Archives de Catégorie: Ce que cherchent les hommes : Vénus/Aphrodite

Mariage bien arrosé, mariée bien fécondée

Voici un tableau riche en symboles qui illustre de façon très intéressante ce que représente le mariage à la Renaissance. Il a été peint à la fin des années 1520 par Lorenzo Lotto (vers 1480-1556) et il est maintenant exposé au Metropolitan Museum of Art de New York.

Le tableau s’intitule « Vénus et Cupidon » mais il n’y a pas de doute que Vénus joue ici le rôle d’une jeune mariée : Elle est coiffée de la tiare nuptiale vénitienne ainsi que du voile. On pense que le tableau a été offert à l’occasion d’un mariage.

Cupidon, le fils de Vénus, représente ici le mari. On ne sera pas surpris par ce nouvel exemple des rapports troubles entre Vénus et Cupidon, mère et fils, Beauté et Amour qu’on a déjà évoqués (« Vénus incestueuse ? »).

On remarquera sans trop de peine les symboles sexuels qui entourent la tête de la mariée : une conque à l’ouverture béante et un voile soulevé par une branche raide. Difficile de faire des allusions plus claires à la pénétration vaginale et au déchirement de l’hymen. Ici, mariage = dépucelage.

Ce qui attire l’oeil cependant est ailleurs : Pourquoi Cupidon pisse-t-il sur sa mère (ou le jeune marié sur sa femme) ? La notice du MET dit que Cupidon qui urine symbolise la fertilité… Pardon ? Depuis quand urine = fertilité ? On peut penser que les experts du MET ont sciemment simplifié leur explication. En fait Cupidon qui pisse = Cupidon qui éjacule. On peut alors effectivement parler de fécondation.

Vous remarquez aussi que « l’urine » de Cupidon retombe sur le bas-ventre de Vénus et que les jambes de celle-ci sont couvertes de pétales (défloration de la rose de Vénus ?).

Ce que je trouve le plus intéressant dans ce tableau, c’est la couronne que tient la mariée et à travers laquelle son mari pisse/éjacule. Il n’y a aucun doute dans mon esprit que la couronne que Vénus tend à Cupidon, c’est sa propre couronne, l’orifice de son vagin.

Ainsi ce joyeux tableau offert aux jeunes mariés par des amis bien intentionnés prépare la nuit de noces et annonce le programme des réjouissances. Il leur dit « Bonne bourre ! » ou « Reproduisez-vous ! ». Comme on voudra.

[Source : wikimedia]

Adoration, le cas « Galatée »

Attention ! Ne pas confondre avec la Galatée de Polyphème (elle, c’est l’article précédent) ! Il s’agit maintenant de la Galatée de Pygmalion. Si la couleur de la belle est la même (très très blanche), la fin de l’histoire est nettement plus agréable. Suivons donc le petit résumé en images de Sir Edward Burne-Jones.

burne-jones,the heart desires,pygmalion« The Heart desires »———————-And there upon his images he cast /His weary eyes, yet little noted them, / As still from name to name his swift thought passed. / For what to him was Juno’s well-wrought hem, / Diana’s shaft, or Pallas’ olive-stem ?

L’histoire de Pygmalion et Galatée doit sa célébrité aux « Métamorphoses » d’Ovide (encore !). Livre X. Elle a été reprise par le fameux William Morris (génial touche-à-tout, précurseur du mouvement Arts-and-Crafts, l’Art Nouveau britannique) dans « Pygmalion and the Image », onzième des douze épisodes du très très long poème « The Earthly Paradise » qu’il rédigea en 1868. Burne-Jones illustra ce 11ème épisode de plusieurs dessins et 4 peintures conservés dans la vaste collection d’oeuvres de peintres dits « préraphaélites » du BMAG (Birmingham Museum and Art Gallery).

 « The Hand Refrains »——————–And with his pride that by his mastery / This thing was done, whose equal far and wide / In no town of the world a man could see, /Came burning longing that the work should be / E’en better still, and to his heart there came / A strange and strong desire he could not name.

Pygmalion est un personnage étonnant qui fuit la compagnie des femmes qu’il juge trop lascives. Etonnant, vraiment ! Depuis quand un homme se plaint-il de la lascivité féminine ? D’habitude, n’est-ce pas le contraire qu’ils nous reprochent ? Et ce Pygmalion se met donc en tête de créer lui-même cette femme qu’il ne trouve pas. Puisqu’il s’agit d’une statue, elle sera très belle et… pas du tout lascive. Et sa beauté sera éternelle (« The heavenly beauty that can never pass by« ). C’est donc ça la femme parfaite ?

