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Jambes en X – Démonstration par Miss Pixie

Miss Pixie – Glass 4 – Photo par Eroticalia – Source : misspixie.co.uk

Voici la photo que je préfère entre toutes pour commencer cette « série » d’articles sur jambes et féminité (il y en aurait tant à écrire !!). C’est Pixie, une mannequin britannique, qui nous offre cette très belle photo de ses jambes.

Bien sûr, on voit beaucoup la taille et les fesses (qui font cependant partie des jambes !) et pas le bas des jambes. Pas grave. C’est la forme en « X » qui m’intéresse : Un bassin large marquée par des fesses bien séparées, des jambes qui se resserrent aux genoux et qui s’écartent de nouveau en bas. Voici une façon de se tenir très féminine.

Je ne veux pas dire que toutes les femmes souffrent d’un genu valgum. Non. Il ne s’agit pas ici d’une déformation mais bien d’une façon de se tenir (ça se voit nettement sur les photos ci-dessous), tout comme la fameuse position orientale du tribangha (voir « Maya, la Madonne de l’Est« ) à laquelle elle ressemble d’ailleurs beaucoup.

Cette pose est typiquement féminine et très sexy. Je vais me faire plaisir en fournissant bientôt quelques exemples supplémentaires.

[A gauche : « Fencenet », photo par Roger Mann – A droite : « Kinky 2 », photo par gsphoto – Source : misspixie.co.uk]

Féminité ? De quoi parle-t-on ?

Voici un petit billet qui va ressembler à un exercice. Le thème : « La féminité, c’est quoi ? » Attention ! Il ne s’agit pas parler de choses telles que l’élégance, la -fameuse !!!!- pudeur, le – fameux !- sentiment maternel, la capacité à faire plusieurs choses en même temps (Mais oui ! Tout le monde sait ça), etc. Non ! On se place strictement dans le corporel.

[Photos par Marcus J Ranum sur deviantart – Voir aussi les images libres de droit sur mjranum-stock]

Pour réfléchir à cela, voici Carly dont on trouve un très chouette « flyaround » (série de photos de Carly alors qu’elle tourne sur un plateau rotatif) sur le site deviantart de Marcus J Ranum.

Carly est magnifique. Elle est femme-femme-femme. Alors bien sûr, il y a le visage, les seins, la chatte, l’absence de pilosité, les formes rondes et lisses qui en font à coup sûr, au premier regard, une femme.

Mais il y a autre chose. Une chose évidente chez Carly : La largeur de son bassin et les fesses qui vont avec. La taille fine mais un bassin large et des jambes écartées (ou devrais-je plutôt dire « des cuisses évasées »), c’est un truc de nana : un jour ou l’autre, il faut bien faire un mouflet qui se logera dans le ventre et qui passera, de la tête et des épaules, entre les jambes.

Regardez bien ! Le ventre de Carly et la forme de ses jambes, c’est 100% féminin. Introuvable chez un mec.

Maintenant que j’ai dit ça, je vais écrire quelques billets sur les jambes des femmes (qui sont tellement mieux que celles des mecs, non ?)

Félix Vallotton – « La Haine » – 1908 – Musée d’Art et d’Histoire de Genève

Je vais m’intéresser plus particulièrement à la forme des jambes. Regardez la femme peinte par Vallotton : Des genoux serrés mais des pieds écartés et des jambes qui s’évasent vers le bassin. On en reparle…

Recherche de la courbe parfaite : Le cas de la Vénus de Perpignan

Comme en contrepoint au torse de Robert Farnham (voit article précédent) coincé entre deux cadres de fenêtre, voici un autre torse dans un encadrement de fenêtre : la Vénus au collier (sans collier) de la place de la Loge à Perpignan. Celle-là même qui posa tant de soucis à son créateur, Aristide Maillol.

[Source : djaipi-nedblog.blogspot.com]

La Vénus originale en plâtre, achevée vers 1928 est le résultat d’une quinzaine  d’années de travail. Elle portait un collier qui n’est plus sur la version en bronze de Perpignan. La Vénus de Perpignan n’est pas unique : 9 autres bronzes ont été coulés, oeuvres des fondeurs Rudier et Vatsuani. Ils sont à présent à la Tate Gallery de Londres (version avec collier), au musée des beaux-arts de Lyon, au Saint Louis Art Museum (with necklace), à la Kunsthalle Bremen, à la Kunsthaus Zürich (avec collier)… Et cette promeneuse sur les pelouses des Tuileries ne lui ressemble-elle pas aussi beaucoup (tous les Maillol des Tuileries ici) ?

