Archives du Tag: pudeur

Pourquoi cacher ?

Laissez-moi revenir sur un sujet déjà abordé, à savoir : “Au nom de quelle pudibonderie absurde cache-t-on systématiquement la fente du sexe féminin sur les sites de lingerie ?” J’avais souligné dans “Moralité à géographie variable” la frilosité des sites qui vendent de la lingerie sexy ou érotique : Les tétons apparaissaient ou non suivant les continents mais le sexe féminin était systématiquement photoshopé sur l’ensemble des sites web (à l’exception de quelques vendeurs brésiliens).

Les spécialistes français  Luxxa et Lola-Luna recourent à Photoshop et brouillent les pubis, comme la plupart de leurs collègues. Dans ce paysage de bas-ventres flous, j’ai néanmoins trouvé 4 exceptions européennes : Le Suisse Rimba, le néerlandais JC Créations dont j’ai déjà parlé (voir “Jarretelles d’encadrement” et “Serrez-moi cette taille ! Le cas particulier du serre-taille“) et les Italiens Cottelli et Eros Veneziani.

On notera que Rimba et Eros Veneziani se protègent derrière une interdiction aux mineurs (admettons pour le Suisse qui propose une section BDSM bien fournie et dont les menottes et autres godes sont à réserver aux plus de 18 ans mais dans le cas de l’Italien, je ne comprends pas le problème). Les photos proposées sur les sites de Cottelli et d’Eros Veneziani sont également de taille ridiculement réduites. C’est sur le site marchand allemand M&C que j’ai finalement trouvé des visuels de qualité un peu plus acceptables des produits Eros Veneziani pour illustrer cet article. Pourquoi une telle prudence des fabricants ?

Pourquoi une telle prudence, effectivement ! Alors que le web croûle sous les images pornographiques de fellation et de sodomie, qu’est-ce qui est si sulfureux sur le site d’Eros Veneziani ? Devinez ! … Des culottes ouvertes !

Oui, des culottes ouvertes ! Et pas de positions explicites de mannequins allongées sur le dos et les cuisses ouvertes avec gros-plans sur le sexe offert. Non ! Juste un peu de poils pubiques et le trait discret de la fente.

Je me suis amusée à reprendre quelques photos pour poser de nouveau la question : “Quel est le problème ?”

Le sexe féminin est d’une grande discrétion (pas comme la bite des hommes qui pend entre ses deux couilles). C’est, à mon sens, une des raisons de sa grande beauté et, disons-le, de son élégance.

Alors pourquoi cacher comme une bête immonde cette jolie petite chatte ?

Interdite aux moins de 18 ans,  cette fente minuscule ! Interdits aussi les 20 poils qui se courent après ! De qui se moque-t-on ?

Lutter contre l’absurdité et faire la part des choses, respecter la beauté et distinguer nudité de vulgarité, voici les ambitions pas si limitées de ce petit article si joliment illustré.

[Toutes les photos représentent des produits Eros Veneziani et sont extraites du site de M&C underwear. Cliquez les photos pour voir les photos originales !]

Les sirènes et Ulysse

Quand on parle du passage de l’Odyssée où Ulysse bouche à la cire les oreilles de ses matelots puis se fait attacher au mât de son navire pour ne pas succomber aux chants des sirènes, je pense au magnifique tableau de Gustave Moreau qu’on peut voir ici.

Mais comme Moreau montre plus le bateau que les sirènes, je préfère illustrer mon article avec cette toile également très belle du Lillois Victor Mottez :

"Ulysse" par Victor-Louis Mottez - Présenté au Salon de 1848 - Conservé au musée des beaux-arts de Nantes (cliquer pour voir l'image sur le site du musée)

Alors, qui sont donc ces sirènes au chant si nocif ?

