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Pourquoi cacher ?

Laissez-moi revenir sur un sujet déjà abordé, à savoir : “Au nom de quelle pudibonderie absurde cache-t-on systématiquement la fente du sexe féminin sur les sites de lingerie ?” J’avais souligné dans “Moralité à géographie variable” la frilosité des sites qui vendent de la lingerie sexy ou érotique : Les tétons apparaissaient ou non suivant les continents mais le sexe féminin était systématiquement photoshopé sur l’ensemble des sites web (à l’exception de quelques vendeurs brésiliens).

Les spécialistes français  Luxxa et Lola-Luna recourent à Photoshop et brouillent les pubis, comme la plupart de leurs collègues. Dans ce paysage de bas-ventres flous, j’ai néanmoins trouvé 4 exceptions européennes : Le Suisse Rimba, le néerlandais JC Créations dont j’ai déjà parlé (voir “Jarretelles d’encadrement” et “Serrez-moi cette taille ! Le cas particulier du serre-taille“) et les Italiens Cottelli et Eros Veneziani.

On notera que Rimba et Eros Veneziani se protègent derrière une interdiction aux mineurs (admettons pour le Suisse qui propose une section BDSM bien fournie et dont les menottes et autres godes sont à réserver aux plus de 18 ans mais dans le cas de l’Italien, je ne comprends pas le problème). Les photos proposées sur les sites de Cottelli et d’Eros Veneziani sont également de taille ridiculement réduites. C’est sur le site marchand allemand M&C que j’ai finalement trouvé des visuels de qualité un peu plus acceptables des produits Eros Veneziani pour illustrer cet article. Pourquoi une telle prudence des fabricants ?

Pourquoi une telle prudence, effectivement ! Alors que le web croûle sous les images pornographiques de fellation et de sodomie, qu’est-ce qui est si sulfureux sur le site d’Eros Veneziani ? Devinez ! … Des culottes ouvertes !

Oui, des culottes ouvertes ! Et pas de positions explicites de mannequins allongées sur le dos et les cuisses ouvertes avec gros-plans sur le sexe offert. Non ! Juste un peu de poils pubiques et le trait discret de la fente.

Je me suis amusée à reprendre quelques photos pour poser de nouveau la question : “Quel est le problème ?”

Le sexe féminin est d’une grande discrétion (pas comme la bite des hommes qui pend entre ses deux couilles). C’est, à mon sens, une des raisons de sa grande beauté et, disons-le, de son élégance.

Alors pourquoi cacher comme une bête immonde cette jolie petite chatte ?

Interdite aux moins de 18 ans,  cette fente minuscule ! Interdits aussi les 20 poils qui se courent après ! De qui se moque-t-on ?

Lutter contre l’absurdité et faire la part des choses, respecter la beauté et distinguer nudité de vulgarité, voici les ambitions pas si limitées de ce petit article si joliment illustré.

[Toutes les photos représentent des produits Eros Veneziani et sont extraites du site de M&C underwear. Cliquez les photos pour voir les photos originales !]

Jarretelles d’encadrement

Rappelez-vous le coup du cadre !

On en a parlé avec “cadrer l’essentiel” et “encadrement de féminité” : l’art de mettre en évidence les parties “essentielles” de la femme, et notamment son sexe.

Avec les jarretelles, la tentative d’encadrement s’expose sans vergogne.

La photo ci-dessus provient du site de vente de corsets Erotex.

Elle met en scène un corset noir, une paire de bas noirs, deux paires de jarretelles noires et, au centre de la pièce, un string noir, avec juste ce qu’il faut de peau blanche pour contraster.

Voyez-vous l’effet de cadre ?

Il semble évident mais maintenant regardez ci-dessous :

Même si la poitrine nue occupe une large place, l’oeil suit le regard de la mannequin. Il est immédiatement attiré par la blancheur éclatante du serre-taille, puis par l’assemblage constitué par le corset, la paire de bas et la paire de jarretelles : Un cadre qui entoure et fait ressortir le pubis de la fille.

Sur d’autres clichés, le photographe a complètement évacué la tête et la poitrine des mannequins pour se consacrer à l’essentiel.

Sur la photo de gauche, la vulve est un bijou dans un écrin triple : jarretelles, cuisses et mains. On ne voit qu’elle au centre de la scène.

