Archives mensuelles : janvier 2011

Salon de la Lingerie 2011 – Défilé LingaDore

Pas très contente de mes photos mais tant pis. Pour ceux/celles que ça intéresse : quelques photos du défilé sur le stand LingaDore au Salon International de la Lingerie de Paris (22-24 janvier 2011). Deux raisons de regrader ces photos : 1. Sous-vêtements et fourrure blanche, c’est rigolo. 2. La blonde a de très jolies fesses.

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Vertueuses et lesbiennes

Le Néerlandais Hendrick Goltz, dit Goltzius (1558-1617), est un peintre et graveur exceptionnel. Il a laissé une oeuvre abondante, tout particulièrement au Rijksmuseum d’Amsterdam. Une suite de quatre estampes, appelée « De verenigde deugden » (« Les vertus alliées »), m’a toujours semblé remarquable par ses couples de femmes qui s’embrassent langoureusement. Goltzius a traité des couples d’allégories de vertus comme autant de couples de lesbiennes.

1. Rechtvaardigheid en Voorzichdigheid (Iustitia + Prudentia)goltzius,iustitia,justitia,prudentia

Le premier couple est celui que forment Iustitia (le souci d’équité) avec Prudentia (le discernement). Iustitia et Prudentia sont deux des quatre vertus que les Grecs appelaient « cardinales ».

2. Kracht en Geduld (Fortitudo + Patientia) fortitudo,patientia,goltzius

Fortitudo (le courage) est la troisième vertu cardinale. Goltzius l’a associée avec la patience, bien que cette vertu-là ne soit pas cardinale. Elle remplace Temperentia, la retenue, que l’artiste a escamotée.

3. Hoop en Vertrouwen (Spes + Fidutia)fidutia,spes,goltzius

La confiance (Fidutia) et l’espérance (Spes) sont, elles, des vertus dites chrétiennes (même si on parle plutôt de « Fides », la foi, que de « Fidutia »). La troisième vertu chrétienne (« Charitas », la charité ou l’amour) a été larguée par  Goltzius mais ses quatre gravures ne regorgent-elles pas d’amour ?

4. Eendracht en Vrede (Concordia + Pax)concordia,pax, goltzius

[Toutes images visibles en HD sur le site du Rijksmuseum. Cliquer sur les images pour les voir]

Portrait de Parvati

parvatiJuste une dernière photo pour terminer la série sur le lingam et le yoni : Le portrait, non pas de Shiva sur un lingam, mais de la Shakti de Shiva : la belle Parvati.

Juste pour faire remarquer un petit truc que je n’avais pas eu l’occasion de soulever : Le lingam représente Shiva (ça, c’est très clair et tout le monde l’a maintenant compris) mais le yoni dans lequel s’enfonce le lingam ne représente pas Parvati (ni Kali ni Durga, les autres noms -ou formes ?- de sa Shakti).

Quitte à me répéter, je confirme qu’il n’y a pas d’égalité entre Shiva et Parvati/Durga/Kali, comme il n’y a pas d’égalité entre le lingam et le yoni.

A part ça, très belle poitrine de Parvati et une pierre de plus dans le jardin de ceux qui ont quelques soucis avec les seins nus dans la culture traditionnelle asiatique (cf article « Menaces de mort pour quelques seins nus »).

[Cette Parvati se trouve maintenant dans une collection particulière puisqu’elle était en vente en 2007 sur le site de la société suisse de vente aux enchères Michael Zeller Auktionshaus]

Linga aspergé de lait

L’hindouisme, c’est vraiment compliqué pour ma petite tête. J’ai passé pas mal de temps sur les histoires de lingam de Shiva et j’ai besoin de repos. Je reviendrai plus tard sur Parvati la belle et sur Kali la noire (ou la bleue ?).

Pour clore temporairement cette série d’articles consacrée au lingam et au yoni, voici néanmoins quelques photos de cérémonies traditionnelles (puja) en l’honneur du lingam.

Voici d’abord le lingam aspergé de lait qui dégouline tout le long de l’objet puis remplit le yoni avant de couler à l’extérieur. Je sais que les hindouistes arrosent souvent leurs figures sacrées de liquides (et notamment de lait) mais dans le cas du lingam, l’image est assez brutale : un liquide blanc qui coule le long d’une représentation phallique et remplit ce que certains considèrent comme l’image d’une vulve et d’autres (moi) l’image d’un ventre de femme. Osé !