Homère ne nous apprend pas grand chose : Voici en quels termes Circé met Ulysse en garde contre les sirènes (Chant XII de l’Odyssée – traduction Leconte de Lisle – source : philoctetes.free.fr) :

Tu rencontreras d’abord les Seirènes qui charment tous les hommes qui les approchent ; mais il est perdu celui qui, par imprudence, écoute leur chant, et jamais sa femme et ses enfants ne le reverront dans sa demeure, et ne se réjouiront. Les Seirènes le charment par leur chant harmonieux, assises dans une prairie, autour d’un grand amas d’ossements d’hommes et de peaux en putréfaction. Navigue rapidement au delà, et bouche les oreilles de tes compagnons avec de la cire molle, de peur qu’aucun d’eux entende. Pour toi, écoute-les, si tu veux ; mais que tes compagnons te lient, à l’aide de cordes, dans la nef rapide, debout contre le mât, par les pieds et les mains, avant que tu écoutes avec une grande volupté la voix des Seirènes. Et, si tu pries tes compagnons, si tu leur ordonnes de te délier, qu’ils te chargent de plus de liens encore.

Homère ne nous donne ni leur nombre, ni leur aspect. Mottez en représente 3 avec une queue de poisson (oui, voyez les écailles qui couvrent leurs cuisses) mais son contemporain Léon Belly nous en montre 5 sans queue.

"Les sirènes" par Léon Belly - Exposé au Salon de 1867 - Musée de l'Hôtel Sandelin, Saint-Omer (cliquer pour voir l'image sur le site Musenor)

Au 19ème siècle, on n’aimait pas trop ces sirènes sans queue de poisson. Le tableau de Belly a été mal accueilli (Lire à ce sujet l’exposition virtuelle “Les sirènes de Léon Belly” sur le site Musenor) tout comme, 30 ans plus tôt lors de sa présentation à la Royal Academy of Art, la toile de William Etty intitulée “The Sirens and Ulysees”. La Manchester Art Gallery consacre un très intéressant article à cette polémique. J’en tire cette citation d’Alexander Gilchrist (” Life of William Etty”, 1855) :

Even the partial nudities… outraged the modesty of many. “Fast” young men, pointing to a bare-bosomed Siren, would exclaim, “How disgusting!” Ladies… could scarcely be persuaded to turn their heads in the direction of the Picture.

La nudité, les corps en décomposition et, sans nul doute, le sujet lui-même (de jolies femmes qui tentent de mener des hommes à leur perte) ne plaisaient pas en 1837 aux prudes Ladies de Londres et à leurs maris.

Waterhouse n’a vraisemblablement pas connu ces polémiques. Ni sirène à cul nu, ni sirène à queue de poisson pour lui. Il a opté pour la sirène à plumes.

"Ulysses and the sirens" (détail) - John William Waterhouse - 1891 - National Gallery of Victoria, Melbourne - Source : wikipaintings (cliquer pour voir la toile)

Ce faisant, Waterhouse a choisi la représentation traditionnelle de la sirène chez les Grecs. Je vais en parler très bientôt.

Le microbikini est-il un bikini ?

En ces temps de fortes chaleurs estivales et de tourisme de masse sur les plages de la Méditerranée, je ne pense pas être la seule à regarder ce que portent mes congénères au bord de l’eau et à me poser la question : “Ce minuscule bout de tissu qui cache à peine le sexe peut-il encore être appelé un maillot de bain ?”


Première réponse : “oui”. Un tout petit bikini rikiki comme ce modèle proposé par Microkini-Beach, quand il est bien placé sur le sexe, il couvre tout. Et si, par derrière, on voit les lèvres , c’est que la mannequin le veut bien.

Si vous considérez avoir l’âge suffisant pour voir des chattes nues ou si, par défaut, vous êtes majeur, alors la galerie est pour vous.

A côté des micro-bikinis “traditionnels”, il existe un produit amusant et original : le string-bretelles.

Ce dernier couvre plus ou moins le sexe suivant la façon dont il est ajusté. Bien calé entre les fesses, il fait son office : Une ficelle suffit pour soustraire les orifices aux regards. Par devant, c’est pareil ; Micro ou pas, le bikini cache.

[Cliquer pour voir la galerie]

Le truc fou, c’est l’arrivée massive depuis quelques années de produits ouverts, à la jointure floue entre espaces “textile” et plages nudistes.

En voici deux exemples tirés du même site.

