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Portrait de London Andrews par Billy Jarrell

L’Américaine London Andrews (voir son blog, son profil modelmayhem, sa galerie DeviantArt : non, elle n’a pas toujours été ronde !) fait partie de ces quelques femmes rondes et larges qui fréquentent le milieu du porno, du mannequinat et la photo érotique.

Pour la marque de lingerie  » Pink Label Fashion » (voir sur myspace), elle met bien en évidence la célèbre forme « en sablier » des corsets classiques. Petite originalité du produit porté : un laçage à la place des crochets.

London Andrews et son corset sont photographiés par le Texan Billy Jarrell (voir son profil ModelMayhem).

Corsets classiques

Après un survol rapide de l’historique des corsets, je souhaite me poser, le temps d’un billet, sur quelques exemples de corsets classiques, tels qu’ils sont proposés de nos jours (pour cet article, je me sers exclusivement de corsets de la maison allemande Erotex).

1. Corset classique long

Le corset classique, c’est le corset du 19ème siècle, évasé à la poitrine et aux hanches, le fameux corset « en sablier ».

Ce premier corset est long, puisqu’il descend jusqu’au pubis et recouvre le haut des hanches. Il s’agit également d’un produit qui couvre bien les seins, que les Anglaises appeleraient « full cup » et les Allemandes « Vollbrust » : à bonnets entiers (même si les bonnets entiers de soutien-gorges sont généralement plus enveloppants).

Tous les corsets présentés dans cet article montent sur les seins. On notera que les Anglaises appellent ces corsets « overbust » et les distinguent des corsets seins-nus (« underbust »), qu’on appelle en français « serre-tailles » et pour lesquels je réserve un billet à part.

2. Corset classique court (ou moyen ?)

Pas de grosse différence entre le corset suivant et celui du dessus, si ce n’est la taille : il est en effet plus court. Comme la plupart de l’offre actuelle, ce produit dégage largement le pubis et les hanches.

Je trouve sympa de pouvoir présenter ce corset sous plusieurs angles, ce qui permet de se rendre compte de la couverture des seins, de la mise en valeur des fesses (à porter impérativement avec un string ou sans rien) et de la bonne tenue des bas.

Porté sur un pantalon, c’est pas mal non plus. Difficile à réaliser avec un corset long mais sans problème dans le cas d’un produit court.

3. Corset classique, bonnets ouverts

Le corset prend toute sa dimension érotique quand il n’enveloppe pas complétement les seins mais présente une ouverture pigeonnante et s’arrête à la limite du téton.

On parle alors, comme en lingerie, de demi-bonnets (voire de bonnets ouverts), ce qu’en d’autres langues, on traduira par « halb brust » ou « half cup » (open cup).

De nombreux produits « Erotex » sont proposés en demi-bonnets, en concordance avec le nom de la société et la vocation actuelle du corset, devenu un moyen de séduction, plus qu’un outil de soutien.

Et bien sûr, messieurs, c’est quand on lève les bras qu’un corset demi-bonnet prouve sa supériorité !

Portrait présumé de Gabrielle de Rochechouart attribué à Corneille de Lyon


Gabrielle de Rochechouart (1633-1693) aurait été la maîtresse de Louis XIV, tout comme sa soeur, Madame de Montespan. Comme quoi, quand on parle du corset et de la rigueur morale qu’il représentait au 16ème siècle  (voir article précédent) …

Ce portrait est attribué par le ministère de la culture à Corneille de Lyon (appelé par d’autres Corneille de La Haye puisque qu’il s’agit d’un Hollandais installé à Lyon, né vers 1500 et mort en 1574). On notera qu’il y a un petit problème de date entre La Rochechouart qui vivait au 17ème siècle et Corneille de Lyon qui a vécu au 16ème ! De quelle Rochechouart parle-t-on alors ?

Portrait exposé au Musée Condé, Chantilly – Source : Ministère de la Culture, Base Joconde

Corset : Un survol rapide

1. Naissance à la Renaissance

… Comment ressembler à un homme ? Mais en écrasant les seins, bien sûr ! Et c’est exactement ce que font les corsets, inventés au 16ème siècle et qu’on appelle alors « corps ».