Le processus de création de cette Vénus par Aristide Maillol est très intéressant. Je me permets de reprendre quelques extraits du mémoire de DEA de Monique Compagnon (Maillol et le Roussillon, Perpignan, Université de Perpignan, 1999, 161 p.), eux-mêmes cités sur frontierescatalogne.chez.com.

Maillol se confie à Henri Frère :
« J’étais parti d’un dessin, d’une chose très large… Je voulais arriver à donner dans la statue cette grandeur. J’appelais cette figure « l’Eté ». Au début, c’était très réussi. Ça faisait un torse magnifique avec la tête penchée. Je l’avais arrangée avec une draperie, ça faisait un effet inouï. Rodin trouvait ça épatant. Ensuite, je l’ai perdue. En poussant mon travail, je l’ai abîmée. Alors, je l’ai changée et j’en ai fait une Vénus. On ne fait pas toujours ce que l’on voulait faire… »
(source : Henri Frère, La Vénus de Maillol -Tramontane-1950,page 283)

H.Frère cite R. Rey:
« Je ne crois pas que la sculpture contemporaine ait créé deux figures d’une plénitude égale à la grande Vénus que Maillol façonne depuis près de dix ans sans se résoudre à l’achever. Il en a cent fois modifié la ligne, insatisfait chaque fois. On comprendrait combien ce labeur est énorme et subtil en comparant les différents états par lesquels cette statue a passé, s’acheminant chaque fois vers un sentiment plus ample et plus religieux ».

[Source photos : petit-patrimoine.com]

Pour René Puig:
« Il est particulièrement curieux de savoir que Maillol avait gardé très longtemps la statue dans son atelier sans se résoudre à la terminer. Les jambes et les bras ne lui convenaient pas. Il attendait une inspiration… le trait de génie : une longue patience ! »
Puis l’auteur laisse parler l’artiste :  » J’ai attendu quinze ans la ligne des jambes de ma Vénus, quinze ans j’ai mis du plâtre… je l’ai enlevé… j’en ai remis… j’ai regratté. Peine perdue ! Un beau jour, après quinze ans de ce travail toujours recommencé, toujours inutile, avec de longues périodes de silence, au retour de Banyuls, devant la statue que je n’avais pas vue depuis six mois, la ligne m’est apparue, brusquement… Elle semble pourtant bien simple ! (…)
Il ne lui manque que les bras. Ils sont faits dans ma pensée. Je n’ai plus qu’à les placer. Encore quelques jours de travail et l’œuvre est finie. Dans quel geste ? Très simple : bras levés et arrondis. Vénus met un collier. Il faut qu’elle donne une impression harmonieuse, une statue est une construction architecturale. Tout se suit. Tout se tient. Regarde ces lignes. »
Maillol fait tourner l’œuvre inachevée, effleurant le plâtre de ses mains. « Voici le plus beau, dit-il en suivant les lignes du flanc droit. Il est très difficile de faire une femme debout. »
Maillol ajoute en considérant son œuvre: « Ce n’est pas encore ça. Ce n’est jamais ça. Une Vénus devrait être la perfection. Mais tu sais, la perfection ! (…) Cet équilibre que tu constates en faisant tourner la statue, je ne l’ai réalisé qu’au prix d’un travail extraordinaire. »
(source : René Puig, Maillol, sa vie misérable et glorieuse, Tramontane, 1965)

[Source : djaipi-nedblog.blogspot.com]

Portrait (du) Numéro II par Helmut Newton

J’ignore le nom de la Numéro II, photographiée en 1980 par Helmut Newton et coincée entre Lisa Taylor, la « Big Nude » Numéro I, et Henrietta (ou Henriette) Allais, la « Big Nude » Numéro  III.

Des trois filles, c’est celle que je préfère car elle ne cache rien et, n’éprouvant ni honte ni gêne, elle défie le spectateur, les jambes écartées.

