De l’Acus aux femmes-phallus (pour adultes)

Après la Syrinx aruanus (voir article « L’opercule de Syrinx« ), voici un autre coquillage qui ressemble particulièrement à une vulve : l’Acus crenulatus.

Ne voit-on pas parfaitement les petites lèvres et l’orifice béant du vagin ? Et, là où les lèvres se rejoignent, peut-on douter qu’on y trouvera le petit bouton du clitoris ? Et pourtant…

Pourtant, les autres ne voient pas la même chose que moi. Les scientifiques appellent ce coquillage « acus », ce qui signifie aiguille, et le citoyen lambda l’appelle « vis tâchetée » s’il est francophone ou « foreuse crénelée » (crenulate auger) s’il est anglophone. Pour info, les vis tâchetées font partie de la famille des terebridae qui compte 300 espèces : des acus et, surtout, des terebra (terebra = foret ou tarière en latin). Vis, aiguille, foreuse, foret, tarière… Pourquoi pas « mandrin », pendant qu’on y est ? Décidément, tout ce vocabulaire rappelle plutôt le pénis que la vulve… et, effectivement, il faut bien reconnaître que…

Je serai donc beau joueur et j’accepte l’ambiguité de l’acus et de toute sa famille des tarières et autres vis. Ce coquillage-là représente aussi bien une vulve qu’un phallus, comme une sorte de yin et de yang, d’objet liturgique, de porte-bonheur ou de gadget érotique. Mais puisqu’on parle de mélange des genres, de vulve et de phallus, il y a un artiste qui me vient à l’esprit. Je profite (lâchement) d’avoir placé cet article dans une section « pour adultes » pour montrer quelques uns de ses dessins. Bien que mort depuis plus de trente ans, force est de constater qu’Hans Bellmer, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a créé une oeuvre toujours aussi violente et dérangeante. Aucune photo de gang-bang n’arrive à la cheville de ses illustrations de femmes pénétrées par tous les orifices.

Hans Bellmer vit dans un monde de femmes aux trous remplis de doigts et de bites, jusqu’à devenir elles-mêmes des bites qu’elles masturbent et des trous que des corps multiples remplissent. Obsédé, érotomane, anatomiste… voici une très courte description. Passons plutôt aux oeuvres qu’il nous laisse.

Serait-ce l’acus de Hans Bellmer ? Le site adam-art.ch nous propose « vulve-phallus » que Bellmer aurait réalisé en 1955.

Et voici une autre vulve et un autre phallus, côte à côte sur un même corps, peut-être interpénétrés, éjaculant et dégoulinant. [Illustration parue en Allemagne en 1970 dans « Bellmer-Grafik »]

Les vulves-phallus sont, à ma connaissance, rares dans l’oeuvre de Bellmer, à la différence de ses nombreuses femmes-phallus. Voici « Juliette ou les prospérités du vice », gravure parue en 1968 dans le Petit Traité de morale, éditions Georges Visat, Paris :

Et voici « l’aigle Mademoiselle », une autre gravure du Petit Traité de morale :

[Retrouvez les 10 planches du Petit traité de morale sur le site de la galerie Hus, à Paris]

Mais revenons-en à notre coquillage et à son côté « amulette de vie » ou « fétiche érotique ». Sortons de cette page « Plus de 18 ans » et retrouvons d’autres fétiches érotiques mâle-femelle dans le prochain article que je consacre à Karin Swildens.

2 réponses à “De l’Acus aux femmes-phallus (pour adultes)

  1. C’est un article excellent,même les photos ou images sont de qualités.Trés bon travail.Et sa n’est pas obsène du tout.Merci.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s