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Transition du poulpe aux serpents

Ca fait maintenant un bout de temps qu’on traîne au Japon et c’est le moment d’aller voir ailleurs… Sous peine de grosse lassitude. On va partir avec une dernière image de tentacules (Illustration de Huyu visible sur le site de Toshio Maeda dont on a parlé dans l’article précédent). Des tentacules bien phalliques ! Histoire de confirmer que la représentation des bites est de nouveau autorisée au pays du soleil levant mais pas la pénétration qui reste pixellisée.

Les tentacules, c’est un truc 100% nippon. Peut-être parce que le Japon, c’est une île, un pays de bouffeurs de fruits de mer.

Chez les bouffeurs de calamars, autour de la Méditerranée et puis dans toute l’Europe, ce ne sont pas les tentacules de poulpe qui rampent sur les femmes, leur enserrent les cuisses et leur lèchent le sexe. En Europe (et, par extension, en Amérique du Nord et en Australie), ce sont les serpents.

Des photos comme celle-ci, il y en a beaucoup (et souvent, comme ci-dessus, sans auteur connu). C’est difficile de faire un choix. J’aime beaucoup celles d’Angélique Ashley parues dans le numéro de « Men Only » d’avril 1972 et reprises sur le site venusobservations.blogspot.com (« Venus observations » : Tout un programme ! Un site très riche, vraiment à la hauteur de la tâche).

J’ai retardé au maximum cette échéance. Parler de femmes et de serpents, c’est partir pour un voyage extrêmement long. Je vais devoir être très sélective. Dur, dur ! On parlera un peu d’Eve, forcément, mais il n’y a pas qu’elle. L’association de la femme avec le monde souterrain grouillant de reptiles est ancienne. L’iconographie aussi est foisonnante et souvent très belle et sensuelle.

Avant de m’embarquer avec vous, je voudrais juste liquider une éventuelle remarque. Je viens de dire qu’en Occident, ce sont les serpents qui lèchent les sexes des femmes, pas les poulpes. Pour celles et ceux qui doutent, cliquez donc ici et découvrez un exemple au milieu de la galerie de photos prises par Andrew Blake et qui mettent en scène Valentina Vaughn et son serpent.

Shokushu goukan ou le fantasme du viol

Quand on surfe sur les sites de hentai, le « shokushu » spécialisé dans les tentacules se confond avec le sous-genre du « shokushu  goukan » axé sur le viol par des tentacules, tant il est vrai que lorsqu’on parle de tentacules, on parle surtout de viol.

Certain(e)s trouvent le shokushu bizarre ou tordu. Moi non : N’est-ce pas le fantasme masculin de base ? Pénétration multiple, domination, viol… Un truc de mec. Quand ils se laissent aller, ils foncent dans ce trip. Pour illustrer, je vous propose une planche d’un des maîtres du genre, Toshio Maeda (illustration extraite de la galerie publique du site officiel).

Les organes génitaux ont été effacés mais on comprend bien ce qui se passe : des petits tentacules qui convergent vers l’anus, un gros pour le sexe, un autre petit qui s’acharne sur le bouton du clitoris (gros-plan en bas à droite) et encore un autre qui encercle un sein et l’écrase pour le traire.

Les tentacules étaient autrefois un artifice pour contourner les lois qui ne permettaient pas de montrer le pénis. Les tentacules sont bien des bites. Les pieuvres et les monstres, ce sont des mecs. Un octopus, c’est un gangbang de 8.

Voici deux illustrations issues du site konachan.com dans lesquelles les tentacules ne cachent pas leur statut de bite.

Cliquez  pour voir le gros-plan : bites qui se frottent contre les seins (paizuri), contre le pubis, contre les fesses. On se croirait dans le métro en heure de pointe ! Pour passer aux choses sérieuses, la fille se retourne. Levrette, bien sûr ! Pénétration multiple et giclures de sperme tous azimuts.

