Archives de Tag: décolleté

Portrait de Rachel Weisz par James White

[Source : imgusr.celebscentral.net]

Photo extraite d’une série de clichés de l’actrice britannique Rachel Weisz prise par le photographe (américain ?) James White (site officiel ici). Une autre photo de cette série est parue dans le numéro de mai 2002 du magazine Esquire.

Pourquoi cette photo de Rachel Weisz dans la série des icônes, juste après un post où elle apparaît nue, un serpent enroulé autour de son corps, au milieu d’articles consacrés aux femmes fatales, aux serpents, à Eve, à la tentation et au péché ? Devinez donc ! Brune, belle, la poitrine en avant, le décolleté provocant, la robe tentatrice (une simple lanière tient l’ensemble). Sur cette photo, Rachel Weisz n’a pas besoin de serpent. Elle est le serpent.

Madame X

Madame X a un nom et ce n’est pas un secret : Il s’agit de Madame Pierre Gautreau, pour celles et ceux qui aiment donner aux femmes le nom de leur mari (Il y en a qui semblent penser que, pour une femme, tout change le jour de son mariage). Nous l’appellerons donc Virginie, fille du Major Avegno.

John Singer Sargent - "Portrait de Madame X" - 1884 - Metropolitan Museum of Art, New-York - Source : site du MET (cliquer l'image)

Gautreau ou Avegno, tout cela importe peu (X, c’est très bien). De même qu’il importe peu de connaître les raisons pour lesquelles cette Louisianaise s’expatria en France et épousa le sieur Gautreau, banquier de son état. Ce qui nous intéresse, en revanche, c’est que ce portrait a été peint par John Singer Sargent (1856-1925), le prolifique artiste américain aux 900 toiles et 2.000 aquarelles (selon l’article de Wikipedia qui lui est consacré) et que ce peintre déjà connu sur la place parisienne appela son tableau « Portrait de Mme *** » pour protéger le modèle (Mme Gautreau) du scandale.

Scandale ? Quel scandale ? Et bien oui, il avait bien prévu le coup, John. Le tableau a fait effectivement scandale au Salon de 1884 à Paris. Les critiques ont fusé de toutes parts. Ecoeuré, le malheureux Américain a quitté Paris et s’est installé à Londres. Je n’ai toujours pas bien compris pourquoi un tel scandale ! … Etait-ce à cause du décolleté ? Sargent l’avait pourtant « assagi » en ajoutant une bretelle par rapport à une esquisse précédente visible à la Tate Gallery à Londres (ci-dessous-cliquer l’image pour voir l’original sur le site du musée).

Cette toile a certes quelque chose de rare : l’absence de décor pour mettre en valeur le modèle, l’étrange vrillage du bras droit, le choix d’un portrait de profil, le contraste entre la robe, noire, et la peau, blanche. La peau blanche… On pense (et ce n’est sûrement pas un hasard) à la Galatée inaccessible de Polyphème (voir « Adoration, le cas Daphné« ) ou à l’idéal de beauté sculpté par Pygmalion (voir « Adoration, le cas Galatée« ) . Bref, cette toile est originale, sensuelle, pleine de sous-entendus mais méritait-elle un tel tir de barrage ?

Tout cela semble maintenant complètement aberrant. J’aime cependant la « petite histoire » derrière cette toile : Le fait que Sargent trouvait Virginie si jolie qu’il l’a longtemps poursuivie pour qu’elle accepte de poser pour lui , le fait qu’il a conservé le tableau (qu’il considérait comme une de ses plus belles oeuvres) bien en évidence dans son atelier, le fait qu’il l’a finalement vendue au MET en 1916, quelques temps après la mort de sa Galatée.

John Singer Sargent peignant dans son atelier - Photographie attribuée à Auguste Giraudon - Source : lediteursingulier.blogspot.com

[Le blog lediteursingulier a mis en ligne plusieurs photos noir et blanc de peintres dans leur atelier. Très intéressant]

Les décolletés vulvaires de Francesco Scognamiglio

Les décolletés de Scognamiglio méritent un article à part. De nouveau, on est dans le vêtement immettable, hormis sur un plateau de TV (et encore !) ou dans une vidéo musicale. C’est quand même ce que j’ai trouvé de plus fun dans l’édition Automne-Hiver 2011 de la fashion week de Milan. L’art de porter une énorme vulve béante sur son corps ! Formidable ! Si seulement les mannequins n’étaient pas aussi… peu excitantes (Ce maquillage ! Aargh !!!).[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Francesco Scognamiglio sur mode.newslicious.net]

Automne 2011 : Recherches sur décolletés

C’est en jouant sur le dévoilement que le vêtement rend le corps de la femme encore plus sexy. Ce qu’on cache / Ce qu’on montre. Bien sûr. D’où mon intérêt pour la transparence. D’où mon intérêt également pour les décolletés. Lors des récentes fashion weeks de Milan et de Paris, voici ce qui m’a plu.

EMILIO PUCCI – Une inspiration lingerie et MTV stars. Vu à la TV mais pas assez dans la rue. J’adhère.

