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L’arnaque Sheela na Gig ?

Ainsi, les traditions celtiques, voire le « culte de la grande déesse » se seraient maintenus, en dépit des efforts de l’Eglise, au sein même de celle-ci. Un des signes de la persistance des moeurs païennes serait la présence massive dans la décoration des églises romanes de représentations de femmes ouvrant leur vulve avec les mains .

Voilà une théorie qui se propage depuis des années. Une théorie séduisante, certes, mais est-elle crédible ?

« Sheela na Gig » – 12ème siècle – Eglise de Ste Marie et St David, Kilpeck, Herefordshire, Angleterre – Source : wikipedia – Image téléchargée par Pryderi

Certains Britanniques croient dur comme fer à ce qui serait une tradition celtique à laquelle ils ont donné un nom fringant mais à l’étymologie confuse : Sheela na Gig.

Il existe des sites qui recensent ces Sheela na Gig. Je les ai parcourus. Résultat : Grosse déception. Les quelques dizaines de représentations répertoriées sont presque toujours grossièrement ouvragées et usées par le temps. Une seule s’en sort bien : C’est celle qui est toujours mise en avant, la Sheela na Gig de Kilpeck en Angleterre (voir ci-dessus). J’ai constaté aussi que les poses étaient toutes différentes, qu’il n’y avait pas d’homogénéité de la statuaire comme ce serait sans doute le cas s’il s’agissait de la persistence d’un culte ancien.

Si l’on revient en France et qu’on s’intéresse à la sculpture obscène dans les églises romanes de l’hexagone, on découvre des choses étonnantes comme, par exemple, cette femme à la robe soulevée (ou sous un voile ouvert) qui n’a rien à envier à l’impudique Anglaise de Kilpeck.

Femme indécente – Eglise Sainte-Radegonde, Poitiers – 13ème siècle – Source : terradesomnis.blogspot.com/2009_12_12_archive.html

Les représentations obscènes se retrouvent presque toujours sur les chapiteaux des colonnes ou sur les corbels (appelés aussi corbeaux ou modillons) qui soutiennent la corniche du toit.

Leur nombre est particulièrement élevé dans les départements au sud de la Bretagne (Charente, Charente-Maritime, Vendée, Vienne) mais, comparé à la quantité totale d’oeuvres sculptées, il reste anecdotique. C’est une statuaire souvent paillarde comme cette femme au trou de cul accueillant qui ouvre son sexe en souriant.

Femme indécente – Eglise de Chalais ( Saint-Pierre-le-Vieux ),Vendée – Source : web.me.com/joel.jalladeau/modillonsbis/styled/

C’est aussi une statuaire mixte. On y voit des hommes à la bite démesurée comme des femmes à la chatte ouverte, des exbitionnistes qui présentent leur cul et des couples qui s’accouplent :

[En haut à gauche : cathédrale Sainte Eulalie-Sainte Julie, Elne, Pyrénées-Orientales – En haut à droite : Eglise Saint-André, Ruffec, Charente – En bas à gauche : Eglise de Macqueville, Charente-Maritime – En bas à droite : Collégiale San Pedro de Cervatos, Cantabria, Espagne. Pour une raison inconnue, cette église espagnole regorge de petits personnages indécents ; Voir ici.]

Même si ces personnages paillards sont rares, souvent cantonnés à de petites églises de campagne et toujours planqués loin du regard, leur présence dans des lieux de culte est néanmoins surprenante. J’y vois, à tord ou à raison, la facétie de quelques ouvriers. J’y vois aussi la preuve d’une plus grande tolérance de l’Eglise primitive par rapport aux choses du sexe (fini les bites et les cons sur les cathédrales gothiques). Pour moi, la Sheela na Gig n’est qu’une image porno (dans une pose typique du porno moderne) visible par tous, en des temps où le cul faisait partie des choses de la vie, comme bouffer ou boire, roter ou péter.