Je passe sur le soutien-gorge : Comme (presque) toutes les femmes sur la plage ont les seins à l’air, le SG ouvert semble presque habillé. Ce qui m’intéresse ici, c’est le slip crotchless.

Si la mannequin écarte les jambes, on voit ça. Alors ? Est-ce encore un slip pour plages “textile” ou faut-il le considérer comme un accessoire fun pour naturiste ? Les lèvres sont apparentes mais la vulve et le prépuce sont couverts. Alors ?

[Cliquer pour voir la galerie]

Voici un autre string qui, cette fois-ci, n’a plus la ficelle centrale.

On ne sera pas surpris que, si la mannequin enlève la main, on voit ça. Cette fois on est clairement dans la nudité. Pourtant, ce qu’on voit est-il si différent ?

[Cliquer pour voir la galerie]

Certain(e)s me diront que cet article n’apporte pas grand chose. Oui, peut-être. En fait, c’est surtout l’occasion pour moi de vous proposer quelques liens vers  des photos de string crotchless parce que, personnellement, je trouve ça très beau. Si vous partagez mon avis, voici d’autres microkinis ouverts portés, cette fois, par Anne-Marie Rios et par Carmen McCarthy.

[Toutes photos visibles sur le site microkini-beach.com]

Les nixes de Nixxxe

Qui douterait que les nixes, naïades et autres ondines sont encore là, dans la nature, les fesses dans l’eau, au milieu des roseaux ? Si vous avez erré dans les forêts allemandes cet été, vous en avez sûrement vu près des étangs, des lacs et de chaque trou d’eau.

Un fabricant allemand (bien sûr !) s’est spécialisé dans le maillot de bain très dépouillé pour ces jeunes filles d’un autre âge, pour qu’elles ne semblent pas aussi nues que les nixes de Cranach. Sans surprise, ce fabricant s’appelle Nixxxe parce que la nudité est naturelle mais la couvrir un tout petit peu, c’est XXX.

Voici Fanny, Sophie, Marlen… Quelques-unes des nymphes d’eau douce qu’on trouve dans les sources et les rivières germaniques (la liste complète est ici)…

Première rangée : Monokini et bikini à anneaux. Deuxième rangée : Deux vues d’un string-bretelles.

Pour finir, je ne résiste pas à une dernière photo de nixe en Nixxxe. Les filles du Rhin étaient-elles brunes ? Pourquoi pas ! Celle-ci fait très bien l’affaire.

[Toutes photos sur nixxxe.com]

Femmes de Tournai, par Robert Campin

Robert Campin est un géant de la peinture flamande. Né à Valenciennes vers 1378, il a exercé son talent à Tournai, la grande ville de la Flandre francophone, un siècle avant van Cleve à Anvers, van Orley à Bruxelles ou van Heemskerck à Haarlem.

Voici les portraits d’un homme et de sa femme, réalisés vers 1435 par Campin et exposés à la National Gallery de Londres. Cette fois, pas moyen de confondre le voile de la Tournaisienne avec une simple petite “coiffe”. Si elle n’était pas représentée avec son mari, on pourrait la prendre pour une nonne. Certains se diront peut-être qu’au vu de l’extravagant turban du mari, on a peut-être affaire à un couple d’excentriques. Que nenni !

Vous souvenez vous du magnifique “retable de Mérode”, le triptyque de l’Annonciation de Campin exposé au MET de New York, dont on a longuement parlé dans un article précédent (voir “Le jour où Marie a été fécondée“) ? Vous souvenez-vous du couple de donateurs, sur le panneau de gauche ? Non ? Ah, quel dommage ! Voici un gros-plan pour vous rafraîchir la mémoire :

Ainsi donc, les Tournaisiennes du 15ème siècle se voilaient la tête encore plus que les Anversoises ne le feront 100 ans plus tard.

Comme dans le cas de von Cleve, la représentation de ces femmes lourdement vêtues n’empêche aucunement Campin de peindre la Vierge Marie les seins (ou plutôt le sein) à l’air.

La Vierge à l’enfant du Städel de Francfort est particulièrement remarquable par le modelé donné au sein, le réalisme des mains et le volume du voile… Un voile simplement posé sur la tête comme celui des madonnes de von Cleve.

