L’importance de marquer le pubis

Alors que je traversais le parvis des Droits de l’Homme, en route vers la place du Trocadéro, je constatais que certaines des statues dorées alignées sur le bord du parvis étaient « graffitées », d’autres non. Seules les femmes nues avaient droit à l’encre du marqueur ou à la colle qu’on tartine sous les affiches. Le lieu du marquage m’a semblé aussi très intéressant : le pubis, toujours.

« Le Printemps » par Paul Niclausse, 1937, Parvis des Droits de l’Homme (Palais de Chaillot, Paris)

Alors, pourquoi le pubis ?

Sans rentrer dans de la psychologie lourde (j’en serais incapable !), on peut supposer ceci :

1. Graffiter, c’est transgresser. Le faire sur l’emplacement le plus intime d’un corps (fut-ce une statue) ajoute du poids à la transgression.

2. Le passant mâle jettera un coup d’oeil sur le pubis (ou les seins) davantage que sur les autres parties du corps. Graffiter le pubis, c’est donc garantir plus de visibilité à son message.

3. En inscrivant son nom à l’endroit le plus intime (sur la photo, il ne s’agit certes pas d’une signature mais le tag de pubis est fréquent : Regardez les statues, les affiches dans le métro…), le type a cherché à marquer son territoire.

4. Le type a pris plaisir a tripoter l’intimité d’une femme ?

Le marquage du pubis n’est pas seulement un truc de mecs. Il intéresse aussi les filles, en particulier celles qui se tatouent le pubis.

Nue au pubis tatoué, Ponderosa Nude Festival 2007, photo de Bryan Le Nu, Wikimedia Commons

Je ne parle pas des filles qui se tatouent partout et, entre autres, sur le bas-ventre. Je pense à celles qui ne le font qu’à cet endroit, comme celle qui pose sur la photo ci-dessus.

Je n’ai aucun doute qu’un tel tatouage prend de l’importance parce qu’il est placé à l’emplacement le plus intime. On pourrait voir ça comme une marque de pudeur : « Je me marque le corps mais personne ne le sait ».  Je pense que c’est le contraire. La fille est « impudique » et tient à le faire savoir, d’abord en confiant son intimité à un tatoueur, ensuite en attirant les regards sur le seul tatouage qu’offre son corps, donc sur l’emplacement de son sexe (ça suppose bien sûr que la fille soit nue). Ainsi, ce qui devrait être caché devient le centre d’attention.

A cela, j’ajouterais que le tatouage du pubis est aussi, peut-être, un choix esthétique. Le sexe photographié ci-dessous, tatoué et percé de boucles d’or, n’est-il pas magnifique ?

Tatouage pubique photographié par Stan Spanker, Wikimedia Commons

Le papillon est un grand classique des tatouages pubiques, comme ici ou ici. La forme triangulaire de la bestiole quand elle déploie ses ailes est bien sûr parfaitement adaptée à la forme du bas-ventre. Les ailes rappellent aussi les lèvres de la chatte (voir « Quand la chatte ressemble au papillon« ). Il y a aussi autre chose, je pense, comme une légèreté, un souffle de liberté…

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