Archives de la Catégorie Gustav Klimt

Un standard glamour : La femme nue allongée au serpent

Quand il s’agit de nudité, de beauté, de femmes et de serpents, c’est toujours une bonne idée de faire un saut dans le passé, au tournant du 20ème siècle, et de s’intéresser au travail de ces artistes qui ont contribué aux mouvements sécessionnistes viennois et münichois.

De façon générale, c’est tout le mouvement “Art Nouveau” qui a fait la part belle  à une vision novatrice de la femme comme “femme fatale”, dangereuse séductrice, attirante et toxique, belle et mortelle, dans un monde végétal coloré et fleuri. Fleur et femme fatale ? Un hommage à la mortelle digitale, peut-être.

"Wasserschlangen II" ou "Freundinnen II" - Gustav Klimt - 1904-07 - Collection privée ? - Source : Wikipedia

Gustav Klimt (1862-1918) a peint ces remarquables “serpents d’eau” sans y mettre de serpent. Ce sont juste des femmes. Reptiliennes. Aquatiques. Un thème à la mode chez lui et ses collègues. Femme, eau, sirènes, hydre… On les appellent parfois “Freundinnen”, les amies. Des lesbiennes couchées ensemble sur un lit de fleurs ? On sait que le célibataire Klimt, grand consommateur de femmes (surtout les modèles qui traînaient à longueur de journée, nues, dans son atelier) aimait peindre les femmes ensemble.

Peut-être inspirée par Klimt, l’association de la femme nue allongée et du serpent a été photographiée par Richard Avedon (encore lui ! Rappelez-vous “Dovima et les éléphants” dans l’article “Queue, trompes, tentacule, serpent…”).

"Nastassja Kinski and the serpent" - Richard Avedon - 14 juin 1981 - Source : http://ars-photographica.blogspot.com

Suite à ce cliché culte, se faire photographier nue, allongée avec un serpent, est devenu un standard de la photo glamour.

Après Nastassja Kinski, sa fille y est passée, ainsi qu’un certain nombre de mannequins et autres semi-stars qui se voudraient femmes fatales comme celles de Gustav Klimt : Sonja Kinski, Jenifer, Devon Aoki, Laura Harring, Nadja Auermann, Stephanie Seymour, Eva Herzigova

Le missionnaire de Michel-Ange et la levrette de Klimt : les positions perdues de Léda

Comme on l’a déjà discuté dans des articles précédents, les artistes ont beaucoup aimé peindre ou sculpter Léda car c’était, de tous temps,  un des rares moyens acceptables de représenter l’acte sexuel, à savoir Léda s’accouplant avec Jupiter transformé en cygne. L’oiseau a pénétré la femme dans de nombreuses positions. On a déjà vu l’ “union suspendue” (inversée en l’occurence, puisque c’est Léda, debout, qui tient le mâle) dans l’article “Deux mille ans de porno subtil“. On va voir maintenant deux autres positions, le missionnaire et la levrette, qui ont ceci en commun, que la version originale a disparu !

Voici d’abord la position du missionnaire originellement peinte par Michel-Ange, puis vendue vers 1530 à François 1er qui ajoute le tableau à la collection royale assemblée au château de Fontainebleau. La toile est copiée par de nombreux artistes (dont le graveur Cornelis Bos entre 1537 et sa mort en 1566) puis… elle disparaît. On ne sait toujours pas ce qu’elle est devenue. Plusieurs gravures de Bos sont actuellement conservées, notamment au British Museum et à l’université Cornell.leda,cornelis,bos,michel-ange,gravure,michelangelo,copulation,tableau,disparu

Léda n’a pas souvent été prise en levrette. C’est Gustave Klimt qui l’a imaginée comme ça en 1917 mais il ne nous reste malheureusement qu’un morceau du tableau, photographié en noir et blanc. L’original a disparu en même temps que 12 autres peintures de Klimt et que le château Immendorf en Autriche où ils étaient entreposés avec d’autres oeuvres d’art. Le château a été dynamité par des troupes SS en déroute le 8 mai 1945 (oui : le 8 mai 1945 !). Il a brûlé pendant plusieurs jours. Rien n’a subsisté.klimt,leda,levrette,tableau,disparu,incendie,nazi