[Toutes photos sur Wikimedia]

“Ouled-Nail” ou Du danger d’être trop belle ?

Actuellement, le nom “Ouled-Nail” désigne les membres d’une tribu installée dans les hauts-plateaux de l’est algérien (Djelfa, Bou Sâada, Biskra).

A l’époque de la colonisation de l’Afrique du Nord par la France, c’est aussi un nom qui revient dans un grand nombre de clichés de femmes dénudées pris en Tunisie par le photographe Rudolf Lehnert (Voir ci-dessous ou “Fatma, de la tribu des Ouled Nail, Tunis“) ou par d’autres (voir la carte postale “Femme des Ouled-Nails” éditée par D’Amico, libraire à Tunis).

Pour comprendre ce qu’étaient les Ouled-Nails pour le colonisateur français, laissons parler Guy de Maupassant qui voyagea longuement en Algérie (in “Province d’Alger”, un des récits du recueil “Au Soleil“, publié en 1884) :

“Boukhrari est le premier village où l’on rencontre des Oulad-Naïl. On est saisi de stupéfaction à l’aspect de ces courtisanes du désert. Les rues populeuses sont pleines d’Arabes couchés en travers des portes, en travers de la route, accroupis, causant à voix basse ou dormant. Partout leurs vêtements flottants et blancs semblent augmenter la blancheur unie des maisons. Point de taches, tout est blanc ; et soudain une femme apparaît, debout sur une porte, avec une large coiffure qui semble d’origine assyrienne surmontée d’un énorme diadème d’or. Elle porte une longue robe rouge éclatante. Ses bras et ses chevilles sont cerclés de bracelets étincelants ; et sa figure aux lignes droites est tatouée d’étoiles bleues…”

“Courtisanes”, le mot est lâché. Dans un texte de 2007 (“Des maladies vénériennes, de la prostitution et du mythe des Ouled Naïl dans l’Algérie coloniale“), le professeur Abid relate le développement de la prostitution qui a accompagné les troupes d’occupation et l’exploitation toute particulière des femmes des tribus Ouled-Nail.

Alors, pourquoi ces femmes plutôt que d’autres ? Les explications qui reviennent sans cesse sont la finesse de leurs traits, la richesse de leurs vêtements, l’attrait de leurs danses. Ainsi, ces (trop) belles Maghrébines furent la proie des maquereaux et des  mères-maquerelles et devinrent synonymes de danseuses prostituées (voir “La danseuse prostituée dite « Ouled Naïl », entre mythe et réalité (1830-1962)” de Barkahoum Ferhati).

Le peintre Etienne “Nasr Eddine” Dinet (1861-1929), Français converti à l’islam et installé à Bou Sâada, nous a laissé de nombreuses peintures de jeunes femmes Ouled Nail (voir cette “baigneuse au clair de Lune” avec le manteau rouge, le diadème et les bracelets décrits par Maupassant) et une autre explication possible au ratissage massif de ces femmes pour fournir les bordels algériens : Elles ne semblaient pas partager la pudeur des autres femmes arabes et ne craignaient pas, semble-t-il, la nudité (mais Dinet, tout respectueux des Algériens, de leurs coutumes et de l’Islam qu’il fut, ne se laissa-t-il pas, lui aussi, emporter par l’orientalisme dénudé qui était tant à la mode à cette époque ?).

Etienne Dinet, Raoucha, 1901, musée national Nasr Eddine Dinet de Bou Sâada, image Wikipedia

Cependant, ce serait peut-être trop simple d’accuser toujours uniquement le colonisateur. En ce qui concerne la présence des Ouled-Nails en Tunisie et la vente de ces (trop jolies) femmes comme esclaves ou concubines avant l’arrivée des Européens, voir ce post.