Il y a cependant dans les églises une autre représentation de femme qui est plus fréquente, mieux ouvragée, plus codifiée et mieux connue. J’en ai déjà (très mal!!) parlé mais je vais y revenir. Il s’agit des sirènes.

Moralité à géographie variable

Surfer sur le web me fait bien rire. Pour illustrer mes derniers articles, j’ai beaucoup surfé… et j’ai beaucoup rigolé. Rien ne m’amuse plus que la moralité mal placée. Rappelez-vous déjà cette histoire de cache-tétons en forme de tétons (voir « Le téton cache-téton ou comment pousser la morale jusqu’à la limite de sa connerie« ) ! Sur les sites de sous-vêtements et de maillots de bain, on peut voir le résultat d’une autocensure (« auto », je suppose) assez hilarante. On discerne une vague logique géographique mais, globalement, c’est plutôt absurde.

1. Amérique du Nord

Commençons ce petit tour du monde avec Allure Lingerie, un fabricant canadien de lingerie cuir et vinyl.

Le Nord-Américain n’aime pas trop exposer les tétons sur son site marchand. Claudie Auclair cache donc pudiquement ses seins ronds siliconés (siliconés ? Oui, vous verrez plus tard). Mais une fois « habillée » d’un body en résille, Claudie lève les bras. Pas de problème puisqu’on ne voit ni la pointe de ses seins, ni la fente de son pubis. Pardon ? Non, je vous assure.

Autre exemple, avec Rachelle Wilde à la manoeuvre. Sur la photo de gauche, comme d’habitude, « Oups ! Cachez-moi ces tétons ! » (Notons au passage que la fente du pubis, elle, est à peine cachée par une chaînette. Il est cependant clair qu’un petit coup de pinceau Photoshop a lissé le pubis de la belle Rachelle pour le rendre moins réaliste.)

Sur la photo de droite, la veste de chaînes suffit pour « couvrir » les tétons !!! En tous cas pour le site lingeriespecialists.com d’où est extraite cette photo. Sur le site officiel d’Allure Lingerie, les tétons sont pixellisés (sur le site herboudoir.com, ils sont carrément effacés. Quelle horreur !).

Mais est-ce que le site officiel est plus prude ou plus cohérent en cachant les tétons ? Pas du tout. Regardez donc cette autre photo tirée du site ! Elles ne sont pas magnifiques, les pointes de Madame Wilde ?

Le slogan du Floridien Titlion (ci-dessus à gauche) est « Fearless & Fun Lingerie ». Certes l’Américain n’hésite pas à balancer du string-ficelle et des seins nus mais, vu de plus près, on s’aperçoit rapidement que les cache-tétons et les pubis photoshopés sont la règle. Fearless, le Floridien ? Moins que le Canadien.

Le Californien Leg Avenue (photo de droite) est un spécialiste du costume. Costume de soubrette pour Madame mais surtout petits costumes de fées pour les fillettes. On ne s’étonnera donc pas de l’usage généralisé de Photoshop pour gommer d’éventuelles nudités un peu trop osées. Je vous recommande néanmoins leur très belle sélection de costumes burlesques.

2. France

La lingerie sexy française est connue par le trio Luxxa-LolaLuna-Folies by Renaud.

Puisque la France est un pays où nous nous baignons toutes les seins à l’air, nous ne serons pas surprises de voir les tétons s’exposer sans gêne sur le site de Luxxa (ci-dessus à gauche). Pour les pubis, cependant, Photoshop est de règle.

La représentation du pubis est un casse-tête pour LolaLuna, spécialisée dans les strings, ministrings et strings ouverts. Quand un bijou couvre la fente du sexe (ci-dessus à droite), la photo peut être jolie, nette et sans artifice. Dans les autres cas, la manipulation et le flou sont de retour.

3. Brésil

Voilà un pays étonnant !

On se dit qu’au royaume de la chirurgie esthétique, du tanga, du culte du corps et des carnavals débridés, tout est possible.

