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Sirènes et Amours dans les tombes de Myrina

Le vase des sirènes du British Museum m’a un peu étonnée : pourquoi 3 sirènes  d’un côté et 3 Amours (ou « Erotes », le pluriel de Eros) de l’autre ? Pourquoi 3 femmes ailées et 3 hommes ailés (même si Eros et ses frères sont parfois hermaphrodites) ?

Et puis je suis tombée sur la notice du musée du Louvre pour la statuette funéraire de sirène retrouvée à Myrina (une importante nécropole grecque située au nord d’Izmir, sur la côte turque). Et revoici Eros.

Les Grecs ont fréquemment associé la sirène à des rites funéraires (ci-dessus à gauche, sirène funéraire dans l’attitude de la pleureuse – une main sur la poitrine, l’autre dans les cheveux – trouvée à Myrina et conservée au Louvre, 1er siècle avant JC). C’est aussi parfois le cas des Erotes, notamment sous la forme d’Amours drapés  (ci-dessus à droite, Eros drapé trouvé à Myrina et conservé au Louvre, 1er siècle avant JC ).

Ces points communs aux sirènes et aux Amours sont assez troublants, tout comme le nombre de 3 (même si les sirènes sont parfois représentées par 2, 4, 5 ou plus ; même si Eros était d’abord unique avant de se multiplier en 3, voire 4), tout comme leur origine aquatique (le fleuve primitif Acheloüs pour les unes, la mer Méditerranée pour les autres), tout comme leurs ailes…

Sirènes et Amours jouent sur le désir sexuel, l’attirance, l’absence de contrôle. Je peux comprendre l’association des sirènes avec la mort (la sirène n’attirait-elle pas le marin à sa perte, comme la vie nous amène fatalement à la mort ?) mais pourquoi Eros ? Et puis j’ai pensé à ce magnifique sarcophage romain conservé au Metropolitan museum de New York. Regardez les Erotes volants qui tiennent le portrait du mort. Regardez, sur les côtés, Eros et Psyche qui se pelotent. Amour qui l’attrape par la mâchoire… L’amour à mort ? Je vous laisse chercher.

[Photos : Marie-Lan Nguyen/Jastrow – Source : wikipedia – Retrouvez plein de photos des sarcophages du Met sur ingredientsofawoman]

Adoration, le cas « Daphné »

Un homme agenouillé aux pieds d’une femme… Serait-ce un amoureux qui déclare sa flamme ? Serait-ce un prétendant qui demande sa bien-aimée en mariage ? Comme c’est charmant !

Mais l’homme à la harpe, c’est le dieu musicien, le bel Apollon. Et cette femme qui prend racine, c’est forcément Daphné. Et leur histoire n’a rien de charmant.

Théodore Chassériau - "Apollon et Daphné" - vers 1844 - Musée du Louvre

Apollon et Daphné (« Métamorphoses » d’Ovide, Livre I), c’est l’histoire du vilain petit Eros/Cupidon qui balance une flèche en or dans le coeur d’Apollon et une flèche en plomb dans celui de Daphné. Résultat : Apollon tombe follement amoureux de Daphné qui, elle, ne veut pas d’Apollon. Plutôt que de se plier aux avances du dieu, elle préfère être transformée en arbre. Quelle triste fin ! Quelle histoire lamentable de deux êtres malheureux ! Apollon aux pieds de Daphné, c’est un amoureux repoussé et une femme sacrifiée. Vilain Eros !

Les peintres et les sculpteurs ont généralement représenté Apollon pourchassant Daphné, comme un satyre après une nymphe, Pan après Syrinx (voir article « L’opercule de Syrinx« ). Une scène de viol finalement assez banale dans cette Grèce antique où les dieux avaient la bite leste et ne négligeaient aucun subterfuge pour pénétrer les belles qui passaient.

