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Pubis selon Foujita

Pour mettre en évidence le pubis, on a vu qu’il y a ceux qui recourent aux marquages et ceux qui jouent sur les contrastes. Le peintre Foujita (1886-1968) appartient aussi à ceux qui jouent sur les contrastes

Foujita – Nu allongé – 1922 – Musée des Beaux Arts de Nîmes ? – Source : arthistory.about.com

Corps blanc sur un lit blanc. Seul se détache, au centre de la toile, le triangle noir du pubis.

Ainsi sur le portrait de Kiki de Montparnasse conservé au musée d’art moderne de la ville de Paris (voir ci-dessous), parmi d’autres toiles de l’Ecole de Paris.

Ainsi aussi pour cette autre nue (voir ci-dessus) qu’on trouve sur le web et qui semble être exposée à Nîmes.

Foujita – Nu couché à la toile de Jouy – 1922 – Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris – Source : devoir-de-philosophie.com

Si on connaît mieux les odalisques de Modigliani, contemporain de Foujita, c’est peut-être parce qu’elles sont plus pudiques, Amedeo privilégiant les yeux quand Léonard nous montre des poils pubiques.

Les précurseurs du cul : XVIIème – Velázquez

Vous avez le droit de vous étonner. Velázquez, précurseur du cul ? Diego Velázquez ? Celui qui a peint des chevaliers et des infantes d’Espagne, des papes et des cardinaux, des saintes et des paysans, des Christ et des nains ? Oui, celui-là même. Diego Rodríguez de Silva y Velázquez (1599-1660). Parce qu’il a aussi peint un cul. Un seul. C’était d’ailleurs le seul nu qu’il ait jamais peint (autant qu’on sache). Et ce cul-là était le pur travail d’un précurseur car on n’avait jamais peint un cul comme ça (autant que je sache… et j’espère ne pas me tromper).

velazquez,venus

Diego Velázquez - "The Toilet of Venus" ou "The Rokeby Venus" - 1647-51 - National Gallery, Londres - Source : Wikipedia (Cliquer pour voir l'oeuvre sur le site du musée)

Alors ? Qu’est-ce que ce cul a de si original ? Certes, ce n’est pas la première fois qu’on peint un nu allongé. Sûrement pas. Mais c’est la première fois qu’on le peint dans ce sens. Cette « Vénus » allongé nous tourne le dos. Elle nous montre son cul. Et si ce n’était pour le miroir, on ne verrait même pas son visage.

Il faudra attendre 2 siècles pour revoir ce type de peinture. Et je ne pense pas à la « grande odalisque » d’Ingres qui nous montre beaucoup son visage mais très peu ses fesses (voir article « Rallongez-moi ce dos !« ). Je pense plutôt aux toiles de trois autres Français : Lefebvre, Pils et Sieffert.

Jules-Joseph Lefebvre (1836-1911), « Odalisque », 1874, The Art Institute of Chicago
Isidore Pils (1813-1875), « Study of a reclining nude », 1841, The Cleveland Museum of Art
Paul Sieffert (1874-1957), « Grand nu », Collection privée ?

Un de ces trois peintres est un véritable spécialiste de l’odalisque de dos : Paul Sieffert à qui j’ai déjà consacré un petit article (« Les nues allongées de Sieffert« ). L’oeuvre de Sieffert est une rareté car les nues allongées, reclining nudes et autres odalisques sont généralement peintes de face (voir, par exemple, l’article « Seins et hanches » consacré à Zinaïda Serebriakova).