Archives du Tag: cheveux blonds

Cheveux d’ange

Ainsi le voile sur la tête, c’est un truc qui aurait à voir avec les anges, selon Paul (voir “Pourquoi le voile ? Parce que Paul l’a voulu“). De méchants anges. Comme ceux de la marque de lingerie Victoria’s Secret. Des anges trop sexy qu’il faut couvrir, sinon plus personne ne garde le contrôle de rien. Surtout les hommes qui aiment tant contrôler tout.

Les angels de Victoria’s Secret (ci-dessus Candice Swanepoel) défilaient le 10 novembre 2010 à New York (voir ici quelques photos supplémentaires de miss Swanepoel par Theo Wargo). Elles étaient encore pour la campagne de pub Dream Angels Forever 2011.

Ce sont des anges souvent blondes (avec un “e” car, pour cet article, les anges ne sont plus de genre neutre, asexués, mais de genre féminin) et toujours couvertes d’une longue chevelure. Effet de mode, vraisemblablement… mais tellement en phase avec ce bon vieux Paul … les cheveux longs sont la gloire de la femme … son voile naturel.

“Angels” est aussi le nom d’une ligne de sous-vêtements chez VS… des sous-vêtements portés (Quelle surprise !) par des anges voilées de longs cheveux blonds.

Cheveux et Brassière.

Nature et Artifice.

[Sources : Photo du haut : Brothersoft wallpapers - Photo du bas : Site Victoria's Secret]

Femme et serpent – Eve, évidemment

Sur sa couverture d’avril 2004, le magazine américain pour hommes “Esquire” a utilisé  une très belle photo de l’actrice britannique Rachel Weisz (A prononcer comme le mot “Vice” en anglais !) par James White. Elle n’illustre pas l’article  ”The naked truth about women” mais  un autre article consacré à l’actrice et intitulé “And God created Rachel Weisz… And we saw that it was good”. Si cette phrase vous rappelle  un certain verset de la Genèse, c’est normal (voir article “Eve inférieure ou égale à Adam ? C’est au choix“).

Si, comme pour Esquire, comme pour moi,  cette femme vous rappelle Eve, cela semble également normal. Normal ? Mais pourquoi donc ?

Regardez les deux photos ci-dessous. A gauche : “Woman with snake”, 1938, par Paul Outerbridge. A droite : Cindy Crawford, 1993, par Annie Leibovitz. Aucune de ces deux photos ne fait allusion à Eve et pourtant, immédiatement, on pense à elle. Encore une fois “Normal !”, me direz-vous, puisque c’est une femme nue qui tient un serpent. Et bien non !

Ce n’est pas si “normal” que ça pour une raison toute simple : Dans toutes ses représentations classiques comme dans le texte biblique, Eve ne tient jamais le serpent. Elle ne le touche même pas. Il n’est donc absolument jamais enroulé autour d’elle.

Ci-dessous, voici “Eve tempted”, peinte vers 1877 par le Britannique John Roddam Spencer Stanhope. Eve est représentée sans Adam, ce qui est rare mais, à part ça, Stanhope reprend tous les poncifs traditionnels de la représentation d’Eve : La main gauche qui se saisit de la pomme, les longs cheveux blonds de la pécheresse (A ce sujet, voir aussi l’article “Pourquoi la prostituée est blonde“), le serpent qui s’adresse à elle, enroulé autour de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal.

Notez que le serpent est enroulé autour de l’arbre, pas autour d’Eve.

John Roddam Spencer Stanhope - "Eve tempted" - vers 1877 - Manchester Art Gallery

Stanhope a peint une “Eve tempted by the serpent” très similaire à l’Eve ci-dessus et les deux oeuvres du Britannique ressemblent beaucoup au “Sündenfall“  (La chute par le péché) peint par Michel Coxcie au 16ème siècle et qui est exposé au Kunsthistorisches Museum de Vienne : Même attitude d’Eve, même arbre aux allures d’oranger.

Voici deux autres représentations classiques d’Eve et le serpent. A gauche : “Adam et Eve” peint par Raphael entre 1508 et 1511 au plafond de la Chambre de la Signature (Stanza Della Segnatura) des appartements du pape Jules II au Vatican. A droite : La même chose, peinte par Guido Reni vers 1620 et exposée au Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Pour les 6 visuels, les scènes sont presque identiques : Une femme nue (Eve), un arbre, un serpent enroulé. L’arbre est absent de la photo de James White mais le fond vert fait illusion. Ainsi donc, notre cerveau assimile le serpent traditionnellement enroulé autour de l’Arbre de la Connaissance avec le serpent enroulé autour d’une femme nue.