Après visite du site du fabricant Sensualle, je confirme : tout est possible. Notamment de voir des mannequins se cacher les seins avec les mains puis de voir des alignements de tangas et de strings ouverts avec exposition sans retenue de pubis poilus.

Tétons couverts, pubis découverts ? Ils font tout à l’envers ces Brésiliens. C’est ça, l’hémisphère sud.

4. Pour aller plus loin…

Claudie Auclair cachée par une résille noire ? C’est mal connaître le web. D’un clic sur un lien, voici Claudie complétement nue de face et de dos, de 3/4 et à genoux ! Rachelle Wilde ? Même combat (face, dos, et très belle série allongée).

Quant aux strings ouverts des fabricants français, si ces derniers n’osent pas montrer leurs produits portés, d’autres n’hésitent pas à le faire à leur place (par exemple, Sophie la Libertine, ici dans un string ouvert de Folies by Renaud).

On est en 2011 ! Et il semble que sur le web, tout le monde se foute à poil.

Femme libérée, jambes écartées (4. Popstars)

Les jambes écartées, c’est pas un truc de femme. Offrir son entre-jambes à la vue de tous ? Tout le monde vous le dira, c’est indécent et scandaleux. Voilà donc du pain bénit pour celles qui cherchent l’indécence et le scandale.

Quelles sont les stars de la pop qui ont fait leur fonds de commerce de l’indécence et du scandale ? Madonna, bien sûr… et puis son héritière, la miss Gaga. D’accord. Qui d’autre ? On pourrait citer Rihanna, Britney Spears ou les Pussycat Dolls…  OK ? Maintenant, regardez qui écarte les cuisses :

De haut en bas et de gauche à droite : Lady Gaga lors des Brit Awards 2010 (voir le gros plan sur les petites lèvres de son sexe ici), Ashley Roberts des Pussycat Dolls qui exhibe son intimité aux voyeurs du monde entier, Madonna dans une pose assez « soft » (Madonna, reine de l’indécence et du sulfureux, a toujours adoré écarter les jambes, comme ici, iciici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici ou ici. Voir ici une  photo un peu plus crue de la Madonne avec jambes écartées, téton à l’air et doigt dans la bouche) et Rihanna, il y a 4 jours, jambes écartées à Los Angeles devant une caméra de TV.

Mais le sulfureux n’est pas réservé aux Américaines. Nous avons notre propre popstar aux cheveux rouges.

Libertine, Déshabillez-moi, Ainsi soit je…

Jambes écartées.

Sources : wwtdd.com (photos de Lady Gaga par Dave Hogan/Getty Images, The Brit Awards, février 2010), nudestars.biz (photo de Ashley Roberts lors d’un concert des Pussycat Dolls), newsgab.com (photos de Madonna parues dans Vogue Magazine Brésil de décembre 2008), lapatilla.com (photo de Rihanna le 28 juin 2011 lors d’un concert au Staples Center de Los Angeles), fandemylenefarmer.centerblog.net (photo du concert Live à Bercy de 2008).

Pour Madonna, je n’ai donné qu’un aperçu de ses nombreuses photos avec jambes ouvertes. Vous en trouverez d’autres ici. Au fait, avez-vous noté les nombreuses ressemblances entre les photos de la Madonne et celles de la Mylène, comme par exemple la pose à quatre pattes du Dance Remixes de MF en 1992 et celle de « Confessions on a Dancefloor » en 2006 (photos magnifiques, tout en cheveux roux, glitter pink et purple dots) ?

Femme libérée, jambes écartées (2. Cowgirl)

Les jambes écartées, c’est un truc de mec et, pour moi, c’est avant tout un truc du mec entre les mecs : le cow-boy. Jambes écartées ? Je dis Lucky Luke (le vrai tout comme la version Dujardin ou celui d’Eric et Ramzy), je dis John Wayne et son gros pétard, je dis Fonda et Bronson, je dis Eastwood et son petit cigare (à machouiller longuement).

