Archives mensuelles : février 2011

De l’Acus aux femmes-phallus

Vous avez sans doute déjà croisé cette toile du Maubeugeois Jan Gossaert/Jean Mabuse (1478-1532) dans laquelle on voit Neptune, le dieu des océans, et sa femme Amphitrite.

jan gossaert, neptune et amphitrite

Neptune et Amphitrite, 1516, Jan Gossaert, Gemäldegalerie Berlin

Devant ce tableau, on s’intéresse forcément immédiatement à la bite de Neptune et on veut en savoir plus sur ce coquillage. En gros plan (cliquer pour voir la HD), ça donne ceci et c’est effectivement intéressant :

Remarquez que si la bite divine est bien dans le coquillage, ses testicules en sont exclues, ce qui donne un sex-appeal particulier aux couilles asymétriques du dieu.

Tout cela m’amène au sujet de l’article : la coquille qui abrite le pénis neptunien n’est pas un bigorneau (difficile d’y loger une bite digne de ce nom) mais un « acus ». Et, contrairement à ce que la toile de Gossaert pourrait laisser croire, l’acus n’est pas réservé aux hommes !

(Cet article n’est pas pornographique mais je me méfie des réactions devant une bite un peu raide. Si vous n’avez pas plus de 18 ans, ne venez pas voir la photo d’un Acus.)

Sinon, il y a plein d’autres articles à lire…

Bottomless, épisode 5

Une femme habillée, c’est banal. Une femme nue, c’est banal. Une femme aux seins nus, c’est banal. S’il n’y en a pas encore plein les rues, il y en a plein les plages, plein les magazines, plein le web. Ce qui n’est pas banal, c’est une femme « cul nu », sans le bas, bottomless.

On a déjà montré quelques femmes cul nu dans ce blog : La très belle Ana Maria photographiée par Emel Bayram, les Vénus modernes qui ne cachent que leurs seins, l’Aphrodite impudique de K. Jordan, Trish Goff dans l’article précédent. Je vous propose un cinquième épisode avec quelques photos de Jo Graetz en support à un micro débat sur le triangle « bottomlesness-pudeur-sensualité ».

not ladylike,jo graetz

Jo Graetz a appelé cette première photo : « NOT LADYLIKE ? », ce qu’on pourrait traduire par : « Une vraie lady se comporterait-elle comme ça ? » Réponse : Non ! Une vraie lady ne se balade pas la chatte à l’air comme une pute, pour parler cru. Et bien oui, c’est ça le truc du bottomless. Ne montrer que sa chatte (ou son cul), ce n’est pas comme se balader à poil (ce qui est naturel) ou montrer ses seins (la mère allaitante les montre aussi). Ne montrer QUE sa chatte, c’est offrir son sexe à celui qui fait la photo (et à ceux qui la regarde). C’est ça qui est fun !

Deuxième photo de Graetz : « ASHAMED – OR NOT ? » En termes de moralité et depuis la nuit des temps, la fille qui montre son corps nu (et, a fortiori, son sexe) doit avoir HONTE. C’est le principe même de la pudeur : Oups ! On voit mes fesses ; je rougis ; je les cache parce que j’ai honte. Celles qui n’ont pas honte sont des putes. D’accord. Et si plus aucune fille n’avait honte ?

[Les photos de Jo Graetz sont visibles par tous sur son site deviantart]

Portrait de Trish Goff par Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin

Cette Vénus impudique ne lève pas assez les bras pour rentrer dans la catégorique « Esquilin » mais il fallait que je la mette dans le blog, tant je la trouve… impudique. La photo est lié à un original en HD que l’on trouve à plusieurs endroits sur le web. Quant aux auteurs, ce sont les excellents néerlandais Inez Van Lamsweerde et Vinoodh Matadin.

Pour en savoir plus sur le duo Van Lamsweerde/Matadin, je vous invite à consulter ce site. On peut y lire cette citation : « Nous pensons que la recherche de la beauté, dans tous les sens du terme, permet de découvrir de nouveaux territoires. » Oui. Et je pense que ces territoires sont dans nos têtes.

Pudica et Impudica, versions contemporaines, photographiées

Après les copies romaines de statues grecques et les peintures du 19ème siècle, c’est un grand plaisir de rappeler à la mémoire de tous cette superbe Venus Pudica à la clope par Peter Lindbergh que l’on trouve en haute déf sur le web (cliquer sur la photo pour admirer l’Aphrodite Monica Bellucci).

Pour en savoir plus sur Peter Lindbergh (photographe du noir et blanc et admirateur de Van Gogh !), allez donc voir son site. Ne manquez pas l’édition spéciale 30 ans de Vogue Allemagne par Peter Lindbergh. Magnifique. L’édition spéciale de Vogue Espagne n’est pas mal non plus.

En opposition à la Vénus pudique (et pour compléter l’article précédent), voici son pendant impudique, la Vénus de l’Esquilin aux bras relevés, sous la forme d’une jeune fille tatouée qui se déshabille.Remarquez au passage qu’il s’agit de la deuxième fois que je mets sur le blog une photo glanée sur le web de ce total inconnu qu’est Kevin Jordan, qui semble nous venir des froides terres canadiennes.