Quant à la photo de droite… No comment !

[Photos de Karin, Inke et Els sur le site du fabricant de corsets néerlandais jc-creations]

Triangles

Quand je suis tombée sur cette photo sur xfobo.com, je me suis arrêtée pour l’admirer (il s’agit en fait d’un cliché de Michael Helms autrefois visible sur pelicanh.deviantart.com avant que le photographe ne supprime toutes les photos de nues qui s’y trouvaient).

Ce que je trouve remarquable, c’est la superposition des deux triangles.

Le triangle du bas du corset sur le triangle du pubis. Et la pointe du corset comme une flèche qui indique le sexe, comme pour dire “Regarde ! C’est là que ça se passe”.

La force érotique du corset réside dans ces petites choses (il y en a d’autres, comme on le verra un peu plus tard en parlant des jarretelles) qui accentuent les automatismes masculins, comme autant de petits fouets qui viendraient frapper et exciter leurs petites verges.

Sur la photo suivante, prise par Christine Kessler, on retrouve le schéma de la photo de Sylvie Blum (Décidément, c’est un coup monté par les filles ! Voir “Serrez-moi cette taille !” ).

Le serre-taille forme une double pointe : l’une qui chevauche la pointe du pubis, l’autre qui s’enfonce entre les seins. La forme est pleine de sens (c’est le cas de le dire) et notamment de sens de pénétration.

La couleur du corset (noir) et le cadrage de la photo renforcent la visibilité des parties claires, seins et sexe. Seins à nu, sexe à peine couvert d’un film de latex translucide.

Et, pour en rajouter une couche, que dire du serre-taille “Trace” de la maison anglaise Eternal Spirits ?

D’accord, ce serre-taille là n’est pas plus excitant que ceux d’avant (on ne voit même pas un téton ou un petit coin de lèvre) mais avouez que les couleurs pastels sont top : parfaitement assorties au fond du blog. J’aime !

Moralité à géographie variable

Surfer sur le web me fait bien rire. Pour illustrer mes derniers articles, j’ai beaucoup surfé… et j’ai beaucoup rigolé. Rien ne m’amuse plus que la moralité mal placée. Rappelez-vous déjà cette histoire de cache-tétons en forme de tétons (voir “Le téton cache-téton ou comment pousser la morale jusqu’à la limite de sa connerie“) ! Sur les sites de sous-vêtements et de maillots de bain, on peut voir le résultat d’une autocensure (“auto”, je suppose) assez hilarante. On discerne une vague logique géographique mais, globalement, c’est plutôt absurde.

1. Amérique du Nord

Commençons ce petit tour du monde avec Allure Lingerie, un fabricant canadien de lingerie cuir et vinyl.

Le Nord-Américain n’aime pas trop exposer les tétons sur son site marchand. Claudie Auclair cache donc pudiquement ses seins ronds siliconés (siliconés ? Oui, vous verrez plus tard). Mais une fois “habillée” d’un body en résille, Claudie lève les bras. Pas de problème puisqu’on ne voit ni la pointe de ses seins, ni la fente de son pubis. Pardon ? Non, je vous assure.

Autre exemple, avec Rachelle Wilde à la manoeuvre. Sur la photo de gauche, comme d’habitude, “Oups ! Cachez-moi ces tétons !” (Notons au passage que la fente du pubis, elle, est à peine cachée par une chaînette. Il est cependant clair qu’un petit coup de pinceau Photoshop a lissé le pubis de la belle Rachelle pour le rendre moins réaliste.)

Sur la photo de droite, la veste de chaînes suffit pour “couvrir” les tétons !!! En tous cas pour le site lingeriespecialists.com d’où est extraite cette photo. Sur le site officiel d’Allure Lingerie, les tétons sont pixellisés (sur le site herboudoir.com, ils sont carrément effacés. Quelle horreur !).

Mais est-ce que le site officiel est plus prude ou plus cohérent en cachant les tétons ? Pas du tout. Regardez donc cette autre photo tirée du site ! Elles ne sont pas magnifiques, les pointes de Madame Wilde ?

