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Femme libérée, jambes écartées (4. Popstars)

Les jambes écartées, c’est pas un truc de femme. Offrir son entre-jambes à la vue de tous ? Tout le monde vous le dira, c’est indécent et scandaleux. Voilà donc du pain bénit pour celles qui cherchent l’indécence et le scandale.

Quelles sont les stars de la pop qui ont fait leur fonds de commerce de l’indécence et du scandale ? Madonna, bien sûr… et puis son héritière, la miss Gaga. D’accord. Qui d’autre ? On pourrait citer Rihanna, Britney Spears ou les Pussycat Dolls…  OK ? Maintenant, regardez qui écarte les cuisses :

De haut en bas et de gauche à droite : Lady Gaga lors des Brit Awards 2010 (voir le gros plan sur les petites lèvres de son sexe ici), Ashley Roberts des Pussycat Dolls qui exhibe son intimité aux voyeurs du monde entier, Madonna dans une pose assez « soft » (Madonna, reine de l’indécence et du sulfureux, a toujours adoré écarter les jambes, comme ici, iciici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici ou ici. Voir ici une  photo un peu plus crue de la Madonne avec jambes écartées, téton à l’air et doigt dans la bouche) et Rihanna, il y a 4 jours, jambes écartées à Los Angeles devant une caméra de TV.

Mais le sulfureux n’est pas réservé aux Américaines. Nous avons notre propre popstar aux cheveux rouges.

Libertine, Déshabillez-moi, Ainsi soit je…

Jambes écartées.

Sources : wwtdd.com (photos de Lady Gaga par Dave Hogan/Getty Images, The Brit Awards, février 2010), nudestars.biz (photo de Ashley Roberts lors d’un concert des Pussycat Dolls), newsgab.com (photos de Madonna parues dans Vogue Magazine Brésil de décembre 2008), lapatilla.com (photo de Rihanna le 28 juin 2011 lors d’un concert au Staples Center de Los Angeles), fandemylenefarmer.centerblog.net (photo du concert Live à Bercy de 2008).

Pour Madonna, je n’ai donné qu’un aperçu de ses nombreuses photos avec jambes ouvertes. Vous en trouverez d’autres ici. Au fait, avez-vous noté les nombreuses ressemblances entre les photos de la Madonne et celles de la Mylène, comme par exemple la pose à quatre pattes du Dance Remixes de MF en 1992 et celle de « Confessions on a Dancefloor » en 2006 (photos magnifiques, tout en cheveux roux, glitter pink et purple dots) ?

Femme libérée, jambes écartées (3. Sexy lingerie)

Quelques marques de lingerie (très peu, en fait) on adopté la position « jambes écartées » pour présenter certains de leurs produits. J’ai choisi les visuels où la mannequin est assise sur une chaise, dans une pose très proche de celle qu’adopte Sally Bowles pour interpréter « Don’t tell Mama » au Kit Kat Klub (voir le premier article de « Femme libérée, jambes écartées« ).

Ci-dessus : soutien-gorge seins nus et string ficelle en vinyl  par AllureLingerie – Source : herboudoir.com.

On ne s’étonne pas qu’un fabricant de sous-vêtement en cuir et en vinyl, spécialiste du SG seins nus, des slips ouverts, de la résille et des chaînes fait adopter à ses modèles la pose sexuellement explicite des danseuses de cabaret.

On dira la même chose pour une marque de lingerie comme « Agent Provocateur » : Ne pas faire écarter les jambes de Joséphine de la Baume aurait semblé ringard.

Mais il faut tout de même remarquer que le provocateur agent britannique est un peu en retard car le modèle Juno, ci-dessus, fait partie de sa dernière collection printemps-été 2011. Chantal Thomass avait ouvert le bal une saison plus tôt avec son modèle « Lonely Poet » (ci-dessous).

« The masculine feminine symbol codes of the brand in a retro spirit. Stripes mixed the prints with poetry and impertinence », nous dit le site web de la marque parisienne. Je vous laisse décrypter ces  2 phrases. Moi je retrouve dans cette photo un mélange inattendu, rigolo et super sexy : l’esprit « cabaret » (la pose, le chapeau, le maquillage, les cheveux courts), le look intello ou poète (livre et lunettes), le détournement du costume masculin en sous-vêtement ultra féminin (Ah ! Le bout de la cravate sur le slip !) et, last but not least, le regard de la fille…

Femme libérée, jambes écartées (2. Cowgirl)

Les jambes écartées, c’est un truc de mec et, pour moi, c’est avant tout un truc du mec entre les mecs : le cow-boy. Jambes écartées ? Je dis Lucky Luke (le vrai tout comme la version Dujardin ou celui d’Eric et Ramzy), je dis John Wayne et son gros pétard, je dis Fonda et Bronson, je dis Eastwood et son petit cigare (à machouiller longuement).

Quoi de plus tentant que faire adopter par des femmes ce code typiquement masculin ? Femme-mec, femme libre, femme qui donne son sexe à qui elle veut et si elle le veut. Voici donc la cow-girl aux jambes écartées :

Quand on a dit « Lucky Luke », on attend Calamity Jane. La voici donc, à gauche, dans une comédie musicale interprétée par Doris Day et réalisée par David Butler en 1953 (voir photos sur le site doctormacro.com). A droite, dans la même position, une des rares pinups dessinées par Gil Elvgren avec les jambes écartées (« Come and get it », 1959, source : the pinupfiles.com).