Moralité à géographie variable

Surfer sur le web me fait bien rire. Pour illustrer mes derniers articles, j’ai beaucoup surfé… et j’ai beaucoup rigolé. Rien ne m’amuse plus que la moralité mal placée. Rappelez-vous déjà cette histoire de cache-tétons en forme de tétons (voir “Le téton cache-téton ou comment pousser la morale jusqu’à la limite de sa connerie“) ! Sur les sites de sous-vêtements et de maillots de bain, on peut voir le résultat d’une autocensure (“auto”, je suppose) assez hilarante. On discerne une vague logique géographique mais, globalement, c’est plutôt absurde.

1. Amérique du Nord

Commençons ce petit tour du monde avec Allure Lingerie, un fabricant canadien de lingerie cuir et vinyl.

Le Nord-Américain n’aime pas trop exposer les tétons sur son site marchand. Claudie Auclair cache donc pudiquement ses seins ronds siliconés (siliconés ? Oui, vous verrez plus tard). Mais une fois “habillée” d’un body en résille, Claudie lève les bras. Pas de problème puisqu’on ne voit ni la pointe de ses seins, ni la fente de son pubis. Pardon ? Non, je vous assure.

Autre exemple, avec Rachelle Wilde à la manoeuvre. Sur la photo de gauche, comme d’habitude, “Oups ! Cachez-moi ces tétons !” (Notons au passage que la fente du pubis, elle, est à peine cachée par une chaînette. Il est cependant clair qu’un petit coup de pinceau Photoshop a lissé le pubis de la belle Rachelle pour le rendre moins réaliste.)

Sur la photo de droite, la veste de chaînes suffit pour “couvrir” les tétons !!! En tous cas pour le site lingeriespecialists.com d’où est extraite cette photo. Sur le site officiel d’Allure Lingerie, les tétons sont pixellisés (sur le site herboudoir.com, ils sont carrément effacés. Quelle horreur !).

Mais est-ce que le site officiel est plus prude ou plus cohérent en cachant les tétons ? Pas du tout. Regardez donc cette autre photo tirée du site ! Elles ne sont pas magnifiques, les pointes de Madame Wilde ?

Le slogan du Floridien Titlion (ci-dessus à gauche) est “Fearless & Fun Lingerie”. Certes l’Américain n’hésite pas à balancer du string-ficelle et des seins nus mais, vu de plus près, on s’aperçoit rapidement que les cache-tétons et les pubis photoshopés sont la règle. Fearless, le Floridien ? Moins que le Canadien.

Le Californien Leg Avenue (photo de droite) est un spécialiste du costume. Costume de soubrette pour Madame mais surtout petits costumes de fées pour les fillettes. On ne s’étonnera donc pas de l’usage généralisé de Photoshop pour gommer d’éventuelles nudités un peu trop osées. Je vous recommande néanmoins leur très belle sélection de costumes burlesques.

2. France

La lingerie sexy française est connue par le trio Luxxa-LolaLuna-Folies by Renaud.

Puisque la France est un pays où nous nous baignons toutes les seins à l’air, nous ne serons pas surprises de voir les tétons s’exposer sans gêne sur le site de Luxxa (ci-dessus à gauche). Pour les pubis, cependant, Photoshop est de règle.

La représentation du pubis est un casse-tête pour LolaLuna, spécialisée dans les strings, ministrings et strings ouverts. Quand un bijou couvre la fente du sexe (ci-dessus à droite), la photo peut être jolie, nette et sans artifice. Dans les autres cas, la manipulation et le flou sont de retour.

3. Brésil

Voilà un pays étonnant !

On se dit qu’au royaume de la chirurgie esthétique, du tanga, du culte du corps et des carnavals débridés, tout est possible.

Après visite du site du fabricant Sensualle, je confirme : tout est possible. Notamment de voir des mannequins se cacher les seins avec les mains puis de voir des alignements de tangas et de strings ouverts avec exposition sans retenue de pubis poilus.

Tétons couverts, pubis découverts ? Ils font tout à l’envers ces Brésiliens. C’est ça, l’hémisphère sud.

4. Pour aller plus loin…

Claudie Auclair cachée par une résille noire ? C’est mal connaître le web. D’un clic sur un lien, voici Claudie complétement nue de face et de dos, de 3/4 et à genoux ! Rachelle Wilde ? Même combat (face, dos, et très belle série allongée).