Le slogan du Floridien Titlion (ci-dessus à gauche) est “Fearless & Fun Lingerie”. Certes l’Américain n’hésite pas à balancer du string-ficelle et des seins nus mais, vu de plus près, on s’aperçoit rapidement que les cache-tétons et les pubis photoshopés sont la règle. Fearless, le Floridien ? Moins que le Canadien.

Le Californien Leg Avenue (photo de droite) est un spécialiste du costume. Costume de soubrette pour Madame mais surtout petits costumes de fées pour les fillettes. On ne s’étonnera donc pas de l’usage généralisé de Photoshop pour gommer d’éventuelles nudités un peu trop osées. Je vous recommande néanmoins leur très belle sélection de costumes burlesques.

2. France

La lingerie sexy française est connue par le trio Luxxa-LolaLuna-Folies by Renaud.

Puisque la France est un pays où nous nous baignons toutes les seins à l’air, nous ne serons pas surprises de voir les tétons s’exposer sans gêne sur le site de Luxxa (ci-dessus à gauche). Pour les pubis, cependant, Photoshop est de règle.

La représentation du pubis est un casse-tête pour LolaLuna, spécialisée dans les strings, ministrings et strings ouverts. Quand un bijou couvre la fente du sexe (ci-dessus à droite), la photo peut être jolie, nette et sans artifice. Dans les autres cas, la manipulation et le flou sont de retour.

3. Brésil

Voilà un pays étonnant !

On se dit qu’au royaume de la chirurgie esthétique, du tanga, du culte du corps et des carnavals débridés, tout est possible.

Après visite du site du fabricant Sensualle, je confirme : tout est possible. Notamment de voir des mannequins se cacher les seins avec les mains puis de voir des alignements de tangas et de strings ouverts avec exposition sans retenue de pubis poilus.

Tétons couverts, pubis découverts ? Ils font tout à l’envers ces Brésiliens. C’est ça, l’hémisphère sud.

4. Pour aller plus loin…

Claudie Auclair cachée par une résille noire ? C’est mal connaître le web. D’un clic sur un lien, voici Claudie complétement nue de face et de dos, de 3/4 et à genoux ! Rachelle Wilde ? Même combat (face, dos, et très belle série allongée).

Quant aux strings ouverts des fabricants français, si ces derniers n’osent pas montrer leurs produits portés, d’autres n’hésitent pas à le faire à leur place (par exemple, Sophie la Libertine, ici dans un string ouvert de Folies by Renaud).

On est en 2011 ! Et il semble que sur le web, tout le monde se foute à poil.

Le bain selon les frères Beham : Peu de lavage, beaucoup de tripotage

Les frères Beham ne sont pas vraiment prudes : Hans Sebald (1500-1550) et son frère cadet Barthel (1502-1540) représentent à tour de bras des paysans qui se tripotent ou qui s’embrassent (et pas mal de mecs qui vomissent leur quatre heures), des vieux qui pelotent des jeunes, des bites qui pendent, des types qui tiennent la bite d’un autre et, bien sûr, des chattes. Très peu d’artistes occidentaux ont jamais montré la fente du sexe de la femme (cf “En Orient, le femme a le pubis fendu“) et c’est aussi le cas au 16ème siècle, époque confuse de la Renaissance, époque de raffinement artistique et d’affrontements sanglants entre catholiques et protestants, époque de la prostitution à grande échelle pour les unes et des femmes voilées pour les autres. Pourtant, les Beham, eux, n’hésitent pas : leurs femmes écartent les cuisses et présentent leur fente au monde (quand elles ne se la font pas tripoter). Le moment du bain est parfait pour exposer tous ces attributs. Exemples :

Hans Sebald Beham, Frau mit zwei Kindern in der Badestube (femme avec deux enfants dans la salle de bains), apr. 1540, gravure visible entre autres à la Kunsthalle zu Kiel et au musée du Louvre (sous le titre de "La femme se lavant les pieds")

Cette femme nue qui se regarde dans un miroir, affairée à sa toilette  avec deux putti pour l’assister, est vraisemblablement une Vénus. La ressemblance avec la Vénus au miroir peinte par le Titien en 1555 est frappante… en plus cru ! Jambes écartées, pubis rasé, lèvres du sexe apparentes : les frères Beham n’hésitent pas à montrer la femme sous toutes les coutures, en partie par goût personnel sans doute, en partie peut-être aussi pour assurer le succès commercial de leurs créations, sortes de précurseurs des BD pour adultes.