Rebelle, insoumise, indépendante.

Impudique aussi.

27 ans plus tard, on retrouve une attitude assez similaire sur la photo de Lara Stone prise par Van Lamsweerde et Matadin (voir « Etre à la mode c’est être nue ?« ).

[Source : ars-photographica.blogspot.com]

Déjà vu(es)

Il y a un an et demi, le magazine britannique Love publiait dans son numéro 3 une série de photos du duo Mert Alas + Marcus Piggott intitulée « Body Conscience » qui rappelait beaucoup les séries de photos « Naked » du duo Van Lamsweerde+Matadin parues dans le magazine Purple (voir article « Etre à la mode, c’est être nue ?« ).

[De gauche à droite, de haut en bas : Daria Werbowy, Natalia Vodianova , Kate Moss, Naomi Campbell photographiées par Mert Alas et Marcus Piggott pour le numéro 3 du magazine Love – Source : voyonsvoir.fr]

On retrouvait les tirages noir et blanc et les fonds gris.

On retrouvait une brochette de top-models.

On retrouvait la femme simplement nue, sans vêtement et presque sans accessoire : Pas de robe fendue, pas de sein dévoilé, pas de caméra sous la jupe. Avec « Body conscience », on était dans le naturel, le naturaliste, presque le naturiste. Pas non plus de cuisses écartées et de gros-plan sur la vulve. Tout cela était beau, propre, presque hygiéniste.

Pour générer du buzz, augmenter les ventes ou simplement pour ne pas faire comme les autres, Love était proposé avec 8 couvertures différentes. C’est en voyant ces couvertures que j’ai enfin compris quelque chose : Ces photos, d’une certaine façon, je les avais déjà vues. Il y a très longtemps…

[4 des 8 couvertures du numéro 3 de Love – De gauche à droite, de haut en bas : Amber Valletta, Jeneil Williams, Kristen McMenamy et Lara Stone photographiées par Mert Alas et Marcus Piggott – Source : voyonsvoir.fr]

Sur toutes les couvertures, le détail qui tue, c’est d’abord les chaussures à talons aiguilles… parce que, finalement, on n’est pas dans le naturalisme, mais bien dans la féminité, l’érotisme et la sophistication. Et il y a un deuxième « détail qui tue ». Un « détail » qui n’en est pas un. Regardez bien. Toutes ces femmes sont des femmes debout, les jambes droites et écartées. A la cow-boy. Pas à quatre pattes. Pas sur le dos. Ce sont des femmes fortes, fières, dominantes. A poil, certes, mais parce qu’elles le veulent bien.

Tout cela on connaît. Et depuis longtemps !

Vous avez certainement deviné de quoi je parle : Les « Big Nudes » (Editions du regard, 1981) d’Helmut Newton (1920-2004). Ca fait trente ans déjà que l’Australien né à Berlin, installé à Paris et mort à L.A. lâchait ses femmes à talons aiguilles à l’assaut du monde !

Je ne connais pas les réactions qu’a suscitées ce livre en 1981 mais je peux imaginer qu’il n’y avait pas que de l’admiration. Pourtant, 30 ans plus tard, qui douterait encore des qualités artistiques du travail de Newton ?

couverture,photo,363,helmut newton

En octobre 1999, le magazine « Photo » n’hésitait pas à titrer sur sa couverture « Le plus grand livre du siècle » en l’honneur d’un ouvrage de Newton. Il ne s’agissait pas de « Big Nudes » (même si c’est la photo de la mannequin américaine Henriette Allais, Big Nude III, sur la couverture) mais de SUMO dont les 10.000 exemplaires allaient commencer à sortir des presses. Titre un peu exagéré ? Sûrement pas si on travaille pour le livre Guiness des records : 50 x 70 cm, 35 kg, 10.000 francs (1.500 euros) pièce à l’époque !

Mais qu’en est-il du contenu ? Pas sûre que Sumo mérite cette place de N°1. Dans le monde des livres de photos, n’est-ce pas plutôt « Big Nudes » qui est le plus grand ? La preuve ? Et bien… trente ans après, n’en est-on pas toujours là ?

