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Jenny’s redux : La petite robe verte en cours d’autodestruction

Deuxième article sur le film « Logan’s run » (l’âge de cristal) pour montrer quelques photos de la robe la plus portée par Jenny Agutter : une robe très mini et fortement échancrée sous les bras.

[Photo sur George’s Journal]

C’est une robe moins audacieuse que celle que Jenny/Jessica porte sur le « circuit » (voir article précédent) mais c’est quand même une robe qui dévoile pas mal, surtout quand on s’asseoit comme ça :

[Photo sur George’s Journal]

Cependant, le réalisateur a bien compris que la robe de l’héroïne méritait d’être encore un peu plus sexy. Après s’être dévêtue dans la grotte glacée et après avoir nagé nue dans la nature hors du dôme de la cité, Jenny/Jessica a vu sa robe se réduire et se déchirer progressivement. Résultat après quelques jours d’errance :

[Photo sur le site City of Domes, courtesy of Sci-fi Girls]

Pas mal, non ? Voilà comment on devient une pinup de cinéma.

Sauvé par la costar et sa petite robe très déshabillée

Avez-vous déjà vu le film de science-fiction « Logan’s Run » ? Si non, ce n’est pas grave : Effets spéciaux périmés (le film date de 1976, faut dire !), musique (ou bruitage ?) « électronique » insupportable par un disciple peu inspiré de Pierre Henry, Michael York pas crédible dans le rôle du flic Logan 5 (trop maigre… et pourquoi ces rires débiles quand il flingue un « runner » avec son pote Francis 7 ?), colts pseudo-futuristes ringards, trop de permanentes de cheveux blonds, grosses incohérences dans le scénario… Bref, c’est très dur de rentrer dans le film. Reste la seule motivation pour regarder jusqu’au bout : Jenny Agutter et ses robes sexy. Regardez-moi ça :

Oui, vous avez bien vu : la robe est complétement ouverte d’un côté et Jenny ne porte pas de sous-vêtements. Imaginez vous balader comme ça de nos jours !

Bien sûr, ça ne se passe pas « de nos jours » mais au 23ème siècle. A cette époque lointaine, les humains vivent sous un dôme, s’habillent en dégradés pastels de vert ou de rouge, ne font rien (sauf marcher en rigolant dans ce qui ressemble à un centre commercial sans magasin et s’accoupler avec tous les volontaires qui s’inscrivent sur le « circuit ») et meurent à 30 ans à l’occasion d’une cérémonie étrange  où les « vieux » flottent en apesanteur et explosent. Ceux qui essayent d’échapper à leur sort (les runners) sont pourchassés par les flics (les sandmen) qui, pour info, s’habillent en noir avec une bande grise.

Michael York (Logan 5), un sandman qui devient un runner, est la star du film. Jenny Agutter (Jessica 6) est créditée au générique comme simple « co-star ».

Mais revenons à la chose intéressante : la petite robe ouverte de Jenny/Jessica. Remarquez qu’elle tient uniquement sous la poitrine par une chaîne qui passe juste sous les seins, dans des fronces puis sur la robe. La partie ouverte se conçoit aisément mais comment est fait l’autre côté ? Cette photo aide à comprendre :

Oui. C’est une simple pièce de tissu avec un trou pour la tête et une ceinture pour donner un peu de tenue. Assez proche d’un chiton grec, en fait. Je me demande si Jenny Agutter a aimé ça, se balader à poil (pour info, il y a de vraies scènes de nu dans le film) sous une petite robe courte et ouverte au milieu d’un plateau sous les regards de dizaines d’acteurs et de techniciens. Dans le film, elle marche avec cette robe d’un pas lent et régulier pour éviter que l’arrière (qui forme une simple cape) ne se soulève et montre ses fesses ou, mieux encore, qu’à l’occasion d’une enjambée un peu trop grande, elle ne nous dévoile les poils de son pubis (qu’on verra briévement un peu plus tard).

En fait, cette petite robe est parfaite pour une fête entre ami (e)s et, après analyse des éléments disponibles, je pense qu’il suffit de tailler correctement une grande pièce de tissu :robe ouverte de jessica, logan's run,âge de cristal

Voilà : A vos ciseaux. Une soirée avec ça sur la peau et vous saurez ce que ressentait Jenny.

[Pour trouver des prises de vue du film et des photos des costumes, City of Domes est un point de départ]

Et si la mini-jupe anglaise était un mythe ?

Revenons sur l’article précédent : la mini-jupe aurait été inventée en Angleterre en 1964 par Mary Quant. Ah bon !? Alors comment expliquer les photos ci-dessous : ann,sheridan,pinup,pin-up,mini-jupe,miniskirt[Photo publiée sur skylighters.org]

Voici Ann Sheridan en mini-jupe (une vraie mini-jupe mini ; pas une mini-jupe à la Courrèges 1965 !). Ann Sheridan est une actrice américaine. elle est née en 1915 et elle a tourné dans plusieurs dizaines de films entre 1934 et 1957. J’ignore la date et l’origine de cette photo récupérée sur le web mais on peut penser qu’elle a été prise avant 1945 (l’actrice aurait eu 30 ans à cette date).

Voici une autre actrice, Virginia Mayo (Elle est la partenaire de Burt Lancaster dans « La Flèche et le Flambeau » de Jacques Tourneur et les plus de 65 ans s’en souviennent très bien.) : virginia,mayo,pinup,pin-up,mini-jupe,miniskirt,minijupe[Photo publiée sur suspense-movies.com]

Elle aussi porte une micro mini-jupe qui ne cache rien de ses jambes magnifiques. Pourtant, Virginia Mayo étant née en 1920, je pense que cette photo (dont j’ignore également tout) a été prise largement avant 1964.