Pas vraiment car, une fois la statue achevée, Pygmalion remarque qu’il manque quelque chose à sa création. « … and this hand made thee / Who wilt not speak one little word to me. » La parole ?

Pygmalion ne trouve plus d’autre plaisir que la compagnie de sa création. Il découvre ce qu’on pourrait appeler la passion ou… l’amour (« An ever-burning unconsuming fire« ) ? Il la fait installer dans une niche (A comparer avec la niche où Aphrodite a été installée au Vatican : voir « le jour où commença le culte du corps féminin« ) dans sa chambre, la pare de bijoux… Il devient dingue et en appelle aux dieux en pleurant (Pygmalion pleure souvent et beaucoup !).

« The Godhead Fires »——————–Like a live thing, the thin flame began to throb / And gather force, and then shot up on high / A steady spike of light, that drew anigh / The sunbeam in the dome, then sank once more / Into a feeble flicker as before.

C’est finalement dans le temple de Vénus que Pygmalion va se rendre pour y prier longuement la Reine du Désir, la fair Queen (Reine blonde ou pâle). La déesse se manifeste à Pygmalion par l’éclat soudain d’une flamme. William Morris ne décrit pas la visite de Vénus à Galatée comme le fait Burne-Jones dans sa troisième peinture (Ce n’est qu’à la fin du poème que Galatée racontera l’intervention divine). Il nous laisse dans l’incertitude jusqu’à ce que le sculpteur découvre la niche vide et qu’une voix l’appelle…

« The Soul Attains »——————Speechless he stood, but she now drew anear, / Simple and sweet as she was wont to be, / And once again her silver voice rang clear, / Filling his soul with great felicity

La clarté de la voix, la douceur de l’haleine et la chaleur du corps : Voilà ce que la femme a en plus de la statue, pour Pygmalion. On ne parle plus de beauté et encore moins de son éternalité.

Avec le conte de Pygmalion et Galatée, on passe du culte de la déesse de pierre à l’adoration du corps de chair. On ne sait pas si l’adoration sera durable ou si ces deux-là divorceront mais le principe plaisait sûrement aux romantiques du XIXème siècle.

L’homme découvre qu’en matière d’Amour, il ne peut se suffire à lui-même : Il ne peut vivre seule avec sa création inanimée, sous peine de folie. Il a besoin de l’intervention de Vénus et de cette femme de chair, à la beauté éphémère, certes, mais au corps chaud et à la voix claire.

Avis aux onanistes et autres branleurs !

[Les photos des peintures d’Edward Burne-Jones proviennent du site victorianweb.org. Le poème de William Morris est disponible sur sacred-texts.com. Les peintures et dessins préparatoires d’Edward Burne-Jones sont aussi visibles sur le site preraphaelites.org du BMAG.]

Adoration

Voici une peinture que bien peu ont eu l’occasion de voir, réalisée par un artiste inconnu (Franchement, qui a entendu parler du peintre britannique William Strang ?) et exposée dans un musée tout aussi inconnu (pour un Européen) et lointain (Bombayote excepté, qui a un jour mis les pieds au Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya ?).

adoration, william strang

William Strang (1859-1921) - "Adoration" (détail) - 1913 - Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya (ex Prince of Wales Museum of Western India), Mumbai (Bombay) - Source : Wikipedia/Baishampayan Ghose

Voici donc une femme assise sur un trône, nue. Un peintre lui baise la main (oui, c’est un peintre : Vous le constaterez en découvrant la toile dans son intégralité sur le site du musée. Vous verrez aussi que la femme est assise sur une table au milieu de ce qui ressemble à des offrandes ). Un poète cherche à attirer son attention en lui tendant un carnet où s’alignent, sans nul doute, les vers qui célèbrent l’éclat de sa beauté, la fragilité de sa jeunesse ou la vigueur de l’amour qu’elle inspire. Un militaire, sous le charme de la dame, lui présente son sabre.  Un barbu à l’activité professionnelle inconnue la dévisage avec attention.