[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Emilio Pucci sur mode.newslicious.net]

CHRISTIAN DIOR – Maintenant, on commence à s’amuser. Bien sûr, ça devient compliqué à porter mais n’est-ce pas un concept rigolo ? Le décolleté est autour du col. Est-ce même encore un décolleté ou est-ce plutôt un top transparent ?[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Christian Dior sur mode.newslicious.net]

Portrait de madame Arnault de Gorse par Louis-Léopold Boilly

louis leopold boilly,madame arnault de gorse,cheveux courtsPortrait réalisé par Louis-Léopold Boilly (1761-1845) et exposé au musée du Louvre. Photo © C2RMF visible sur le site du musée (cliquer sur la photo).

Difficile de savoir si ce portrait a été exécuté pendant la brève période révolutionnaire ou après. Madame Arnault affiche en tout cas une de ces coiffures courtes (à la Titus ?) qu’affectionnaient les « merveilleuses » sous le Directoire.

L’écrivain Antoine Vincent Arnault (1766-1834), grand admirateur de Boilly et cousin de sa deuxième femme, lui a commandé sept portraits de membres de sa famille dont celui-ci qui représente sa belle-soeur.

Portrait de jeune femme en blanc

portrait de jeune femme en blanc,cercle de jacques louis david,ngaPortrait réalisé par un peintre anonyme du cercle de Jacques-Louis David, vers 1798. Chester Dale Collection, National Gallery of Art, Washington, DC. Image © Board of Trustees, National Gallery of Art, Washington, D.C. Version HD disponible sur arthistory.about.com en cliquant sur l’image.

Cheveux courts et fine robe en partie transparente… Si cette jeune femme porte aussi des sandales, alors, pas de doute, il s’agit d’une de ces « merveilleuses » qui s’habillaient « à la grecque » sous le Directoire. Les deux premières années de la République (de la fin de la monarchie en août 1792 jusqu’à l’été 1794) sont placées sous le sceau de la paranoïa et d’une justice d’exception qui a guillotiné des milliers de Français à l’issue de parodies de procès. Après cette époque dite de « Terreur », la jeunesse aristocratique qui a vécu dans la peur mais a échappé à la mort affiche ouvertement un comportement anti-révolutionnaire et décadent, au goût prononcé pour le macabre et la provocation. C’est l’époque des « incroyables » et des « merveilleuses ».

Notez la ressemblance de ce portrait avec celui de Joséphine de Beauharnais par François Gérard. Maîtresse du député Barras puis épouse de Napoléon Bonaparte en 1796, Joséphine fut, avec Thérésa Tallien, une des femmes d’influence du Directoire.

Juliette Récamier : Libre et courtisée mais vierge (?)

Juliette Récamier reste l’une des femmes les plus connues de l’époque étrange et mouvementée qui court de la fin du règne de Louis XVI à la Restauration, à savoir la petite trentaine d’années couverte par la Révolution française et l’épopée napoléonienne. Pourtant, que sait-on de cette femme ? Franchement, pas grand chose… surtout si l’on s’intéresse à ce qui m’intéresse.

Question : Juliette Récamier, une vie marquée par le sexe ou la vie d’une vierge asexuée ?

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Madame Récamier, buste en terre cuite - Joseph Chinard - 1801-02 - Propriété du J. Paul Getty Trust - Cliquer l'image pour voir les photos du buste sur le site Getty

La vie de Juliette a probablement commencé sous le signe de l’inceste puisqu’elle épouse en 1792, à l’âge de 15 ans, le banquier Jacques Récamier, vieil amant de sa mère et vraisemblable père naturel de la jeune fille (la rumeur de l’inceste a circulé avec insistance dans le milieu feutré de la bourgeoisie lyonnaise et ces mots ambigus de Jacques Récamier renforcent le doute :  « On pourra dire que mes sentiments pour la fille tiennent à ceux que j’ai eus pour la mère. »)

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Madame Récamier, buste en marbre - Joseph Chinard - 1805-06 - Musée des Beaux-Arts de Lyon - Cliquer la photo pour accéder à la page sur le site du musée

Juliette se passionne pour les arts et tient un salon très couru par les intellectuels de l’époque. Juliette, femme très belle, est elle-même très courue par ceux qui fréquentent son salon. Elle est la mécène, voire la muse, de plusieurs artistes qui la peignent ou la sculptent dans ces fameuses « robes Empire » aux décolletés au ras du téton que Juliette affectionne tant. Elle est aussi courtisée de façon pressante par l’homme politique Benjamin Constant. Elle reste enfin jusqu’à sa mort l’amie intime de l’écrivain Chateaubriand.

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Portrait de Madame Récamier - François Gérard - 1802 - Musée Carnavalet, Paris - Image sur Wikimedia Commons

Pourtant, malgré sa beauté et ces hommes qui la pressent, Juliette serait demeurée vierge : Pas de sexe avec Récamier, son mari et (peut-être) père ? Rejet des avances de Constant ? Relations platoniques avec Chateaubriand ?

En cas de besoin, dans sa vie tumultueuse, Juliette a su trouver refuge auprès de l’écrivaine Germaine de Staël puis auprès de la comtesse de Bourgoing. Préférait-elle la compagnie des femmes ?

Reste ce Pierre-Simon Ballanche, un autre ami, auprès duquel elle repose aujourd’hui au cimetière de Montmartre.