées, toutes sortes de filles et surtout de profil.al morrison,torse nu,cheveux blonds,cotes,gants,perlesal morrison, cheveux courts,dos,torse nual morrison,jambes,talons,tose nu,seins,ventre,fessesNe ratez pas le profil deviantArt d’Al Morrison : bald1.