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Portrait de madame Arnault de Gorse par Louis-Léopold Boilly

louis leopold boilly,madame arnault de gorse,cheveux courtsPortrait réalisé par Louis-Léopold Boilly (1761-1845) et exposé au musée du Louvre. Photo © C2RMF visible sur le site du musée (cliquer sur la photo).

Difficile de savoir si ce portrait a été exécuté pendant la brève période révolutionnaire ou après. Madame Arnault affiche en tout cas une de ces coiffures courtes (à la Titus ?) qu’affectionnaient les « merveilleuses » sous le Directoire.

L’écrivain Antoine Vincent Arnault (1766-1834), grand admirateur de Boilly et cousin de sa deuxième femme, lui a commandé sept portraits de membres de sa famille dont celui-ci qui représente sa belle-soeur.

Liberté, Egalité, Sexualité ?

Louis-Léopold Boilly (1761-1845) est resté célèbre pour ses portraits et pour les scènes de la vie parisienne qu’il a peintes après son arrivée à Paris, notamment pendant l’époque révolutionnaire et napoléonienne.louis leopold boilly,incroyable et merveilleuseCette peinture est peut-être une des plus célèbres de Boilly et, en même temps, une des plus méconnues. Je ne sais pas où elle est exposée mais je sais qu’elle a donné lieu à une gravure dont le fond est blanc. Elle ne représente pas un homme qui méprend une femme pour une prostituée, comme on explique partout sur le web. Il s’agit d’un « incroyable » dans son costume de dandy décadent et d’une « merveilleuse » habillée, comme il se doit, à la grecque, avec robe légère transparente, sandales et cheveux tenues par une lanière. Le titre (Point de convention) est sans doute un jeu de mots car ces jeunes anti-révolutionnaires détestaient forcément la Convention (nom donné à l’assemblée qui siègea sous la Terreur). Pour plus d’explications, voir article précédent.

Le jeu de billard par Louis-Léopold Boilly - 1807 - Musée d'état de l'Ermitage, Saint-Petersbourg - Cliquer pour voir l'image HD sur le site du musée

Cette peinture réalisée sous l’Empire (13 ans après la Terreur) semble nous montrer une société apaisée de gens qui se mélangent (hommes, femmes, adultes, enfants…), qui se parlent, qui s’amusent. Une société d’aspect égalitaire où les femmes ont abandonné les perruques poudrées, les corsets et les robes à panier pour des cheveux courts et des robes légères, sur la trace des merveilleuses.

Portrait de jeune femme en blanc

portrait de jeune femme en blanc,cercle de jacques louis david,ngaPortrait réalisé par un peintre anonyme du cercle de Jacques-Louis David, vers 1798. Chester Dale Collection, National Gallery of Art, Washington, DC. Image © Board of Trustees, National Gallery of Art, Washington, D.C. Version HD disponible sur arthistory.about.com en cliquant sur l’image.

Cheveux courts et fine robe en partie transparente… Si cette jeune femme porte aussi des sandales, alors, pas de doute, il s’agit d’une de ces « merveilleuses » qui s’habillaient « à la grecque » sous le Directoire. Les deux premières années de la République (de la fin de la monarchie en août 1792 jusqu’à l’été 1794) sont placées sous le sceau de la paranoïa et d’une justice d’exception qui a guillotiné des milliers de Français à l’issue de parodies de procès. Après cette époque dite de « Terreur », la jeunesse aristocratique qui a vécu dans la peur mais a échappé à la mort affiche ouvertement un comportement anti-révolutionnaire et décadent, au goût prononcé pour le macabre et la provocation. C’est l’époque des « incroyables » et des « merveilleuses ».

Notez la ressemblance de ce portrait avec celui de Joséphine de Beauharnais par François Gérard. Maîtresse du député Barras puis épouse de Napoléon Bonaparte en 1796, Joséphine fut, avec Thérésa Tallien, une des femmes d’influence du Directoire.