Cette gravure est aussi un travail collectif des deux frères puisqu’on pense que la petite cuve et les deux putti ont été ajoutés par Hans Sebald à une planche originale de son frère (Barthel, bien que deux ans plus jeune que Sebald, est mort 10 ans avant son frère aîné).

Hans Sebald Beham, Les trois femmes au bain, 1548, visible entre autres au musée du Louvre

La pose de cette femme-là est pour le moins inhabituelle : debout, les jambes largement écartées, un putto devant, une femme vieille et grasse derrière qui lui caresse le sexe pendant qu’une troisième femme lui masse le dos !

Il s’agit encore d’une sorte d’oeuvre “collective” puisque cette gravure de Hans Sebald est la copie inversée d’un original de Barthel que l’on peut voir au Louvre.

Hans Sebald Beham, Le bouffon et les baigneuses, 1541, visible entre autres au musée du Louvre et à l'Art Institute de Chicago

Et voici la dernière image de “femme au bain” par les Beham que j’ai pu trouver. Cette fois-ci, pas de femmes qui s’admirent dans un miroir ou qui se tripotent mais deux femmes nues qui, pendant leur bain, s’attaquent à un bouffon pour le déshabiller. Pas de fente apparente ici, mais 1 bite et ses 2 petites couilles.

Les gravures des Beham étaient conformes à leur vision du monde souvent non orthodoxe, voire “révolutionnaire”… et elles leur apportèrent quelques ennuis. Après un séjour de Thomas Münzer à Nuremberg en 1524, les jeunes frères Beham et leur ami (et collègue graveur) Georg Pencz sympathisent avec les idées du pasteur réformateur et ancien disciple de Luther. On peut cependant douter que les trois compères rejoignent le mouvement de Münzer (qui préconise la “guerre des paysans” contre les princes et le clergé pour travailler moins et consacrer plus de temps à Dieu ), vu la foi très incertaine des Beham et de Pencz. En janvier 1525, les trois artistes, surnommés “gottlosen” (sans Dieu, impies), sont arrêtés avec d’autres accusés et traduits en justice. Alors que la ville est partagée sur les questions religieuses (cette même année, le conseil municipal soutenu par la majorité de la population décidera de réformer la ville suivant les idées de Martin Luther), ils sont condamnés à la peine relativement légère du bannissement. En 1527, Barthel s’installe à Munich où il deviendra le peintre officiel de la cour de Bavière. En 1528, Sebald retourne à Nüremberg d’où il est de nouveau expulsé l’année suivante, cette fois-ci pour diffusion d’oeuvres pornographiques. Il part travailler à Munich puis, à partir de 1532, il s’installe définitivement à Francfort où il tiendra un bar “mal famé” jusqu’à sa mort.

(Sur le procès des frères Beham et le bar mal famé de Sebald à Francfort, voir le livre de Jean Wirth “La jeune fille et la mort. Recherches sur les thèmes macabres dans l’art germanique de la Renaissance.” Genève, Librairie Droz, 1979)

Bottomless, épisode 5

Une femme habillée, c’est banal. Une femme nue, c’est banal. Une femme aux seins nus, c’est banal. S’il n’y en a pas encore plein les rues, il y en a plein les plages, plein les magazines, plein le web. Ce qui n’est pas banal, c’est une femme “cul nu”, sans le bas, bottomless.

On a déjà montré quelques femmes cul nu dans ce blog : La très belle Ana Maria photographiée par Emel Bayram, les Vénus modernes qui ne cachent que leurs seins, l’Aphrodite impudique de K. Jordan, Trish Goff dans l’article précédent. Je vous propose un cinquième épisode avec quelques photos de Jo Graetz en support à un micro débat sur le triangle “bottomlesness-pudeur-sensualité”.

not ladylike,jo graetz

Jo Graetz a appelé cette première photo : “NOT LADYLIKE ?”, ce qu’on pourrait traduire par : “Une vraie lady se comporterait-elle comme ça ?” Réponse : Non ! Une vraie lady ne se balade pas la chatte à l’air comme une pute, pour parler cru. Et bien oui, c’est ça le truc du bottomless. Ne montrer que sa chatte (ou son cul), ce n’est pas comme se balader à poil (ce qui est naturel) ou montrer ses seins (la mère allaitante les montre aussi). Ne montrer QUE sa chatte, c’est offrir son sexe à celui qui fait la photo (et à ceux qui la regarde). C’est ça qui est fun !