Le modèle classique de la Vénus Impudique

On a déjà beaucoup parlé de la « Venus Pudica » : L’originale, celle de Cnide, qui se cache le sexe mais pas les seins ainsi que la variante dite « Capitoline » (du nom de la colline de Rome où on a trouvé une de ses copies) qui se cache les seins en plus du sexe. On n’a pas encore parlé de la Vénus qui ne cache rien et qu’on pourrait donc appeler « impudique ».

Il s’agit d’une Vénus qui lève les bras, généralement pour bricoler quelque chose dans ses cheveux. Les anglophones l’appellent d’ailleurs « hair-binding Venus ». Elle peut se confondre avec les Vénus Anadyomène (« surgies de l’eau ») peintes au 19ème siècle par Bouguereau, Chassériau, Ingres ou Amaury-Duval qui, toutes, lèvent leur bras pour nouer leurs cheveux.

Depuis la découverte à Rome, en 1874, lors de travaux sur la colline de l’Esquilin, d’une Aphrodite très « cnidienne » dans la pose (fesses serrées, déhanchement, debout à côté d’un vase sur lequel sont posés ses vêtements) mais aux bras relevés (du moins faut-il le déduire par ce qui reste des épaules car les bras sont cassés), on appelle ce type de représentation féminine une « Vénus de l’Esquilin ».

Venus de l'Esquilin

Vénus de l'Esquilin - Copie romaine d'un original grec - Musée du palais des conservateurs, salle des Horti Lamiani (musées capitolins, Rome) - Photo par didi46 sur Wikimedia

[Cliquer pour voir la Vénus sur le site des musées capitolins et sur Flickr]

Hormis celle-ci, les statues de type « Esquilin » les plus célèbres se trouvent au Louvre (également une copie romaine aux bras cassés) et au musée de Pergame (Pergamonmuseum) à Berlin.

Nulle doute que la découverte de cette statue a directement influencé plusieurs tableaux exécutés quelques années plus tard :

venus esquilin, alma-taderma, poynter, siemiradzki

De gauche à droite :

A sculptor’s model (aussi appelé Venus Esquilina), 1877, par Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), collection particulière

Diadumeme, 1883, par Edward John Poynter (1836-1919), Royal Albert Memorial Museum and Art Gallery, Exeter.

Phryné à la fête de Poséidon à l’Eleusinion, 1889, par Henryk Hector Siemiradzki (1843-1902), Musée russe de Saint-Petersbourg

Clitoris = Pénis ?

Homme ? Femme ? Il est vraiment troublant cet Andrej Pejic (cf article précédent : A. Pejic dans la robe de mariée JPG) ! Je suis un peu en retard, me direz vous. Les transexuels n’ont pas attendu le jeune Bosniaque pour découvrir qu’entre hommes et femmes, c’est le flou. Même dans le milieu médical, on sait très bien que rien ne ressemble plus à un pénis… qu’un clitoris. Pourtant, de prime abord, ce n’est pas si évident. Allons donc étudier ça de plus près ! (Comme il y a quelques gros-plans d’organes sexuels, je préfère réserver cet article aux + de 18 ans, même si cela n’a rien de porno.)

Mannequins vs Stars

Il y a quelques jours, le 13 février, à la 53ème cérémonie des « Grammy Awards » à Los Angeles, la chanteuse Rihanna a décroché la récompense du meilleur album dance pour « Only girl (in the world) ». Moi, les Grammys, ça m’est complétement égal ! C’est la robe de Rihanna qui m’a attiré l’oeil. Si vous vous intéressez un peu à la mode, vous l’avez déjà vue (la robe !).

[Photo sur starcasm.net]

Et oui ! Voici l’originale : la robe de mariée de la collection été 2011 de Jean-Paul Gaultier couture. N’est-elle pas beaucoup plus belle portée par ce mannequin ? Oui, c’est sûr, mais pourquoi ? C’est peut-être le chapeau qui fait la différence. Ou alors les gants. Sinon, c’est peut-être le mannequin. Très belle effectivement, même si elle s’appelle Andrej Pejic et que c’est en fait… un homme.

[voir haute déf sur mode.vogue.fr]

Tout cela m’a rappelé Laetitia Casta à la 35ème cérémonie des Césars, il y a un an, le 27 février 2010 à Paris, lorsqu’elle a remis le prix du meilleur second rôle masculin à Niels Arestrup. Pas parce que Casta est un homme (elle n’en est pas un, bien sûr) mais à cause de sa robe.

[Photo sur volcreole.com. Autres photos de la Casta aux Césars sur evilox et sur grazia.]

Pas de JPG ici mais la très fameuse robe du soir « see-through » présentée par Yves Saint-Laurent dans sa collection Automne-Hiver 1968. 40 ans plus tard, la robe choque toujours mais avez-vous remarqué que la version de 1968 était plus belle ? Regardez ! Comparez ! Vous voyez la différence ?

[Photo Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent © Tous droits réservés – Photo sur volcreole.com]

La différence, c’est que dans sa version de 1968, la robe était vraiment transparente. La robe de 2010 tente de masquer un peu les seins derrière des motifs de mauvais goût. Ah, non ! Ne cachez pas ces seins !

Dans le même registre du mannequin plus beau que la star, je vous rappelle le cas de la robe-bulle de Hussein Chalayan (mal) portée par Lady Gaga.