Portrait de Marguerite de Valois (1553-1615) par François Clouet (avant 1520-1572) - Musée Condé, Chantilly - Source : Wikipedia

Le 16ème siècle est un drôle de siècle qui fait côtoyer une forte libéralisation des moeurs pour certains (voir articles sur la prostitution à Venise) et une grande rigidification morale et religieuse pour d’autres (voir articles sur le voile en Europe).

Le corset est un outil de rigueur morale : maintenir le corps de la femme, le redresser et l’enfermer. Bonjour les symboles ! Pas étonnant que c’est la cour austère et gravement pincée du cul du roi d’Espagne qui a lancé la mode.

En France, la mode a été adoptée par les reines (ci-dessus, Marguerite de Valois, surnommée la Reine Margot, qui deviendra reine de France quand Henri de Navarre accédera au trône de France) tout comme par les courtisanes… Ce qui m’intéresse dans ce portrait du musée Condé, c’est la forme du corset. On voit clairement que l’arrondi de la poitrine n’est pas dessiné. Il s’agit bien d’un corset conique qui souligne légèrement la taille mais sert surtout à écraser les seins.

2. L’âge classique du corset

Le corset changera peu jusqu’au 19ème siècle, àge d’or de ce sous-vêtement qui prendra  des formes variées mais surtout la forme la plus classique, dite « en sablier ».

Source : Galerie de Julie Hsu - Picasa photos albums

La photo ci-dessus explique parfaitement le principe : la taille est creusée, les hanches élargies et les bonnets bien arrondis. Il ne s’agit plus d’écraser les seins mais de les maintenir, les écarter et les mettre en valeur.

Du corset suppôt de la rigueur morale, on passe ainsi au corset à fort contenu érotique.

La photo permet également de bien voir la lamelle verticale et rigide, au centre du corset qui s’appelle le « busc ». Au 19ème siècle, on invente un busc en acier qui peut s’ouvrir et se fermer grâce à des crochets. Cette innovation n’est pas mineure puisqu’elle permet à la femme d’enlever seule son corset.

Nul doute que cela démocratisera également l’usage du corset, puisque dorénavant, il n’y a plus besoin d’une domestique pour le lacer et le délacer (les lacets sont dans le dos, bien sûr).

Paul Signac - "Femme se coiffant", Opus 227 (arabesques pour une salle de toilette) - 1892 - Collection particulière - Source : http://www.aidart.fr/category/galerie-maitres/neo-impressionnisme/paul-signac

C’est ce type de corset qui a survécu jusqu’à nos jours. Il est assez agréable à porter et permet de souligner la taille tout en mettant les seins en valeur. Voici, ci-dessous, le modèle « Nora » de la marque (disparue ? …comme quoi la survie du corset reste un phénomène fragile) Lunatic-Fashion.

On retrouve la forme doublement évasée du corset classique et on voit clairement l’impact esthétique/érotique sur les seins, poussés vers le haut et bien séparés.

3. L’éphémère corset droit

L’âge d’or du corset se termine avec une dernière invention, aussi populaire qu’éphémère : Le corset droit ou « droit devant », appelé « corset abdominal » par sa créatrice Inès Gaches-Sarraute.

Il s’agit d’un corset qui cambre très fortement le corps (On parle alors d’un profil en « S »).

Ce corset a été promu par Inès Gaches-Sarraute pour ses vertus physiologiques dans son livre « Le Corset : étude physiologique et pratique », paru en 1900 (voir texte intégral dans wikisource). Ses thèses ont été par la suite très sérieusement contestées mais le produit a quand même connu un beau succès, sans doute pour le profil très esthétique qu’il donne au corps de la femme (le fameux profil en S !).