[Photo puja.net]

Et voici maintenant un lingam géant aspergé de beurre fondu (le lait, c’était sur les photos d’avant que vous pouvez voir sur dhyanapeetam.org). Plus que la cérémonie elle-même, c’est la taille du lingam de cet ashram et l’équipement nécessaire pour l’asperger qui m’a interpelée.

Et si le yoni n’était pas une vulve ?

Pour essayer de comprendre le yoni, je vous propose cette photo de la Néerlandaise Ancilla Tilia en train de se faire sucer par un « lit à vide » sous une feuille plastique (« Suction » sur le site deviantArt d’A. Tilia).

Ce qui est le plus intéressant, c’est la forme des lèvres de son sexe. On retrouve exactement la même forme au niveau de la « gouttière » du yoni. Mais rappelons déjà à quoi ça sert : le « yoni » est une cuve à ablutions au centre de laquelle est enfoncé le lingam. Lors des cérémonies en l’honneur du lingam, ce dernier est aspergé de liquides. La cuve récupère ces liquides qui sont évacués par la gouttière (voir ci-dessous le lingam + le yoni et sa gouttière).

Quand on regarde le yoni et le lingam, on pourrait d’abord penser  que le trou du yoni est l’orifice du vagin dans lequel s’enfonce le  lingam. Mais le yoni ne ressemble pas à une vulve :  la gouttière ne correspond à rien. Par contre, si on considère de nouveau miss Tilia sur son lit qui suce, la ressemblance saute aux yeux. La gouttière, c’est la fente du pubis et la cuve, c’est le ventre. On retrouve la comparaison déjà évoquée quelques articles plus tôt. Rappelez-vous ! Le yoni et son lingam ressemblent à un mortier avec son pilon. Yoni = mortier, vase, cratère, cuve.

Et pour ceux qui ont encore des doutes, voici une photo très étonnante trouvée sur le site angkorguide :

Il s’agit d’une décoration située à l’embouchure de la gouttière d’une cuve à ablutions trouvée à Preah-Khan, sur le site d’Angkor au Cambodge. Vous les aurez reconnues, ce sont les petites lèvres d’un sexe  féminin. Et voici ce que ça donne, ci-dessous, remis dans son contexte. Oui ! Ca ressemble à la photo d’A. Tilia.

J’en déduis que le lingam n’est pas enfoncé dans le sexe mais dans le ventre de la femme, comme un  pilon posé dans le mortier. La fusion homme-femme est donc représentée de façon symbolique et non pas par un rapport sexuel.

Le yoni, c’est le ventre, pas la vulve.

Petite discussion sur Shiva, le mâle et son pénis

L’hindouisme est une religion extraordinairement complexe et Shiva, le principal dieu de son panthéon, n’y échappe pas. Shiva est un dieu créateur mais il représente aussi la destruction ; Il détruit pour pouvoir construire un monde nouveau. Shiva est le plus grand des ascètes or l’ascétisme entraîne généralement le retrait et la solitude mais pas pour Shiva qui concilie son acétisme avec le respect des obligations sociales telles que le mariage ou la procréation. Mariage essentiel, semble-t-il, car sa « parèdre », « celle qui s’asseoit près de lui », sa « shakti » lui apporte l’énergie. Sous la forme de la très belle Parvati ou de la redoutable Kali, elle lui est indispensable.

Elle lui est indispensable, certes, mais à la fin, c’est lui, Shiva, qui compte, pas elle. Il fait. Elle assiste. Il défait. Elle contribue. N’est-ce pas une vision, somme toute, très conservatrice du couple ?

Shiva est une force masculine pure : force violente de destruction, force positive de construction. L’énergie apportée par sa shakti représente peut-être cette autre force qui pousse toujours l’homme vers la femme et qui est le sujet même de ce blog : ce code du chasseur qui cherche la femme pour la pénétrer et qui est imprimé dans l’ADN masculin.Ainsi Shiva présente la face assez familière d’un dieu mâle et le linga lui va bien.

On retrouve dans ce sexe érigé l’envie du mâle, de la pénétration, et la dualité du sexe, aussi bien dispensateur de semence et (pro)créateur (La femme ne dit-elle pas : « remplis-moi ! » ?) que violent et destructeur (et toujours la femme est là, à encourager : « Démonte-moi ! Déchire-moi ! »).

Le pénis comme centre du monde ; Le phallus en érection comme axe du monde. Est-ce que ce serait comme ça si la femme n’était pas là à pousser, à encourager, à soutenir ?