Quant aux strings ouverts des fabricants français, si ces derniers n’osent pas montrer leurs produits portés, d’autres n’hésitent pas à le faire à leur place (par exemple, Sophie la Libertine, ici dans un string ouvert de Folies by Renaud).

On est en 2011 ! Et il semble que sur le web, tout le monde se foute à poil.

Etre à la mode, c’est être nue ?

Je fais un break au milieu des articles consacrés aux serpents et aux tentacules pour parler de mode et d’avant-garde. Ca me titille depuis un certain temps et j’ai envie d’aborder le sujet maintenant. Avez-vous remarqué ce qu’on trouve le plus dans les magazines de mode ? Des jupes, des robes, des jeans, des chapeaux ? Non. Des corsets, des jarretelles, du latex ? Même pas. On trouve surtout… des femmes nues.

 Prenons le cas du magazine semestriel français (écrit en anglais) Purple qui suit la saisonnalité des collections de haute couture et dont on peut se procurer la version papier ou la version électronique en ligne. Depuis le numéro 7 du printemps-été 2007 , une section “Naked” a été introduite dans laquelle les Néerlandais Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin “explorent l’identité féminine contemporaine en demandant à une fille de se plier à la tradition du nu” (pour reprendre les termes du magazine). La première à se soumettre à l’exercice a été la mannequin néerlandaise Lara Stone (voir photos HD ici).

Le deuxième “Purple Naked” (Purple N°8, Automne-Hiver 2007) a présenté la mannequin et actrice canadienne Shalom Harlow (photos HD ici).

Remarquez le style de prises de vue propre au duo hollandais : nudité intégrale, fond gris, chaussures et bijoux, coiffure soignée et maquillage léger. Simplicité et sophistication. Sur ces photos, la nudité va de soi. Pas de problème d’amoralité ou d’indécence. Est-ce même érotique ? Ce sont des filles nues, tout simplement. Un corps de femme, c’est beau. Donc, c’est beau. Si un corps de femme est érotique. Alors, c’est aussi érotique. C’est comme ça. C’est la vie, la Nature, le Monde tel qu’il doit être. Les vêtements n’ont pas grand chose à y faire.

Pour le numéro 9 de Purple (Printemps-été 2008), c’est la top-model américaine Angela Lindvall qui se dénude complètement (photos HD ici).

Le choix des filles confirme la volonté de simplicité, de naturel et d’élégance des photographes. Pas de seins siliconés. Peu de pubis complètement épilés.

Dans le numéro 10 de l’hiver 2008-09, on trouve l’Américaine Trish Goff dont on avait déjà présenté un portrait par les mêmes photographes, bottomless uniquement, dans un article précédent. Pour voir les photos HD de l’article de Purple, cliquer ici.

Un point commun aux clichés de Van Lamsweerde et Matadin est aussi l’importance accordée aux cheveux. Ces derniers sont un accessoire de mode à part entière. Travaillés, gonflés, mis en avant.

Autre accessoire présent sur la plupart des photos : le collier.

A cet égard, le portrait naked de l’Allemande Christina Kruse pour le numéro 11 de Purple (été 2009) est un condensé du point de vue du duo néerlandais : fille mince, petits seins, pubis poilu (mais pas trop), prise de face, aucune tentative de cacher quoi que ce soit (bras relevés), chevelure sophistiquée, collier (voir photos HD ici).

Si vous êtes un lecteur assidu de ce blog, vous aurez également noté que C.Kruse a adopté le déhanchement typique à la Venus pudica (dans une version pas très pudique) de Cnide (cf “Le jour où commença le culte du corps féminin“) ou aux yakshi indiennes en position de “tribangha” (cf “Maya, la Madonne de l’Est“). Classique, classique… mais tellement efficace.

Pour le Naked du numéro 12 (automne-hiver 2009), heureusement que l’éditeur a précisé l’âge du mannequin, 21 ans, tant il est vrai que Dree Hemingway ressemble à une enfant : visage très jeune, pas de poitrine, corps filiforme. A cet égard, les photos de l’arrière-petite-fille de l’écrivain américain (HD ici) me dérangent un peu. Même si la mannequin n’est plus une enfant, elle a l’air d’en être une. Pour la première fois, j’ai l’impression qu’on navigue aux limites de la moralité. Est-ce que par hasard je serais en train de devenir pincée des fesses ?

