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De l’Acus aux femmes-phallus

Vous avez sans doute déjà croisé cette toile du Maubeugeois Jan Gossaert/Jean Mabuse (1478-1532) dans laquelle on voit Neptune, le dieu des océans, et sa femme Amphitrite.

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Neptune et Amphitrite, 1516, Jan Gossaert, Gemäldegalerie Berlin

Devant ce tableau, on s’intéresse forcément immédiatement à la bite de Neptune et on veut en savoir plus sur ce coquillage. En gros plan (cliquer pour voir la HD), ça donne ceci et c’est effectivement intéressant :

Remarquez que si la bite divine est bien dans le coquillage, ses testicules en sont exclues, ce qui donne un sex-appeal particulier aux couilles asymétriques du dieu.

Tout cela m’amène au sujet de l’article : la coquille qui abrite le pénis neptunien n’est pas un bigorneau (difficile d’y loger une bite digne de ce nom) mais un « acus ». Et, contrairement à ce que la toile de Gossaert pourrait laisser croire, l’acus n’est pas réservé aux hommes !

(Cet article n’est pas pornographique mais je me méfie des réactions devant une bite un peu raide. Si vous n’avez pas plus de 18 ans, ne venez pas voir la photo d’un Acus.)

Sinon, il y a plein d’autres articles à lire…

L’opercule de Syrinx

Voici la trompette australienne, le plus grand des escargots :En la regardant, pensez-vous à une trompette ou à un escargot ? Ne dîtes pas « oui » ! Dans la nomenclature binômiale, la trompette s’appelle en fait Syrinx Aruanus. « Aruanus » m’est inconnu, mais pas « Syrinx ». Syrinx, c’est la femme que poursuit le faune Pan sur cette peinture de Pieter-Paul Rubens.

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Pieter-Paul Rubens - Pan et Syrinx - 1617-19 - Staaliche Museen, Kassel - Image publiée sur Wikimedia Commons

Comme souvent avec les nymphettes mythologiques, l’histoire se termine mal : Syrinx se transforme en roseau plutôt que de se faire pénétrer par Pan et Pan, rejeté et seul, n’a plus grand chose à faire sauf couper les roseaux et souffler dans l’instrument qu’il vient d’inventer. C’est de cette histoire que s’est inspiré Stéphane Mallarmé pour son poème « Après-midi d’un faune » (1876) dont voici les premiers vers :
Ces nymphes, je les veux perpétuer.
Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.
Aimai-je un rêve ?

C’est ce poème que reprend en musique Claude Debussy dans son « Prélude à l’après-midi d’un faune ». C’est encore cette histoire que raconte le Canadien Ryan Larkin dans le court-métrage d’animation qu’il a réalisé avec fusain, sable et poudres (technique de fou ! Regarder le film pour comprendre) en 1965 (sur la musique de Debussy).


On remarque sur la peinture de Rubens ce que cherche à protéger Syrinx. On a bien compris ce que cherche à conquérir Pan…

l’ouverture de Syrinx…………………………. l’opercule du Syrinx.

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