Sasha Callipyge, Vénus moderne

Après l’article sur François Boucher, me voici arrivée au terme de cette mini-série sur la représentation du cul dans l’histoire (de l’art).

En guise de conclusion, je voulais trouver quelques très jolies photos de cul. J’en avais beaucoup sous les yeux mais aucune ne me satisfaisait. Pourquoi ? Parce que les plus belles paires de fesses appartenaient toutes à des anonymes. Impossible de mettre un nom sur ces culs… jusqu’à ce que je tombe sur elle :

Là, je me suis dit : « This is her ! » Pas la peine de continuer à chercher ! Je pourrais peut-être en trouver une autre qui soit aussi bien qu’elle mais je ne pourrais pas en trouver une qui soit mieux : Voici la Vénus callipyge moderne (pour ceux qui ne parlent toujours pas le grec ancien, voir l’article « L’exception Callipyge« ).

Sasha Grey est la personne idéale pour clore cette série sur le cul car elle a une paire de fesses magnifique, bien sûr, mais aussi parce que c’est une actrice… de films de cul. 130 films en 2 ans, dont « House of Ass » N°3, « Lord of Asses » N°13, « Little Titties, Tight Holes » N°3, « In thru the backdoor », « Assault that Ass » N°9… Bref, du cul !

[Photos scannées dans l’édition US du magazine Playboy, décembre 2009, et visibles sur le web]

Les précurseurs du cul : XVIème – Dürer

D’abord une petite définition : Par « précurseur du cul », j’entends un artiste qui a présenté le cul (d’une femme) comme personne ne l’a fait avant lui. A ce stade, je vous demande l’indulgence : je ne suis pas une historienne de l’art et je vais peut-être me tromper par ignorance (ce n’est pas une bonne excuse, je sais). Allez ! Tout cela n’est pas très grave. Je me lance.

Mon premier précurseur sera donc l’Allemand Albrecht Dürer (1471-1528) et je l’ai choisi pour ce bas-relief visible au MET :

Albrecht Dürer - "Femme nue vue de derrière" - 1509 - Metropolitan Museum of Art, New York (Cliquer la photo pour voir l'original sur le site du musée)

C’est à ma connaissance la première représentation d’une femme seule, nue, debout, de dos (j’attends avec impatience le bombardement de contre-exemples par tous ceux qui se gaussent déjà de mes lacunes). Mais, même si je me trompe, Dürer mérite sa place de précurseur. N’oublions pas qu’il a formé dans son atelier mes amis et géniaux pornographes Pencz et Beham frères !

Je remarque que le thème de la baigneuse qui montre ses fesses devait être dans l’air du temps en Allemagne à cette époque. Je vous ai déjà montré la gravure d’une « Badende » aux belles fesses exécutée par un contemporain de Dürer, Ludwig Krug, dans l’article « bain et voyeurisme« .

Ce thème va redevenir à la mode deux siècles et demi plus tard, avec l’Italien Hayez et, surtout, plusieurs peintres français.

Hayez et Baudry justifient encore leurs images de nues par l’intention de représenter la déesse Vénus. Courbet prétend encore flirter avec l’allégorie (mais qui a donné ce nom à cette toile ?). Chassériau, lui, ne s’encombre plus de prétexte.

 

Francesco Hayez (1791-1882), « Vénus aux deux colombes » ou « Portrait de la ballerine Charlotte Chabert en Vénus », 1830, Museo di Arte Moderna e Contemporanea di Trento e Rovereto, Palazzo delle Albere, Trento (Italie)

 

Paul Baudry (1828-1886), « La toilette de Vénus », 1858, Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

 

Théodore Chassériau (1819-1856), « Baigneuse », 1842, Bayerische Staatsgemäldesammlungen (Nouvelle Pinacothèque ?), Münich

courbet,source 

Gustave Courbet (1819-1877), « La source », 1862, The Metropolitan Museum of Art, New York

Certains appellent ces femmes des « Vénus callipyges » (voir article « l’exception callipyge« ) parce qu’elles ont de belles fesses. Même si cela semble vrai, étymologiquement, moi je préfère penser que l’important n’est pas que ces femmes ont de belles fesses mais c’est plutôt qu’elles les montrent.