Et ce n’est pas fini car le Naked suivant (Purple N°13 été 2010) est également inhabituel et vaguement dérangeant. En effet, Freja Beha Erichsen oblige à se poser quelques questions sur le sens des mots “beauté” et “féminité” (voir photos HD ici). La Danoise est une véritable brindille (beaucoup plus que Kate Moss qui porte ce surnom) : extrêmement mince, plate, sans cuisse. Très androgyne. Une garçonne anorexique. Et pourtant, on ne peut nier qu’elle est attirante. Peut-être que la beauté n’est pas une simple affaire de courbes… Peut-être que le mystère et la confusion des genres attirent tout autant.

Parle-t-on encore de beauté ou juste d’attirance ?

On parle de beauté. FB Erichsen est belle. Pas de doute.

D’un corps à l’autre, tout est affaire de détails.

Ainsi, quand on passe de FB Erichsen à une autre mannequin, la Brésilienne Raquel Zimmermann (photos HD ici) pour le N°14 de Purple, on ne se pose plus de question d’androgynie ou d’anorexie. Pourtant, cette dernière est à peine plus épaisse et sa poitrine est à peine plus prononcée. Est-ce le maquillage qui fait la différence ou quelques kilogrammes de viande en plus ? On sait que les frontières sont très perméables entre beau et laid comme entre femme et homme. On a toutes vu des photos troublantes d’Andrej Pejic (cf “Mannequins vs Stars“).

Qu’aime-t-on ? Que recherche-t-on ?

C’est une autre Brésilienne, Maria Izabel Goulart Dourado, qui se dénude pour le dernier numéro de Purple (photos HD ici). Un tout petit Naked de quelques photos, en couleurs, sans nu intégral et sans poils pubiens. Un top très glamour. Comme d’habitude dans les magazines de mode. RAS. Est-ce qu’il s’agit des mêmes Van Lamsweerde et Matadin ? Serait-ce déjà la fin ?

Il ne manque plus à Izabel Goulart que la robe longue.

Les précurseurs du cul – XVIIIe – François Boucher

Autant le dire tout de suite : Je ne suis pas une grosse fan de François Boucher (1703-1770). Boucher le bien-nommé. Le spécialiste de la viande rouge. Viande rose, en fait. Non, rien à faire ! Pour moi, il y a trop de fi-filles à l’air nunuche qui exposent leur viande rose et potelée chez cet artisan-Boucher.

Mais je pense aussi que François Boucher a été un vrai et grand (énorme, même, si j’osais le dire…) précurseur de la représentation du nu féminin et, à ce titre, il me faut lui donner la place qu’il mérite dans ce blog.

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François Boucher - "L'odalisque" - 1745 ? - Musée du Louvre - Source : site du musée (cliquer l'image pour voir la notice) © R.M.N./D. Arnaudet

Voici peut-être le tableau le plus connu de Boucher :  ”L’odalisque” exposée au Louvre. Il suffit de retourner voir la Vénus de Velázquez à l’article précédent (“Les précurseurs du cul – XVIIème – Velázquez”) pour mesurer le chemin parcouru entre ces deux représentations de femme nue allongée.

Désormais, plus de déesse Vénus mais une simple femme. Plus de corps nu mais un corps qui se déshabille (Seule la Vénus callipyge avait osé cela avant). Plus de cuisses serrées mais des fesses largement ouvertes. Plus de regard fuyant ou pudique. Plus d’intimité surprise mais un corps public.

Avec cette odalisque, on a changé de monde.

On n’est plus dans l’adoration du corps féminin, aussi ancienne que l’Aphrodite de Cnide (voir article “Le jour où commença le culte du corps féminin“), on entre dans le boudoir d’une femme qui offre ses fesses, son corps, son sexe. Quand on sait qu’il s’agit de la femme de Boucher, l’affaire devient encore plus piquante. Le peintre nous présente sa femme qui se donne (avec un petit sourire faussement innocent) à tous. On pourrait être sur un site porno échangiste en 2011.

