Quand on parle de fantasmes masculins, les années 40 à 60 ressemblent à une époque dorée : Celle des pin-ups. Des illustrateurs dessinent à la chaîne des femmes pulpeuses aux jupes retroussées qui ne cachent rien de leurs jarretelles. Il n’est pas étonnant que cette époque s’achève avec les jarretelles, à la fin des années 1960.
Gil Elvgren a réalisé une série assez amusante de représentations de pin-ups truffées de symboles, à la manière des peintres anciens (cf “Le jour où Marie a été fécondée” pour une analyse personnelle de l’Annonciation de Robert Campin). Dans le cas d’Elvgren, on retrouve 4 éléments récurrents.
De gauche à droite : Le “Oups !” de surprise qui se matérialise par une bouche ronde entrouverte, en forme de O (pour ceux qui veulent en savoir plus sur la symbolique du “O”, voir l’onglet “vulve”, rubrique “Couronne sacrée”), une jupe soulevée et des cuisses à l’air, un symbole phallique, un symbole vaginal).

Gil Elvgren - Something's bothering you (What's wrong ?) - 1957 - Vraisemblablement publié par Brown & Bigelow - Cliquer pour voir l'image sur diamondgalleries
Commençons par quelque chose de léger : Les lampions ronds et ouverts comme des vagins qui flottent, le manche du parapluie qui ne passe pas très loin de l’ouverture ronde de la bouche, le titre suggestif : Quelque chose te dérange ? C’est quoi le problème ? (Ca me rappelle la femme nue du déjeuner sur l’herbe de Manet et sa même attitude faussement innocente : Ouais ! C’est quoi le problème ?)

Gil Elvgren - SkirtsAhoy! - 1967 - Publié par Brown and Bigelow - Cliquer pour voir la HD sur elvgrenpinup.com
Juste pour me contredire, pas de symbole phallique en vue dans “Skirts Ahoy !” mais plutôt un “salut les jupes” comme dans “Hé ! Du bateau” à quoi on pourrait ajouter un “chatte en vue” comme un “terre en vue”. Peut-être que j’en rajoute mais, parlant de chatte, c’est quoi cet énorme trou rond qui occupe le quart droit de l’image ? Hé, matelots ! Enorme chatte en vue !

Gil Elvgren - The last stand (Fare maiden) - 1961 - Publié par Brown and Bigelow - Cliquer pour voir l'image sur thepinupfiles.com
Ici, la fille nous montre le creux de sa chaussure d’où coule quelque chose (en langage ordinaire : “je mouille”). La grosse valise ronde contre le poteau bien droit se déchiffre aisément. Enfin une belle rafale de jeux de mot : le “dernier arrêt” (the last stand) à rapprocher de “tirer un coup” (one night stand) et le prix du billet (fare) à rapprocher de la blondeur de la vierge (fair maiden).

Gil Elvgren - What's up ? - 1957 - Publié par Brown and Bigelow - Cliquer pour voir l'image sur elvgrenpinup.com
Maintenant, on arrive à la symbolique bien lourde : la fille qui branche la fiche dans les trous de la prise, le tuyau de l’aspirateur qui se dresse et soulève la jupe par derrière et le titre qui demande “What’s up ?” : “Comment ça va ?” ou “Qu’est ce qui est droit/dressé/debout ?” On se le demande.

Gil Elvgren - A near miss (Right on target) - 1964 - Publié par Brown and Bigelow - Cliquer pour voir l'image sur elvgrenpinup.com
Enfin, peut-être le meilleur pour la fin : “A near miss” (presque loupé) ou “Right on target” (en plein dans le mille) ? Je vous laisse répondre. Moi, je l’aurais appelé “Tu me tires, chéri ?”