Quoi de plus tentant que faire adopter par des femmes ce code typiquement masculin ? Femme-mec, femme libre, femme qui donne son sexe à qui elle veut et si elle le veut. Voici donc la cow-girl aux jambes écartées :

Quand on a dit « Lucky Luke », on attend Calamity Jane. La voici donc, à gauche, dans une comédie musicale interprétée par Doris Day et réalisée par David Butler en 1953 (voir photos sur le site doctormacro.com). A droite, dans la même position, une des rares pinups dessinées par Gil Elvgren avec les jambes écartées (« Come and get it », 1959, source : the pinupfiles.com).

Les illustrations des années 50 sont pleines de symboles et d’allusions pas toujours fines (on en a déjà parlé : voir article  « Oups ! Tu me tires, chéri ? »). On peut se poser quelques questions en regardant ces deux affiches. Pourquoi ce holster représenté à côté de Doris Day ? Le holster étant une poche triangulaire dans laquelle on fourre le canon de son Colt, ne rappelle-t-on pas ainsi que Calamity Jane, malgré ses jambes écartées, n’en est pas moins une femme ? Quant à la pinup d’Elvgren, admirons le regard plein de promesses et le gigantesque triangle qu’elle fait vibrer avec son baton d’acier ! « Come and get it ». Viens et prends-le ! Quoi donc ? Le délicieux chili qui mijote dans la marmite ? Ca doit être ça.

Quittons ces années 50 étranges, coincées entre nouveauté et ringardise, pinups et puritanisme, pour entrer dans l’époque women’s lib soixante-huitarde avec un film de Christian-Jaque tourné en 1971. Un film où il est question de hors-la-lois, de terres et de pétrole dans l’ouest américain. Rien d’original sauf que ce sont des femmes qui occupent le haut de l’affiche. Et comme le pays est rude, ce sont des femmes aux jambes écartées…

Ci-dessus : Brigitte Bardot et Claudia Cardinale dans « Les Pétroleuses » – Source : cinemotions.com

Femme libérée, jambes écartées (1. Cabaret)

La posture des femmes d’Helmut Newton (cf les 2 articles précédents) n’est pas anodine. Se tenir debout avec les jambes écartées, c’est un truc de mec. Les femmes devraient avoir les jambes serrées (cf la posture traditionnelle d’Aphrodite dans l’article « le jour où commença le culte du corps féminin » et suivants), protéger son sexe, être « modeste ». Une femme qui écarte les jambes prend une pose d’homme : C’est une rebelle, une femme libre. Elle fait ce qu’elle veut avec son sexe. Il n’est la propriété d’aucun homme, d’aucun mari. Elle le montre si elle veut. Elle l’offre à qui elle veut. Elle l’offre si elle le veut.

Il y a quelques exemples classiques de femmes aux jambes écartées comme, dans cet article, les femmes du cabaret.

Ci-dessus, 2 photos extraites du film « L’ange bleu » (Der blaue Engel, réalisé en 1930 par Josef von Sternberg) qui raconte les tribulations tragiques d’un homme amoureux de Lola-Lola (interprétée par Marlene Dietrich), chanteuse du cabaret « L’Ange bleu », femme fatale et volage.

La star allemande affectionne les jambes écartées (debout ou assise sur un tonneau) tout comme Liza Minelli dans le film américain « Cabaret » réalisé par Bob Fosse en 1972. Minelli y interprète Sally Bowles, une chanteuse au Kit Kat Klub de Berlin dans les années 30. Enceinte de son amant, elle préfèrera avorter et rester au cabaret plutôt que suivre ce dernier en Angleterre. Femme libre. Jambes écartées (cf affiche avec une jambe sur une chaise).

Ce film est une adaptation d’une comédie musicale créée à Broadway en 1966 et reprise de nombreuses fois, notamment par Sam Mendes en 1999 avec Teri Hatcher (avant qu’elle ne devienne une Desperate Housewife) dans le rôle de Sally Bowles ou en 2001 avec Brooke Shields.

