Queue, trompe, tentacule, serpent…

Quand la reine Maya rêve qu’elle se fait pénétrer par un éléphant blanc (voir article précédent), je ne peux m’empêcher de penser à une histoire de trompe. Une trompe qui la pénètre… Le songe d’une énorme bite. J’ai tord. Ou, plutôt, je raisonne comme une Occidentale.

« Dovima with elephants » – 1955 – Richard Avedon – Source : rvrenard.wordpress.com

Quand la célèbre mannequin américaine Dovima (Dorothy Virginia Margaret Juba, 1927-1990) pose pour Richard Avedon (1923-2004) en août 1955 dans une robe dessinée par Yves Saint-Laurent pour Christian Dior devant deux éléphants du Cirque d’Hiver à Paris, on obtient une des photos de mode les plus connues dans le monde. Une des plus sensuelles aussi : La femme sophistiquée et fragile qui pose délicatement sa fine main blanche sur la trompe dressée de la grosse bête primitive, rugueuse et grise. La Belle et la Bête. La blanche Galatée et le brutal Polyphème (voir : « Adoration, le cas Daphné« ).

Inexistant en Europe mais bien connu en Asie, l’éléphant est un animal puissant et utile qui devient incontrôlable et dangereux quand il est pris d’un coup de folie. Pas l’éléphant blanc. Celui-ci ne connaît pas la folie. Il symbolise la puissance maîtrisée et, pour cela, il est infiniment respecté en Asie. Ce n’est donc pas la trompe de l’éléphant qui intéresse la reine Maya mais sa couleur. Elle sera fécondée par un être puissant qui a appris à maîtriser sa force : l’éléphant blanc.

Je viens de lire une autre différence entre la vision occidentale et celle des Orientaux. C’est assez surprenant et, je l’avoue, parfois mystérieux. Les Occidentaux voient le sexe comme la pénétration de l’homme dans la femme et l’injection en elle de la semence du mâle. « Normal ! », me direz-vous. Et bien non ! Il semble que les Orientaux voient l’acte sexuel comme l’introduction par la femme de son énergie dans le corps de l’homme (on avait déjà évoqué le rôle énergétique de la compagne ou shakti des dieux hindous dans la « Petite discussion sur Shiva, le mâle et son pénis« ). Le sexe de l’homme devient comme une vulve pénétrée par la force féminine. Dans le ventre de l’homme devenu un être idéal hermaphrodite se forme une semence nouvelle qui monte le long de la colonne vertébrale jusqu’à la tête, comme un serpent (voir le blog chine-immortelle).

slug Anish Kapoor[« Slug » par Anish Kapoor – Source : pinterest –  2011  – Anish Kapoor est au Grand Palais à Paris du 11 mai au 23 juin 2011]

Si j’ai bien compris, c’est ce serpent qu’a représenté Anish Kapoor, Britannique d’origine indienne (né en 1954 à Bombay). Ainsi qu’une grosse vulve rouge. Vulve et serpent de l’homme hermaphrodite ? On pourrait aussi y voir une belle grosse chatte de femme et une interminable queue d’homme. Queue, trompe, tentacule, serpent… Voici une transition toute trouvée vers les prochains articles.

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