La toilette ou l’art de se coiffer

Voici encore 3 toiles très intéressantes sur le thème de la toilette. Dans les 3 cas, il n’y a ni eau, ni savon : ce ne sont pas des femmes en train de se laver. Elles ne sont pas non plus assises à leur cabinet de toilette comme pour les 3 portraits de l’Ecole de Fontainebleau. Les 3 femmes que j’ai sélectionnées lèvent un ou deux bras pour bricoler avec leurs cheveux. Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, forcément, parce qu’on en a déjà beaucoup parlé : Ca rappelle les Vénus Anadyomène et ça rappelle les Vénus de l’Esquilin. Ici, cependant, les positions sont différentes. C’est ça qui m’a amusée.

Première femme : Esther peinte par Théodore Chassériau (1819-1856). Elle pourrait être une Vénus Esquiline si elle n’était pas assise. Remarquez au passage la mise en valeur de cette Esther blanche, blonde et dorée entre l’Arabe et la Noire (ce qui donne par ailleurs un petit côté « rois mages » à l’oeuvre).

Théodore Chassériau, "La toilette d'Esther" ou "Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus", 1841, Musée du Louvre, photo sur Wikimedia Commons

Deuxième femme : Florentine (c’est le nom du modèle) peinte par le Danois CW Eckersberg (1783-1853). Quelle magnifique chute de reins ! Quel dos ! Quelles épaules ! Ce type de pose est très rare et, pourtant, quelle beauté ! Le fait que les fesses de Florentine soient couvertes mais qu’on devine la naissance de la raie des fesses renforce l’érotisme de la situation. Le vêtement (ou le drap de bain) sur les jambes renvoie également au portrait d’Esther, peint la même année. On n’a pas de doute que c’est une scène de « toilette », même si le titre de la toile ne le précise pas.

C_W_Eckersberg

Cristoffer Wilhem Eckersberg, "Femme devant un miroir", 1841, Hirschsprungske Samling, Copenhague, photo Wikimedia Commons

Troisième femme : Une inconnue peinte par Theo Molkenboer (1871-1920). De Chassériau/Eckersberg à Molkenboer, on saute 1/2 siècle et on se retrouve au début du vingtième siècle, en pleine période Art Nouveau. Cette scène a un très fort contenu érotique : une jeune femme très jeune, longue, mince, pas entièrement nue (elle porte des ballerines et un collier), le pubis parfaitement rasé (alors qu’elle a des poils sous les bras) qui vérifie son chignon dans un miroir. De prime abord, on pourrait penser qu’elle se tient devant la cheminée du salon, ce qui rajouterait à l’érotisme de la scène, mais non : remarquez  la présence du tub en bas à gauche. On est dans la chambre de la jeune fille, au moment du bain.

Theo Molkenboer, "La Toilette", 1903, Stedelijk Museum Amsterdam, Photo Wikimedia Commons

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