D’après la notice du musée, cette femme représenterait la beauté féminine. Les hommes en adoration ne seraient donc qu’une version moderne des fidèles du temple d’Aphrodite à Cnide qui se prosternaient devant la statue fabriquée par Praxitèle (cf « le jour où commença le culte du corps féminin« ). Les adorateurs font tous partie de la société bourgeoise de l’époque (artistes, officier et rentier). Il ne manque qu’un prêtre pour avoir un échantillon représentatif de la bourgeoisie ! Il n’y a pas d’ouvrier ou de paysan sur la toile de Strang, comme s’il fallait un certain niveau d’éducation (ou de revenu) pour apprécier pleinement la beauté féminine.

L’ « Adoration » de Strang ressemble beaucoup à la photo prise par Mario Sorrenti pour la campagne de publicité 2002 du parfum « Paris » d’Yves Saint-Laurent.

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Anna Eirikh et Magnus Berger photographiés par Mario Sorrenti - Source : mes-parfums.com (cliquer pour voir l'image originale)

Même environnement bourgeois, même femme froide comme une statue, même bras gauche en partie couvert. Remarquez la modicité du « trône » : Une simple chaise métallique pliante. C’est la femme qu’on doit regarder, pas le siège.

A la différence de la toile de Strang, la femme n’est pas hissée sur une table. C’est donc l’homme qui se diminue en s’agenouillant. Pas de baise-main mais une même attitude de prosternation.

mario sorrenti, anna eirikh

Anna Eirikh, Magnus Berger et Thomas Crown photographiés par Mario Sorrenti - Source : mes-parfums.com (cliquer pour voir l'image originale)

La deuxième photo de la campagne de publicité, ci-dessus, est beaucoup plus équivoque. Que veut-elle dire ? Un jeune homme très androgyne et un très jeune homme observent dans un miroir le corps nue de la femme qui s’y contemple. Con-templ-ation !

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Paz de la Huerta (les fesses) et Jakob Hedberg (l'admirateur) photographiés par Sebastian Faena pour le magazine Muse Hiver 2010

Et puisqu’on est dans la photo de mode et qu’on sort d’une longue série d’articles sur le « cul », je ne peux m’empêcher de vous rappeler deux photos publiées très récemment. D’abord, ci-dessus, une très expressive comtemplation de fesses par un homme en pyjama. Avec ses cheveux gominés coiffés en arrière, l’admirateur du cul de Paz de la Huerta ressemble beaucoup à l’adorateur du corps d’Anna Eirikh. Il ressemble aussi à Chris, sur la couverture du magazine WAD, ci-dessous. WAD = We Are Different. Different ? Really ? But… who is different ?

Cindy (les fesses) et Chris (l'admirateur) photographiés par Romain Laurent pour le magazine WAD N°48 (printemps 2011)

Considérez tout cela comme un assortiment de tapas avant quelques articles un peu plus focalisés que je vais essayer de concocter dans les jours qui viennent sur l’adoration portée à trois femmes connues (mais pas tant) : Daphné, Galatée et Guigone de Salins. Ah ! Nous voici bien dans le temple de la grande femelle !

L’exception callipyge

Dans le triste paysage d’un monde sans cul (voir article « Des millénaires d’art sans cul« ), la Vénus callipyge est une remarquable exception. Bien sûr, les statues de femmes nues abondent depuis la Venus pudica de Cnide (voir « Le jour où commença le culte du corps féminin« ) mais attention ! Les statues de femmes nues se regardent toujours de face. Le cul est là, bien sûr, puisqu’il s’agit d’une statue de femme nue mais il est derrière. Accessoire. Secondaire.

La Vénus callipyge est complétement différente. Elle est UNIQUE : Elle soulève sa robe pour montrer son cul qu’elle se retourne pour regarder. La partie la plus importante de la statue, c’est le cul. Sa face avant est son derrière.

Jean-Jacques Clérion - "Vénus callipyge" - 1686 - Parc du château de Versailles - Photo par Ackteon sur Flickr (Merci Ackteon ! Pour voir l'original, cliquer la photo)

La Vénus callipyge la plus ancienne connue date du 1er siècle avant JC et est actuellement exposée au musée archéologique national de Naples. Elle a été découverte à Rome au 16ème siècle sans sa tête. C’est à cette époque qu’on l’a restaurée avec une tête qui regarde son cul. On ne sait pas ce qu’elle regardait avant. L’érotisme que dégage cette Vénus était donc peut-être moindre à l’époque romaine. On pense qu’elle est la copie d’une statue plus ancienne qui était honorée dans un temple de Syracuse (ville grecque -à l’époque- de Sicile) consacré à Afrodite Kallipygos, l’Aphrodite aux belles fesses.

