Le péché

Je vais finir cette série d’articles sur Eve, le serpent et le péché avec celui qui a beaucoup tourné autour du sujet.

Je disais récemment que quand on parle de femmes fatales et de serpents, il est toujours utile de se rappeler des sécessionnistes viennois et münichois (cf « Un standard glamour : La femme nue allongée au serpent« ). Je laisserai tomber le Viennois (Klimt) pour cette fois et je m’intéresserai au Münichois : Franz von Stuck (1863-1928).

Pour commencer et par souci de symétrie par rapport aux articles précédents, voici déjà cette petite chose :

Franz von Stuck - "Die Sinnlichkeit" (La Sensualité) - vers 1891 - Oeuvre qui fit l'objet d'une vente forcée de la part de son propriétaire en 1941 et qui fut restituée aux héritiers de Fritz Gutmann en 2009 - Source : mutualart.com

Le tableau ne s’appelle pas « Eve ». Pas plus que les photos de Hannah et de Rachel Weisz.  Il s’appelle « La Sensualité » et ça ne nous étonne pas : On a déjà parlé de tout cela à l’article précédent. « Eve », c’est un autre nom pour l’érotisme ou le péché, la désobéissance ou le sexe. Alors, pourquoi pas « Sensualité » ?

Je pourrai continuer avec une autre femme enroulée dans un serpent. Une femme qui n’est pas debout mais allongée. C’est une oeuvre de von Stuck visible au musée Wallraf-Richartz de Cologne et qui s’appelle « Le Péché » (Die Sünde). Je vous laisse cliquer tout(e) seul(e). Moi, je préfère passer directement au Péché qui m’intéresse.

Voici la bête :

… ou plutôt, voici la Déesse.

On devine ses traits dans l’ombre du temple. Entre les colonnes de l’entrée, son corps s’offre à tous, tentateur. La peau blanche de la poitrine brille à la lueur du jour mais le visage reste dans l’ombre. Seuls ses yeux scintillent. Ils nous fixent. Tout comme ceux du serpent.

Le Péché dans son temple d’or. Eve, la Sensualité, le Péché, l’Erotisme, le Corps, le Sexe. La première femme dans son temple.

Lors de la présentation du « Péché » au public münichois, ce dernier a été enthousiasmé par cette vision de femme décomplexée, assumant pleinement son statut de pécheresse et de femme fatale. Voilà donc Eve en femme dominatrice et aventureuse qui entraîne l’homme dans sa chute. Adieu la Sainte, la Vierge, la Mère. Louanges à la Pécheresse, la Sulfureuse, la Diabolique. Adieu aussi les longs cheveux blonds au profit de la toison brune.

La Pinacothèque de Münich a acheté la toile, peinte en 1893.

D’autres versions ont été réalisées par von Stuck. Les plus connues sont celle de 1912, exposée à la Alte Nationalgalerie de Berlin, et celle de l' »autel » de la Villa Stuck à Münich.

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