C’est ainsi qu’une femme nue avec un serpent peut se passer de pomme. Même sans le fameux fruit défendu, elle se fera appeler Eve.

Pour ceux qui en veulent encore un peu plus, voici comment le sculpteur norvégien Per Ung se représente Eve. Cliquez. Vous ne serez pas surpris.

[Sources : theplace.ru pour la couverture d'Esquire, www.masters-of-photography.com pour la photo d'Outerbridge, soulcookie.tumblr.com pour la photo de Leibovitz, goldenagepaintings.blogspot.com pour la peinture de Stanhope, artmight.com pour la peinture de Raphaël, a4rizm.tumblr.com pour la peinture de Guido Reni (photo par Hugo Maertens)]

Portrait de Violante par Titien

Titien,Tiziano,Violante,Bella gattaOn a longtemps pensé que Violante était la fille de Palma le Vieux et la maîtresse du Titien. Mais Palma n’avait vraisemblablement pas de fille et Violante était sûrement la belle chatte (“La bella gatta”, nom parfois donné au portrait de Violante) de beaucoup d’hommes ! Le Kunsthistorisches Museum de Vienne qui abrite ce tableau l’attribue à Titien même si un certain nombre d’experts lui donne maintenant comme père Palma le vieux.

[image wikimedia commons]

Portrait de la Bella par Palma le Vieux

palma le vieux,il vecchio,bellaVoici un portrait magnifique de Palma le Vieux qu’on peut voir au Thyssen-Bornemisza de Madrid. La paternité du portrait est parfois disputée entre le Titien et Palma le Vieux. Quoiqu’il en soit, bravo à l’artiste : les longs cheveux dorés, le froissement des riches étoffes et le regard de la Belle… Ah ! Son regard… Magnifique, je vous dis.

Certains pensent que la Bella serait en fait Eleonara Gonzaga, duchesse d’Urbino et généreuse mécène. A vous de vous faire une idée en comparant avec le tableau de la duchesse peint par Titien.

[image wikimedia commons]

Courtisanes charnues

Jacopo de Antonio de Negreto, dit Jacopo Negretti, dit “Palma il Vecchio” ou “Palma le Vieux” en français (1480-1528) nous a laissé une brochette impressionante de courtisanes vénitiennes (peintes sur des toiles…). Si les jeunes filles de Domenico Tintoretto (article précédent) semblaient un peu rondes, les femmes de Palma sont vraiment charnues.

Une belle brochette de blondes (blond vénitien, bien sûr, mais aussi blondes platine) bien en chair ! Ce en quoi Palma semblait partager les goûts du Titien, son contemporain, au point qu’il est parfois difficile de savoir qui a peint quoi (Voir les deux prochains articles).


Pour retrouver ces peintures sur les sites des musées :
Femme blonde, Femme en bleu, Femme en vert, La courtisane, Femme au chapeau, Sibylle (Windsor)

Prostituées du Prado

Le Vénitien Domenico Robusti, appelé Domenico Tintoretto (1560-1635), fils de Jacopo Robusti / Tintoretto (Le Tintoret), a peint de nombreux portraits de jeunes femmes. Dans la Venise de la Renaissance, il y a peu de doute que la plupart de ces jeunes femmes sont, en fait, des prostituées. Au delà de leur blondeur (très “cliché” pour une courtisane de Venise), de leurs colliers de perles et de leurs tétons souvent découverts, une chose peut paraître étonnante : l’évidente jeunesse de ces filles qui ressemblent à des ados. Cette galerie de portraits de Vénitiennes ne se trouve pas à Venise. Ce serait trop simple. Elle vous attend au musée du Prado à Madrid.domenico tintoretto jeune fille vénitienne

Pour être complet, il faudrait ajouter un quatrième portrait peint par Domenico Tintoretto : Celui de la courtisane la plus connue de Venise, Veronica Franco, également exposé au Prado. Vous le retrouverez dans un article précédent.

[Toutes les photos proviennent du site du musée du Prado. Cliquer dessus pour voir la HD sur le site du musée.]