Et que dire des « Hot pants » (shorts courts) ? Il paraît que Mary Quant les aurait inventés après la mini-jupe (donc après 1964). J’en doute. Regardez cette troisième actrice (et deuxième Texane après Ann Sheridan) : Martha Hyer. Aucun doute qu’elle porte des hot pants ! Et si elle a 20 ans sur la photo, alors on est en 1944, soit 20 ans avant 1964. martha,hyer,pinup,pin-up,hot pants,shorts[Photo publiée sur atomicpinup.com]

Ni Mary Quant, ni André Courrèges n’ont inventé la mini-jupe ou les hot pants. D’ailleurs, quand Martha Hyer expose ses gambettes, Mary n’est-elle pas encore à l’école primaire !

Ce sont les actrices hollywoodiennes qui ont osé montrer leurs jambes en premier : Ces centaines de pin-ups qui ont déferlé sur le monde dans les knapsacks des GIs. Elles ont ouvert la voie, montré que c’était possible, donné envie aux hommes. Elles étaient les petites Vénus sur papier glacé des troupes de Mars.

Mary Quant n’est qu’une styliste. Elle a flairé l’air du temps, repris l’idée, industrialisé le concept. Elle a permis à chaque femme d’être à son tour une petite Vénus. Et ça… ce n’est pas si mal.

[Une fois de plus, je dois me contenter de photos glânés sur le web, sans date, lieu ou auteur. Si vous avez plus d’informations, n’hésitez pas à me les communiquer.]

Quand les jupes remontaient d’un genou : Côté mode

Tâchons donc de préciser la date où la frontière du genou a été franchie. Ca devient technique : une affaire de stylistes et de couturiers.harper's bazaar,mode,juin,1960Harper’s Bazaar, juin 1960 : La jupe est encore sous le genou (en fait, dans les années 50, elle descandait même jusqu’au mollet). vogue,septembre,1965,minijupe,miniskirtAh ! Septembre 1965. Le genou est franchi (Sur la couverture de Vogue, la fameuse robe inspirée par « Mondrian » de la collection automne-hiver 1965 d’Yves Saint-Laurent).

En fait, on considère généralement que c’est en 1964 (certains disent 1962) que la mini-jupe a été inventée par l’Anglaise Mary Quant puis importée l’année suivante sur le continent par le Français André Courrèges.  Au début, la mini-jupe n’est pas si « mini », mais plutôt « au-dessus du genou », comme sur ces modèles de la collection printemps-été 1965 de Courrèges (photo sur static.paulsmith.co.uk-cliquer l’image pour voir la HD).Courrèges,minijupe,miniskirt,mode,printemps-été,1965Mais, une fois la frontière franchie, la mini-jupe se rétrécit très rapidement et remonte à mi-cuisses, comme sur ces jeunes femmes autour de Mary Quant en 1968.

Mary Quant,minijupe,genou,1968

Mary Quant (à droite) et trois de ses créations - 1968 - Photo © AP/Wide World Photos visible sur le site fashionencyclopedia.com (cliquer la photo pour y aller)

Quand les jupes remontaient d’un genou : Côté rue

Pour cet article, j’ai décidé de quitter les musées et de sortir à l’air frais. On va faire ça en très bonne compagnie avec trois représentants célèbrissimes de ce qu’on appelle parfois les « photographes de rue ».  Aves eux, on va remonter quelques rues et regarder au passage les femmes sur les trottoirs. Peu à peu, croyez-moi, on verra le bas de leurs jupes remonter.

Commençons avec ce cliché de Robert Doisneau visible sur son site officiel (un site très agréable à visiter avec beaucoup de photos très belles de Paris et des Parisien(ne)s).

Robert Doisneau,Erik Satie,Arcueil

Robert Doisneau - La maison d'Erik Satie à Arcueil - 1945 - Photo du site officiel http://www.robert-doisneau.com (cliquer l'image pour y aller), portfolio "La banlieue"

En haut de cette rue pavée et humide de la banlieue laborieuse de Paris, deux silhouettes de femmes. Pour ce qui nous concerne, regardez bien leur jupe (je sais, c’est petit). Les jupes descendent jusqu’au genou, comme il se doit en 1945.

Voici maintenant une photo de l’Américain Garry Winogrand prise à la fin des années 60 sur le bitume d’un trottoir ensoleillé de los Angeles. Regardez ! Cette fois, les genoux sont largement à l’air.

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Garry Winogrand - LA sidewalk - 1969

[Pour en savoir plus sur Garry Winogrand, je vous conseille cet article sur Photo numérique (c’est là que j’ai trouvé la photo).]

Bon d’accord ! Toutes ces femmes étaient un petit peu loin sur les photos et la taille des jupes sur le cliché d’Arcueil est discutable. Je vous propose donc de refaire le voyage, en plus gros plan. D’abord Paris :

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Willy Ronis - Place Vendôme - 1947

Sur le célèbre cliché de Willy Ronis, la jupe tombe pile sous le genou. Place Vendôme ou Arcueil, même combat. Maintenant, repartons aux USA. A New-York cette fois-ci, pour être précis :

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Garry Winogrand - New-York, 1965 in "Women are beautiful"

En 1965, la jupe est bien au-dessus du genou. [La photo se trouve dans un intéressant article en anglais, pas très positif sur Winogrand, sur american suburb X ]

La jupe a passé la frontière du genou et commencé son ascension le long des cuisses quelque part entre 1947 et 1965. On précisera plus tard.

[La photographie de Doisneau est extraite de son site officiel. Pour Ronis et Winogrand, cette possibilité n’existe pas. J’ai donc pris des photos disponibles sur le web. Pour Ronis, elles ne manquent pas : Tapez « Willy Ronis Place Vendôme » sur Google et regardez les femmes en noir défiler !]