Archives de la Catégorie Soutiens de dentelles

Pourquoi cacher ?

Laissez-moi revenir sur un sujet déjà abordé, à savoir : “Au nom de quelle pudibonderie absurde cache-t-on systématiquement la fente du sexe féminin sur les sites de lingerie ?” J’avais souligné dans “Moralité à géographie variable” la frilosité des sites qui vendent de la lingerie sexy ou érotique : Les tétons apparaissaient ou non suivant les continents mais le sexe féminin était systématiquement photoshopé sur l’ensemble des sites web (à l’exception de quelques vendeurs brésiliens).

Les spécialistes français  Luxxa et Lola-Luna recourent à Photoshop et brouillent les pubis, comme la plupart de leurs collègues. Dans ce paysage de bas-ventres flous, j’ai néanmoins trouvé 4 exceptions européennes : Le Suisse Rimba, le néerlandais JC Créations dont j’ai déjà parlé (voir “Jarretelles d’encadrement” et “Serrez-moi cette taille ! Le cas particulier du serre-taille“) et les Italiens Cottelli et Eros Veneziani.

On notera que Rimba et Eros Veneziani se protègent derrière une interdiction aux mineurs (admettons pour le Suisse qui propose une section BDSM bien fournie et dont les menottes et autres godes sont à réserver aux plus de 18 ans mais dans le cas de l’Italien, je ne comprends pas le problème). Les photos proposées sur les sites de Cottelli et d’Eros Veneziani sont également de taille ridiculement réduites. C’est sur le site marchand allemand M&C que j’ai finalement trouvé des visuels de qualité un peu plus acceptables des produits Eros Veneziani pour illustrer cet article. Pourquoi une telle prudence des fabricants ?

Pourquoi une telle prudence, effectivement ! Alors que le web croûle sous les images pornographiques de fellation et de sodomie, qu’est-ce qui est si sulfureux sur le site d’Eros Veneziani ? Devinez ! … Des culottes ouvertes !

Oui, des culottes ouvertes ! Et pas de positions explicites de mannequins allongées sur le dos et les cuisses ouvertes avec gros-plans sur le sexe offert. Non ! Juste un peu de poils pubiques et le trait discret de la fente.

Je me suis amusée à reprendre quelques photos pour poser de nouveau la question : “Quel est le problème ?”

Le sexe féminin est d’une grande discrétion (pas comme la bite des hommes qui pend entre ses deux couilles). C’est, à mon sens, une des raisons de sa grande beauté et, disons-le, de son élégance.

Alors pourquoi cacher comme une bête immonde cette jolie petite chatte ?

Interdite aux moins de 18 ans,  cette fente minuscule ! Interdits aussi les 20 poils qui se courent après ! De qui se moque-t-on ?

Lutter contre l’absurdité et faire la part des choses, respecter la beauté et distinguer nudité de vulgarité, voici les ambitions pas si limitées de ce petit article si joliment illustré.

[Toutes les photos représentent des produits Eros Veneziani et sont extraites du site de M&C underwear. Cliquez les photos pour voir les photos originales !]

Futile harnais. Pour habiller la femme presque nue.

Quand on parle de lingerie un peu “osée”, alors il faut mentionner “Maison Close” (voir site).

Après le tanga à perles Bracli qui frotte sur le clitoris et après les culottes ouvertes de Damaris, voici un accessoire (un bijou ?) qu’affectionne Maison Close : le harnais.

D’accord, ce n’est pas une nouveauté. Il y a eu le harnais orienté bondage, en cuir, latex ou PVC, de marques comme Fleet Ilya ou (feu ?) Antiseptic Fashion. Il y a eu le harnais de sex-shop, en strass généralement, vendu sous le nom de choker-tie-belt et à l’aspect un peu cheap. Il y a enfin eu (et il y a toujours) les harnais fabriqués dans une gamme de bijoux de corps, entre les bijoux de seins et les bijoux d’épaules, par des créateurs/créatrices de bijoux. J’en cite quelques-uns : Bliss Lau, Litter, Fannie Schiavoni, Justine Clenquet, Léon Rose Magma, Pagan Poetry, (feu ?) Mousseline Chou d’Amour, Sofiyani La, Anita Quansah

Avec Maison-Close, le harnais, en tant que pièce de lingerie ou comme bijou de corps joli et sexy, va enfin se démocratiser.