Portrait idéal d’une courtisane en Flora par Bartolomeo Veneto

bartolomeo veneto,flora,lucrece,lucrezia borgia,courtisane,prostituée,blond vénitienCe portrait exécuté vers 1520-25 et exposé au musée du Städel à Francfort, a longtemps été présenté comme celui de Lucrèce Borgia. Ce n’est, semble-t-il, pas le cas. On a ici une très belle peinture de Flora, inspirée par une courtisane vénitienne. La couleur blond vénitien des cheveux est superbement restituée par Bartolomeo Veneto (1470-1531). Cette prostituée idéale, mince et aux petits seins, contraste avec celles que nous découvrirons bientôt sous le pinceau de Palma le Vieux ou de Domenico Tintoretto.

[Image wikimedia commons]

Flora à la Renaissance : de la couronne de fleurs aux seins nus

Flora, la déesse romaine des fleurs et du renouveau printanier et, par extension, déesse du sexe et patronne des prostituées, a connu une nouvelle jeunesse pendant la Renaissance italienne.

On connaît la magnifique représentation de Flora qui sème des pétales de roses, la tête couronnée de fleurs et le corps vêtu d’une robe au tissu fleuri, dans le tableau “Primavera” (Le Printemps) du Florentin Sandro Botticelli (1444-1510), peint vers 1480 et conservé à la galerie des Offices à Florence [image wikimedia commons].

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Au milieu du tableau, Vénus préside la scène avec des airs de Madonne (même air sage et tristoune que Marie, même robe longue que la mère de JC qui tranche sur la nudité habituelle de Vénus). Pendant ce temps, dans les airs, le fiston Cupidon-Amour s’apprête à tirer le cercle des trois Grâces (C’est le printemps !).

Notez la jeune fille en robe transparente blanche à l’extrême droite : C’est la même Flora, encore vierge, que Zéphyr s’apprête à prendre (littéralement puisqu’il va l’emmener et la violer avant de l’épouser). Après la pénétration par le vent doux et chaud (Zéphyr, donc), l’ex-vierge revient sous les traits de la déesse des fleurs, comme si le vent doux amenait la floraison. Image un peu étrange, sachant que la pénétration des fleurs amène plutôt des fruits !

La génération qui a suivi Botticelli, celle des Vénitiens Paris Bordon (1495-1570) et Titien (1490-1576) ou du Milanais Francesco Melzi (1491-1570), opte pour des représentations bien différentes de Flora.

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[Photo © Musée du Louvre/A. Dequier]

Cherchez les fleurs dans le portrait exécuté par Bordon et conservé au musée du Louvre ! On voit surtout les seins nus de Flore, son collier de perles (bijou qu’affectionnait Vénus, portée jusqu’aux rives cypriotes sur une coquille d’huître perlière) ou ses cheveux roux-châtain minutieusement frisés.

Idem pour le portrait très connu de Flore par le Titien, ci-dessous, réalisé en 1515 et exposé à la galerie des Offices à Florence : On ne voit guère la poignée de fleurs dans la main de Flora mais on ne peut pas manquer la chemise largement ouverte, la poitrine prête à s’offrir et les longs cheveux dorés.

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Francesco Melzi, enfin, a peint un portrait de Flora que ne renieraient pas les Romains du premier siècle après JC. Dans le tableau du musée de l’Ermitage à Saint-Petersbourg, pas de couronne de fleurs, certes, mais une belle robe jaune comme celle que porte Flora sur la mosaïque de Stabia près de Pompéi… Et toujours de très beaux cheveux blond-vénitien.francesco melzi, flora,hermitage,ermitage

Les Bordon, Titien et Melzi semblaient prendre plus de plaisir à peindre des femmes aux seins nus que des fleurs. La prostitution était extrêmement répandue à Venise à la Renaissance et les courtisanes étaient des modèles de choix. La femme du portrait du Titien est vraisemblablement une prostituée. Nous en verrons quelques autres prochainement.

Pourquoi la prostituée est blonde

On l’a vu dans les articles sur Marie-Madeleine : les blondes ont mauvais genre. Considérée comme une tapineuse repentie (à tord, cf l’article “Marie, la prostituée imaginée”), Marie-Madeleine est toujours représentée avec de très longs cheveux blonds (et comparez la “Marie-Madeleine repentante” nue du Titien conservée à Florence avec la version habillée exposée à Saint-Petersbourg, ci-dessous).

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Le Titien - Marie-Madeleine repentante - 1560-70 - Musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg - Image sur Wikimedia Commons

On en a déjà parlé mais la question qu’on n’a pas encore abordée, c’est : Pourquoi la putain a-t-elle des cheveux blonds ?

Pour répondre à cette question, il faut s’intéresser à la prostitution chez les Romains où les bordels ont longtemps été l’affaire des esclaves et des étrangères avant que, progressivement, la prostitution ne s’étende, se complexifie, voire même se généralise. Maggie McNeill, call-girl à la retraite, m’a aidé à explorer ce territoire inconnu (par blog interposé).

