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Le monde à l’envers

Il est temps que je me remette à écrire ! Voici donc mon premier billet de 2012 (et le premier depuis 3 mois). Pour bien commencer l’année, faisons travailler un peu ces messieurs…

Le monde à l’envers, pour ce qui nous intéresse, ce serait par exemple des pubs pleines de bites, au lieu des incontournables et ubiquitaires « femmes à poil ». Certes, United Colors of Benetton avait tenté quelque chose le 9 juin 1993 en étalant des gros plans de sexes d’hommes (mais aussi de femmes, ce qui change tout !) sur une double page dans le journal Libération. Puis il a fallu attendre 10 ans pour avoir ça :

Ca, c’est Samuel de Cubber qui montre son corps (y compris le membre) pour le lancement, en 2002, du parfum pour homme M7 d’Yves St Laurent. Et puis ? Et puis, plus rien (je ne parle pas des millions de bites qui se dressent sur les sites porno et gay, bien sûr)… N’hésitez pas à m’envoyer des preuves de mon erreur mais, que je sache, la bite a de nouveau disparu (mis à part le calendrier du Stade Français, d’où peut-être son succès…).

Franchement, c’est comme ça depuis  longtemps et je me suis amusée à chercher les rares cas où l’homme montre son sexe mais pas la femme.

ADAM ET EVE

Quoi de plus logique que de commencer le court inventaire avec Adam et Eve ? Il y a de très nombreuses représentations d’Adam et Eve mais quand les sexes ne sont pas cachés par une branche, une main ou une feuille, seule Eve nous montre quelque chose. Je n’ai recensé que deux cas de « monde à l’envers » où c’est Adam, seul, qui déballe la marchandise.

Il y a d’abord l’Adam de Masaccio qui nous montre de nouveau sa bite depuis que les restaurateurs ont enlevé les disgracieuses feuilles noires rajoutées par les censeurs du 17ème siècle (Fresque achevée vers 1428 et visible dans la chapelle Brancacci de l’église Santa Maria del Carmine à Florence – Source : artinvest2000.com).

Il y a aussi, bien sûr, la très fameuse gravure d’Adam et Eve réalisée par Hans Sebald Beham en 1543 (source : hans-sebald-beham.com) et qui a donné des idées à certains, notamment Scott G Brooks (source : scottgbrooks.com).

Comme à chaque fois qu’on parle d’Adam et Eve, on passe au paradis naturiste (voir article « L’homme et sa femme étaient tous deux nus et ils n’avaient pas honte« ), copie plutôt réussie de l’Eden terrestre, nudiste lui aussi et maintenant disparu. Je pense qu’HSB aurait apprécié ce couple au paradis, dont seul l’homme montre son sexe.


ORESTE ET ELECTRE

Oreste et Electre, frère et soeur, concevront ensemble le plan pour venger la mort de leur père en tuant leur mère (et son amant). Je ne vais pas m’apesantir sur cette histoire pas drôle. C’est la double statue réalisée entre -100 et +100 et exposée au Musée archéologique national de Naples qui m’intéresse : Un homme nu et une femme habillée (remarquez au passage l’égalité de taille et de stature entre l’homme et la femme qui tient son frère par l’épaule dans une attitude très « virile »).

[Photo de gauche sur haverford.edu – Photo de droite prise à la Toronto Pride 2010 – Source : Wikimedia]

Voilà un concept tout à fait « moderne » dans l’erotica masculine. Pour faire bien, on appelle ça CFNM (clothed female, naked male). C’est clairement un truc qu’affectionnent les exhibitionnistes mâles. Il suffit de surfer un peu sur le web pour s’en rendre compte.

PERSEE ET ANDROMEDE

Le Musée archéologique national de Naples possède un autre bel exemple de « CFNM », en l’occurence la peinture murale de Persée et Andromède ponctionnée à la Casa dei Dioscuri de Pompéi (source : viticodevagamundo.blogspot.com).

Persée est un bon vieux héros grec, pourfendeur, coupeur, tueur, vengeur. Il débarasse Andromède du monstre qui la retient captive, l’épouse et lui fait des gosses. Ainsi donc, voici la fille, blanche et vêtue, qui accueille son héros et futur amant/mari, brun et nu.

J’ai cherché des équivalents contemporains mais je ne les ai pas trouvés ! Alors, pour faire une conclusion pas trop absurde et finir comme on a commencé (par une pub), voici une intéressante photo d’une femme vêtue et blonde et d’un homme nu et brun… Il s’agit de la promotion d’une crème anti-rides. Pas monde à l’envers mais marche arrière ?

L’arnaque Sheela na Gig ?

Ainsi, les traditions celtiques, voire le « culte de la grande déesse » se seraient maintenus, en dépit des efforts de l’Eglise, au sein même de celle-ci. Un des signes de la persistance des moeurs païennes serait la présence massive dans la décoration des églises romanes de représentations de femmes ouvrant leur vulve avec les mains .

Voilà une théorie qui se propage depuis des années. Une théorie séduisante, certes, mais est-elle crédible ?

« Sheela na Gig » – 12ème siècle – Eglise de Ste Marie et St David, Kilpeck, Herefordshire, Angleterre – Source : wikipedia – Image téléchargée par Pryderi

Certains Britanniques croient dur comme fer à ce qui serait une tradition celtique à laquelle ils ont donné un nom fringant mais à l’étymologie confuse : Sheela na Gig.