Deuxième photo de Graetz : “ASHAMED – OR NOT ?” En termes de moralité et depuis la nuit des temps, la fille qui montre son corps nu (et, a fortiori, son sexe) doit avoir HONTE. C’est le principe même de la pudeur : Oups ! On voit mes fesses ; je rougis ; je les cache parce que j’ai honte. Celles qui n’ont pas honte sont des putes. D’accord. Et si plus aucune fille n’avait honte ?

[Les photos de Jo Graetz sont visibles par tous sur son site deviantart]

Pudeurs modernes : ne cachez que le haut !

La première VENUS PUDICA, celle que Praxitèle a sculptée et que les Cnidiens ont installée dans leur temple (voir article), cachait son sexe, pas ses seins. La variante dite “capitoline” cachait à la fois son sexe et ses seins (voir article). Il manquait une autre variante : celle où la Vénus pudique cache ses seins mais pas son sexe. Les photographes contemporains ont entrepris de combler ce vide.

Cuisses serrées, une jambe pliée, corps déhanché : oui, ce sont bien 3 Aphrodite de Cnide que je vous présente, une variante moderne par 3 excellents photographes de nus.

tomas rucker,aphrodite de cnide,venus pudique,venus pudicaLes photos en noir et blanc de Tomas Rucker sont d’une qualité exceptionnelle . Il s’en dégage une beauté plastique et une froideur que seul peut égaler… le marbre. Ce type, c’est le Praxitèle de la photo. Ca tombe bien.  N’hésitez pas à visiter la “black gallery” de son site  tomasrucker.com.

dan west,liz ashley,venus pudicaOn ne peut pas se lasser de contempler les photos de Liz Ashley par Dan West. Celle-ci avait déjà gratifié le site d’une magnifique photo (voir ici),  elle aussi “cnidienne”.

Liz Ashley incarne parfaitement l’esprit de la Venus Pudica. Remarquez notamment son dos légèrement voûté par l’action de masquer  ses seins (cf le torse d’Aphrodite conservé au Louvre sur le site du musée ou sur wikipedia).

Pour voir d’autres photos par l’excellent Dan West : sublime-nudes.com (réservé aux plus de 18 ans).

jeff davidson,jessica,venus pudica,venus esquilin,cnideEt voici Cosmic frog / Cosfrog /Jeff Davidson (l’habitude qu’ont prise les photographes actuels de se donner des pseudos n’aurait pas étonné un Negreto / Negretti / Palma il Vecchio) dont les modèles adoptent souvent des poses cnidiennes (cf cosfrog.deviantart.com et exposingbeauty.com).

Notez que Jessica n’est pas une “vraie” Venus Pudica comme l’est Liz Ashley : Son dos n’est pas légèrement courbé mais il est cambré (autant que lui permet la position de ses bras). Le dos cambré exprime la défiance, la fierté ou la confiance et non la honte ou la soumission.

Ainsi, même si elle est “pudique” en cachant ses seins, Jessica adopte plutôt la posture d’une variante de l’Aphrodite de Cnide dont on n’a pas encore parlé. Il s’agit d’une Vénus aux cuisses serrées et au déhanchement caractéristique des Vénus de Cnide mais elle n’est pas dans une position de pudicité : ses bras ne tentent pas de cacher une partie de ses attributs sexuels, son dos n’est pas légèrement voûté ; Au contraire, elle se cambre et relève les bras comme pour nouer ses cheveux. On l’appelle “Vénus de l’Esquilin” et nous en parlerons plus tard.

Architectures coniennes

Vous avez sans doute déjà vu apparaître ici ou là, au détour d’un blog, une vulve en gros plan, croquée à la manière d’un détail architectural sur un dessin technique à l’ancienne, à la plume, avec légende et annotations, par un certain Jean-Jacques Lequeu (1757-1826), architecte et dessinateur de son état, particulièrement actif à l’époque de la Révolution française. J’ai rassemblé ici tous les croquis de vulve de Lequeu disponibles sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF (Bibliothèque nationale de France) et j’ai en partie déchiffré les annotations pour essayer de comprendre ce que Lequeu cherchait à accomplir.