La pose la plus célèbre  est peut-être celle adoptée par Sally pendant la chorégraphie de « Don’t tell Mama ». Ce qu’il ne faut pas dire à maman ? Que Sally s’assoit à califourchon sur une chaise, les jambes écartées comme un  marin en goguette (cliquer pour voir les photos prises par Rivka Katvan de Brooke Shields et Molly Ringwald à califourchon).

Preuve de l’actualité de cet article, le spectacle de Sam Mendes monté par Rob Marshall aux Folies Bergère de 2006 à 2008 sera de retour à Paris à partir d’octobre 2011 (cliquer ici pour voir une belle brune avec sa chaise… et les jambes écartées).

Pour terminer, je vous propose de retourner écouter Dietrich à l’Ange Bleu. Voici les paroles de la célèbre chanson de Friedrich Holländer, avec l’adaptation en anglais et en français (cliquer pour grossir l’image).


« J’suis amoureuse, voyez,
De la tête aux pieds.
Je suis faite pour aimer
Et me donner »

Libre, Lola-Lola ?

« Des hommes je suis l’esclave,
Vers eux je tends les mains,
Mon âme est une épave »

Qui est libre ?

Portrait (du) Numéro II par Helmut Newton

J’ignore le nom de la Numéro II, photographiée en 1980 par Helmut Newton et coincée entre Lisa Taylor, la « Big Nude » Numéro I, et Henrietta (ou Henriette) Allais, la « Big Nude » Numéro  III.

Des trois filles, c’est celle que je préfère car elle ne cache rien et, n’éprouvant ni honte ni gêne, elle défie le spectateur, les jambes écartées.

Rebelle, insoumise, indépendante.

Impudique aussi.

27 ans plus tard, on retrouve une attitude assez similaire sur la photo de Lara Stone prise par Van Lamsweerde et Matadin (voir « Etre à la mode c’est être nue ?« ).

[Source : ars-photographica.blogspot.com]

Etre à la mode, c’est être nue ?

Je fais un break au milieu des articles consacrés aux serpents et aux tentacules pour parler de mode et d’avant-garde. Ca me titille depuis un certain temps et j’ai envie d’aborder le sujet maintenant. Avez-vous remarqué ce qu’on trouve le plus dans les magazines de mode ? Des jupes, des robes, des jeans, des chapeaux ? Non. Des corsets, des jarretelles, du latex ? Même pas. On trouve surtout… des femmes nues.

 Prenons le cas du magazine semestriel français (écrit en anglais) Purple qui suit la saisonnalité des collections de haute couture et dont on peut se procurer la version papier ou la version électronique en ligne. Depuis le numéro 7 du printemps-été 2007 , une section « Naked » a été introduite dans laquelle les Néerlandais Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin « explorent l’identité féminine contemporaine en demandant à une fille de se plier à la tradition du nu » (pour reprendre les termes du magazine). La première à se soumettre à l’exercice a été la mannequin néerlandaise Lara Stone (voir photos HD ici).

Le deuxième « Purple Naked » (Purple N°8, Automne-Hiver 2007) a présenté la mannequin et actrice canadienne Shalom Harlow (photos HD ici).

Remarquez le style de prises de vue propre au duo hollandais : nudité intégrale, fond gris, chaussures et bijoux, coiffure soignée et maquillage léger. Simplicité et sophistication. Sur ces photos, la nudité va de soi. Pas de problème d’amoralité ou d’indécence. Est-ce même érotique ? Ce sont des filles nues, tout simplement. Un corps de femme, c’est beau. Donc, c’est beau. Si un corps de femme est érotique. Alors, c’est aussi érotique. C’est comme ça. C’est la vie, la Nature, le Monde tel qu’il doit être. Les vêtements n’ont pas grand chose à y faire.

Pour le numéro 9 de Purple (Printemps-été 2008), c’est la top-model américaine Angela Lindvall qui se dénude complètement (photos HD ici).