Cette Vénus a été copiée à son tour à la fin du 17ème siècle par Jean-Jacques Clérion (photo ci-dessus) pour décorer les jardins du château de Versailles.  Une autre copie destinée à Versailles (et maintenant exposée au Louvre) a été exécutée par François Barois à la même époque. Pour ne pas EFFAROUCHER LA PUDEUR du public (cf notice du Louvre), les fesses de la déesse ont été recouverte d’une draperie de plâtre. Cette draperie est toujours en place actuellement sur les fesses de Vénus. Notez par ailleurs que la notice du Louvre ne nous présente pas la statue « de face » (sachant que dans ce cas très particulier, sa face, c’est son cul). Serait-ce par pudeur ? Cette histoire rappelle la jupette de plâtre que la Vénus « Colonna » du Vatican portait jusqu’en 1932 (voir « Le jour où commença le culte du corps féminin« ). Pour en finir avec ces histoires de pudeur, j’ajouterai que la Vénus callipyge de Naples a connu des aventures similaires en se retrouvant très longtemps exposée dans une cour fermée à clé, sous la surveillance d’un gardien (juste au cas où un dévot forcené du culte aphrodisiaque essayait de prendre la déesse de force et d’enfoncer son dard dans son cul de pierre ? Ne doutons pas de la puissance des pulsions masculines !).

La Vénus callipyge a bien sa place dans ce blog où il est surtout question de la dévotion que les hommes portent à leurs idoles féminines. Cul, impudeur, culte, beauté… Tout y est. Je reprendrai donc à mon tour les vers de Jean de La Fontaine dans son « conte tiré de l’Athénée » (ne me dîtes pas qu’il y a un jeu de mots avec con-tiré !) :

Du temps des Grecs deux soeurs disaient avoir
Aussi beau cul que fille de leur sorte;
La question ne fut que de savoir
Quelle des deux dessus l’autre l’emporte:
Pour en juger un expert étant pris,
A la moins jeune il accorde le prix,
Puis l’épousant lui fait don de son âme;
A son exemple un sien frère est épris
De la cadette, et la prend pour sa femme;
Tant fut entre eux, à la fin, procédé,
Que par les soeurs un temple fut fondé
Dessous le nom de Vénus belle-fesse;
Je ne sais pas à quelle intention;
Mais c’eût été le temple de la Grèce
Pour qui j’eusse eu plus de dévotion.

(Ce conte reprend une histoire racontée dans « Les Deipnosophistes », une série de 15 livres écrits au début du 3ème siècle après JC par Athénée de Naucratis, à l’origine du nom de la Vénus callipyge)

Pudica et Impudica, versions contemporaines, photographiées

Après les copies romaines de statues grecques et les peintures du 19ème siècle, c’est un grand plaisir de rappeler à la mémoire de tous cette superbe Venus Pudica à la clope par Peter Lindbergh que l’on trouve en haute déf sur le web (cliquer sur la photo pour admirer l’Aphrodite Monica Bellucci).

Pour en savoir plus sur Peter Lindbergh (photographe du noir et blanc et admirateur de Van Gogh !), allez donc voir son site. Ne manquez pas l’édition spéciale 30 ans de Vogue Allemagne par Peter Lindbergh. Magnifique. L’édition spéciale de Vogue Espagne n’est pas mal non plus.

En opposition à la Vénus pudique (et pour compléter l’article précédent), voici son pendant impudique, la Vénus de l’Esquilin aux bras relevés, sous la forme d’une jeune fille tatouée qui se déshabille.Remarquez au passage qu’il s’agit de la deuxième fois que je mets sur le blog une photo glanée sur le web de ce total inconnu qu’est Kevin Jordan, qui semble nous venir des froides terres canadiennes.

Le modèle classique de la Vénus Impudique

On a déjà beaucoup parlé de la « Venus Pudica » : L’originale, celle de Cnide, qui se cache le sexe mais pas les seins ainsi que la variante dite « Capitoline » (du nom de la colline de Rome où on a trouvé une de ses copies) qui se cache les seins en plus du sexe. On n’a pas encore parlé de la Vénus qui ne cache rien et qu’on pourrait donc appeler « impudique ».

Il s’agit d’une Vénus qui lève les bras, généralement pour bricoler quelque chose dans ses cheveux. Les anglophones l’appellent d’ailleurs « hair-binding Venus ». Elle peut se confondre avec les Vénus Anadyomène (« surgies de l’eau ») peintes au 19ème siècle par Bouguereau, Chassériau, Ingres ou Amaury-Duval qui, toutes, lèvent leur bras pour nouer leurs cheveux.