Boucher est aussi un précurseur parce qu’il a industrialisé cette représentation de la femme. “Premier peintre” du roi de France Louis XV, il débite des femmes nues, en cette époque réputée pour son libertinage, à l’attention d’un public avide de ses oeuvres. L’odalisque du Louvre est d’ailleurs parfois appelée “odalisque brune” par opposition à “l’odalisque blonde” exposée à l’Ancienne Pinacothèque de Münich (Là-bas, elle s’appelle “Ruhendes Mädchen“, la femme au repos. Certains pensent qu’il s’agirait d’une maîtresse de Louis XV, Marie-Louise O’Murphy peinte par Boucher en 1752, alors qu’elle avait… 15 ans).

Enfin, comme tout précurseur, Boucher a eu une descendance. Et, cette fois-ci, pas besoin d’attendre deux siècles car elle commence avec son beau-fils, Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville (1729-1765), peintre injustement méconnu, à la vie courte mais intense.

Voici d’abord “Le singe peintre”, un tableau à la signification bien obscure (et la notice du musée des beaux-arts de Rouen ne m’éclaire pas vraiment).

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Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville - "Singe peintre" - Musée des Beaux-Arts de Rouen - Source : Wikipedia/pascal3012

Il semblerait que Deshays cherche à se moquer de ces peintres qui se contentent de reproduire des modèles de nu, leur manque d’originalité, leur manque d’ “humanité ” ? Une critique des écoles comme l’Académie Royale des Beaux-Arts, l’école des Elèves Protégés du Roy ou l’Académie de Rome dont il fera lui-même partie ? Ou peut-être s’agit-il d’un exercice de style visant à copier (de qui se moque-t-on ?) le “singe peintre” de Jean-Siméon Chardin (1699-1779) visible au musée du Louvre ou les “singeries” d’Abraham Téniers (1629-1660)…

Avec Deshays, c’est le personnage tout entier qui reste un mystère. Considéré jusque récemment comme un peintre religieux, spécialiste d’oeuvres légères et gaies comme “Le Martyre de saint André”, “Saint André conduit par ses bourreaux pour être flagellé”, “Saint André mis au tombeau”, “Saint Benoît mourant” (…), voici maintenant qu’on se demande s’il n’est pas le père d’oeuvres un peu plus hard, comme “Jupiter et Sémélé”.

Jean-Baptiste Henri Deshays de Colleville - "Jupiter et Sémélé" (détail) - vers 1760 - Musée Norton Simon, Pasadena, Californie - Image © 2011 The Norton Simon Foundation

Il n’y a pas si longtemps, ce tableau était appelé “Vertumne et Pomone” et attribué à François Boucher. On pense maintenant qu’il s’agirait de “Jupiter (hors cadre) et Sémélé”. Notez bien que, quelque soit la métamorphose de Zeus qu’on choisit, la femme au premier plan n’a rien à y faire. Elle n’est là que pour… montrer son cul. Qu’elle a fort beau, par ailleurs.

Que ce soit avec Boucher ou avec son gendre, nous voici donc désormais dans le bel âge du cul.

Automne 2011 : Recherches sur décolletés

C’est en jouant sur le dévoilement que le vêtement rend le corps de la femme encore plus sexy. Ce qu’on cache / Ce qu’on montre. Bien sûr. D’où mon intérêt pour la transparence. D’où mon intérêt également pour les décolletés. Lors des récentes fashion weeks de Milan et de Paris, voici ce qui m’a plu.

EMILIO PUCCI – Une inspiration lingerie et MTV stars. Vu à la TV mais pas assez dans la rue. J’adhère.

[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Emilio Pucci sur mode.newslicious.net]

CHRISTIAN DIOR – Maintenant, on commence à s’amuser. Bien sûr, ça devient compliqué à porter mais n’est-ce pas un concept rigolo ? Le décolleté est autour du col. Est-ce même encore un décolleté ou est-ce plutôt un top transparent ?[Retrouvez tout le défilé Automne-Hiver 2011 Christian Dior sur mode.newslicious.net]