[En haut : Harnais "A ton cou". Ci-dessus, de haut en bas et de gauche à droite :  Harnais "A ton cou", Harnais pour shorty (ici sur un string) "Féerie Précieuse", Harnais-string "Soie Chérie", Harnais "Villa Satine"]

A quoi sert le harnais ? A rien, vraiment. En fait, à mettre en valeur les seins qu’il sépare, le cou qu’il enserre, le dos qu’il laisse vierge. Il sert à faire plus joli. Il est utile donc. Il donne de l’originalité. Il fait sortir de l’ordinaire. Il rend sexy. Il excite l’imagination. Il attise les sens. Très utile, donc. Que dis-je ? Indispensable harnais !

Toutes les photos des nouvelles collections Maison-Close sont visibles sur le site Dessus-Dessous.

Damaris, marque culottée

Damaris Evans, l’Anglaise derrière les marques de lingerie de luxe Damaris et Mimi Holliday (voir site web), propose depuis 2001 des ensembles jolis, gais et originaux.

Comme son slogan, “Sine qua non” (“sans cela, alors rien” ou “ça ou rien”), la créatrice semble inflexible sur les “culottes”, une fixation très anglaise (voir articles précédents sur les marques anglaises Agent Provocateur et Strumpet and Pink), pour notre plus grand plaisir.

Pour en revenir au slogan, je ne suis pas celle qui crache sur le “rien” mais les culottes de Damaris et leur façon de montrer la raie des fesses (celle des filles, bien mieux que celle des plombiers) me font aimer le “ça”.

Voici 4 jolies culottes de la collection été 2012. Culottes “cheeky” donc, audacieuses, qui montrent si joliment les cheeks.

La culotte à lacets (“corset knickers”) est une beauté (que dire de cette photo-ci ?) tout comme celle à ouverture ronde.

Mais comme je suis une grosse ringarde, je reste, je l’avoue (snif-snif) une fan du bon-vieux-string ! Regardez donc ces fesses :

Et maintenant, je vous propose un dernier article sur la lingerie, avec une marque française très “cheeky”, elle-aussi.

[Toutes photos sur le site damaris]

Perles blanches, perles noires

Il était temps ! Après des semaines de silence, voici un petit article sur une marque de lingerie très particulière. Avez-vous déjà essayé de porter un tanga à perles (les perles passent entre les lèvres et entre les fesses) ?

Si oui, alors vous avez sûrement porté un tanga de la société espagnole “Bracli” puisque le patron et inventeur, Luis Álvarez, a déposé le brevet de cette bête-là en 1996.

Pour résumer l’info disponible sur le site bracli.com, la “culotte-clitoris” Bracli (BRAga -CLItoris) est étudiée pour la satisfaction maximale du clitoris  (il faut que je m’en procure une !!) : par le frottement des perles et par “le plaisir de se voir si belle en ce miroir”.

Vu l’absence de données scientifiques tangibles sur l’impact clitoridien du frottement des perles (à essayer, je vous dis !)  dans le dossier , je  me suis plutôt concentrée sur l’esthétique de la chose. Et notamment les photos disponibles sur le site.

Sympa tout ce noir-et-blanc.

Sympa aussi le concept : lingerie et bijou, vêtement et accessoire.

Tout cela ne peut que confirmer mon point de vue sur la chose : Rien de plus beau qu’un corps nu. Tissu, dentelles, or, perles… tout cela ne sert qu’à le mettre en valeur.

Et après le tanga de M. Álvarez, allons donc voir  les créations de Ms Evans qui sait si bien mettre les fesses en valeur.

Lacée et nouée

J’ai discuté précédemment des jarretelles du corset. C’est maintenant le tour des lacets. Il y a cependant une grande différence : si les jarretelles sont accessoires  (et facultatives), les lacets, eux, font partie du corset.

Les lacets, c’est ce qui ferme, ce qu’on tire pour serrer. Ils sont indispensables au corset pour que celui-ci fasse son office (serrer, donc !). Ils participent aussi à l’esthétique de l’objet. Ils renvoient aussi immédiatement à un autre univers et à une autre zone géographique : celui de l’art japonais du ligotage, ou Kinbaku, ou Shibari.

Sur les photos ci-dessus [Sources, de haut en bas et de gauche à droite : Fred Kyrel (voir les photos et lire l'article sur french-shibari.com), Craig Morey, photo-creative (www.photo-creative.pl/shibari/), Erotex-Korsett], le parallèle visuel entre cordes de ligotage, à gauche, et lacets de corsetage, à droite, saute aux yeux (aux miens, en tous cas).