Les illustrations des années 50 sont pleines de symboles et d’allusions pas toujours fines (on en a déjà parlé : voir article  « Oups ! Tu me tires, chéri ? »). On peut se poser quelques questions en regardant ces deux affiches. Pourquoi ce holster représenté à côté de Doris Day ? Le holster étant une poche triangulaire dans laquelle on fourre le canon de son Colt, ne rappelle-t-on pas ainsi que Calamity Jane, malgré ses jambes écartées, n’en est pas moins une femme ? Quant à la pinup d’Elvgren, admirons le regard plein de promesses et le gigantesque triangle qu’elle fait vibrer avec son baton d’acier ! « Come and get it ». Viens et prends-le ! Quoi donc ? Le délicieux chili qui mijote dans la marmite ? Ca doit être ça.

Quittons ces années 50 étranges, coincées entre nouveauté et ringardise, pinups et puritanisme, pour entrer dans l’époque women’s lib soixante-huitarde avec un film de Christian-Jaque tourné en 1971. Un film où il est question de hors-la-lois, de terres et de pétrole dans l’ouest américain. Rien d’original sauf que ce sont des femmes qui occupent le haut de l’affiche. Et comme le pays est rude, ce sont des femmes aux jambes écartées…

Ci-dessus : Brigitte Bardot et Claudia Cardinale dans « Les Pétroleuses » – Source : cinemotions.com

Femme libérée, jambes écartées (1. Cabaret)

La posture des femmes d’Helmut Newton (cf les 2 articles précédents) n’est pas anodine. Se tenir debout avec les jambes écartées, c’est un truc de mec. Les femmes devraient avoir les jambes serrées (cf la posture traditionnelle d’Aphrodite dans l’article « le jour où commença le culte du corps féminin » et suivants), protéger son sexe, être « modeste ». Une femme qui écarte les jambes prend une pose d’homme : C’est une rebelle, une femme libre. Elle fait ce qu’elle veut avec son sexe. Il n’est la propriété d’aucun homme, d’aucun mari. Elle le montre si elle veut. Elle l’offre à qui elle veut. Elle l’offre si elle le veut.

Il y a quelques exemples classiques de femmes aux jambes écartées comme, dans cet article, les femmes du cabaret.

Ci-dessus, 2 photos extraites du film « L’ange bleu » (Der blaue Engel, réalisé en 1930 par Josef von Sternberg) qui raconte les tribulations tragiques d’un homme amoureux de Lola-Lola (interprétée par Marlene Dietrich), chanteuse du cabaret « L’Ange bleu », femme fatale et volage.

La star allemande affectionne les jambes écartées (debout ou assise sur un tonneau) tout comme Liza Minelli dans le film américain « Cabaret » réalisé par Bob Fosse en 1972. Minelli y interprète Sally Bowles, une chanteuse au Kit Kat Klub de Berlin dans les années 30. Enceinte de son amant, elle préfèrera avorter et rester au cabaret plutôt que suivre ce dernier en Angleterre. Femme libre. Jambes écartées (cf affiche avec une jambe sur une chaise).

Ce film est une adaptation d’une comédie musicale créée à Broadway en 1966 et reprise de nombreuses fois, notamment par Sam Mendes en 1999 avec Teri Hatcher (avant qu’elle ne devienne une Desperate Housewife) dans le rôle de Sally Bowles ou en 2001 avec Brooke Shields.

La pose la plus célèbre  est peut-être celle adoptée par Sally pendant la chorégraphie de « Don’t tell Mama ». Ce qu’il ne faut pas dire à maman ? Que Sally s’assoit à califourchon sur une chaise, les jambes écartées comme un  marin en goguette (cliquer pour voir les photos prises par Rivka Katvan de Brooke Shields et Molly Ringwald à califourchon).

Preuve de l’actualité de cet article, le spectacle de Sam Mendes monté par Rob Marshall aux Folies Bergère de 2006 à 2008 sera de retour à Paris à partir d’octobre 2011 (cliquer ici pour voir une belle brune avec sa chaise… et les jambes écartées).

Pour terminer, je vous propose de retourner écouter Dietrich à l’Ange Bleu. Voici les paroles de la célèbre chanson de Friedrich Holländer, avec l’adaptation en anglais et en français (cliquer pour grossir l’image).


« J’suis amoureuse, voyez,
De la tête aux pieds.
Je suis faite pour aimer
Et me donner »

Libre, Lola-Lola ?

« Des hommes je suis l’esclave,
Vers eux je tends les mains,
Mon âme est une épave »

Qui est libre ?

Portrait (du) Numéro II par Helmut Newton

J’ignore le nom de la Numéro II, photographiée en 1980 par Helmut Newton et coincée entre Lisa Taylor, la « Big Nude » Numéro I, et Henrietta (ou Henriette) Allais, la « Big Nude » Numéro  III.

Des trois filles, c’est celle que je préfère car elle ne cache rien et, n’éprouvant ni honte ni gêne, elle défie le spectateur, les jambes écartées.

Rebelle, insoumise, indépendante.

Impudique aussi.

27 ans plus tard, on retrouve une attitude assez similaire sur la photo de Lara Stone prise par Van Lamsweerde et Matadin (voir « Etre à la mode c’est être nue ?« ).

[Source : ars-photographica.blogspot.com]