Catalogue des Grands Magasins Du Louvre, Paris, été 1908, page 17 - Source : wikipedia

Ces corsets « 1900 » (ils ont coincidé avec la « Belle Epoque », du début du 20ème siècle jusqu’à la première guerre mondiale, période de l’Art Nouveau) sont appelés « Edwardian corsets » par les Anglais (Edward VII a régné de 1901 à 1910) pour les différencier des corsets en sablier du 19ème siècle, appelés outre-manche « Victorian corsets » (pour info, Victoria a régné de 1837 à 1901).

Ce modèle de corset est très peu fabriqué de nos jours mais l’exemple ci-dessous, trouvé sur la boutique Etsy de la corsetière canadienne LaBelleFairy,  me semble intéressant, même si la cambrure n’est pas très marquée (vraisemblablement pour des raisons de confort).

(Voir différence entre corset classique en sablier et corset droit ici)

4. La fin du corset

Les années 20 sont marquées par la  forte évolution du rôle de la femme dans la société d’après-guerre.

Le corset rigide disparaît très rapidement au profit d’un sous-vêtement souple, la gaine, qui sert uniquement à maintenir et affiner le ventre. Finis les seins protubérants (pour l’instant) !

Et, comme chacune sait, la gaine connaîtera également le sort de toute chose : la disparition.

[Photo d’Henri Maccheroni – Source : le clown lyrique]

Portrait d’Elegy Ellem par Marcus G

elegyVoici une très belle photo parmi toutes les très belles photos de la mannequin-performeuse-actrice suédoise Elegy Ellem (qui revendique cette triple occupation : voir son site web), prise par son compatriote d’Uppsala Marcus G ou Marcus ou Marcusgun… (voir galerie DeviantArt, profil ModelMayhem).

Cette photo de corset m’a donné envie de parler de ce qui est maintenant un accessoire de lingerie devenu accessoire de mode, un sous-vêtement devenu vêtement (notamment dans le milieu « fetish »), un instrument de contrainte devenu signe de libération érotique/sexuelle… A suivre donc…

Les nouvelles couturières : 2. Lady Lucie

Quand Rachel Freire (voir « Les nouvelles couturières : Rachel Freire« ) a besoin de travailler le latex, elle peut toujours se tourner vers une autre Britannique : Lady Lucie (on restera sur la pseudonyme car je n’ai pas d’autre nom à mettre sous la dent).

lady lucie,daffyd owen

Avec Lady Lucie, on entre de plain pied dans le monde du burlesque : latex et corsets a gogo. Et la Lady n’hésite pas à porter ses produits dans les fêtes londoniennes (photo au-dessus par Daffyd Owen, publiée sur le site deviantart de la couturière)… normal : C’est pour ses propres besoins qu’elle a commencé à fabriquer des vêtements.

Dans le business depuis 2006, elle fait maintenant partie des anciennes et offre une large gamme de produits sur son site.

De très nombreux mannequins ont porté les produits Lady Lucie. Certaines photos sont devenues des icônes du monde burlesque et latex. Ci-dessus , 4 très jolis clichés de Katkin (mm) par Sarah Monrose extraits du site web de la photographe française installée à Londres. Pour unephoto HD, cliquer ici.

Ci-dessous l’incontournable Ulorin Vex photographiée par Russell Coleman (www,da) dans ces « collants à bretelles » qui ont fait le tour du monde (… du monde latex en tous cas).

Pour voir d’autres photos des collants portés par U.Vex, aller ici et ici.

Silhouette pâle au corset noir

J’avais besoin d’une petite récréation après les 3 articles que je viens de publier sur les « pornai ». Rien de tel pour ça que de contempler (encore !) cette très belle « pale figure with black corset » de Solus/Michael Culhane. Il y a tellement de belles photos sur son site ! Sur la version couleur, on voit plus en détail ce très beau corset au tissage mat/brillant. Soie brochée ?michael culhane,arkandia,corset,pubis,gants

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En ce qui concerne le mannequin, elle se fait appeler Arkandia et offre une jolie sélection de photos (souvent par le même Michael Culhane) sur son profil deviantArt perso.

[Un clic sur les images vous permettra de voir les HD sur le site deviantArt de Michael Culhane]