1 femme nue = 1,33 million d’euros

Le 17 décembre 2010, on a  appris que le musée du Louvre avait bouclé son budget pour acquérir le tableau « Les trois Grâces » de Lucas Cranach l’ancien. 4 millions d’euros pour 3 toutes petites femmes nues (une trentaine de centimètres chacune), soit 1,33 million d’euros pour une seule toute petite femme nue. Ah ! Quand je vous disais que c’est inscrit dans le code génétique des hommes ! Ils feraient n’importe quoi pour une jolie nana bien roulée. Il n’a fallu qu’un mois (du 13 novembre au 17 décembre) pour réunir le dernier million d’euros auprès de 5.000 généreux donateurs privés.

Puisqu’il faudra attendre jusqu’au 2 mars 2011 pour les voir (elles ont toujours été conservées dans une collection privée), voici en avant-première ces trois demoiselles :

On reconnaît sans difficulté le style de Lucas Cranach l’ancien (1472-1553) : des jeunes filles nues, toutes jeunes, toutes simples, toutes roses, avec des cheveux dorés et des yeux en amande, presque bridés comme ceux des filles d’Oulan-Bator, et un fin voilage transparent qui ne sert à rien. Le sol lunaire et le ciel noir donnent à l’ensemble un petit aspect extra-terrestre qu’on peut observer sur d’autres toiles de Cranach. On trouve aussi ce  fond noir sur des toiles de son contemporain et compatriote Hans Baldung-Grien ou sur des portraits de maîtres plus anciens comme Botticelli.

Le Louvre possède déjà un Cranach très similaire : sa « Vénus debout dans un paysage« . Même jeune fille pâle, blonde et bridée. Même cheveux dorés. Même voile transparent inutile. Même sol caillouteux. Alors pourquoi tant d’empressement à acquérir un Cranach de plus ? Je peux voir 2 raisons :

1- On n’a jamais trop de jeunes filles nues sous la main, surtout quand elles sont faites par Cranach.

2- Cranach a peint beaucoup de Vénus (et aussi beaucoup d’Eve) qui remplissent les musées de la vieille Europe mais il n’a réalisé que deux tableaux représentant les trois grâces : celui-ci et un autre qui se trouve non pas à Berlin, à Francfort, à Münich, à Vienne, à Londres ou à Saint-Petersbourg mais à… Kansas City !

lucas cranach, 3 graces

Lucas Cranach l'ancien - Les trois Grâces - 1535 - The Nelson-Atkins Museum of Art, Kansas-City - Image terminartors.com

Le tableau de Kansas-City est magnifique, lui aussi : Les fesses et les jointures de genoux de la fille de gauche, le profil de celle de droite, les jambes et le ventre de celle du milieu ! Rien à dire ! Sauf que… il manque un truc ; Un truc qui placerait immédiatement ces trois grâces dans  leur époque (je ne parle pas du chapeau de velours rouge) : Les colliers en or.

Nudité et dorures : Voilà bien la marque de fabrique d’un Cranach. Et n’avait-il pas raison ? La seule chose qui puisse embellir une femme nue, n’est-ce pas un bijou en or ?

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