D’abord, il s’agit bien d’une affaire de laçage et de nouage.

Ensuite, il s’agit bien d’une affaire de serrage, d’entourage, de calfeutrage et d’hermétique (et du plaisir qu’il procure à certaines).

Enfin, on ne peut nier l’esthétique !

J’ajouterai un dernier point : la gestuelle.

Ci-dessus, 2 femmes laçant (ou délaçant) leur corset [Source de la photo de droite : xfobo.com]. Ci-dessous, mode d’emploi dessiné d’un kikkou shibari [Source : sankakucomplex.com] :


La façon de serrer les lacets et de nouer dans le dos du corset est tout à fait similaire à la technique utilisée en kikkou-shibari.

Le kikkou-shibari est une des branches du bondage japonais qui consiste à lacer la corde en “écailles de tortue”. On retouve alors la forme en X des lacets du corset (Voyez l’image 6 du mode d’emploi en japonais !). Autres particularités du kikkou-shibari : il peut se faire seul, il n’est pas forcément immobilisant, il peut se porter sous un vêtement… et oui, comme le corset. C’est, en fait, un corset de corde ou rope-corset.

Corset droit vs Tournure

Dans l’article “Corset, un survol rapide” , j’ai évoqué le corset droit, créé en 1900 et disparu vers 1910 d’où son surnom de corset “édouardien” en Angleterre), et la silhouette très particulière (en “S”) qu’il donnait à la femme qui le portait.

En voyant ce corset, la taille cambrée et le cul bien arrière de la femme, je me suis dit que c’était là une silhouette familière, vue dans de nombreux tableaux.

Georges Seurat - Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte (A Sunday on La Grande Jatte) - 1884 - The Art Institute of Chicago - Source : wikipedia

Il n’a pas fallu beaucoup de temps pour retrouver les tableaux en question :  Le “Dimanche sur l’île de la grande Jatte” (1884) de Seurat, bien sûr, et aussi  le “Jeune femme traversant le boulevard” ou “Devant la Tour Eiffel” (1889) par Jean Béraud.

Seul petit problème : les dates ! La promeneuse de l’île de la Grande Jatte pousse son cul 15 ans avant l’invention du corset droit. Alors ?

Alors, si cette femme pousse son cul, c’est parce qu’elle a mis un “faux cul”, qu’on appelle aussi un pouf. Elle porte une “robe à tournure” (en anglais : bustle dress), vêtement très à la mode à la fin du 19ème siècle, qui rajoute du volume à l’arrière grâce à une sorte de crinolinette aux formes diverses et variées mais à la fonction unique : gonfler le cul.

[Source : edym.com]

Jarretelles d’encadrement

Rappelez-vous le coup du cadre !

On en a parlé avec “cadrer l’essentiel” et “encadrement de féminité” : l’art de mettre en évidence les parties “essentielles” de la femme, et notamment son sexe.

Avec les jarretelles, la tentative d’encadrement s’expose sans vergogne.

La photo ci-dessus provient du site de vente de corsets Erotex.

Elle met en scène un corset noir, une paire de bas noirs, deux paires de jarretelles noires et, au centre de la pièce, un string noir, avec juste ce qu’il faut de peau blanche pour contraster.

Voyez-vous l’effet de cadre ?

Il semble évident mais maintenant regardez ci-dessous :

Même si la poitrine nue occupe une large place, l’oeil suit le regard de la mannequin. Il est immédiatement attiré par la blancheur éclatante du serre-taille, puis par l’assemblage constitué par le corset, la paire de bas et la paire de jarretelles : Un cadre qui entoure et fait ressortir le pubis de la fille.

Sur d’autres clichés, le photographe a complètement évacué la tête et la poitrine des mannequins pour se consacrer à l’essentiel.

Sur la photo de gauche, la vulve est un bijou dans un écrin triple : jarretelles, cuisses et mains. On ne voit qu’elle au centre de la scène.

Quant à la photo de droite… No comment !

[Photos de Karin, Inke et Els sur le site du fabricant de corsets néerlandais jc-creations]

Portrait d’une inconnue par Thomas Illhardt

Regardez bien ce cliché de Thomas Illhardt (www, MM) :

Comme une illustration pour le billet précédent, voici une très jolie accumulation de triangles (il faut regarder le bas de la photo, bien sûr) : pointe du serre-taille vers le bas, pointes des bas vers le haut. Voilà 3 triangles qui entourent le 4ème triangle, celui du pubis.

