Allégories de Chaillot

Le Palais de Chaillot, un monument Art Déco construit en 1937 face à la Tour Eiffel, est aussi un temple à la Grande Femelle : Elle est partout.

Voici par exemple les bas-reliefs qui décorent l’aile Passy au sud, le long de la rue Benjamin Franklin.

« Océanie » par Henry Arnold

Ces “grandes femelles”-là sont, comme les mères-patries de l’article “La plus grande femme” ou les vertus de “Vertueuses et lesbiennes“, des allégories, c’est à dire des représentations humaines d’idées ou de concepts. “Allégorie” est un mot féminin, comme la plupart des allégories. Ca tombe bien.

Des femmes, donc, pour représenter des continents, en commençant par l’Océanie, symbolisée par deux femmes nues aux cheveux longs qui s’enlacent au milieu d’hommes nus qui bricolent sous les palmiers et d’une femme allongée qui glande, comme les “Femmes de Tahiti” peintes cinquante ans plus tôt par Gauguin.

« Afrique » par Antoine Sartorio

Pour symboliser l’Afrique, Sartorio a utilisé aussi deux femmes : une Maghrébine voilée devant un dromadaire et un minaret, et une Noire portant un masque devant un djembé et un éléphant.

La “Négresse” vêtue de ses seuls bijoux (ceinture, bracelets, collier, boucles d’oreilles) et de sa chevelure travaillée est magnifique : elle rappelle les Egyptiennes dont on a déjà parlé (voir “Belles toutes nues (avec plein de bijoux)“. Ses seins coniques sont aussi les plus beaux de la rue Benjamin Franklin.

« Asie » par Georges Saupique

Les seins de l’Asiatique sont moins poitus et dépourvus de tétons. C’est comme ça que Saupique a choisi de représenter sa femme, dans un style, il est vrai, différent de celui de Sartorio. L’autre personnage pourrait être Bouddha.

Beaucoup de courbettes et de dévotion pour l’une ou pour l’autre, un samouraï qui bande son arc ou qui le tend (pour elle ?), un dragon et un(e) tigre(sse) qui s’entredéchirent/s’entredévorent/s’embrassent. Yin-Yang. L’Asie, quoi.

Le bas-relief de l’Amérique est bien plus obscur.

« Amérique » par Jacques Zwoboda ?

Il y a de nouveau deux personnages centraux, deux femmes nues comme pour l’Océanie. On peut supposer qu’il s’agit de l’Amérique du Nord et de l’Amérique latine… Peut-être. Pourquoi les deux femmes allongées ? Mississipi et Amazone ? Pourquoi le cheval et pourquoi l’homme ? Obscur, vraiment.

Il reste à trouver le bas-relief de l’Europe qui pourrait être celui :

« Europe » ou « Marine à Vapeur » ?

L’Europe? Vraiment ? Deux femmes, une fois de plus, mais pourquoi l’ancre, le paquebot, la rose des vents et le phare ? Est-ce un hommage à l’Europe des explorateurs-colonisateurs ou est-ce autre chose ? N’oublions pas que ces sculptures sont sur le mur du musée de la marine !

Regardez, ci-dessous, cet autre bas-relief de l’aile Passy. Au centre, une Aphrodite aux cheveux longs sort de sa coquille, nue. Elle tient un bateau dans sa main gauche. Cette Aphrodite est aussi une allégorie, celle de la marine à voile !

« Marine à Voile » par Gaston Contesse

Si on songe que l’aile Passy abrite aussi le musée de l’Homme alors on comprend mieux le but de ces sculptures : allégories de marines pour l’un, allégories de continents exotiques pour l’autre. Tant pis pour l’Europe qui n’aura pas ses nudistes.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s