Pourquoi le voile ? Parce que Paul l’a voulu.

Pourquoi les Tournaisiennes du 15ème siècle dissimulaient-elles leur tête à l’exception du visage sous un imposant voile blanc ? Pourquoi le foulard des Anversoises ? Pourquoi la coiffe des femmes de Haarlem ? Paul. Paul. Et encore Paul.

La question du voile est abordée une seule fois dans le Nouveau Testament. Ce n’est pas Jésus qui en parle : Nulle mention de voile dans aucun des quatre Evangiles. Le Christ n’en a rien à faire. C’est un certain Paul de Tarse qui s’y colle, dans une lettre qu’il envoie à la communauté chrétienne de la ville de Corinthe. Et malgré la position infiniment subalterne d’un « Paul de Tarse » par rapport au Christ, cette lettre a suffi à changer pour des siècles l’habillement  des femmes et, plus incroyable encore, elle influence encore maintenant les rapports entre hommes et femmes.

Religieuses agenouillées dans la basilique Saint-Paul Hors les Murs (San Paolo fuori le Mura) à Rome, qui abrite le tombeau de Saint-Paul (Photo Lawrence OP - Cliquer pour voir l'original sur Flickr)

Paul de Tarse, alias Saint Paul, n’a jamais connu le Christ avant la crucifixion. Il ne fait pas partie des douze apôtres qui ont partagé le dernier repas du Christ. Il  aurait, soi-disant (c’est Paul qui le dit), croisé sur la route de Damas le Christ ressuscité qui l’aurait 1) converti, 2) nommé son treizième apôtre.

Paul devient alors le missionaire le plus zélé de la jeune secte chrétienne. Il fonde des communautés dans diverses villes du Proche-Orient et entretient une correspondance avec elles.

Voici ce qu’il dit dans sa premier lettre aux chrétiens de Corinthe (Première épître de Saint-Paul Apôtre aux Corinthiens, Chapitre 11), dans la traduction faite en 1910 par Louis Segond :

11-3. Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ.
11-4. Tout homme qui prie ou qui prophétise, la tête couverte, déshonore son chef.
11-5. Toute femme, au contraire, qui prie ou qui prophétise, la tête non voilée, déshonore son chef : c’est comme si elle était rasée.
11-6. Car si une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux. Or, s’il est honteux pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle se voile.
11-7. L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme.
11-8. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme ;
11-9. et l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à cause de l’homme.
11-10. C’est pourquoi la femme, à cause des anges, doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend.
11-11. Toutefois, dans le Seigneur, la femme n’est point sans l’homme, ni l’homme sans la femme.
11-12. Car, de même que la femme a été tirée de l’homme, de même l’homme existe par la femme, et tout vient de Dieu.
11-13. Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable qu’une femme prie Dieu sans être voilée ?
11-14. La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter de longs cheveux,
11-15. mais que c’est une gloire pour la femme d’en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ?

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