Figure 1 : Age de puberté – Cratère d’une fille adolescente animée de désir déréglé : elle est couchée sur le dos les deux cuisses levées et bien ouvertes, de manière qu’on voit le pucellage forcé. Lequeu précise aussi l’emplacement du trou du cul et la naissance des poils pubiques (… où les poils poussent pour … les parties).

jean jacques lequeu,bnf

Cette première planche n’est donc pas vraiment anatomique. Elle appartient au registre de la représentation des désirs sexuels de la femme au moment de la puberté, c’est à dire au moment où celle-ci devient fertile, avec le développement hormonal correspondant. Il est logique, anatomiquement, qu’il précise le démarrage de la pilosité à cette étape du développement féminin mais qu’en est-il de ce “pucelage forcé” (parle-t-il de l’hymen que la fille se devait de préserver avant le mariage ?), de ce désir “déréglé” qui semble pourtant  normal à cet âge  ou  de  l’insistance, a priori sans intérêt, sur l’emplacement du trou du cul ? Le choix du thème (la puberté féminine) et le ton du texte (entre science, érotisme cru et condescendance -voire machisme, croyance ancienne ou ignorance-) rappelle beaucoup d’autres illustrations de Lequeu (entre femme qui pisse en s’écoutant et bacchante qui taille des pipes, entre curieuse qui mate son sexe dans un miroir et dieu Priape en érection), et notamment cette femme occupée à se masturber au mois de mai, comme il se doit.

Effets du mois de mai :

lequeu,bnf,masturbation

Figure 2 : Avant l’âge de puberté – Un autre cratère d’une fille adolescente dont on voit la pureté virginale. Autres inscriptions : Rebondissement de la motte et Orifice … entrée du vagin … en coeur bail… imperforée.jean jacques lequeu,bnf

Lequeu a ici représenté une jeune fille prépubère ; Malsain dans un cadre érotique (on rentre sur le terrain glauque de la pédophilie) mais acceptable dans le cadre scientifique (d’où l’intérêt peut-être de jouer sur les deux tableaux, même si je ne sais pas si la pédophilie posait problème au 18ème siècle). Hymen et absence de pilosité… logique. J’aurais bien aimé que les annotations de droite ne soient pas tronquées et en savoir un peu plus sur cette histoire de “carnosité”.

Jeune con dans une attitude des conjonctions de Vénus. Notez l’indication du clitoris et la description de la “motte” : Partie de choix qui doit être couverte d’un poil noir et long, de vers le nombril jusqu’au coccyx, bien ombragé ; et qui à force d’attouchements lascifs ; à force de frotter avec l’index, les femmes jouissent ainsi que nous.jean jacques lequeu,bnf

En astrologie (et en astronomie), on parle de “conjonction” quand deux planètes, vues d’une troisième planète, semblent se rapprocher. Lequeu parle-t-il ici du rapprochement entre Vénus et Mars ? Je suppose. Le texte, d’ailleurs, n’a pas grand chose de scientifique (si ce n’est la description de la pilosité qui devrait courir du mont de Vénus jusqu’au coccyx, à travers le sexe et la raie des fesses) mais est franchement érotique. L’absence de poil sur ce “jeune con” tendrait à prouver des tendances pédophiles chez Lequeu.

Age nubile. Ce que j’ai pu déchiffrer du texte du haut : Les deux lèvres du con relevées pour voir le creux virginal des parties génitales en action (…) ; Et du texte du bas : (…) Cette matière séminale d’une odeur fade, d’une saveur piquante et un peu astringente est plus pesante que l’eau et l’urine la dissout.jean-jacques lequeu,bnf

Contrairement à la puberté, l’âge “nubile” ne correspond à aucune réalité physiologique mais à des conventions sociales, à savoir l’âge auquel un individu peut se marier. Les dessins de Lequeu ont été réalisés un peu avant ou pendant l’époque révolutionnaire qui fit passer l’âge nubile chez les filles de 12 à 13 ans (selon article wikipedia). Malgré l’abondante pilosité de la fille, on a donc vraisemblablement encore affaire au dessin de la vulve d’une jeune ado, juste avant la défloration maritale. Notez l’absence d’hymen et la description scientifico-gustative de ce qui doit être, je suppose, la cyprine.