Il existe des sites qui recensent ces Sheela na Gig. Je les ai parcourus. Résultat : Grosse déception. Les quelques dizaines de représentations répertoriées sont presque toujours grossièrement ouvragées et usées par le temps. Une seule s’en sort bien : C’est celle qui est toujours mise en avant, la Sheela na Gig de Kilpeck en Angleterre (voir ci-dessus). J’ai constaté aussi que les poses étaient toutes différentes, qu’il n’y avait pas d’homogénéité de la statuaire comme ce serait sans doute le cas s’il s’agissait de la persistence d’un culte ancien.

Si l’on revient en France et qu’on s’intéresse à la sculpture obscène dans les églises romanes de l’hexagone, on découvre des choses étonnantes comme, par exemple, cette femme à la robe soulevée (ou sous un voile ouvert) qui n’a rien à envier à l’impudique Anglaise de Kilpeck.

Femme indécente – Eglise Sainte-Radegonde, Poitiers – 13ème siècle – Source : terradesomnis.blogspot.com/2009_12_12_archive.html

Les représentations obscènes se retrouvent presque toujours sur les chapiteaux des colonnes ou sur les corbels (appelés aussi corbeaux ou modillons) qui soutiennent la corniche du toit.

Leur nombre est particulièrement élevé dans les départements au sud de la Bretagne (Charente, Charente-Maritime, Vendée, Vienne) mais, comparé à la quantité totale d’oeuvres sculptées, il reste anecdotique. C’est une statuaire souvent paillarde comme cette femme au trou de cul accueillant qui ouvre son sexe en souriant.

Femme indécente – Eglise de Chalais ( Saint-Pierre-le-Vieux ),Vendée – Source : web.me.com/joel.jalladeau/modillonsbis/styled/

C’est aussi une statuaire mixte. On y voit des hommes à la bite démesurée comme des femmes à la chatte ouverte, des exbitionnistes qui présentent leur cul et des couples qui s’accouplent :

[En haut à gauche : cathédrale Sainte Eulalie-Sainte Julie, Elne, Pyrénées-Orientales – En haut à droite : Eglise Saint-André, Ruffec, Charente – En bas à gauche : Eglise de Macqueville, Charente-Maritime – En bas à droite : Collégiale San Pedro de Cervatos, Cantabria, Espagne. Pour une raison inconnue, cette église espagnole regorge de petits personnages indécents ; Voir ici.]

Même si ces personnages paillards sont rares, souvent cantonnés à de petites églises de campagne et toujours planqués loin du regard, leur présence dans des lieux de culte est néanmoins surprenante. J’y vois, à tord ou à raison, la facétie de quelques ouvriers. J’y vois aussi la preuve d’une plus grande tolérance de l’Eglise primitive par rapport aux choses du sexe (fini les bites et les cons sur les cathédrales gothiques). Pour moi, la Sheela na Gig n’est qu’une image porno (dans une pose typique du porno moderne) visible par tous, en des temps où le cul faisait partie des choses de la vie, comme bouffer ou boire, roter ou péter.

Il y a cependant dans les églises une autre représentation de femme qui est plus fréquente, mieux ouvragée, plus codifiée et mieux connue. J’en ai déjà (très mal!!) parlé mais je vais y revenir. Il s’agit des sirènes.

Le microbikini est-il un bikini ?

En ces temps de fortes chaleurs estivales et de tourisme de masse sur les plages de la Méditerranée, je ne pense pas être la seule à regarder ce que portent mes congénères au bord de l’eau et à me poser la question : « Ce minuscule bout de tissu qui cache à peine le sexe peut-il encore être appelé un maillot de bain ? »


Première réponse : « oui ». Un tout petit bikini rikiki comme ce modèle proposé par Microkini-Beach, quand il est bien placé sur le sexe, il couvre tout. Et si, par derrière, on voit les lèvres , c’est que la mannequin le veut bien.

Si vous considérez avoir l’âge suffisant pour voir des chattes nues ou si, par défaut, vous êtes majeur, alors la galerie est pour vous.

A côté des micro-bikinis « traditionnels », il existe un produit amusant et original : le string-bretelles.

Ce dernier couvre plus ou moins le sexe suivant la façon dont il est ajusté. Bien calé entre les fesses, il fait son office : Une ficelle suffit pour soustraire les orifices aux regards. Par devant, c’est pareil ; Micro ou pas, le bikini cache.

[Cliquer pour voir la galerie]

Le truc fou, c’est l’arrivée massive depuis quelques années de produits ouverts, à la jointure floue entre espaces « textile » et plages nudistes.

En voici deux exemples tirés du même site.

Je passe sur le soutien-gorge : Comme (presque) toutes les femmes sur la plage ont les seins à l’air, le SG ouvert semble presque habillé. Ce qui m’intéresse ici, c’est le slip crotchless.

Si la mannequin écarte les jambes, on voit ça. Alors ? Est-ce encore un slip pour plages « textile » ou faut-il le considérer comme un accessoire fun pour naturiste ? Les lèvres sont apparentes mais la vulve et le prépuce sont couverts. Alors ?

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Voici un autre string qui, cette fois-ci, n’a plus la ficelle centrale.

On ne sera pas surpris que, si la mannequin enlève la main, on voit ça. Cette fois on est clairement dans la nudité. Pourtant, ce qu’on voit est-il si différent ?

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Certain(e)s me diront que cet article n’apporte pas grand chose. Oui, peut-être. En fait, c’est surtout l’occasion pour moi de vous proposer quelques liens vers  des photos de string crotchless parce que, personnellement, je trouve ça très beau. Si vous partagez mon avis, voici d’autres microkinis ouverts portés, cette fois, par Anne-Marie Rios et par Carmen McCarthy.

[Toutes photos visibles sur le site microkini-beach.com]