Jusque là, le shokushu est plutôt tranquille : Mis à part le principe du viol fantasmé par de tranquilles illustrateurs vissés derrière leur planche à dessin, c’est juste une histoire de domination, de gangbang, de liquides qui giclent. Du cul, quoi ! Il vire parfois bizarre certes, avec hermaphrodites et seins énormes (bakunyuu). On passera carrément sur le malsain des looks enfantins, des femmes enceintes, du sanglant… Le côté obscur des désirs masculins.

Penis Art au Bhoutan

Quand je disais, dans l’article précédent, qu’il y a peu de pénis et de pubis à voir au musée Guimet, je ne voulais pas dire que l’Asie est prude.

Un contre-exemple facile à présenter et agréable à regarder est le petit état himalayen du Bhoutan. On y représente un peu partout, notamment  en peintures murales, des pénis qui bandent et éjaculent. Difficile de trouver moins prude !

Voici une petite sélection glanée sur le web :

[Photo visible sur le blog fg-artdevivre]

[Photo visible sur le site du Telegraph]

[Photo visible, avec plusieurs autres en bonne définition, sur le site sergeydolya]

[Photo visible sur le blog de julesfredrick]

[Photo visible sur flickr]

[Photo visible sur lejdd.fr]

[Photo visible sur flickr]

[Photo visible sur globalpost]

Et comme ce serait trop facile de se contenter de ce que font les autres, je vous propose MA PROPRE CONTRIBUTION au PENIS ART, sur une page « POUR ADULTES » (même si les pénis éjaculant bhoutanais sont bien plus osés que les miens). Voilà une contribution qui devrait faire plaisir à la Grande Femelle dans son temple !

Amulettes vulvo-phalliques

Après l’article sur les « vis », des coquillages en forme de vulve et de phallus, c’est le moment idéal pour présenter les petits objets érotiques très Yin/Yang fabriqués et vendus par Karin Swildens :

karin swildens,sweet dreams« Sweet dreams » : Une femme allongée sur une bite lisse et ronde, d’une jolie couleur d’argile. Au gland et à son trou répondent les fesses de la fille, sa raie, sa fente. Fait pour être tenu dans la main, caressé, conservé dans sa poche… Se doit d’être doux et chaud.

karin swildens« Combo » : Pubis et gland, fente à fente. Le plus bref résumé de l’acte sexuel. Fusion-né. Rond et troué.

Ces deux sculptures de K. Swildens sont magnifiques dans leur simplicité et leur érotisme. Ce sont mes préférées mais il y en a plein d’autres sur le site de l’artiste.

De l’Acus aux femmes-phallus

Vous avez sans doute déjà croisé cette toile du Maubeugeois Jan Gossaert/Jean Mabuse (1478-1532) dans laquelle on voit Neptune, le dieu des océans, et sa femme Amphitrite.

jan gossaert, neptune et amphitrite

Neptune et Amphitrite, 1516, Jan Gossaert, Gemäldegalerie Berlin

Devant ce tableau, on s’intéresse forcément immédiatement à la bite de Neptune et on veut en savoir plus sur ce coquillage. En gros plan (cliquer pour voir la HD), ça donne ceci et c’est effectivement intéressant :

Remarquez que si la bite divine est bien dans le coquillage, ses testicules en sont exclues, ce qui donne un sex-appeal particulier aux couilles asymétriques du dieu.

Tout cela m’amène au sujet de l’article : la coquille qui abrite le pénis neptunien n’est pas un bigorneau (difficile d’y loger une bite digne de ce nom) mais un « acus ». Et, contrairement à ce que la toile de Gossaert pourrait laisser croire, l’acus n’est pas réservé aux hommes !

(Cet article n’est pas pornographique mais je me méfie des réactions devant une bite un peu raide. Si vous n’avez pas plus de 18 ans, ne venez pas voir la photo d’un Acus.)

Sinon, il y a plein d’autres articles à lire…

Clitoris = Pénis ?

