Vous avez le droit de vous étonner. Velázquez, précurseur du cul ? Diego Velázquez ? Celui qui a peint des chevaliers et des infantes d’Espagne, des papes et des cardinaux, des saintes et des paysans, des Christ et des nains ? Oui, celui-là même. Diego Rodríguez de Silva y Velázquez (1599-1660). Parce qu’il a aussi peint un cul. Un seul. C’était d’ailleurs le seul nu qu’il ait jamais peint (autant qu’on sache). Et ce cul-là était le pur travail d’un précurseur car on n’avait jamais peint un cul comme ça (autant que je sache… et j’espère ne pas me tromper).

Diego Velázquez - "The Toilet of Venus" ou "The Rokeby Venus" - 1647-51 - National Gallery, Londres - Source : Wikipedia (Cliquer pour voir l'oeuvre sur le site du musée)
Alors ? Qu’est-ce que ce cul a de si original ? Certes, ce n’est pas la première fois qu’on peint un nu allongé. Sûrement pas. Mais c’est la première fois qu’on le peint dans ce sens. Cette “Vénus” allongé nous tourne le dos. Elle nous montre son cul. Et si ce n’était pour le miroir, on ne verrait même pas son visage.
Il faudra attendre 2 siècles pour revoir ce type de peinture. Et je ne pense pas à la “grande odalisque” d’Ingres qui nous montre beaucoup son visage mais très peu ses fesses (voir article “Rallongez-moi ce dos !“). Je pense plutôt aux toiles de trois autres Français : Lefebvre, Pils et Sieffert.
Jules-Joseph Lefebvre (1836-1911), “Odalisque”, 1874, The Art Institute of Chicago |
Isidore Pils (1813-1875), “Study of a reclining nude”, 1841, The Cleveland Museum of Art |
Paul Sieffert (1874-1957), “Grand nu”, Collection privée ? |
Un de ces trois peintres est un véritable spécialiste de l’odalisque de dos : Paul Sieffert à qui j’ai déjà consacré un petit article (“Les nues allongées de Sieffert“). L’oeuvre de Sieffert est une rareté car les nues allongées, reclining nudes et autres odalisques sont généralement peintes de face (voir, par exemple, l’article “Seins et hanches” consacré à Zinaïda Serebriakova).































Sentir. Toucher. Cambrée. Le dos ROND. RONDES comme les deux Mondes, ronds, coupés par la raie. Profonde. Faille. Chaleur des profondeurs. Noir. Volcan. Magma qui coule. Déchirements. Rouge. Danger. Douleur. Eruption.
Liquide. Craquements. Gémissements. Tout se déchire et s’ouvre. Dans le cul ROND. Où abonde le monde qui aime les RONDES. Draps blancs. Peau blanche.
Transparente. Fragile. Diaphane. Bombée. Lourde. RONDE. Doigts qui parcourent et s’insinuent. Entre les rondeurs, ils rentrent, pénètrent, s’enfoncent. Finalement disparus. Dans le con. Dans le cul. Engloutis. Fesses que l’on fesse et que l’on caresse. Lévres douces. Liquides acides. Rides. Sillon. Le laboureur enfonce le soc. La charrue laboure la Terre RONDE et blonde. Métal. Mécanique. Huile. Bruit. Gémissements, encore ! Profondément dans la terre. Rentrer. Sortir. Remplir. Ne plus sortir, je t’en prie. Plus jamais.
Juste rentrer. Plus profond. Complétement. Rentrer et remplir. Remplir. Remplir. Remplir. Tout donner. Ras la gueule. Ras le cul. Ras le con. Pour être pleine, enfin. Complètement pleine. Repue. RONDE.