Age pour concevoir. Il me manque quelques mots pour rendre le texte de gauche intelligible. Pour la “motte”, par contre, c’est clair : Motte garnie de poils noirs frisés (Lequeu est très friant de poils noirs).jean-jacques lequeu,bnf

La notion d’âge pour concevoir n’a pas vraiment de sens ici puisqu’il devrait renvoyer à la puberté. Pour Lequeu, il s’agit vraisemblablement d’une femme adulte et déflorée. Enfin un sexe ouvert ! C’est d’ailleurs le plus beau dessin de vulve avec une très belle représentation de l’orifice du vagin et de sa couronne charnue. Lequeu utilise maintenant le terme de “matrice” et non plus seulement de “cratère”, de “con” ou de “conin”.

Cette vulve de femme en âge de concevoir est sans doute la planche qui, par la précision et la qualité du dessin, ressemble le plus à ces dessins de bâtiments, de temples et de portes de temple que Lequeu a réalisés en abondance.

lequeu,porte,temple

Et comme la porte du temple est faite pour être un jour franchie, voici la dernière “figure lascive” de Lequeu.

Action des parties sexuelles d’une fille qui veut concevoir pour enfanter : elle était alors dépucelée. Annotation de droite : Le vagin qui conduit à la matrice, ou l’utérus, là se prend le mal (ou le “mâle” !?). Pour finir en beauté, je ne comprends rien à cette phrase ! jean jacques lequeu,bnf

En résumé, Lequeu est peut-être un bon reflet de son époque qui découvre des libertés nouvelles (notamment en bouleversant les vieilles conventions morales et religieuses) et qui se veut dirigée par la science et la raison. Son travail sur les “figures lascives” est néanmoins très empreint de la bonne vieille obsession pour la virginité féminine et des clichés relatifs à la femme hystérique.

Si vous avez mieux déchiffré les textes que moi, merci de m’en informer.

[Toutes les images se trouvent dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF, Bibliothèque Nationale de France - Cliquer sur les images pour accéder au site Gallica]

Quand la chatte ressemble au papillon

Partout on la trouve : Dans les bureaux des PDG, dans les vitrines des magasins branchés, sur le buffet d’une salle à manger “déco”. Cette orchidée, c’est le Phalaenopsis.

Phalaenopsis amabilis - Photo publiée par Orchi sur Wikimedia commons

En cherchant un tout petit peu (et si on fait confiance aux étymologies qui circulent sur le web), on apprend que ce mot vient du grec : “phalaina”, le papillon de nuit (ne pas confondre avec la baleine -même origine !-ou avec le papillon de jour = psyché) et “opsomaï” ou “opsis” : qui a l’air de. Le nom désignerait donc une orchidée qui a l’air d’un papillon de nuit. OK. Pourquoi pas ? Cependant, il n’y a pas que l’orchidée qui se donne des airs de papillon. Il y a un autre type de fleur…

Le photographe Petter Hegre, dans sa très vaste photothèque de photos érotiques, propose une série de clichés qu’il a nommée “Butterfly”, parce qu’une certaine partie du corps de Dominika C ressemble aussi beaucoup à un papillon. Et il faut bien admettre que cette chatte-là serait plutôt un lépidoptère bien charnu.

petter hegre,dominika,butterfly,papillon,lèvres charnues,labia,vulve [ATTENTION : Cliquer sur la photo vous aménera sur le site hegre-art.com qui est réservé aux plus de 18 ans. Ce changement de statut du site de Petter Hegre est récent, me semble-t-il. C'est peut-être une série de photos d'un massage de pénis par une Japonaise qui a entraîné cette interdiction aux mineurs. Pour le reste, rien de crade ou de malsain : que de la beauté féminine comme les magnifiques lèvres pulpeuses de Dominika C.]

Portrait de Liz Ashley par Dan West

Liz,Ashley,Dan,West,nueJe ne sais pas si on peut appeler cette photo un portrait mais j’avais envie de la mettre là. C’est vraiment une magnifique photo de Liz Ashley par Dan West ! Il y en a beaucoup d’autres sur son site danwestphotos.com. Cliquer la photo pour voir la haute déf originale sur le site de Dan West.