De la complexité du linga

Oh, bien sûr, un article consacré à la bite sur femelletemple, ça peut sembler déplacé, mais détrompez-vous, jeunes filles ! Contrairement aux apparences, le linga (ou « lingam ») n’est pas une « bite ». Du moins, pas seulement une bite : C’est nettement plus compliqué. Comme l’hindouisme est une religion super complexe et que je ne suis pas une spécialiste, je vais essayer de faire simple pour ne pas dire trop de conneries.

D’abord, respect pour le Linga : il est la représentation non figurative de Shiva, le principal dieu du panthéon hindouiste (« linga » veut dire « signe » en sanscrit, d’après ce que j’ai lu). Un linga rappelle donc la présence de Shiva. Les rites qui entourent le linga correspondent au culte de Shiva et non à une adoration du phallus. Il n’y a pas qu’un seul type de linga et la variété de ceux-ci rappelle la complexité du culte lui-même.

Pour les plus curieux, les sites comme ganapati ou exotic india vous en diront plus sur les Jyotir-linga, Bhuta-linga, Swayambu-linga, Sukshma-linga et autres Akasha-linga. Je me contenterai de 2 formes cylindriques du Linga qui m’interpellent.

[Cette photo d’un Lingodbhava provient du blog hindu iconography ]

1. LINGODBHAVA. Cela a commencé lorsque Shiva est apparu sous la forme d’une colonne de feu infinie dont Vishnou a tenté de trouver la base en creusant comme un sanglier et Brahma a tenté de trouver le sommet en s’envolant comme un cygne. En vain. Cette histoire est connue sous le nom de « Lingodbhavamurti » (pour ceux qui aiment les termes compliqués qui font « pro »), soit « la naissance du Linga ». La représentation de Shiva dans cette colonne de feu s’appelle Lingodbhava, comme ci-dessus au temple Airavateshvara à Darasuram (Tamil Nadu, Inde).

2. MANUSHALINGA. Les Manushalinga sont des linga de forme phallique. Oui, j’avoue que cette forme-là m’intéresse plus que les autres. Mais comme les hindouistes aiment la complexité, on trouve plusieurs types de Manushalinga.

[Photos Met, V&A museum, Wikimedia Commons et Cham museum. Cliquer sur les liens ci-dessous pour voir les photos sur leurs pages d’origine]

A. Le VIGRAHA LINGA est un pur pénis, au gland plus ou moins réaliste mais toujours reconnaissable au dessin du frein du prépuce (Le Linga n’est pas circoncis) comme celui exposé au Metropolitan Museum à New York.

B. Le MUKHALINGA est un linga de forme phallique avec une ou plusieurs têtes de Shiva (Ekamukhalinga, Dvi-mukhalinga, Tri-mukhalinga, Chaturmukhalinga ou Panchamukhalinga suivant qu’il y a 1, 2, 3, 4 ou 5 têtes), comme celui du musée Victoria and Albert à Londres.

C. Le JATALINGA est un linga de forme phallique orné, à l’emplacement du frein, du chignon stylisé de Shiva, comme sur ce linga photographié sur le site de My-Son, au VietNam.

D. Le KOSA est un capuchon métallique orné d’une tête de Shiva qui venait recouvrir le linga, comme celui du Musée Cham de Danang (VietNam).

La forme du Linga est codifiée de façon précise : la base carrée (Brahmabhaga) représente Brahma, le segment du milieu, octogonal (Vishnubhaga), représente Vishnou et le sommet arrondi (Rudrabhaga) représente Shiva. Comme le montre la photo composite, cette forme n’est pas toujours respectée : seul le linga de My-Son (C) est segmenté.

Autre codification pas toujours respectée : la façon dont le linga s’interpénètre avec le yoni. La base carrée est dans le piédestal, sous le yoni (la cuve à ablutions). Le segment octogonal traverse le yoni. Le « gland » du linga est complètement à l’extérieur. Ainsi, comme le montre clairement le schéma, le linga est inséré dans le yoni est ne peut pas en être extrait (la base carrée l’en empêche).

Cette symbolique de l’interpénétration est très forte et en entraîne une seconde : pour séparer le linga du yoni, il n’y a qu’une seule possibilité : casser le yoni.

[Bo-Linga de Cat-Tien avec cuve/yoni cassée, VietNam, sur le site baolamdong.vn]