Ajoutez les jarretelles et le cadre est fini.

Triangles

Quand je suis tombée sur cette photo sur xfobo.com, je me suis arrêtée pour l’admirer (il s’agit en fait d’un cliché de Michael Helms autrefois visible sur pelicanh.deviantart.com avant que le photographe ne supprime toutes les photos de nues qui s’y trouvaient).

Ce que je trouve remarquable, c’est la superposition des deux triangles.

Le triangle du bas du corset sur le triangle du pubis. Et la pointe du corset comme une flèche qui indique le sexe, comme pour dire “Regarde ! C’est là que ça se passe”.

La force érotique du corset réside dans ces petites choses (il y en a d’autres, comme on le verra un peu plus tard en parlant des jarretelles) qui accentuent les automatismes masculins, comme autant de petits fouets qui viendraient frapper et exciter leurs petites verges.

Sur la photo suivante, prise par Christine Kessler, on retrouve le schéma de la photo de Sylvie Blum (Décidément, c’est un coup monté par les filles ! Voir “Serrez-moi cette taille !” ).

Le serre-taille forme une double pointe : l’une qui chevauche la pointe du pubis, l’autre qui s’enfonce entre les seins. La forme est pleine de sens (c’est le cas de le dire) et notamment de sens de pénétration.

La couleur du corset (noir) et le cadrage de la photo renforcent la visibilité des parties claires, seins et sexe. Seins à nu, sexe à peine couvert d’un film de latex translucide.

Et, pour en rajouter une couche, que dire du serre-taille “Trace” de la maison anglaise Eternal Spirits ?

D’accord, ce serre-taille là n’est pas plus excitant que ceux d’avant (on ne voit même pas un téton ou un petit coin de lèvre) mais avouez que les couleurs pastels sont top : parfaitement assorties au fond du blog. J’aime !

Serrez-moi cette taille ! Le cas particulier du serre-taille

Quand les Anglaises parlent d’ “underbust corset” et les Allemandes de “Unterbrust Korsett” (corset “sous-les-seins”, ou seins nus), nous, on parle de “serre-taille”, même s’il s’agit d’une variante du corset.

Notez que c’est une variante qui se moque des seins, ce qui, en soi, fait tout de même une grosse différence avec le corset-renaissance écraseur de sein ou le corset-classique remonteur de poitrine !

[Corset "Eric", JC-créations, Amsterdam]

Parce que n’oublions pas que le corset, c’est aussi une affaire de sein, alors que le serre-taille, c’est uniquement une question de taille. Quand les Américaines parlent de “waist cincher” et les Anglaises de “waspies”, elles se souviennent que les guêpes ont la taille fine (pour être plus précise sur le sujet, le cincher est un peu plus petit que l’underbust). Et elles ne diront pas le contraire de la taille de guêpe d’Apnea (ci-dessous, à gauche).

Mais je ne suis pas aveugle. Le serre-taille est très populaire auprès des photographes parce qu’il permet aussi d’exposer les seins (et hop ! Voici le retour des seins sur le devant de la scène).

A celles et ceux qui pensent que c’est bien un truc de mec, ça, de toujours exposer des seins nus, comme ceux (qui ne sont pas vraiment exposés d’ailleurs) tout en haut d’une inconnue dans la galerie DeviantArt d’un mystérieux “chbu” ou ceux (ci dessus à gauche) d’Apnea photographiés par LithiumPicnic ou ceux d’une autre inconnue  (ci-dessus à droite) par Michael Helms, je me permets d’ajouter une quatrième photo (je ne compte pas les 2 clichés récupérés sur le site du créateur hollandais de corsets jc-creations), oeuvre d’une femme, cette fois-ci, à savoir Sylvie Blum (Source: nuexpo.com) :

Alors, d’accord, certains vont dire : mais, il sert à quoi cet article ?

En fait, c’est là juste pour compléter l’article sur les corsets (comment ignorer l’underbust présent partout ?) et, surtout, présenter quelques très belles photos sur le blog.

Remarquez au passage à quel point un simple serre-taille habille : Apnea ne semble pas du tout nue. Et que dire de la dernière photo ? Les pointes du corset mettent en évidence la pointe du pubis et le “sinus”, le creux entre les seins, soulignant ainsi la géographie du corps féminin. Je reparlerai un peu plus tard de tous ces triangles…