Pour résumer, on peut dire qu’à Rome, sous l’Empire, la prostitution ne se limite plus aux lupanars des quartiers mal famés de Subure et de Vélabre. On se prostitue partout. N’importe quelle femme peut être amenée à vendre sa “vertu” à certains moments de sa vie. Les raisons pour tapiner sont diverses, tout comme les façons de le faire, d’où l’incroyable variété du vocabulaire qui désigne les filles de joie.

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Fresque de la Casa del re di Prussia à Pompéi, conservée au Musée Archéologique National de Naples, réalisée avant l'an 79 (date de la destruction de la ville par l'éruption du Vésuve) - Notez l'inscription LE(NT)EIMPELLE ("Lente impelle" ou "Pénétrez lentement") au-dessus de ce qui est peut-être une scène de sodomie - On a trouvé ce type de fresques dans les lieux de prostitution (une trentaine à Pompéi, ville à la population estimée entre 8 et 12.000 habitants).

Il y a les prostituées qui sont enregistrées (meretrices) et celles qui ne le sont pas (prostibulae), les lupae qui hurlent comme des louves pour attirer le client (la louve qui a nourri Romulus et Remus est souvent assimilée à Acca Larentia, une femme publique qui tapinait dans les bois), les filles pas chères des auberges (blitidae), les chanteuses, musiciennes et danseuses qui font toutes des extras,  les pleureuses professionnelles entre deux enterrements, les servantes entre deux services, les bourgeoises de la haute société qui se dévergondent occasionnellement (famosae), les fellatrices spécialisées dans les pipes, celles qui bossent le soir, celles qui bossent la nuit, les filles des rues qui font le trottoir pour pas cher, celles qui exercent dans les thermes, celles qui pratiquent dans les temples, les femmes publiques qui font ça à la maison, les amicae lesbiennes, les filles à soldats, les putains de la campagne qu’on trouve le long des routes, les vendeuses de pain… Ce commerce n’est pas limité au sexe féminin : il est également pratiqué par des garçons et des hommes.

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Andrea Mantegna - "Les captifs", septième des neuf tableaux de la série des "triomphes de César", célébrant l'entrée triomphale de Jules César à Rome après sa victoire sur les Gaulois - 1484-92 - The Royal Collection, Hampton Court, UK - Image sur Wikimedia commons

Les filles des premiers lupanars étaient des esclaves gauloises ou germaines ramenées à Rome après les victoires militaires des troupes romaines, blondes pour la plupart, à la différence des Romaines, plutôt brunes (la population de la péninsule italique prendra un coup de “blond” à la fin de l’empire romain avec les invasions barbares et la création des royaumes ostrogoth puis lombard à partir du VIème siècle après JC). La blondeur a donc été très rapidement associé à Rome avec la prostitution. Il s’agit aussi de la couleur des cheveux de Vénus dont le culte est lié au tapinage (comme celui de Flora, de Cérès ou d’Isis) : Vénus Volgivava (Vénus “qui fait le trottoir”) est fêtée par les filles de joie le 23 décembre.

Pour les distinguer des autres femmes (les matrones, qui portent la stola), les filles des rues doivent s’habiller avec une toge, comme les hommes. Les courtisanes de haut rang parviennent cependant à conserver leurs stolae mais elles doivent les teindre de couleurs vives, notamment le jaune, pour se différencier.

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Fresque d'Herculanum (ville voisine du Vésuve détruite en même temps que Pompéi) représentant une prostituée pendant un banquet

Peu à peu, la couleur des cheveux des prostituées (et de Vénus) devient à la mode. les Romaines aisées, si elles sont brunes, vont commencer à se décolorer les cheveux et à les teindre, notamment avec du safran, d’où cette phrase de Tertullien (150-230) : “Nos femmes échangent leurs cheveux contre du safran ; Elles rougissent d’être Romaines ; Elles veulent qu’on les prennent pour des Gauloises ou des Germaines et elles abjurent leur patrie jusque sur leur chevelure” (in “De cultu feminarum”).

Déjà un siècle avant Tertullien, la jeune Messaline (25-48), troisième femme de l’empereur Claude, revêtait une perruque blonde pour se rendre au lupanar de Subure où tout Rome venait la sauter.

Les Romaines ont, d’une certaine façon, inventé en leur temps le porno-chic et la it-prostitution.