Le choix des filles confirme la volonté de simplicité, de naturel et d’élégance des photographes. Pas de seins siliconés. Peu de pubis complètement épilés.

Dans le numéro 10 de l’hiver 2008-09, on trouve l’Américaine Trish Goff dont on avait déjà présenté un portrait par les mêmes photographes, bottomless uniquement, dans un article précédent. Pour voir les photos HD de l’article de Purple, cliquer ici.

Un point commun aux clichés de Van Lamsweerde et Matadin est aussi l’importance accordée aux cheveux. Ces derniers sont un accessoire de mode à part entière. Travaillés, gonflés, mis en avant.

Autre accessoire présent sur la plupart des photos : le collier.

A cet égard, le portrait naked de l’Allemande Christina Kruse pour le numéro 11 de Purple (été 2009) est un condensé du point de vue du duo néerlandais : fille mince, petits seins, pubis poilu (mais pas trop), prise de face, aucune tentative de cacher quoi que ce soit (bras relevés), chevelure sophistiquée, collier (voir photos HD ici).

Si vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous aurez également noté que C.Kruse a adopté le déhanchement typique à la Venus pudica (dans une version pas très pudique) de Cnide (cf « Le jour où commença le culte du corps féminin« ) ou aux yakshi indiennes en position de « tribangha » (cf « Maya, la Madonne de l’Est« ). Classique, classique… mais tellement efficace.

Pour le Naked du numéro 12 (automne-hiver 2009), heureusement que l’éditeur a précisé l’âge du mannequin, 21 ans, tant il est vrai que Dree Hemingway ressemble à une enfant : visage très jeune, pas de poitrine, corps filiforme. A cet égard, les photos de l’arrière-petite-fille de l’écrivain américain (HD ici) me dérangent un peu. Même si la mannequin n’est plus une enfant, elle a l’air d’en être une. Pour la première fois, j’ai l’impression qu’on navigue aux limites de la moralité. Est-ce que par hasard je serais en train de devenir pincée des fesses ?

Et ce n’est pas fini car le Naked suivant (Purple N°13 été 2010) est également inhabituel et vaguement dérangeant. En effet, Freja Beha Erichsen oblige à se poser quelques questions sur le sens des mots « beauté » et « féminité » (voir photos HD ici). La Danoise est une véritable brindille (beaucoup plus que Kate Moss qui porte ce surnom) : extrêmement mince, plate, sans cuisse. Très androgyne. Une garçonne anorexique. Et pourtant, on ne peut nier qu’elle est attirante. Peut-être que la beauté n’est pas une simple affaire de courbes… Peut-être que le mystère et la confusion des genres attirent tout autant.

Parle-t-on encore de beauté ou juste d’attirance ?

On parle de beauté. FB Erichsen est belle. Pas de doute.

D’un corps à l’autre, tout est affaire de détails.

Ainsi, quand on passe de FB Erichsen à une autre mannequin, la Brésilienne Raquel Zimmermann (photos HD ici) pour le N°14 de Purple, on ne se pose plus de question d’androgynie ou d’anorexie. Pourtant, cette dernière est à peine plus épaisse et sa poitrine est à peine plus prononcée. Est-ce le maquillage qui fait la différence ou quelques kilogrammes de viande en plus ? On sait que les frontières sont très perméables entre beau et laid comme entre femme et homme. On a toutes vu des photos troublantes d’Andrej Pejic (cf « Mannequins vs Stars« ).

Qu’aime-t-on ? Que recherche-t-on ?

C’est une autre Brésilienne, Maria Izabel Goulart Dourado, qui se dénude pour le dernier numéro de Purple (photos HD ici). Un tout petit Naked de quelques photos, en couleurs, sans nu intégral et sans poils pubiens. Un top très glamour. Comme d’habitude dans les magazines de mode. RAS. Est-ce qu’il s’agit des mêmes Van Lamsweerde et Matadin ? Serait-ce déjà la fin ?

Il ne manque plus à Izabel Goulart que la robe longue.