Homme ? Femme ? Il est vraiment troublant cet Andrej Pejic (cf article précédent : A. Pejic dans la robe de mariée JPG) ! Je suis un peu en retard, me direz vous. Les transexuels n’ont pas attendu le jeune Bosniaque pour découvrir qu’entre hommes et femmes, c’est le flou. Même dans le milieu médical, on sait très bien que rien ne ressemble plus à un pénis… qu’un clitoris. Pourtant, de prime abord, ce n’est pas si évident. Allons donc étudier ça de plus près ! (Comme il y a quelques gros-plans d’organes sexuels, je préfère réserver cet article aux + de 18 ans, même si cela n’a rien de porno.)

lingam > yoni ?

Je suis tombée sur cette photo et, immédiatement, j’étais en pleine forêt vierge. Des ruines de temple, une végétation tropicale vert fluo : C’est le retour d’Indiana Jones.  Cliquez donc  sur la photo ! Faut  voir la HD pour savourer pleinement.[Lingam dans les ruines du complexe de My-Son, Province de Quang-Nam, VietNam – Photo par MotHaiBaPhoto, le site DeviantArt de Dmitry et Olga]

Une fois passée l’excitation de l’aventurière du dimanche, ce qui interpelle, c’est la structure au premier plan : le lingam. Une courte recherche suffit pour apprendre que le lingam (ou « linga »), c’est  une représentation du pénis. Ce dernier est fiché dans une vulve symbolique en pierre : le yoni.

Voici, ci-dessous, un dessin que j’ai fait du yoni et du lingam, sur la base d’une photo d’un souvenir ramené du Cambodge par un  touriste. Typiquement, le lingam  est rond en haut, octogonal au milieu et carré à sa base. Chacune des 3 formes rappelle un des 3 dieux de la « trinité » (trimourti) hindouiste : Shiva (rond), Vishnou (octogonal) et Brahma (carré).

Le lingam ressemble à un pénis en érection mais que dire du yoni ? Il y a bien un trou dans lequel rentre le lingam, il y a bien une fente mais la comparaison avec le sexe de femme n’est pas si évidente. En fait le yoni ressemble à une lampe à huile ou, plutôt, à un enclume, ce qui est étrange. Il ne faut peut-être pas se focaliser sur cette forme de yoni : c’est la plus populaire aujourd’hui mais beaucoup d’autres formes ont existé.

En fait, en prenant un peu de recul, le yoni et le lingam ressemblent à …

Oui ! Un mortier et un pilon (qu’on utilise pour écraser des graines, des herbes ou des épices).

Là, la symbolique est intéressante. Pour le sexe féminin, on retrouve la notion de vase, de cratère ou de matrice. Pour le sexe de l’homme, on ne voit pas bien ce qu’il doit écraser mais on comprend immédiatement la complémentarité avec le mortier : L’un sans l’autre ne sert à rien. Le yoni-lingam représente-t-il (comme le mortier-pilon) une vision de la complémentarité du couple, de l’égalité des sexes ?

C’est ce que disent certains… ou plutôt certaines qui pensent trouver dans l’hindouisme une religion véritablement égalitaire. Mouais… Désolée, les filles, mais je n’en suis pas si sûre. Pour deux raisons :

1. La structure que j’ai appelée yoni-lingam jusqu’à présent ne porte pas ce nom en Asie. Là-bas, on parle de Shiva-lingam (le phallus de Shiva) ou, simplement, de lingam. Le yoni, même s’il est là, ne compte pas vraiment.

2. Regardez comment le lingam s’enfonce dans le yoni ! S’il s’agissait d’une représentation de l’acte sexuel, la partie ronde du lingam rentrerait dans le yoni (comme le gland du pénis pénètre le vagin) or c’est le contraire. Je ne vois qu’une seule explication à celà : Le yoni n’exerce pas ici de fonction sexuelle (comme le pénis qui est en érection) : Il est un simple socle pour présenter le « phallus de Shiva ».

Le yoni est un « faire valoir ». C’est le lingam qui compte (quoi qu’on aurait préféré penser).

shiva lingam, cambodge

[Shiva-lingam, fin du 7ème siècle après JC, Cambodge période pré-Angkor – Vente aux enchères de juin 2009 par la maison Michael Zeller de Lindau am Bodenseee – Photo sur le site de la société Auktionshaus Michael Zeller]