Jacques louis David

Jacques-Louis David (1748-1825) - Vénitienne à sa toilette - image sur albumvenitien.blogspot.com

Plusieurs siècles plus tard, Venise au faîte de sa puissance connaît exactement le même phénomène que Rome au temps de l’Empire (La Sérénissime République de Venise dure 1100 ans, de 697 à 1797; Le XVème siècle correspond à son apogée politique et économique quand ses navires contrôlent le commerce entre l’Europe et l’Asie; Le déclin commence au XVIème qui reste néanmoins une période faste au niveau artistique).

En 1509, on recense plus de 11.000 prostituées à Venise (A cette époque, Venise est une des plus grandes villes d’Europe avec environ 200.000 habitants, sans compter les nombreux commerçants de passage). Certaines tapineuses, telle la célèbre Veronica Franco (1546-1591), gagnent très bien leur vie en tant que cortigiana onesta (“courtisane honnête”) : Elles offrent aux hommes aisés leur compagnie et leur culture en plus de leur sexe. Ces prostituées sont enviées pour leur liberté et leur fortune (cf article de Veniceguide).

Le Tintoret, Tintoretto, Veronica Franco

Portrait d’une jeune femme dénudant son sein, vraisemblablement la célèbre courtisane vénitienne Veronica Franco, réalisé par Domenico Tintoretto, exposé au musée du Prado, Madrid. Image © 2010 Museo Nacional del Prado. Cliquer pour voir l'image originale sur le site du musée.

Tout comme à Rome à l’époque de l’Empire romain, la blondeur est la couleur à la mode, chez les femmes du monde comme chez les filles des rues. “Blond vénitien” ou “rouge du Titien” (le célèbre peintre vénitien représentera maintes fois ses contemporaines blondes) désigne un blond-roux obtenu par décoloration et teinture.

Enfin, de même que les prostituées romaines de haut rang portaient une stola jaune pour annoncer leur activité, les courtisanes vénitiennes doivent nouer un foulard jaune autour de leur cou.

A Venise aussi, la blondeur et le jaune sont les couleurs de la prostitution.

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La femme au miroir - Le Titien - vers 1512-15 - Musée du Louvre - Image sur Wikimedia commons

[Retrouvez "la femme au miroir" sur le site du Louvre]

Taille de guêpe, fesse de lionne

La taille d’une guêpe et les fesses d’une lionne, ça pourrait ressembler à une chimère inventée pour effrayer le voyageur. Mais pas du tout : C’est magnifique. Regardez-moi ça !J’ai trouvé cette photo il y a déjà longtemps, sans lien, crédit ou légende. Mais qui donc était cette femme aux longs cheveux blonds et au corps magnifique ? Pour seul indice, je disposais du nom du fichier : bvallejo_6.jpg.  Bvallejo ? Boris Vallejo ? L’illustrateur ? Mais est-ce qu’un dessinateur fait aussi des photos ? Faut croire que oui car, après vérification, Boris Vallejo a bien publié deux recueils de photos, en noir et blanc, dont la plupart des modèles sont, en fait, des culturistes. Oui. Bien sûr. C’est ça l’explication : des fesses aussi puissantes et une taille aussi mince ne se trouvent pas à tous les coins de rue mais, parfois, dans les clubs de gym.

Voic les deux livres de photos de Boris Vallejo :boris vallejo,bodiesboris vallejo,bodies“Bodies”, publié par Paper Tiger en 1994 (1ère édition US ?), par McClelland & Stewart en 1995, par  Dragon’s World en 1996, par Thunder’s Mouth Press en 1998… [Les photos se trouvent sur un site de vente d'occasion]

boris vallejo,hindsight“Hindsight”  publié par Thunder’s Mouth Press en 1998 (1ère édition US ?), par Running Press Book Publishers en 2000… [Photo sur Amazon]

Pour en revenir à la question du début (Qui est cette femme aux longs cheveux blonds et au corps magnifique ?), On a déjà un premier élément de réponse : c’est une culturiste. La photo ne vient pas de “Hindsight” (puisque ce n’est pas une “vue de derrière”) mais, donc, de toute évidence, de “Bodies”, publié en 1994, l’année du mariage de Boris Vallejo avec l’illustratice Julie Bell. Or devinez qui pose régulièrement pour Boris Vallejo, pratique le culturisme, a développé un très joli corps, des fesses de lionne et une longue crinière blonde ? Julie Bell.

La Vénus photographiée par Vallejo serait-elle sa femme ? Rien à faire… il faut absolument que je me trouve un exemplaire de “Bodies”.