L’attirance d’Apollon pour Daphné est donc une simple histoire de pulsion, la froide « flèche en or d’Eros » pour le poète antique Ovide, le froid « tropisme instinctif de reproducteur » pour le philosophe contemporain Michel Onfray. En artiste digne de son époque, Théodore Chassériau (1819-1856), avec sa représentation du dieu implorant à genoux, a donné une dimension plus romantique – et plus tragique – à cette histoire.

Chassériau a sans doute influencé son ami Gustave Moreau (1826-1898) qui a réalisé un « Apollon et Daphné » assez similaire. Je remarque surtout les bras fuyants de la fille qui ne veut pas qu’on la touche.

Gustave Moreau - "Apollon et Daphné" - Musée national Gustave-Moreau, Paris - Source : RMN (cliquer l'image) © RMN / René-Gabriel Ojéda

Ce thème de l’amour impossible a beaucoup intéressé Gustave Moreau. C’est cependant une autre « métamorphose » d’Ovide qui l’a davantage inspiré : L’histoire du sombre cyclope Polyphème amoureux sans espoir de la belle nymphe Galatée (« à la peau couleur de lait »). Je vous laisse rechercher l’épilogue de ce conte dans le livre XIII des « Métamorphoses » mais je ne résiste pas à l’envie de citer un court passage du commentaire du « Galatée » de Gustave Moreau (ci-dessous) sur le site du Musée d’Orsay :

« Le Polyphème de Moreau n’est pourtant pas un ogre, mais un être mélancolique, égaré dans la contemplation monoculaire de la femme inaccessible. »

Gustave Moreau - "Galatée" - Vers 1880 - Musée d'Orsay

Enfin il conviendra de ne pas confondre la peau « couleur de lait » de la nymphe convoitée par le cyclope Polyphème avec celle de la blanche statue dont Pygmalion tombe amoureux : C’est une autre histoire dont on va parler dans le prochain article.

Les 8 O du Q

Revenons au but de ce blog : Décrypter le code qui pousse les hommes vers les femmes. Dit ainsi, tout cela paraît très ambitieux, voire même complètement présomptueux. Je vais donc reformuler le but de la quête en des termes plus abordables (pour moi) et plus « graphiques » : Trouver les courbes qui attirent l’homme. Vous remarquerez que je pars du postulat que c’est une histoire de courbes (pas de volume, de proportion, d’odeur, de couleur ou d’autre chose). Je peux me tromper, bien sûr, mais dans le cas des fesses, ça marche plutôt pas mal. Regardez ce diagramme :

Traité à la façon d’une feuille de métal repoussée (Pourquoi pas ? Je trouvais ça joli), voici le schéma d’une paire de fesses. Vous reconnaissez ? 2 cercles pour le gras du cul + 1 petit pour le renflement du sexe + 2 ovales pour les cuisses + 2 autres ovales pour la musculature en travers (je ne sais pas comment ça s’appelle mais c’est là) + 1 grand ovale pour dessiner le bas du dos.

Et voila ce que ça donne, ramené sur la photo adéquate :

J’ai trouvé ce résultat plutôt intéressant. Ainsi, un bel arrière-train est une combinaison de 8 ovales ? Et si la fille serrait plus les fesses ? Et si elle avait le cul plus lourd ?

Notez que je ne cherche pas la proportion idéale, le cul parfait, le nombre d’or. Non. Il y a des culs différents qui peuvent être également attirants (et il y a aussi des culs laids).

Bref. J’ai donc pris une autre paire de fesses, elle aussi agréable à l’oeil mais plus large, et j’ai recommencé le travail. Voici le résultat :

Le deuxième cul permet un assemblage particulièrement efficace des ovales, tous contenus dans le plus grand. On obtient un nouveau diagramme, différent de celui du premier cul mais lui aussi composé de 8 ovales.

En regardant le résultat, je me demande si le cerveau des hommes n’est pas programmé pour rechercher ce type de schéma, à l’instar des programmes de reconnaissance de personne qui associent les visages enregistrés par les caméras de surveillance aux personnes répertoriées dans une base de données en fonction de quelques traits mesurés (distance entre les yeux, hauteur du front…).

Voici peut-être un morceau du code :