Depuis la découverte à Rome, en 1874, lors de travaux sur la colline de l’Esquilin, d’une Aphrodite très « cnidienne » dans la pose (fesses serrées, déhanchement, debout à côté d’un vase sur lequel sont posés ses vêtements) mais aux bras relevés (du moins faut-il le déduire par ce qui reste des épaules car les bras sont cassés), on appelle ce type de représentation féminine une « Vénus de l’Esquilin ».

Venus de l'Esquilin

Vénus de l'Esquilin - Copie romaine d'un original grec - Musée du palais des conservateurs, salle des Horti Lamiani (musées capitolins, Rome) - Photo par didi46 sur Wikimedia

[Cliquer pour voir la Vénus sur le site des musées capitolins et sur Flickr]

Hormis celle-ci, les statues de type « Esquilin » les plus célèbres se trouvent au Louvre (également une copie romaine aux bras cassés) et au musée de Pergame (Pergamonmuseum) à Berlin.

Nulle doute que la découverte de cette statue a directement influencé plusieurs tableaux exécutés quelques années plus tard :

venus esquilin, alma-taderma, poynter, siemiradzki

De gauche à droite :

A sculptor’s model (aussi appelé Venus Esquilina), 1877, par Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), collection particulière

Diadumeme, 1883, par Edward John Poynter (1836-1919), Royal Albert Memorial Museum and Art Gallery, Exeter.

Phryné à la fête de Poséidon à l’Eleusinion, 1889, par Henryk Hector Siemiradzki (1843-1902), Musée russe de Saint-Petersbourg

Les 2 Antiope de Goltzius (la fausse et la vraie)

Après plusieurs articles  sur les  cache-tétons, enlevons donc ces pasties pour voir ce qu’il y a en dessous. Le plus fun, c’est de retrouver le Néerlandais Hendrick Goltzius (1558-1617) avec lequel on parlait de vertu et de baiser lesbien (cf l’article « vertueuses et lesbiennes« ) juste avant notre petit intermède lingerie.

Hendrick Goltzius, Vénus et Cupidon épiés par un satyre, gros plan

Goltzius a beaucoup gravé mais il  n’a peint que pendant les dernières années de sa vie. Il nous a donc laissé peu de peintures mais – attention les yeux ! – il n’a laissé que des chefs d’oeuvre, à commencer par ce « Vénus et Cupidon épiés par un satyre » de  1616 exposé au musée du Louvre.

Que dire de cette peinture ? Vénus, les yeux mi-clos et les cuisses écartées, presse nonchalamment  sur son sein droit pour en faire gicler le lait (A comparer avec les giclées des sirènes de Jean de Boulogne). Avec Goltzius, on est très loin de la Venus Pudica.

Hendrick GOLTZIUS, Venus et l'Amour épiés par un satyre, Louvre,1616Pendant longtemps, cette Vénus a été  prise pour Antiope, la fille que Zeus  sauta après s’être transformé en satyre (pour la petite histoire, Antiope paya très cher ce petit coup bite du grand dieu sauteur qui, lui, regagna tranquillement ses pénates). Cependant, s’il y a bien un satyre sur le tableau, il y a aussi le petit Cupidon qui ne s’éloigne jamais beaucoup de maman Vénus.

Ci-dessus, il s’agit donc de Vénus. Pourtant Goltzius a bien peint Antiope mais elle se trouve ci-dessous :

Hendrick Goltzius, Antiope,gros planC’est une très belle poitrine que peint Goltzius en 1612. Pour rajouter à l’érotisme de la scène, il introduit un petit bonhomme qui tripote le téton d’Antiope endormie alors que Zeus/Jupiter s’approche de la jeune femme pour la sauter (je suppose que la cruche vide au premier plan est là pour nous rappeler que tout cela est une affaire de sexe : un vase vide qu’on remplit par le trou).Hendrick Goltzius,Jupiter séduit Antiope déguisé en satyre,1612Jusqu’en 2009, Antiope était visible au musée Frans Hals d’Haarlem aux Pays-Bas. Plus maintenant. La toile avait été confisquée par les nazis à son propriétaire juif. Récupérée par les Alliés en 1945, elle avait été donnée au gouvernement néerlandais. En mars 2009, elle a été restituée aux héritiers d’Abraham Adelsberger qui l’ont vendue aux enchères en janvier 2010 pour 6,8 millions de dollars.

[Images disponibles sur wikimedia commons]